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Comment déterminer son pourcentage de gras?

Il s’agit d’une question qui revient souvent, comment fait-on pour déterminer son fameux pourcentage de gras? Je vous donne la réponse à la fin

 Il existe plusieurs méthodes et j’ai déjà abordé le sujet lors de certains articles précédents. Les méthodes les plus accessibles sont sans aucun doute la bioimpédance et l’anthropométrie. J’ai utilisé les deux méthodes pendant de nombreuses années, mais dernièrement j’ai recours presque exclusivement aux mesures anthropométriques afin de déterminer la quantité de gras et de muscle qui compose le corps.

J’aime utiliser cette méthode parce que la source d’erreur la plus importante m’incombe. Je suis la principale source d’erreur, plus particulièrement ma capacité à bien effectuer les mesures ainsi qu’à les répéter. Malheureusement, comme l’évaluateur est une source importante d’erreur lors de ce type d’évaluation de la composition corporelle, il arrive parfois que certains évaluateurs commettent de graves erreurs. Des erreurs qui peuvent être coûteuses pour l’évalué…

Voici quelques-unes de ces erreurs…

Effectuer une mauvaise pesée

Il s’agit de la base de toute évaluation de la composition corporelle. Une pesée fautive résulte systématiquement dans une propagation d’erreur dans chacun des compartiments de la composition corporelle (masse grasse, masse maigre et donc le % de gras). Le poids en trop ou en moins provenant de l’erreur se retrouvera automatiquement en plus ou en moins sur la composition corporelle. L’erreur peut provenir du pèse-personne qui ne fait pas convenablement son travail ou bien provenir de la personne qui est pesée. Les vêtements peuvent avoir un impact suffisamment important pour influencer les résultats. Il n’est pas rare qu’un simple pantalon pèse plus de 1kg, voilà pourquoi il est important de minimiser la quantité de vêtements portés lors de la pesée afin d’essayer de standardiser la procédure au maximum. Il est aussi très important de réduire au maximum les matières digestives résiduelles liquides et solides (pas besoin de faire un dessin). Là aussi, on peut facilement obtenir des variations de l’ordre de 1 kg. Toutefois, ce dernier élément est difficile à standardiser.

Utiliser des appareils non calibrés

Que ce soit le pèse-personne, le vieux ruban à mesurer ou bien l’adipomètre, il est important de s’assurer que le matériel est correctement calibré. Un pèse-personne de qualité doit être calibré au moins une fois par année à l’aide de mesures étalons. Il est important de vérifier que le ruban à mesurer conserve bien sa longueur en mesurant une règle par exemple (oui, les rubans peuvent s’étirer avec le temps). Quant à l’adipomètre, il faut le calibrer pour l’ouverture de ses mandibules à l’aide d’une règle (s’assurer que 10 mm sur les mandibules représente bien 10 mm) ou d’une mesure étalon. Il n’est pas rare que des appareils ne soient jamais calibrés et soient utilisés quotidiennement. Il existe plusieurs standards de fréquence de vérification des adipomètres, personnellement j’effectue une vérification après 200 mesures de plis (~20 évaluations). Un consommateur averti devrait demander de connaître les procédures de calibration et la fréquence à laquelle les vérifications sont effectuées avant de se faire évaluer.

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Ne pas déterminer sa marge d’erreur

Toute mesure est systématiquement associée à une variabilité ou marge d’erreur, peu importe le prix ou la provenance de l’équipement. Il en va de même pour l’évaluateur. Si on ne connait pas la marge d’erreur d’une mesure, on navigue dans l’approximation et dans le doute. L’ignorance volontaire ou non de cette notion peut coûter très cher tant à l’évaluateur qu’à l’évalué. Par exemple, il est possible de conclure qu’une intervention nutritionnelle ou en entraînement est efficace, car la masse grasse a diminué de 1 kg et que la masse maigre à augmenter de 1 kg. Cependant, si la marge d’erreur est de 1.2 kg, toute conclusion est impossible face à ces résultats (on pourrait évaluer la même personne une heure plus tard et obtenir des résultats opposés). Il s’agit probablement de l’omission la plus criante dans toute évaluation de la composition corporelle.

Tirer des conclusions farfelues

Parfois, devant des résultats inattendus, un évaluateur peut s’avancer et tirer des conclusions sans avoir des données pour supporter ses théories. J’ai déjà entendu des évaluateurs défier les lois de la physique pour justifier un résultat improbable sans tenir compte des sources d’erreurs possibles. Après vérification, il n’est pas rare de conclure que la qualité de l’évaluation est plutôt ce qui est improbable. Avant de conclure à des improbabilités, il est essentiel de toujours remettre en question l’équipement et l’évaluateur.

Comment s’y retrouver? Je vous l’accorde l’évaluation de la composition corporelle n’est pas une chose facile. Afin de mieux s’y retrouver, j’ai préparé un guide sur l’analyse de la composition corporelle par mesures anthropométriques (qui traite aussi sommairement de la théorie derrière l’analyse de la composition corporelle et des quelques autres méthodes) disponible ici. Ce guide permet de comprendre comment faire une évaluation de la composition corporelle et surtout de déterminer sa marge d’erreur en tant qu’évaluateur. On y retrouve aussi des normes pour se situer face à différentes populations, des équations avec leur descriptif complet ainsi que des mesures de composition corporelle avancées.

Pour ceux et celles qui souhaiteraient en apprendre encore plus et bénéficier d’un cours complet sur l’analyse de la composition corporelle, je vous invite à consulter ma formation en ligne ici

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Bonne lecture et bonne évaluation!