Laid au chocolat
mai 19, 2011 dans entraînement, Nutrition, Opinion, Suppléments
Je suis tombé récemment sur une discussion touchant l’utilisation de boissons de récupération post entraînement où j’ai pu assister à la lapidation du lait au chocolat. Or, comme j’aime bien cette boisson et pas seulement en boisson de récupération, je me suis attardé aux arguments contre l’utilisation de cette dernière post entraînement.
D’abord, pourquoi une boisson de récupération après l’entraînement? Pour récupérer… Plus sérieusement, il est important de comprendre que l’entraînement, c’est franchement mauvais pour la santé. Vous en doutez? L’entraînement endommage de nombreuses structures de l’organisme et diminue les réserves énergétiques ce qui menace la survie. Si on ne faisait que s’entraîner sans récupérer, la mort serait rapidement au rendez-vous (je dirais qu’après 24-36h sans arrêt sur un tapis roulant sans nourriture ni eau, les risques de décès doivent être légèrement accrus). Ce qui est bénéfique, c’est le cycle stimulation (entraînement) et récupération (repos, nutrition, etc.). Il est donc important de s’assurer que la récupération est optimale.
Comme mentionné, l’entraînement endommage les structures (protéines) et diminue les réserves énergétiques (gras, mais majoritairement glycogène musculaire et hépatique). Afin de récupérer, nous devons donc pallier à ces besoins en renouvelant les réserves énergétiques (plus particulièrement le glycogène, car les réserves sont précaires, habituellement moins de 1200 kcal et non les réserves de gras qui peuvent facilement dépasser les 50 000 kcal). Il est également judicieux d’assurer un apport en acides aminés (protéines) afin de fournir des éléments de remplacement aux structures endommagées. Comme les besoins en récupération sont proportionnels aux dommages induits par l’entraînement, la boisson de récupération doit refléter cette réalité. Un entraînement plus énergivore exigera une boisson de récupération contenant plus de glucides alors qu’un entraînement plus « traumatique » modifiera la répartition entre les glucides et les protéines.
Pour ceux et celles qui croient que les boissons de récupération ne s’adressent qu’aux athlètes, questionnez-vous car ce raisonnement impliquerait que seuls les athlètes subissent des dommages musculaires et dépensent de l’énergie à l’entraînement. Ce n’est évidemment pas le cas.
Maintenant que les besoins de récupération sont établis, pourquoi le lait au chocolat? Parce que cette boisson est facilement accessible, bénéficie d’un contrôle de qualité plus sévère que les produits naturels et qu’elle répond aux besoins de l’organisme en matière de glucides et de protéines. Une boisson simple. J’oubliais, la boisson bénéficie également d’un support scientifique non négligeable[1-8]. En somme, quelqu’un a soumis l’idée que le lait au chocolat pourrait être une boisson de récupération intéressante, probablement en se basant sur la croissance des mammifères qui est en grande partie assurée par le lait. Comme les adaptations à l’entraînement suivent une réalité étrangement semblable à la croissance, pourquoi ne pas utiliser le lait au chocolat comme boisson de récupération? Ensuite, d’autres personnes, sceptiques, se sont dit qu’il fallait aller plus loin et vérifier ce raisonnement. Ils ont fait des études et ont démontré l’efficacité de la boisson.
Maintenant, on critique cette boisson comme étant une des pires boissons de récupération. Parfait. Quels sont les arguments?
1) Le lait cause des allergies. Demandez à n’importe quel spécialiste (allergologue je crois) et il vous dira que le lait peut être associé à des allergies chez certaines personnes. Alors que c’est évident (ou odorant devrais-je plutôt dire) pour les personnes souffrant d’intolérance au lactose, la réalité est beaucoup moins limpide pour le reste. Certes, plusieurs personnes témoigneront qu’après avoir cessé la consommation de lait, tous leurs problèmes sont partis. Et bien tant mieux pour ces gens (sincèrement, tant mieux). Cependant, nous ne pouvons nous baser uniquement sur des témoignages où aucune donnée n’est compilée ce qui fait en sorte que nous demeurons dans le domaine de l’anecdotique. Présentons des données crédibles et nous pourrons poursuivre la discussion sinon épargnez-moi le témoignage et les flatulences spectaculaires de Mme Chose… Et pour ceux qui ne tolèrent pas le lait au chocolat, il y a d’autres boissons qui peuvent faire le travail. Cependant, cela n’empêche pas les autres de consommer du lait au chocolat.
2) Le lait au chocolat diminue l’absorption des macronutriments et des micronutriments. Dans un premier temps, il faut déterminer quels sont les besoins IMMÉDIATS de l’organisme suivant l’entraînement. La boisson de récupération ne vise pas à répondre à tous les besoins quotidiens de l’organisme, mais plutôt à des besoins spécifiques et immédiats. Si le lait au chocolat diminue l’absorption des macronutriments (nous nous intéressons uniquement aux protéines et aux glucides, car les lipides importent peu), les études mesurant la récupération auraient inévitablement démontré l’inutilité de la boisson. Une diminution de l’absorption des protéines et des glucides aurait causé une baisse de la capacité de récupération comparativement à une autre boisson de récupération. Pourtant non. Pour les micronutriments (vitamines et minéraux), la question ne se pose même pas, car les besoins en micronutriments post entraînement sont habituellement comblés par l’alimentation quotidienne (lorsqu’elle est équilibrée).
3) Le lait au chocolat c’est du chimique. Malheureusement, tout est chimique même l’eau (H2O). La question est plutôt si les éléments chimiques sont nocifs sur la santé ou néfastes pour la récupération. La question est légitime alors, nommez les composantes chimiques du lait au chocolat qui peuvent être néfastes pour la santé et la récupération et présentez-moi le support scientifique (crédible s.v.p.!). Trop de détracteurs du lait au chocolat brandissent haut et fort les pancartes du Méchant Chimique sans pouvoir nommer un seul élément ou présenter une seule preuve crédible (autre que leur vaste expérience et les études du Dr. Antimilk qui n’ont jamais été publiées…).
4) Le lait au chocolat entraîne une réponse inflammatoire. Mais, qu’est-ce qu’une réponse inflammatoire? Il s’agit d’une réponse immunitaire de l’organisme face à une agression externe (virus, élément allergène, stress physique, etc.). Cette réponse met en branle des mécanismes de gestion et d’adaptation afin de mieux positionner l’organisme face à une menace. À ce compte, l’entraînement induit une réponse inflammatoire également qui finit par se traduire par des adaptations. Pourtant, on ne bannit pas l’entraînement pour ses effets pro-inflammatoires. Encore une fois, j’aimerais bien mettre la main sur des données sérieuses qui traitent de la réponse inflammation suite à l’ingestion du lait (et n’allez pas me présenter des articles sur les gens intolérants au lactose, mais bien chez des gens sans intolérance).
En réalité, je ne suis ni pour ni contre le lait au chocolat et je ne peux affirmer que le lait au chocolat est une boisson de récupération efficace pour bon nombre d’individus. Dans les faits, je suis à la merci des publications scientifiques ce qui implique que je changerai volontiers mon discours lorsque j’aurai suffisamment de preuves pour le faire (non, le 7 jours ou la semaine, ça ne compte pas). D’ici là, libre à vous de prendre du lait au chocolat comme boisson de récupération ou non, mais, évitez de critiquer son usage sans preuve et surtout en faisant appel à la crédulité populaire pour faire du sensationnalisme. Nous avons tous droit à nos opinions cependant, il est un devoir d’appuyer ces opinions à l’aide d’arguments crédibles surtout lorsque l’on s’adresse à plusieurs personnes.
Ce billet a été commandité par le Ministère des Produits Laitiers. Ben non (pour tous ceux qui croient que je suis à la solde du Bureau Laitier), c’est une blague! Jamais mes billets ne seront commandités (du moins, par pour moins de 50 000 $).
Références
1. Cockburn, E, PR Hayes, DN French, E Stevenson, and A St Clair Gibson. Acute milk-based protein-CHO supplementation attenuates exercise-induced muscle damage. Appl Physiol Nutr Metab 2008; 33(4). 775-83.
2. Gilson, SF, MJ Saunders, CW Moran, RW Moore, CJ Womack, and MK Todd. Effects of chocolate milk consumption on markers of muscle recovery following soccer training: a randomized cross-over study. J Int Soc Sports Nutr 2010; 7. 19.
3. Karp, JR, JD Johnston, S Tecklenburg, TD Mickleborough, AD Fly, and JM Stager. Chocolate milk as a post-exercise recovery aid. Int J Sport Nutr Exerc Metab 2006; 16(1). 78-91.
4. Pritchett, K, P Bishop, R Pritchett, M Green, and C Katica. Acute effects of chocolate milk and a commercial recovery beverage on postexercise recovery indices and endurance cycling performance. Appl Physiol Nutr Metab 2009; 34(6). 1017-22.
5. Rankin, JW, LP Goldman, MJ Puglisi, SM Nickols-Richardson, CP Earthman, and FC Gwazdauskas. Effect of post-exercise supplement consumption on adaptations to resistance training. J Am Coll Nutr 2004; 23(4). 322-30.
6. Roy, BD. Milk: the new sports drink? A Review. J Int Soc Sports Nutr 2008; 5. 15.
7. Shirreffs, SM, P Watson, and RJ Maughan. Milk as an effective post-exercise rehydration drink. Br J Nutr 2007; 98(1). 173-80.
8. Thomas, K, P Morris, and E Stevenson. Improved endurance capacity following chocolate milk consumption compared with 2 commercially available sport drinks. Appl Physiol Nutr Metab 2009; 34(1). 78-82.
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8 thoughts on “Laid au chocolat”
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Ouais!
Y’a de la discussion savante ici!
Evelyne, j’ai particulièrement aimé ta réponse polie et sensée. Je n’ai pas encore rencontré de nutritionniste qui parlait à travers son chapeau: vous m’impressionnez à chaque fois.
C’est curieux de voir autant de gens s’acharner sur le lait. En tant que société, du point de vue de la santé, on a d’autres chats à fouetter. Comme les boissons gazeuses et le McDonald.
Quand tout le monde mangera ses 10 fruits et légumes par jour, on pourra peut-être se poser des questions à propos du lait.
D’ici là, je continue à en boire.
Un p’tit bonjour à tout le monde,
EJ
Merci de vos réponses. Intéressant en effet!
Dr Kin
, je comprends votre point de vue, mais entendons nous que ce n’est vraiment pas tout le monde qui souhaite ou qui a le temps d’avoir une dépense aussi élevé qu’un marathonien. Réaliser souvent des exercices de longue durée comme ceux ci est discutable sur la santé articulaire également (impacts et pattern de mouvement répétitif).
Mais je ne vous apprend rien. Bref, dans la réalité de la vie de tous les jours, des résultats remarquables sont observés lorsque nous diminuons la consommation de glucides générale des individus. Une meilleur sensibilité à l’insuline semble être la cause. Également, ce n’est pas parce que les marathoniens sont petit qu’ils sont les athlètes les moins gras. Les sprinters sont souvent (pour ne pas dire presque toujours) moins gras que les marathoniens. Mais bon, je m’éloigne, restons dans l’alimentation!
Est-ce que la balance calorique reste le facteur numéro 1 de perte de poids? certainement. Cependant, je pense qu’il y a avantage, et pour la santé, et pour l’apparence, de modéré la consommation de glucides. L’être humain ne se nourrit des produits de l’agriculture que depuis relativement peu. Son organisme est mieux adapté à la consommation de protéine et lipide (cueilleur-chasseur) comme il était habitué d’en consommer depuis plusieurs dizaine de milliers d’années.
Je ne m’appui pas un article pour ce message (je ne suis pas chez moi), cependant j’estime utilisé quelque chose de très pratique, soit la bonne vieille logique
!
Attention, il n’est pas question uniquement d’exercice (activité physique volontaire) mais bien d’augmenter son niveau d’activité physique (activité physique obligatoire et spontanée, voir le billet « Qu’est-ce que l’activité physique »). La raison pourquoi les diètes pauvres en glucides ont un effet sur la perte de poids est bien simple, il s’agit d’une réduction des apports énergétiques. Nous consommons environ 50% de nos apports énergétiques sous forme de glucides et lorsque nous sommes en équilibre énergétique, 50% de notre dépense énergétique provient des glucides. Les diètes à faible teneur en glucides coupent donc dans ~50% de nos apports ce qui induit forcément une importante réduction de la quantité d’énergie consommée. La perte de poids en découle naturellement. Jusque là, tout semble merveilleusement parfait. Le problème, c’est que ce genre de régime entraîne inévitablement (dans la majorité des cas) une diminution de l’activité physique (obligatoire, spontanée, volontaire). Les glucides sont l’énergie du mouvement et de l’activité, ils sont nécessaires à un mode de vie actif (voir la série de billets sur les diètes protéinées » Dr Kin vs Dr Protéines »). Les variations de sensibilité à l’insuline dans la majorité des cas sont la conséquence d’une composition corporelle inadéquate et non la cause. Un individu engraisse, sa sensibilité à l’insuline diminue. Ce même individu perd du gras, sa sensibilité à l’insuline s’améliore.
Comme je le mentionnais dans le billet sur le lait au chocolat, la boisson de récupération doit être proportionnelle aux besoins de récupération. Un entraînement type (cardio+ musculation) en conditionnement physique au Québec coûtera approximativement ~500kcal à un participant. Il est donc inutile de consommer plus de 500kcal comme boisson de récupération. Un marathonien qui dépense 3000 kcal suite à une très (trop) longue sortie devrait tenter de renouveler une bonne partie de ce 3000 kcal sous forme de glucides (une bonne partie des 3000 kcal dépensées provient des glucides, une petite partie des lipides et une très petite partie des protéines). Les deux individus (500kcal et 3000kcal) peuvent consommer la même boisson de récupération mais en quantités différentes.
Concernant la composition corporelle des marathoniens et des sprinteurs, dans tous les cas, ils ne sont pas obèses. Cependant, les apports énergétiques des sprinteurs auront tendance à être moins élevés principalement à cause d’une dépense énergétique quotidienne généralement moins importante. Cependant, les deux catégories d’athlètes vont consommer des boissons de récupération dont la composition est extrêmement similaire au lait au chocolat (quand ce n’est pas du lait au chocolat!).
Finalement, la consommation de glucides ne doit pas être faible, modérée ou élevée, elle doit être conséquente face aux besoins et donc adaptée au niveau d’activité physique quotidien.
Le G.R.A.S. n’existe pas de la même façon non plus au Canada. Les substances/additifs/pesticides et autres sont réglementés par santé canada et inspectés par l’ACIA (Agence Canadadienne d’Inspection des Aliments) selon la Loi et Rélèments sur les aliments et drogues.
Bonjour Mme Deblock
Personne n’oblige personne à faire quoi que ce soit. Les gens peuvent s’éduquer en lisant des arguments des 2 positions et prendre leur décision ensuite.
Au sujet des hormones, j’apprécie votre information sur la différence entre les États-Unis et le Canada. Je croyais que notre élevage les immitait sur bien des points de vus. Par contre, en lisant ceci je ne suis pas rassuré.
http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/vet/faq/growth_hormones_promoters_croissance_hormonaux_stimulateurs-eng.php
Un extrait : There are six hormonal growth promoters approved in Canada for use in beef cattle: three natural – progesterone, testosterone and estradiol-17ß; and three synthetic – trenbolone acetate (TBA), zeranol and melengestrol acetate (MGA). Hormonal growth promoters are not approved for use in any species other than beef cattle.
Je sais qu’ils spécifient beef cattle et j’espère que c’est toujours le cas! Rien pour nous rassurer sur la qualité de la viande mais je dévie du sujet!
Pour le problème du surpoids, il me semble que de consommer un repas riche solide composé de protéines et contenant des lipides et des fibres apaise plus la satiété qu’une boisson concentrée en hydrate de carbone. Évidemment, il y a de l’éducation a faire à ce niveau pour que les gens écoutent simplement la solution du gros bon sens.
Et en profitant un peu que vous êtes là, une question pas nécessairement reliée : pouvez-vous me dire si les G.R.A.S sont aussi utilisés au Canada de la même facon qu’aux États-Unis ?
http://en.wikipedia.org/wiki/Generally_recognized_as_safe
Merci
Nicolas Blanchette
B.sc Kinésiologie
Discussion intéressante.
J’aimerais répondre à l’élément surpoids de la discussion. La consommation d’une boisson de récupération à comme objectif de renouveler les réserves de glycogènes, réserves, faut-il le rappeler qui sont beaucoup moins importantes que les réserves de gras. Une diminution des concentrations du glycogène diminue de façon proportionnellement importante la capacité à être actif. Moins il y a de glycogène, moins il y aura d’activité physique (le glycogène étant la principale source d’énergie pour l’activité physique). De plus, la balance glycémique de l’organisme est extrêmement bien régulée et de très faibles changements à cet équilibre sont rapidement détectés par l’organisme. Une baisse des réserves de glycogène risque fortement de stimuler l’appétit. Si nous jumelons la diminution du potentiel à être actif (moins de kcal dépensées) à une élévation de l’appétit (potentiellement plus de kcal entrantes), nous avons là une combinaison défavorable à la perte de poids.
Donc, le renouvellement des réserves de glycogène permet de favoriser un mode de vie plus actif permettant de causer un déséquilibre énergétique et un déséquilibre oxydatif au niveau des lipides (voir le billet sur le VO2 max à 43.8). Mais ça, ça implique que les gens doivent être actifs et doivent changer leur mode de vie (donc, ce n’est jamais une solution populaire, voilà pourquoi le abking pro l’emportera toujours au niveau des ventes mais pas au niveau des résultats…)
Il est faux de croire que les glucides ingérés autour de l’entraînement seront entreposés sous forme de gras (Eur J Clin Nutr. 2003 Sep;57(9):1107-15.
Metabolic response to a large starch meal after rest and exercise: comparison between men and women.
Folch N, Péronnet F, Massicotte D, Charpentier S, Lavoie C.), leurs destinées métaboliques seront l’oxydation ou l’entreposage sous forme de glycogène.
Également, pour élargir légèrement le sujet, je suis fortement en désaccord avec la critique portant sur la consommation excessive de glucides comme cause de l’obésité. Les plus grands consommateurs de glucides sur la planète sont fort probablement les athlètes d’endurance qui peuvent consommer de 2 à 3 fois plus de glucides par jour que le Canadien moyen. Pourtant, le taux d’obésité chez cette population d’athlètes est extrêmement faible (malheureusement je n’ai pas de chiffre). Le problème se situe davantage au niveau de l’incohérence entre les apports en glucides et leur utilisation. Un individu qui consomme autant de glucides qu’un marathonien mais qui oublie la partie marathon du contrat, aura probablement un gain de poids important. Pas à cause du sucre mais plutôt à cause du déséquilibre entre ses apports et sa dépense.
La nutritionniste sportive ne peut s’empêcher de répondre à se commentaire rempli de jugements…
Merci Maxime pour ces précisions toujours bien appuyées…
D’abord, les mots que vous ne connaissez pas sur une liste d’ingrédients ne veulent pas dire nécessairement qu’ils vont vous tuer. Il ne faut pas oublier que l’industrie alimentaire détient des recettes confidentielles pour leur permettre de continuer de vendre leur produit. Le mot « substances laitières modifiées » peut correspondre à toute combinaison sous une forme liquide, concentrée, séchée, congelée ou reconstituée des produits suivants : beurre de lactosérum, caséinates, caséine, crème de lactosérum, lactosérum, lait écrémé à teneur réduite en calcium (obtenu par procédé d’échange d’ions), lait ultrafiltré, produits laitiers de culture, protéines lactosériques et tout autre constituant du lait dont l’état chimique est modifié par rapport à celui dans lequel il est normalement trouvé dans le lait. On s’entend qu’en fin de compte, c’est du LAIT! Parce que oui, le mot « lait » est réglementé et pour écrire lait, il faut que ca vienne de la vache et que le produit ne soit pas modifié.
Ensuite, il ne faut pas oublier que le Canada et les États-Unis sont 2 pays distincts avec leur règlement distincts en ce qui a trait à l’agriculture et à l’élevage. Ce qui implique que contrairement au États-Unis, il n’y a aucune hormone de croissance permise au Canada et que le lait est analysé pour assurer qu’on n’y trouve aucune trace d’antibiotiques.
De plus, la pasteurisation du lait existe pour principalement éliminer des bactéries, qu’elles soient bonnes ou non, pour éviter que des personnes avec un faible système immunitaire tombent malades. De toute façon, les probiotiques ne survivent pas dans le lait, car le milieu n’est pas assez acide. Si la pasteurisation détruit toutes les vitamines hydrosolubles (dont la B12), elles sont rajoutées par la suite de toute façon.
Puis, pour toutes les études portant sur le lait et ses conséquences probables, il ne faut pas oublier que ces études proviennent souvent des états-unis avec leurs vaches et leurs règlements…que les études sur le cancer doivent considérer l’alimentation ou le style de vie de la personne car c’est rarement un seul aliment qui est en cause de se problème de santé grave. La plupart des études nommées sont des cas-contrôle et il y a très peu d’études de cohorte sur le sujet, sans compter que les études se contredisent. Il ne faut pas regarder d’un seul côté de la médaille quand on analyse des études….
Enfin, pour ce qui est du glycogène, on peut très bien laisser les gens vider leur réserves…mais je parie que ces gens auront tendance à plus manger dans les heures qui vont suivre l’exercice. Finalement, on ne règle pas le problème du surpoids!
Bref, le lait au chocolat est bien, pas parfait. Aucun aliment n’est parfait d’ailleurs. Il existe d’autres aliments pour bien récupérer après l’exercice, mais on ne doit pas empêcher les autres de boire du lait tout simplement parce que nous croyons que c’est mal.
Evelyne Deblock, M.Sc. Nutritionniste sportive
Tout d’abord merci de me faire découvrir votre blogue. J’aime toujours lire le genre d’article fait par les gens critique tel que vous!
Je me sens interpellé par le sujet du blogue puisque j’imagine qu’il est en grande partie inspiré par une réponse que j’avais faite à une amie en début de semaine!
Personnellement je pense qu’il existe de meilleurs aliments à consommer après un entraînement que le lait au chocolat. Voici ce qu’on peut lire sur l’étiquette nutritionnelle d’un carton de lait au chocolat :
partly skimmed milk, modified milk
ingredients, sugar, cocoa, colours, salt, artificial flavour, carrageenan, vitamin A palmitate, vitamin D3
Particulièrement, les mots modified, artificial et colours me mettent sur la piste qu’il ne s’agit pas du meilleur breuvage à mettre dans son organisme pour bien récupérer et être en santé.
Mais, plus profond que cela… On est toujours un peu ce que l’on mange (ou boit) et je doute fortement de la qualité du lait des vaches ‘’industrialisées’’. Elles vivent en moyenne 150 jours avec la diète très peu naturelle qu’on leur impose et environ 15 à 30% d’entre elles développe des abcès au foie, en grande partie dû au dose massive d’antibiotiques, hormones de croissance, et autres produits dans le but de faire des bêtes des machines de production et de les empêcher de mourir par la diète et les conditions qu’on leur impose (Micheal Polan, The Omnivore DIlemma).
Inquiétant : une étude du Journal of American Academy of Dermatology en 2005 a démontré une association positive significative entre la consommation de lait des adolescents et leur poussée d’acné. Les scientifiques ont suggéré que ces résultats s’expliquaient probablement parce que des résidus d’hormones et d’autres molécules bioactive se retrouvaient dans le lait (Jonny Bowden, The 150 Healthiest food)
Mais, comme si ce n’était pas assez qu’on retrouve des résidus d’hormones, la pasteurisation et l’homogénéisation du lait détruit ce qui s’avérerait peut-être une bonne raison d’en boire : ‘’Pasteuriser le lait détruit les enzymes, diminue la teneur en vitamine, dénature les protéines, détruit les vitamines B12, B6 et les bactéries bénéfiques tout en encourageant la prolifération de pathogènes’’ (Dr.Joe Mercola, http://www.mercola.com).
Plusieurs études ont relié la consommation de lait et de produits laitiers avec une augmentation des chances de développer le cancer des ovaires et de la prostate (mais pas en même temps, évidemment).
Une étude publiée en 2005 dans le American Journal of Clinical Nutrition conclue : ‘’la consommation de produit laitier pourrait augmenter les risques de cancer de la prostate en lien avec la teneur en calcium’’ et ‘’le mécanisme par lequel les produits laitiers et le calcium pourraient augmenter les chances de développer un cancer de la prostate devraient être clarifié’’.
Le 4 avril 2000, Hardvard School of Public Health publie une recherche : ‘’Les plus fortes consommations de produits laitiers pourraient être reliées au développement du cancer de la prostate’’. Et en octobre 2001, un autre article : ‘’Les produits laitiers et le cancer de la prostate’’ avec comme conclusion : ‘’les résultats supportent l’hypothèse que les produits laitiers et le calcium sont associés avec un plus grand risque de développer le cancer de la prostate ‘’ (Americal Journal of clinical nutrition, octobre 2001).
Des associations similaires ont été faites avec la consommation de lait et le cancer des ovaires. En novembre 2004, dans le American Journal of Clinical Nutrition : ‘’nos donnés indiquent qu’une consommation élevée de lactose et de produits laitiers, particulièrement de lait, est associée avec un risque augmenté de développé un cancer sérieux des ovaires’’.
De même, dans Cancer Epidemiological Biomarker and Prevention, février 2006 : ‘’Une élévation modeste des risques de cancer des ovaires a été observée avec des consommations de lactose équivalentes à 3 verres de lait ou plus par jour’’.
En terme de récupération post-entraînement maintenant, je pense qu’une grande majorité de la population n’a pas avantage à refaire ses réserves de glycogène immédiatement après l’entraînement. Pourquoi? Car les surpoids sont de plus en plus nombreux. Pourquoi ne pas mobiliser le corps à utiliser ses réserves d’énergie déjà existante? Si l’on parle d’un athlète ou de quelqu’un qui a une composition corporelle déjà adéquate, alors effectivement ce n’est pas la même chose. Mais je prioriserais d’autres choses que du lait de vache de ‘’factory cow’’ avec quelques saveurs artificiel obtenu par on ne sait quel procédé pour optimiser sa récupération.
Nicolas Blanchette
B. Sc Kinésiologie