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Conditionnement physique à rabais, pour ou contre?

Impossible de le nier, les centres de conditionnement physique à rabais ont inondé le marché et changé la face du conditionnement physique au Québec. Les dernières années ont été marquées par une polarisation du marché, un éclatement scindant les établissements en deux : les pas chers et les (trop) chers. Les centres de milieu de gamme, autrefois le maillon fort du conditionnement physique, sont menacés et cherchent désespérément à se repositionner afin d’éviter la fermeture. Ce genre de perturbations de l’écosystème de l’entraînement entraîne de nombreuses conséquences : fermetures et faillites, guerre des prix, etc. Évidemment, le marché traditionnel du conditionnement physique tente de répliquer. Certains baissent leur prix alors que d’autres passent à l’offensive en tentant de discréditer l’adversaire. Certains articles commencent à critiquer ouvertement une grande chaine à rabais (ÉconoFitness pour ne pas la nommer). On leur reproche de ne pas offrir de supervision, d’être dangereux, d’encourager le dopage et de refuser que des professionnels puissent travailler chez eux.

Je suis le premier à soutenir l’importance d’une formation et d’une expertises adéquates en entraînement, mais je dois vous avouer que les arguments contre les centres à rabais me font sourciller et me laissent perplexe.

Pas de supervision, et puis après ?

Sans la présence d’entraîneurs sur les plateaux d’entraînement, les risques de blessures sont assurément plus importants. Je suis dans le domaine du conditionnement physique et de l’entraînement depuis le milieu des années 90. À l’époque, l’entraînement personnalisé n’existait pratiquement pas et les programmes d’entraînement étaient gratuits. Les entraîneurs sillonnaient les gymnases pour conseiller les membres (ou pour imposer des règlements douteux). Depuis l’avènement de l’entraînement personnalisé payant, il n’existe pratiquement plus de centres de conditionnement physique qui offrent une supervision « réelle » de l’entraînement des membres. Certes, un entraîneur est sur place, mais son travail se résume trop souvent à faire mousser les ventes d’entraînement personnalisé plutôt que de conseiller bénévolement les membres pendant leur entraînement. La supervision, elle existe lorsque le client paye. Rares sont les entraîneurs qui vont prendre le temps d’aller conseiller un membre (les raisons varient : pas d’intérêt car pas de revenu direct, trop gêné, peur de se faire débouter et revirer de bord, etc.). Est-ce que les blessures augmentent pour autant depuis la défunte époque des années 90? J’aimerais voir des données crédibles à ce sujet. Ma perception est qu’il n’y a pas plus de blessés ou de décès maintenant dans les centres que lorsque la supervision était pro active. De plus, la technique étant beaucoup moins un facteur dans les blessures que l’on ne le croit (pour ceux et celles qui sont outrés ou qui en doute, je vous invite à suivre mon cours en ligne sur le sujet).

Mais, qu’en est-il des arrêt cardiaques? Si les centres sont équipés de défibrillateur et que la personne à la réception est adéquatement formée, des électrodes posées par un quidam ou par un professionnel de l’entraînement, ça ne change pas grand-chose…

Le plus gros risque de l’absence de supervision professionnelle dans les centres, bien humblement selon moi, c’est d’observer une détérioration plus rapide des équipements et non pas de retrouver plus de cadavres empilés dans un coin.

Promotion du dopage

Certains centres ont commencé à installer des bacs de collecte de déchets biomédicaux (bas jaune avec l’inscription rouge ou noire « bio hazard »). Encore une fois, depuis que je fréquente/travaille dans les gyms (j’ai fait des gyms miteux, des grandes chaînes, des gyms de luxe au Maroc et j’en passe) cette réalité a toujours été présente. Dès qu’il y a de la fonte, il y a des seringues et un “pusher” à 15 min de distance de marche de là. En fustigeant la compagnie d’avoir installé ce type de bacs, on dévie totalement du problème : il y a de plus en plus de gens « normaux » qui se dopent. Désolé de vous l’annoncer, mais les produits dopants c’est une problématique beaucoup plus importante que l’on ne le laisse croire. Que l’on contourne les lois avec les SARMs, ou qu’on les transgresse avec les anabolisants, la problématique est en croissance. Pourquoi? Parce que c’est payant et que ce qui importe, c’est le résultat et non le chemin pour y arriver. De toute façon, les produits dopants, c’est parfaitement santé et ça n’a jamais causé de problème à personne, right?

Refuser des professionnels

Une compagnie de centre à rabais a expulsé des gens qui faisaient du commerce dans leurs établissements. Si je vais chez Wal-Mart pour vendre mes services d’entraîneur dans le rayon de la lingerie fine, on va également m’expulser.  On ne fait pas de commerce sur le dos d’un autre. Le principe des centres de conditionnement physique à rabais c’est d’offrir un espace pour s’entraîner librement, sans supervision et sans service de professionnel. Est-ce que cela augmente le risque de blessure? Je ne suis pas convaincu que d’avoir recours à un entraîneur diminue le risque de blessures. Vous êtes surpris ou choqués? Moi aussi. Les blessures en entraînement proviennent majoritairement de blessures d’usure causées, la plupart du temps, par une quantité d’entraînement (avec ou sans supervision). Certes, il y aura toujours le “gym fail” occasionnel, mais à voir la quantité de vidéos sur le sujet sur Youtube, je doute que la présence ou l’absence de supervision y soit pour quelque chose. N’importe quel entraîneur avec un minimum d’expérience et de compétence pourra le confirmer, se blesser ça arrive en entraînement. On fait tout pour l’éviter, mais ça arrive parfois. Même toute la supervision et les bons conseils du monde ne pourront offrir un risque de blessure 0.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là?

Parce qu’il n’existe pratiquement aucune forme de contrôle sur l’entraînement en soi. On peut faire ce que l’on veut, comme on veut et en se justifiant de n’importe quelle façon. L’industrie du conditionnement physique (et de l’entraînement) est entrée dans une ère de marketing et de vente. Pour bon nombre d’entraîneurs la fin justifie les moyens et on est prêts à n’importe quoi pour obtenir plus de clients (ou de gloire): mentir, frauder, doper et j’en passe. De plus, l’entraîneur n’est pratiquement imputable de rien : je pourrais tuer un client sur un tapis roulant sans grande conséquence légale.

Est-ce que je pense que les centres de conditionnement physique à rabais sont une bonne chose ? Si cela permet de faciliter l’accès à l’activité physique et d’en faire la promotion, je pense que c’est une idée de génie. Si c’est pour éliminer la concurrence, je pense que c’est d’une bassesse Trumpesque de mauvais goût.

Toutefois, je pense que c’est un signal d’alarme pour les professionnels de l’entraînement. Lorsque tout le monde s’improvise maître de l’entraînement, c’est qu’il y a un problème. Il y a un problème au niveau de la perception de la profession, qui n’est pas prise au sérieux par la population et dont les exigences, les compétences et les connaissances sont bafouées.

De deux choses l’une :

  • La moyenne des entraîneurs n’est pas d’une compétence suffisante pour justifier sa place auprès de la population (problème de fond)
  • L’image projetée par les professionnels de l’entraînement n’est certainement pas celle qui véhicule compétence et savoir-faire (problème de communication et d’image)

Je sais que cela peut paraître dur envers le monde des entraîneurs, mais je m’inclus sans hésiter dans le lot. En quelque part, je n’arrive pas non plus à justifier auprès de la population que l’entraînement, c’est du sérieux et c’est complexe. Que ce soit à l’aide de formations, de cours en ligne ou d’entraînement, je n’arrive pas non plus à justifier qu’un entraîneur COMPÉTENT est nécessaire en entraînement. Pour ceux et celles qui trouvent que je crache sur la profession, détrompez-vous, il s’agit davantage d’un cri du coeur pour rehausser le niveau de compétence dans le milieu et mettre un frein au laisser-aller-du-n’importe-quoi-en-entraînement.

Voici quelques avenues qu’il serait intéressant d’explorer:

  • Faire une étude comparant l’incidence de blessures avec et sans supervision en entraînement (merci de m’envoyer le ou les articles si cela a déjà été fait, mes recherches ne m’ont rien donné)
  • Faire une étude comparant l’atteinte des objectifs avec un professionnel de l’entraînement versus un entraîneur sans qualification académique (communément appelé entraîneur de fin de semaine)
  • Faire une étude rapportant l’incidence de blessures dans les centres de conditionnement physique à rabais versus les centres traditionnels

En terminant, je vous invite à consulter cet article qui va, selon moi, un peu dans le même courant que la vague des centres de conditionnement physique à rabais. La dernière prise de position de l’ACSM sur les règles d’encadrement de l’entraînement.

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4 profils d’entraîneurs personnels qui me laissent perplexe

Le monde du conditionnement physique et du fitness est souvent un environnement où l’on retrouve des spécimens pour le moins intéressants et quelque peu particuliers. Voici une liste non exhaustive de quelques-uns de ces profils d’entraîneurs qu’il est parfois possible de croiser. Comme à l’habitude avec ce genre de liste, il s’agit simplement d’une caricature…

Le frais (fra-ye)

Le frais tire sa satisfaction de la réussite de ses clients qui peut lui être associée ou encore de ses propres prouesses physiques ou intellectuelles. Son égo assez imposant fait en sorte qu’il doit absolument demeurer supérieur en tout point à chacun de ses clients. Par exemple, il est impensable qu’un client ne soulève plus de charge que lui ou encore ne coure plus rapidement que lui. Il fera en sorte que l’ordre des choses demeure ainsi, même si cela signifie qu’il doive rabaisser ses propres clients afin de préserver la hiérarchie. On peut facilement le remarquer dans n’importe quel centre sportif : il parle fort, porte des tenues révélatrices et s’adonne souvent à des exercices très particuliers afin de s’assurer d’attirer l’attention des masses, plus particulièrement l’attention de potentielles conquêtes (et ici, je ne fais pas référence à des clients, mais bien à des victimes de la séduction…). Son mode de recrutement est basé bien souvent sur son apparence, ses performances ou plus rarement ses diplômes et habituellement il présente un niveau de compétence en entraînement de passable à moyen, mais démontre une excellente condition physique.

Le preacher (pri-chère)

Le preacher détient la vérité en entraînement (et plus encore) et s’indigne devant le manque de connaissances flagrant de ses collègues et de ses clients. Il a une opinion « fondée » sur tout (art, droit, bourse, et bien sûr tout ce qui touche l’entraînement). Ses connaissances sont immenses et il est de son devoir de convertir le plus grand nombre d’individus que ses convictions sont celles qui doivent prévaloir en tout temps et pour tout le monde. On retrouve souvent le preacher dans des discussions animées où il défend avec acharnement ses convictions. Encore plus étrange, même lorsqu’il a tort, le preacher cherchera à avoir tout de même raison. Pour le preacher, il est essentiel d’avoir un auditoire qui abonde dans le même sens que lui, qui boive ses paroles. Il retire également de la satisfaction lorsqu’il réussit à convaincre de futurs clients de suivre sa bonne parole. Il réussit lorsqu’il est en mesure d’obtenir un auditoire suffisamment important, une raison pourquoi on le retrouve souvent à la radio ou encore à la télé. Son niveau de connaissance en entraînement est généralement de moyen à bon.

L’intello (nain-t-ello)

L’intello a possiblement lu tout ce qui pouvait avoir été écrit au sujet de l’entraînement. Il connait les études, leur auteur, des mots longs comme le bras et étrangement, il ne sourit que rarement. Il présente souvent une première impression dégageant de la frustration et il n’hésite pas à reprendre régulièrement ses interlocuteurs s’ils se trompent. Il démontre souvent maladroitement son savoir et souffre d’un manque crucial de « timing » dans ses interventions. Il est affecté par un manque de crédibilité provenant de son physique ou de son faible niveau de performance. Bref, il impressionne peu par son physique et tant qu’il ne parle pas, sa crédibilité est pratiquement nulle. L’intello passe énormément de temps à chercher les dernières études et à approfondir les dernières théoriques. Il est bien plus à l’aise devant un écran d’ordinateur que dans un gym. Il n’est pas rare que ce dernier ne devienne complètement déconnecté de la réalité de l’entraînement et qu’il ne soit pas en mesure de mettre en pratique ses connaissances. Son manque d’expérience de terrain jumelé parfois à des connaissances théoriques extrêmes peut donner lieu à des situations très cocasses dans un centre sportif. Son niveau de connaissance théorique en entraînement est impressionnant, mais sa capacité à mettre ses connaissances en pratique est souvent de faible à moyen.

Le markêteux (mar-kè-teu)

Le markêteux se caractérise par son immense et insatiable désir de faire de l’argent. Afin de réussir à atteindre ses lucratifs objectifs, le markêteux a recours à de nombreuses stratégies marketing inspirées des plus infâmes infopubs de fin de soirée. Habituellement, sa stratégie de prédilection repose sur les vulnérabilités de ses clients. Rapidement, le markêteux cible les points faibles de ses futurs clients et met subtilement en place un ou plusieurs stratagèmes pour les attirer à lui. Il dira à ses victimes exactement ce qu’elles souhaitent entendre (que cela soit vrai ou faux) et établira rapidement sa crédibilité en utilisant des photos de ses clients qui ont réussi ou encore utilisera des termes scientifiques (appropriés ou non) afin d’intimider intellectuellement ses futurs clients (avez-vous remarqué qu’en entraînement, lorsque quelqu’un ne comprend pas quelque chose, il est d’usage de faire comme si on comprenait? On se tait et on se dit que la personne doit sûrement savoir de quoi elle parle…). Le markêteux justifiera sans aucune hésitation chacune de ses actions et adaptera les justificatifs en fonction de son interlocuteur. Son réel désir d’aider ses clients passe uniquement par l’argent qu’il peut générer. Il réussit parce qu’il est en mesure de berner ses clients et de jouer sur les faiblesses en tant que consommateur. Son niveau de connaissance en entraînement est de moyen à bon, mais ses forces résident dans ses connaissances en marketing.

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Les 5 erreurs de la prise de masse musculaire

prise de masse musculaire

Il s’agit sans aucun doute d’un des objectifs les plus fréquents pour tout mâle foulant le sol d’un centre d’entraînement: la prise de masse musculaire. Ils ne l’avoueront peut-être pas tous, mais beaucoup chériront ce désir de gagner de la masse musculaire. Voyons quelques-unes des erreurs les plus fréquentes que ces messieurs courent le risque de commettre.

Prendre régulièrement une boisson pré entraînement

Prendre un petit remontant avant de s’entraîner fait partie du quotidien d’entraînement de bon nombre d’adeptes de la musculation. J’ai déjà abordé le sujet dans un article précédent, mais je crois pertinent d’en parler brièvement encore une fois. La prise de ces boissons qui sont en réalité des stimulants (caféine ou dérivés de caféine) entraîne une augmentation négligeable des performances chez la plupart des individus. En fait, beaucoup vont réaliser exactement la même séance d’entraînement (même volume, même intensité, même densité) à la différence qu’ils vont la trouver plus facile. Pour ceux chez qui on observera une augmentation des performances, on parle de gain de l’ordre de 10 % dans les meilleurs scénarios. La problématique se situe beaucoup plus au niveau de la relation entre l’accoutumance et la période léthargique qui risque de l’accompagner. La teneur en caféine et les quantités consommées avant un entraînement peuvent rapidement causer une accoutumance (aussi peu que 2 ou 3 entraînements consécutifs). Cette accoutumance sera fort probablement associée à une période léthargique lors de la cessation de la consommation (cette cessation est pratiquement inévitable, que l’on souhaite ou non). Malheureusement, la durée et l’ampleur de la période léthargique risque fort probablement d’effacer les gains de l’ordre de 10 % acquis suite à la consommation de la boisson pré entraînement. Une diminution de motivation et de la capacité à soutenir un effort sont également des effets potentiellement négatifs qui peuvent nuire au gain de masse musculaire à moyen et long terme.

Surcharger en calories

Si tu veux prendre du muscle, prends des calories. Beaucoup de calories. Vraiment beaucoup de calories. Comme la majorité des hommes qui souhaite prendre de la masse musculaire utilise le pèse-personne comme outil de mesure (plus pesant = obligatoirement plus de muscle), la surcharge calorique est extrêmement populaire. On confond souvent prise de poids avec prise de muscle. En augmentant les apports énergétiques de façon considérable, on garantit une prise de poids. Conjointement avec de l’entraînement en musculation, la surcharge calorique est effectivement une méthode pour gagner de la masse musculaire. Le problème n’est pas au niveau de la logique du surplus calorique, mais plutôt dans sa démesure. En imposant des apports de l’ordre de 5000-6000kcal par jour, on s’assure d’une prise importante de masse grasse. Comme la composition corporelle est rarement mesurée ou mesurée adéquatement, la prise de poids est perçue comme une source de réconfort. De toute façon on se console en se disant que l’excédent de gras sera facilement perdu en phase de perte de gras (« cut »). Malheureusement, pour plusieurs la phase de prise de masse comprend une proportion trop importante de prise de gras. La phase de découpage doit être tellement importante ou drastique qu’elle entraîne une perte de masse musculaire importante. Cecii se traduit par un cycle d’augmentation de la masse musculaire conjointement avec une augmentation de la masse grasse puis d’une perte de masse grasse et trop souvent une perte de masse musculaire ce qui fait en sorte que l’on se retrouve à la case départ. On cycle une composition corporelle pratiquement identique sur un cycle de 12 mois.

Surcharger en protéines

Certes, les protéines ont leur importance dans le développement musculaire, mais il faut également concevoir que le muscle représente environ 30 % de besoin en protéine dans des conditions normales. Il est possible de croire que l’entraînement en musculation puisse augmenter légèrement les besoins en protéines, mais cela n’implique pas qu’une surcharge importante soit tributaire de gains plus prolifiques. En fait, les besoins en protéines seront directement proportionnels aux dommages musculaires causés par l’entraînement. Un surplus de protéines en l’absence de dommages suffisants demeure une source très négligeable d’anabolisme musculaire. La prise de protéines doit donc forcément prendre en considération l’intensité et le volume d’entraînement (les deux principales sources de dommage musculaire). Mais, comme il est extrêmement difficile de quantifier le dommage musculaire (des dosages de créatinine dans l’urine s’avèrent peu pratiques), on se base sur le poids total ou sur la masse maigre pour déterminer les besoins. Ce n’est pas nécessairement mauvais, mais cela implique que les besoins en protéines sont constants et fonction du poids ou de la masse maigre, alors qu’ils sont plutôt variables et fonction des besoins en protéines déterminés en partie par le dommage musculaire.

Pourquoi trop de protéines seraient une erreur? Pas seulement parce que cela peut s’avérer inutile, mais parce que la consommation importante de protéines risque de diminuer les apports en autres éléments importants (glucides, lipides, micronutriments). L’alimentation risque de prendre une allure très unidimensionnelle pour le gain de masse musculaire, une tournure du style : « prends assez de protéines et tout est OK ». Pourtant, de nombreux processus essentiels à l’hypertrophie musculaire requièrent la présence de glucides, lipides et micronutriments. Le gain de masse musculaire provient d’une stimulation adéquate et d’une récupération adéquate. L’alimentation doit donc favoriser les performances en entraînement ainsi que la récupération. En mettant uniquement l’emphase sur les protéines, on omet de considérer l’importance de la nutrition pour favoriser les performances en entraînement (pour pouvoir causer un dommage musculaire adéquat). Selon moi, il est donc peu profitable de dépasser les recommandations actuelles en matière d’apport en protéines (1.6-2.1g par kg de poids par jour approximativement).

Suivre les entraînements dans les magazines

Au risque de briser la bulle de plusieurs, non, les entraînements qui sont présentés dans les magazines de musculation/culturisme ne sont pas ceux que font réellement les modèles. Par expérience, la majorité (pour ne pas dire la totalité) des culturistes ou athlètes de fitness que je connais protègent jalousement leur(s) méthode(s) et plan nutritionnel. Bref, à moins de payer un bon montant, les secrets demeurent des secrets et ils ne sont pas distribués si facilement. Les entraînements présentés dans les magazines sont souvent très similaires et presque toujours caractérisés de la même façon : des séries entre 6 et 14 répétitions, beaucoup d’exercices différents et presque qu’aucune information sur les temps de repos ou sur l’intensité (les RM). En apparence il s’agit de quelque chose d’intéressant d’un point de vue marketing, mais au niveau des principes d’entraînement, cela demeure très sommaire. Un autre élément important demeure au niveau des lacunes importantes en ce qui concerne la progression. Les programmes présentés sont souvent ponctuels, fixés dans le temps et ne s’inscrivent pas au sein d’une progression. Cette lacune au niveau de la périodisation rend leur pertinence beaucoup moins importante et risque de fortement limiter leur potentiel bénéfique au niveau des gains en hypertrophie.

Sous-estimer sa force

Même si à l’esprit cela peut paraître peu probable, il est fréquent que le gars qui souhaite gagner de la masse musculaire se sous-estime. En fait, c’est presque toujours le cas. Il est plutôt rare que l’on observe l’opposé, c’est-à-dire une surestimation des charges. Les classiques « fails » en musculation sont beaucoup plus présents sur YouTube que dans les centres de conditionnement physique. Il est plutôt rare qu’un adepte du conditionnement physique reste prisonnier sous une barre surchargée lors de sa première série sur un exercice. Il s’agit d’un phénomène un peu plus fréquent (mais néanmoins rare) lors des séries subséquentes, lorsque la fatigue s’installe. En réalité, beaucoup d’entraînements en hypertrophie sont réalisés avec des charges sous-maximales que l’on prolonge avec une quantité trop importante de séries. On augmente le volume (nombre de séries) au détriment de l’intensité (charge). La préoccupation du gars qui veut gagner de la masse est davantage axée sur le nombre d’exercices et le nombre de séries que l’utilisation d’une charge adéquate. Le nombre maximal de répétitions complétées lors de la première série indique les RM. Lorsque l’on décide d’arrêter à 12 répétitions lors de la première série, il ne s’agit pas nécessairement d’une série à 12 RM. Dans bien des cas, la première série aurait pu offrir plus de répétitions si le participant avait poussé à son maximum réel. On se retrouve à perpétuer des séries sous-maximales qui finissent par offrir un certain potentiel pour l’hypertrophie, mais seulement suite à un volume important. La principale problématique de cette approche se présente lorsque l’on tente d’utiliser différentes méthodes d’entraînement qui s’appuient sur le principe fondamental que chaque série (la première aussi) est maximale. L’utilisation de charges sous-maximales diminue grandement l’efficacité de ces méthodes d’entraînement. Donc, à moins d’indication contraire, la première série de travail (après l’échauffement général et spécifique) se doit d’être maximale.

En terminant, pour ceux et celles que ça intéressent, j’ai planifié 15 mois d’entraînement et de nutrition spécifiquement pour optimiser les gains en masse musculaire. Les entraînements et le support nutritionnel vous permettent d’éviter de commettre les principales erreurs associées au gain de masse musculaire. Les entraînements sont basés sur des concepts scientifiques ainsi que sur mon expérience de terrain avec mes athlètes. Si vous voulez avoir accès gratuitement au premier mois afin de vous faire une idée, vous pouvez le faire ici.

Références

1              K. Gilliland, and W. Bullock, ‘Caffeine: A Potential Drug of Abuse’, Adv Alcohol Subst Abuse, 3 (1983), 53-73.

2              A. M. Gonzalez, A. L. Walsh, N. A. Ratamess, J. Kang, and J. R. Hoffman, ‘Effect of a Pre-Workout Energy Supplement on Acute Multi-Joint Resistance Exercise’, J Sports Sci Med, 10 (2011), 261-6.

3              D. W. Hedges, F. L. Woon, and S. P. Hoopes, « Caffeine-Induced Psychosis », CNS Spectr, 14 (2009), 127-9.

4              D. C. Mackay, and J. W. Rollins, ‘Caffeine and Caffeinism’, J R Nav Med Serv, 75 (1989), 65-7.

5              H. Magne, I. Savary-Auzeloux, D. Remond, and D. Dardevet, ‘Nutritional Strategies to Counteract Muscle Atrophy Caused by Disuse and to Improve Recovery’, Nutr Res Rev (2013), 1-17.

6              S. M. Phillips, « Protein Requirements and Supplementation in Strength Sports », Nutrition, 20 (2004), 689-95.

7              S. M. Phillips, and L. J. Van Loon, « Dietary Protein for Athletes: From Requirements to Optimum Adaptation’, J Sports Sci, 29 Suppl 1 (2011), S29-38.

 

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Les 5 erreurs d’une transformation physique

Amazing-Weight-Loss-Transformation-WINLes transformations physiques sont toujours à la mode et plusieurs personnes se lancent dans ce type d’aventure tête baissée en espérant y trouver tous les bénéfices d’un conte de fées. On ne peut pas leur en vouloir, bien souvent ce type d’intervention est vendu avec des arguments enchanteurs. On fait miroiter la possibilité de changer de vie, de devenir une nouvelle personne bien meilleure que la version actuelle, tout cela grâce à une transformation physique. Il ne faut pas oublier qu’il y a un taux d’échec qui vient avec ce type de concours…

Il arrive assez souvent que des entraîneurs et des nutritionnistes prennent contact avec moi pour me demander conseil avec leur participant. C’est toujours avec un grand plaisir que je réponds à leurs questions et cela me permet d’avoir une meilleure idée des différentes interventions qui sont employées afin de réussir une transformation physique gagnante. Cela me permet également de tracer un portrait des erreurs les plus coûteuses associées à ce type d’intervention.

Planifier la perte de poids

Cette erreur est extrêmement fréquente. On tente de prévoir une perte de poids de X ou Y kg par semaine afin d’élaborer notre intervention. En réalité, on fonctionne à l’envers lorsque la perte de poids dicte l’intervention. C’est l’intervention qui doit dicter la perte de poids et comme il est pratiquement impossible (et inutile) de tenter de prévoir le déficit énergétique, il est tout aussi impossible de prévoir la perte de poids hebdomadaire. La perte de poids prévisionnelle indique plutôt le niveau d’agressivité de l’approche et des changements souhaités. Une perte de 1 kg par semaine correspond à une approche très modérée alors qu’une perte de plus de 3 kg par semaine signifie une approche beaucoup plus agressive. Encore une fois, c’est concevoir les choses à l’envers. La perte de poids est le reflet des changements apportés à la balance énergétique et donc, aux habitudes de vie. Pourquoi des changements de plus de 1 kg par semaine sont toujours critiqués? On tente de justifier cette affirmation en faisant allusion à une chute drastique du métabolisme et à une perte importante de masse musculaire. Pourtant, tout le monde est heureux lorsque la perte de poids dans une transformation physique est plus importante que ce qui était prévu…

La réalité ne se situe pas au niveau de complications métaboliques. Si le métabolisme diminue, c’est de façon tout à fait normale, car causé par la diminution de tissus énergivores. Lorsque l’on perd du poids, on perd du gras et aussi parfois un peu de muscle. Moins de tissus à alimenter en oxygène, donc un métabolisme plus bas. Et la perte de masse musculaire? Elle sera fonction du procédé par lequel le poids a été perdu. Une absence de stimulation musculaire ou un excès de stimulation musculaire entraîne une perte accrue de la masse musculaire en présence d’un déséquilibre énergétique important.

L’important dans la planification ce n’est pas de planifier la perte de poids, mais de planifier le changement au niveau des habitudes de vie. Cela implique de planifier l’incorporation de l’entraînement, des stratégies nutritionnelles ainsi que des stratégies connexes (activité physique, sommeil, etc.) dans le quotidien du participant afin de créer un déficit énergétique. Ça, c’est beaucoup plus concret et réaliste que de prévoir un déficit de 3500 kcal par semaine (ça, ça donne uniquement l’impression à tout le monde que tout est rondement planifié… à tort).

Croire les chiffres

J’aime les chiffres. Mes interventions sont très souvent basées sur des chiffres. Toutefois, il faut faire attention et toujours s’assurer de bien connaître et surtout de bien comprendre les chiffres. Les valeurs doivent être valides et il faut connaître la variation qui vient avec toute mesure que l’on effectue. Sinon, on ne fait pas vraiment son travail et on risque de pelleter une sérieuse quantité de nuages. Par exemple, il est utopique de croire qu’il est possible d’induire un déficit énergétique de 300 kcal par jour à l’aide d’un plan nutritionnel et d’un programme d’intervention en activité physique. À ce jour, nous n’avons tout simplement pas les outils pour obtenir ce niveau de précision. Il faut donc miser sur des déficits plus importants afin de s’assurer d’obtenir une perte de poids.

Idem pour la composition corporelle, selon la méthode utilisée (anthropométrie, bioimpédance, ultrason), il est rare de bénéficier d’une précision de moins de 1 kg sur la masse maigre. Cela implique que tout changement de poids inférieur à 1 kg n’est pas réellement détectable et que toute interprétation d’un tel changement est hautement risquée.

Il faut également être prudent lorsque l’on utilise des chiffres qui ne fournissent pas toute l’information. Par exemple, se fier uniquement à la pesée pour déterminer si l’intervention se passe bien est également un comportement risqué. Ce chiffre ne donne pas l’information sur la composition corporelle et il fournit encore moins d’information sur les changements apportés aux habitudes de vie qui auraient généré un changement de poids. La pesée devrait donc être utilisée conjointement avec une mesure des habitudes de vie (journal alimentaire, mesure de l’activité physique sur 24 h, etc.). Il ne faut pas oublier qu’il peut être problématique de mesurer uniquement la résultante (le changement de poids) sans quantifier le changement des habitudes de vie (nouveaux apports nutritionnels, niveau d’activité physique).

Miser sur la musculation

Grâce à la musculation, on va augmenter le métabolisme de repos et ainsi créer un déficit énergétique favorisant une saine perte de poids durable. En plus, on va brûler beaucoup de calories parce que les entraînements en musculation vont être très intenses. Bonne chance…

Non, l’élévation du métabolisme de repos post entraînement ne fera pas de miracle. Tout au mieux, lors d’une séance d’entraînement destructrice on observera une augmentation de 10-15 % du métabolisme pendant quelques heures (prenons un métabolisme de 1300 kcal, ça nous fait une augmentation de 1950 kcal pour 10 heures). Vous me direz que c’est beaucoup et à cela je répondrai qu’il y a un prix à payer pour cette augmentation. Ce coût énergétique est proportionnel aux dommages causés ainsi qu’aux besoins de récupération. Cela implique que vous n’êtes pas au sommet de votre forme pendant cette période. C’est un peu comme lors d’un accident de voiture. Plus les réparations sur votre voiture sont importantes, plus vous devez attendre avant de la récupérer. Vous ne pouvez donc pas utiliser votre voiture pendant les réparations. La même chose risque de se produire suite à votre entraînement de destruction massive. Des mécanismes compensatoires risquent de s’installer et affecter à la baisse le niveau d’activité physique quotidien. Il n’est pas rare d’observer une diminution équivalente ou supérieure du niveau d’activité physique ce qui nivelle la dépense énergétique au final. Vous en doutez? Si vous ne mesurez pas convenablement l’activité physique sur 24 h, il est difficile d’argumenter…

Miser sur le cardio

Il s’agit d’une pratique courante dans les interventions visant une transformation physique. Habituellement, on commence le processus avec de l’entraînement concomitant (cardio + musculation) et au fil du temps, lorsque la transformation physique n’est pas au niveau souhaité, on tombe dans l’entraînement aérobie à outrance. Pourquoi? Parce que la dépense énergétique associée à ce type d’effort est potentiellement beaucoup plus importante ce qui, en théorie, permet plus aisément de créer un déficit énergétique important. Il faut cependant faire attention aux mécanismes compensatoires (comme pour la musculation) et s’assurer que l’entraînement aérobie contribue à augmenter le niveau d’activité physique sur 24 h et non le contraire… La capacité aérobie du participant est également un point important à considérer. Si la capacité aérobie est trop faible, la quantité d’énergie pouvant être dépensée par unité de temps sera moindre. Il est donc essentiel d’établir lors de la planification de la transformation physique si la capacité aérobie est suffisamment élevée pour favoriser une bonne dépense énergétique ou bien si elle doit être améliorée. Pour vous situer, une capacité aérobie sous la barre des 45 mL/kg x min-1 complique passablement les choses (ce n’est que mon opinion toutefois). Encore une fois, que ce soit du cardio ou de la musculation, il faut que l’intervention favorise une augmentation de la dépense énergétique et le niveau d’activité physique sur 24 h

Miser sur la nutrition/suppléments

La solution de dernier recours lorsque le processus de transformation physique ne fonctionne pas comme prévu. On coupe ou on supplémente, mais on tente des actions drastiques pour rattraper le retard. Trop souvent, on balance par la fenêtre le discours santé que l’on prônait au début du projet. Maintenant, on veut gagner et on va prendre les moyens pour y arriver. Diète hyperprotéinée et sévèrement hypocalorique et pourquoi pas une dose quotidienne de stimulants/coupe-faim (« fat-burners ») quand ce n’est tout simplement pas des produits dopants (j’ai eu vent de bon nombre de participants ayant recours à du clenbutérol entre autres choses pour arriver à perdre le poids souhaité). Cette approche fait en sorte que l’on déresponsabilise le participant de sa réussite en lui fournissant des outils qui font le travail qui n’a pas su être fait. L’essence même du projet est dénaturée. Alors qu’initialement on tentait d’induire un merveilleux changement global et holistique de l’individu, maintenant on tente par tous les moyens de miser sur une finalité illusoire.

La nutrition n’est pas plus ni moins importante que l’activité physique, mais il est beaucoup plus facile pour un intervenant d’induire un déficit énergétique en limitant considérablement les apports qu’en cherchant à augmenter le niveau d’activité physique sur 24 h. Cependant, il est important de réaliser que pour le participant, il est très difficile de respecter (consciemment ou non) une restriction alimentaire importante. On court le risque de stimuler des comportements de dénis ou même des comportements mensongers qui ternissent par la suite la relation entre l’intervenant et le participant. Et tout ça, c’est sans parler de l’ensemble des émotions négatives qui sont associées à ces types de comportements. Le projet positif initial se transforme alors progressivement en cauchemar…

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La jungle du gym

bonoboCela va bientôt faire plus de 20 ans que j’arpente les gyms et centres de conditionnement physique au Québec et ailleurs dans le monde. Au fil des ans, j’ai observé une grande quantité de comportements divers. De façon tout à fait particulière, la plupart de ces comportements se retrouvent dans le règne animal, plus particulièrement chez nos lointains cousins les primates. Si vous doutez de la pertinence de cet article, attendez de voir l’impact de ces comportements sur l’assiduité des adeptes du conditionnement physique.

Le milieu de l’entraînement en est un des plus intimidants. La grande majorité des adeptes du conditionnement physique ne l’avoueront probablement jamais, mais ils font souvent face à des épisodes d’intimidation et de lutte territoriale. Oui, même Joe Jambon et Tom Pec vont être assujettis à cette réalité. Il est donc tout à fait normal pour le commun des mortels d’en être également affligé. Vous en doutez?

Dans l’environnement d’un gym, on retrouve un microcosme où les instincts les plus élémentaires se manifestent. On peut facilement y reconnaître un mâle et une femelle Alpha (et parfois plusieurs selon les différentes périodes de la journée). Chaque Alpha se manifeste de différente façon pour maintenir son territoire et son emprise sur ce micro environnement. Ces manifestations peuvent être de l’ordre de prouesses physiques (je mets plus lourd que toi ou je suis plus découpé que toi) ou plus « évoluées » comme des envolées verbales (tu ne fais pas ton mouvement correctement, laisse-moi te montrer comment il faut faire) ou des bouffonneries et des familiarités (le membre qui ne se gêne pas pour aller derrière le comptoir ou dans le bureau du gérant comme il était chez lui). À leur façon, ces gens vont s’approprier le territoire du gym et vont tenter par tous les moyens à leur disposition de le défendre. L’arrivée d’un nouveau venu démontrant de plus belles aptitudes que l’Alpha présent entraîne systématiquement des frictions se manifestant par des comportements d’intimidation où l’ancien Alpha va tenter d’affirmer sa suprématie et le nouveau de tenter de le déclasser.

À la base, ces comportements prennent naissance dans un lointain instinct de survie et/ou de reproduction. On cherche à affirmer sa présence pour se sécuriser ou pour favoriser la séduction. Vous doutez toujours? Remarquez comment les hommes qui s’entraînent modifient leurs comportements/entraînements en présence d’une séduisante femelle Alpha. Certains vont tenter d’affirmer leur talent de façon évidente alors que d’autres vont se faire extrêmement discrets. Cette hiérarchie de comportements est digne de la plupart des primates. Vous pourrez également remarquer des comportements similaires chez les autres femmes présentent dans la salle. Certaines vont tenter de se mettre plus en valeur alors que d’autres vont abdiquer (habituellement en vociférant quelques critiques sévères sur les vêtements ou la coupe de cheveux de la femelle Alpha).

Ce microcosme peut paraître amusant pour certains, mais il peut y avoir des conséquences moins heureuses pour d’autres. L’intimidation qui peut être perçue par des nouveaux adhérents peut facilement saper leur motivation initiale et les mener à un abandon précoce. Pour les anciens, l’arrivée de nouveaux Alphas plus fringants peut également les pousser à se retirer et à délaisser l’entraînement s’ils ne sont pas en mesure de réaffirmer leur dominance. En fait, si ces comportements ne sont pas efficacement gérés par les responsables de la salle d’entraînement, il peut rapidement en résulter une ambiance désagréable pour tous.

Voici quelques conseils pour éviter que votre salle d’entraînement se transforme en jungle infernale :

1— S’assurer que les membres connaissent bien l’environnement (toilettes, vestiaires, équipements, etc.)

2— S’assurer que les membres connaissent le personnel et que le personnel connaisse les membres

3— S’assurer que des règles de fonctionnement de la salle d’entraînement sont visibles et appliquées par tous (replacer les poids, libérer rapidement l’équipement, etc.). Si les règles sont visibles, il est impératif qu’elles soient appliquées, sinon il en résultera un désordre menant à plus d’intimidation et de comportements inappropriés en société contemporaine.

4— Favoriser les échanges et les dialogues entre les membres afin de développer un sentiment d’appartenance de groupe et non uniquement un sentiment d’appartenance individuel.

5— Toujours être conscient des membres Alphas qui sont présents dans la salle

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Optimiser son entraînement : Augmenter les effets de votre entrainement

augmenter les effets de votre entrainement

Connaissez-vous LA toute dernière méthode d’entraînement? LE nouveau supplément? LA nouvelle paire de souliers nouveau genre qui favorise vos performances? Non? Alors vous n’aurez jamais de résultat, car votre entraînement n’est pas optimal. Quel dommage… De façon un peu plus sérieuse, je vous propose une réflexion sur comment augmenter les effets de votre entrainement avec quelques trucs simples.

Je ne sais pas s’il s’agit d’un trait propre à la nature humaine, mais la recherche de la perfection en conditionnement physique dicte bien des comportements chez de nombreux consommateurs. On est constamment à l’affut des dernières tendances afin de pousser ses performances à leur maximum. Tiens donc…

Il en résulte une vague de comportements assez particuliers, dignes des querelles de cours d’école de type mon-père-est-plus-fort-que-le-tient. Quoi? Tu fais encore du spinning? Mais, ce n’est plus bon le spinning, maintenant il faut faire du Crossfit pour être en forme, car c’est bien meilleur.

Je suis franchement désolé (non, pas vraiment), mais pour un entraîneur qui se respecte, toute nouvelle tendance en entraînement se résume à une forme ou une autre de stimulation de qualités physiologiques. Tout le reste, c’est du marketing afin de faire de la promotion. Il faut donc apprendre à voir à travers le nuage parfois opaque du marketing pour identifier ce qu’est réellement la dernière promotion. Très souvent, c’est du pareil au même…

Le problème, c’est que le consommateur en conditionnement physique souffre généralement du syndrome de l’étoile. Qu’est-ce, me direz-vous? Le syndrome de l’étoile se résume à avoir un bagage de connaissances parfois extrêmement spécifiques sans bénéficier d’une base solide afin de bien comprendre (on dit syndrome de l’étoile parce que l’on ne voit que les pointes lumineuses de l’étoile et pas son noyau). Or, comme il n’est pas vendeur pour personne de faire la promotion des bases de la physiologie de l’exercice à la population, on ne le fait pas. On enchaîne successivement des notions spécifiques pigées au hasard que l’on présente à la population sans que la majorité de cette dernière ne possède les outils adéquats pour bien comprendre les notions véhiculées.

À force d’être exposés régulièrement à des concepts poussés visant l’optimisation des performances, les adeptes du conditionnement physique en finissent par toujours vouloir le dernier cri en matière d’entraînement afin de vivre une optimisation parfaite de leurs performances. Il est fréquent que l’on me demande mon opinion sur telle ou telle méthode d’entraînement ou encore sur un nouveau produit favorisant la perte de poids ou bien le gain de masse musculaire. Je réponds souvent par une série de questions qui agacent toujours mon interlocuteur.

Dans un contexte de perte de poids :

–          Avez-vous mesuré votre niveau d’activité physique sur 24 h?

–          Avez-vous quantifié vos apports nutritionnels?

–          Quelle est votre capacité aérobie?

Dans un contexte de gain de masse musculaire :

–          Avez-vous testé votre force musculaire?

–          Utilisez-vous les résultats de vos tests de force pour déterminer les charges à utiliser pour vos entraînements?

–          Avez-vous fait évaluer vos apports nutritionnels afin de déterminer si vos apports QUALITATIFS et QUANTITATIFS sont adéquats?

Presque à tous les coups, les gens répondent, agacés, que non. Mais, ce n’est pas important parce que LA nouvelle méthode d’entraînement ou LE nouveau produit n’a pas besoin de toutes ces imbécilités inutiles pour donner des résultats garantis. Ça doit être vrai, on l’a dit dans une infopub…

Je ne suis pas psychologue, mais je crois que cette réalité puise sa source dans une forme de déresponsabilisation mélangée en un désintérêt notable pour le cheminement qui mène aux résultats. Bref, un veut être en forme, être beau grand et fort, courir des marathons, mais il ne faudrait pas que ça soit trop difficile. Si on pouvait trouver quelconque produit qui nous y amène plus vitre et avec moins d’efforts, ça serait parfait.

En réalité, il est utopique de croire que l’on puisse optimiser son entraînement facilement. On se complait dans l’illusion d’optimiser qu’on si cela compensait pour les efforts que l’on ne faisait pas toujours (et c’est tout à fait correct). Afin d’entamer un processus d’optimisation, il importe de commencer par optimiser les bases de son entraînement et de sa nutrition. Ceci implique que l’on doive augmenter son bagage de connaissances générales en entraînement et en nutrition (et par générales, je ne veux pas dire nécessairement faciles. Pour moi, le cycle de Krebs, c’est une notion générale, mais assez difficile à comprendre…).

Voici quelques recommandations afin d’optimiser votre entraînement :

–          Il est essentiel d’évaluer les qualités physiologiques qui sous-tendent vos objectifs (habituellement en conditionnement physique on teste la capacité aérobie et la force musculaire). Si vous ne vous évaluez pas ou si votre entraîneur ne vous évalue pas convenablement, oubliez les multiples cossins pour optimiser vos performances.

–          Les résultats de ces évaluations DOIVENT servir à établir les paramètres de surcharge, principalement l’intensité (tant sur le cardio que pour la musculation) et non pas seulement à vous dire bravo vous êtes bons ou zut vous êtes mauvais. À partir d’un test de force, on prescrit la surchage en musculation, à partir d’un test de capacité aérobie on prescrit les intensités de l’entraînement cardiovasculaire.

–          Il importe de compiler les paramètres de surcharge. Votre volume d’entraînement (quantité de répétitions en musculation ou durée de l’effort sur le cardio, par exemple) doit être suivi tout au long de votre planification d’entraînement. Votre intensité doit être également appropriée à vos objectifs. Ce sont ces paramètres qui génèrent les adaptations que vous souhaitez obtenir, pas vos souliers, pas la couleur de votre corde à danser…

En fait, la beauté de l’entraînement, ce n’est pas l’atteinte de performances éphémères, mais plutôt le désir de devenir meilleur par ses propres moyens.

Si jamais vous avez des questions, n’hésitez pas à m’écrire !

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Entraînement pour touristes

Touriste 2C’est avec une certaine déception que je réalise qu’il existe encore un profond écart entre l’entraînement et le conditionnement physique. Je suis désolé, mais je suis incapable de me résoudre à croire que nous devions absolument faire une distinction entre les deux. Pourtant, force est d’admettre qu’il persiste un clivage entre la réalité de l’entraînement et celle du conditionnement physique.

Cette différence est mue par une divergence marquée dans la finalité des objectifs. En entraînement, les résultats se traduisent par l’atteinte d’objectifs associés à une performance déterminée. Toutefois, cela n’implique pas forcément que ces objectifs soient réservés uniquement aux athlètes de pointe. Je considère que chacun de nous est toujours un athlète en devenir et que nous cherchons tous à améliorer nos performances, peu importe la gloire qui pourrait y être associée. Une performance pour un athlète de haut niveau peut se concrétiser aux Olympiques, alors qu’elle peut prendre la forme de l’ascension d’une section d’escaliers menant au premier étage pour une personne âgée. Pour moi, c’est du pareil au même. Donc, l’entraînement se glorifie de l’atteinte de résultats et il incombe à l’entraîneur de bien tracer le chemin à parcourir afin que l’athlète puisse dignement progresser. L’entraîneur porte une partie de la pression de la réussite.

En conditionnement physique, quoique les publicités puissent affirmer, les objectifs sont bien différents. On ne vise pas l’atteinte de performances telles que définies précédemment, on cherche à faire des sous. En réalité, la réussite ou l’atteinte des objectifs visés par le client (déjà, l’individu porte un autre chapeau qui n’est plus celui d’athlète) est tout simplement un outil marketing afin de générer plus de ventes. L’objectif du conditionnement physique, c’est de faire de l’argent. Dans les faits, il n’y a absolument rien de mal à vouloir faire de l’argent, sauf que cette mentalité risque de mener cette industrie à sa perte. Pourquoi? Parce que le conditionnement physique ne peut pas respecter un modèle d’affaires identique à une compagnie de téléphonie cellulaire (et les similitudes sont alarmantes…).

Lorsque les seuls critères de réussite sont mesurés par les ventes d’un entraîneur, ce dernier, pas plus fou qu’un autre, va chercher par tous les moyens à sa disposition à générer des revenus. L’entreprise aime ça. L’entraîneur aime ça. Tout le monde il est content. Presque…

Un des problèmes est que le désir de plaire au client va inévitablement prendre le dessus sur ce qu’il faut faire. En cherchant à générer toujours plus de revenus, tant l’entreprise que l’entraîneur doivent chercher à favoriser la satisfaction à court terme du client. Certains me diront que l’atteinte des objectifs procurera assurément satisfaction au client et j’abonderai dans le même sens. Sauf que ça peut prendre du temps et que le client a le temps d’être mécontent d’ici à ce que les résultats pleuvent. Il faut donc plaire au client d’ici là.

Cette réalité pousse beaucoup trop d’entraîneurs à élaborer leurs entraînements en fonction de ce que le client aime et pas forcément de ce dont le client a réellement besoin. Sans vouloir dévier du sujet, je mettrai dans le même bateau le travail de certaines nutritionnistes qui cherchent également à plaire à tout prix à leurs clients et qui modifieront leur approche et leur intervention en fonction des goûts de leurs clients et non de leurs intérêts réels. La cliente n’aime pas travailler avec des charges trop lourdes, on ira prendre les petits poids roses même si elle a un criant besoin de gagner de la force musculaire. Au fil des séances, on finira bien par la convaincre éventuellement de prendre plus lourd. Toutefois, d’ici là elle perdra son temps en se réconfortant dans sa zone douillette qui la sied si bien. Le client n’aime pas cuisiner? On va s’arranger avec ça et on va élaborer une intervention nutritionnelle qui ne nécessite pas ses talents culinaires. Pourtant, si monsieur apprenait à cuisiner, une grande quantité de ses problèmes seraient réglés (dont possiblement son célibat et statut de vieux garçon grincheux).

En fait, je compare malheureusement l’industrie du conditionnement physique à celle du tourisme. On veut que le touriste visite les belles maisons, les belles routes, les beaux musées, les succulents restaurants, mais surtout pas les clochards, les nids de poules, les politiciens crapuleux, etc. Le touriste doit sortir de son expérience ravi d’avoir visité ce beau coin de pays.

En conditionnement physique, on veut que l’expérience client soit réussie avant tout. Si le client est content et satisfait, l’entreprise fait de l’argent et tout le monde est content. Pourtant, le mandat dont se targue bien souvent les centres de conditionnement physique de précisément améliorer la condition physique et la santé de ses membres (discours toujours très éloquent aux tables de vente) ne se transpose pas dans le quotidien ou du moins dans la réalité de l’entraînement. Un entraîneur ne doit pas plaire à son client ou son athlète, il doit être en mesure d’accepter d’être déplaisant si cela favorise la réussite de son protégé. Cette relation est extrêmement similaire à une relation parent enfant. Le parent doit avoir le courage et la détermination d’offrir ce qu’il y a de mieux à son enfant et non pas uniquement ce que ce dernier pense être le mieux pour lui.

Beaucoup d’entraîneurs n’ont même pas l’option d’avoir du courage afin d’imposer ce qui doit être imposé à leurs clients, car leurs efforts sont sapés par une structure commerciale qui sanctifie la vente au détriment de l’entraînement. Ne vous méprenez pas, je ne considère pas que le conditionnement physique est une méchante industrie voulant dépouiller leurs clients de leurs derniers sous, je pense plutôt qu’il s’agit d’une industrie qui devrait revoir son modèle d’affaires afin de mieux répondre aux besoins de leurs clients et non de ce que leurs clients souhaitent avoir. Le conditionnement physique, ça ne se résume pas en forfaits ou en cadeau, ça se résume à la condition physique et la santé.

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Et si le culte du corps était bénéfique?

Je sais, je mets trop rarement des photos de moi sur mon blogue ;)
Je sais, je mets trop rarement des photos de moi sur mon blogue 😉

Il existe une forme d’hypocrisie dans le domaine du conditionnement physique qui tend à pousser les gens à se ranger derrière des positions parfois extrêmes sous l’influence d’un jugement plus émotif que rationnel. Ceci se manifeste tout particulièrement dans le cas du culte du corps, mouvement jugé par plusieurs comme étant futilement superficiel. Pourquoi s’entraîner pour avoir un corps svelte et athlétique alors que l’on devrait plutôt s’entraîner pour être en forme? On anoblit ou diabolise les objectifs d’entraînement selon nos convictions.

Pourtant, avoir un corps svelte et athlétique peut s’avérer être un gage de santé. Cependant, lorsque Tom Pec mentionne qu’il souhaite s’entraîner pour avoir un corps de rêve sans faire mention d’un désir d’améliorer sa condition physique ou de diminuer ses facteurs de risques pour les maladies cardiovasculaires, on le classe dans la catégorie des gens superficiels. Comme si l’image de soi n’était pas un facteur dans la santé mentale? Et que dire de Mônoncle Gérard, bedonnant et savourant quotidiennement sa bouteille de vin rouge (quoi? C’est bon pour le cœur le vin rouge – sic! —) qui vient s’entraîner en étalonnant ses nombreux objectifs de meilleure santé à son entraîneur alors que tout ce qu’il souhaite c’est de perdre sa protubérance faisant fonction de coussin à chien qui garnit sa devanture, afin de séduire les jeunes dames sur la plage? Mônoncle s’entraîne pour les bonnes raisons alors que Tom Pec est un insignifiant rempli d’une superficialité puante.

S’entraîner pour améliorer son apparence physique n’est pas un crime loin de là. En fait, aimer un corps en santé est un gage de santé globale. À l’inverse, une personne souffrant d’embonpoint important ou d’obésité aimant son corps n’absout pas cette personne des facteurs de risque qui sont associés à sa composition corporelle. D’être bien dans sa peau n’est pas un vaccin contre la maladie. Lorsque ce sentiment d’acceptation devient une motivation pour maintenir le statu quo (je suis bien dans ma peau et c’est ce qui compte, je n’ai donc pas besoin de perdre mon poids). Je trouve, et c’est bien personnel, que ce type de raisonnement est une forme de fuite ou de résignation de la personne en surpoids. Je ne pourrai pas changer, alors aussi bien accepter mon état. Si psychologiquement cette forme d’acceptation peut favoriser l’estime de soi et la santé mentale, elle n’enlève en rien les risques d’hypertension artérielle ou de diabète de type 2. Il est rare d’observer ce comportement chez une personne qui vient de recevoir un diagnostic de maladie associée à la composition corporelle. Soudainement, le désir de perdre du poids réapparait…

Là où le culte du corps devient un problème, c’est lorsque la fin en vient à justifier les moyens. Lorsque l’apparence prend le dessus sur la santé, lorsqu’avoir l’air en santé devient plus important que d’être en santé. Il s’agit d’une réalité qui est bien ancrée dans le domaine du fitness où le désir de triompher peut parfois prendre le dessus sur la raison. Toutefois, ce phénomène dépasse largement l’univers du fitness et on le retrouve désormais dans l’ensemble du milieu du conditionnement physique. Les dernières années ont marqué une transition des objectifs de « santé monotones » vers les transformations physiques plus « sexy ». Pour être franc, je n’ai aucun problème avec cette réalité et j’irai même jusqu’à l’encourager. Cependant, il est important d’encadrer ce processus de transformation tout comme il est important d’encadrer un entraînement visant l’atteinte d’objectifs de « santé monotones ». Alors que l’on paramètre l’atteinte des objectifs de « santé monotones » à l’aide de mesures (prise de pression artérielle, mesure de la glycémie, enzymes hépatiques, etc.), on paramètre beaucoup moins les transformations « sexy ». Outre les mesures de composition corporelle, on ne mesure aucun paramètre psychologique pour tenter d’évaluer l’estime de soi ou la perception du schéma corporel. On se soucie peu de ces choses, tant que les photos avant-après sont remarquables par leur distinction.

Cette forme d’emphase sur l’avant après pousse de plus en plus de participants à plonger dans l’univers du « la-fin-justifie-les-moyens » et risque de causer l’adoption de comportements incompatibles avec une notion de santé globale. Bientôt, il faudra prévoir des tests antidopage chez les participants de défis transformations « sexy ».

En fait, l’apparence et surtout la perception de soi sont des éléments très importants dans une perspective de bien-être holistique. Ils doivent cependant s’insérer dans une démarche honnête dans son approche et santé dans son dénouement.

 

Références

1.            Morgan AZ, Keiley MK, Ryan AE, et al. Eating regulation styles, appearance schemas, and body satisfaction predict changes in body fat for emerging adults. Journal of youth and adolescence 2012;41:1127-41.

2.            Sabiston CM, Crocker PR. Examining an integrative model of physical activity and healthy eating self-perceptions and behaviors among adolescents. The Journal of adolescent health : official publication of the Society for Adolescent Medicine 2008;42:64-72.

3.            Shaw JM, Ebbeck V, Snow CM. Body composition and physical self-concept in older women. Journal of women & aging 2000;12:59-75.

 

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Les 5 erreurs de la fille de cours de groupe

cours de groupe 2Anciennement regroupée sous l’égide des cours d’aérobie, la grande famille des cours de groupe a su se diversifier au cours des dernières années. Désormais allègrement assaisonnée de puissants arômes de marketing, la grande famille des cours de groupe connait un regain de popularité après une phase plus léthargique dans le début des années 2000. Ayant enseigné des cours de groupe sur vélo stationnaire vers la fin des années 90 et pendant les années 2000, je me suis intéressé aux stéréotypes qui animaient les sympathiques adeptes des cours de groupe. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ces mêmes archétypes se sont maintenus jusqu’à nos jours! Voici donc mon bilan bien personnel des 5 erreurs de certains/certaines de ces participants.

Être groupie

N’importe quel prof de cours de groupe vous le dira, les groupies abondent dans ce segment de l’activité physique. N’importe quel prof, mais plus particulièrement ceux et celles qui ont eu à remplacer une icône du milieu comme Josée Lavigueur ou Lyne St-Roch. Disons que l’accueil est habituellement aussi chaleureux que celui qui est réservé à un vendeur de crayon itinérant un dimanche matin au lendemain d’une nuit de noces. Il existe bien souvent un culte du prof où ce dernier ou cette dernière devient une espèce de demi-dieu vénéré et surtout irremplaçable. Peu importe le remplaçant, il sera systématiquement moins bon parce qu’il ou elle n’est pas LE PROF. Cette attitude tend à malheureusement encourager un mode de pensée très restreint, voire sectaire qui réduit considérablement les perspectives d’apprentissage. Lorsque ce n’est pas comme d’habitude, c’est forcément mauvais. Il ne faut surtout pas oublier les répercussions sur le plan humain de ce type d’attitude sur les fameux remplaçants. Quoiqu’ils fassent, ils ne seront jamais à la hauteur. Pas plaisant du tout pour un travail si bien rémunéré…

Croire que les cours vont lui permettre de « tonifier »

On fait des cours de groupe parce qu’on ne veut pas faire de culturisme et devenir accidentellement des madames-muscles. Ce qu’on veut d’un bon cours de groupe, c’est tonifier notre popotin sans plus. Avoir un corps svelte et athlétique sans trop se développer et possiblement perdre le petit gras qu’on a oublié de transmettre à bébé pendant la grossesse. Grâce à des cours spécifiquement conçus pour cibler les régions critiques pour de nombreuses femmes, on arrive avec un taux de succès extrêmement élevé à « tonifier » ces régions (les fesses, les cuisses, les abdos et les triceps). J’ai survolé la littérature sur le sujet et je n’ai pas trouvé de publication scientifique traitant de l’impact des cours de groupe spécifiques (du genre cours abdos-fessiers) sur la composition corporelle (éclairez-moi si vous en avez). J’ai même fouillé Google pour trouver quelque chose sur le sujet, mais sans succès. En fait, même si ces cours de groupe spécfiques font « bouger » les participants, il est moins que probable qu’il y ait un effet tonifiant sur les muscles. Pourquoi? Parce que le tonus chez des personnes asymptomatiques ne s’entraîne pas réellement (on définit le « tonus musculaire » selon le Dictionnaire Médical 2011, comme étant l’état permanent de tension qui s’exerce sur les muscles afin de s’opposer à l’action de la gravité sur le corps humain). Quand on désire tonifier en conditionnement physique, on désire diminuer sa masse grasse et augmenter sa masse musculaire (surtout chez les femmes qui peine à avoir un minimum de masse musculaire). Comme les exercices utilisés dans les cours de groupe ciblés impliquent très souvent de faibles charges et de hautes répétitions, la dépense énergétique et la tension mécanique ne seront pas au rendez-vous. En bref, pas assez de calories dépensées pour avoir un impact notable sur la dépense énergétique quotidienne et pas assez de surcharge sur les muscles pour hypertrophier. On bouge, on fait de l’exercice et au mieux on devrait améliorer son endurance musculaire locale des muscles ciblés. Ce n’est pas une perte de temps, mais à moins de travailler sur une chaîne de montage en Chine, l’endurance musculaire locale n’est pas un élément essentiel de notre quotidien.

Croire que les cours vont lui donner un cardio de marathonienne

Certains cours sont plus dynamiques que d’autres, certains cours vont vous décoiffer avec un rythme effréné et vous faire suer abondamment. C’est de l’exercice, ce sont des efforts louables qui vont fort probablement vous permettre d’améliorer certaines qualités physiologiques, dont votre capacité aérobie. Cependant, les structures des cours de groupe sont souvent élaborées en fonction d’une notion qui ne fait pas partie des variables principales de l’entraînement : il faut que ça soit l’fun. Détrompez-vous, je trouve que l’aspect ludique et agréable de l’activité physique est essentiel, cependant quand cet aspect devient la pierre angulaire de l’élaboration d’une prescription d’exercice on risque de se détourner de certains éléments critiques à toute progression en entraînement. Pour beaucoup de profs de cours de groupe, leur cours doit être amusant et agréable et on oublie souvent lors de la création de routine de faire une place aux principes d’entraînement (certes, les gens viennent pour avoir du plaisir, mais aussi pour s’entraîner sinon ils iraient au cinéma ou dans un 5 à 7…). La presque totalité des cours de groupe actifs peut être caractérisée sous de l’entraînement intermittent (séquences d’efforts discontinues). Ce type d’entraînement doit être paramétré en fonction de l’intensité des segments d’efforts, du volume de ces segments et du ratio effort-repos (la densité) afin de favoriser le développement des qualités physiologiques ciblées. Oui, cela demande des efforts lors de l’élaboration de la chorégraphie et aussi des connaissances en entraînement. Je suis bien conscient que ces notions d’entraînement ne sont pas facilement accessibles pour les profs de groupes (de nombreux entraîneurs n’en sont même pas conscients et ils œuvrent dans le domaine de l’entraînement…). Cependant, il y a une marge entre ne pas maîtriser les notions de physiologie d’exercice et de prescription d’entraînement et ne pas les connaître du tout. Le rôle d’un prof de cours de groupe ne se limite pas à amuser les gens, pour ça il y a Juste Pour Rire. Cette lacune fait malheureusement en sorte que certains cours de groupe ne permettent pas réellement aux participants d’améliorer leur condition physique, et ce, malgré leurs efforts répétés semaine après semaine. De façon tout à fait officieuse, j’avais évalué 4 dames avant et après une session (3 mois) de cours de groupe (cardiolatino). Après 3 mois, la composition corporelle n’avait pas changé de façon significative et plus triste, la capacité aérobie n’avait pas bougé. Je dois également mentionner que les dames ont eu beaucoup de plaisir et on fait de l’exercice de façon régulière pendant 3 mois. C’est très bien (sincèrement), mais je crois qu’aujourd’hui il faudrait en demander un peu plus d’un cours de groupe. Imaginons un instant que l’on puisse faire de l’exercice régulièrement, avoir du plaisir ET améliorer sa condition physique et sa composition corporelle au besoin. Ça, ça serait vraiment super…

Croire que les poids roses servent à quelque chose

Quoi de plus sexiste que d’affliger les petits poids de 1kg d’une douce couleur rose pour ne pas effrayer les femmes? Être une femme, je serais insultée. La plupart des salles de cours de groupe sont outillées d’une gamme de poids allant du ½ kilo aux poids de 5kg. Il ne faudrait surtout pas avoir plus lourd, car les risques de blessures seraient trop importants et pire encore, on risquerait de malencontreusement gagner de la masse musculaire et par le fait même, il faudrait obligatoirement se présenter au concours de Miss Olympia…

Mesdames, votre sac d’entraînement que vous trimbalez pendant de longues minutes et souvent dans des conditions précaires (sur la glace, dans la neige, etc.) est une source de blessures bien plus importante que des poids « trop » lourds. Vous me direz que vous êtes forcées d’utiliser ces petits poids pour être en mesure de compléter les 500 répétitions par groupe musculaire imposées par le cours. Pourquoi ne pas demander une modification de la chorégraphie pour faire place à un entraînement plus fonctionnel nécessitant le développement de qualités physiologiques plus utiles comme la force musculaire? Vous exigez de façon magistrale que la température de la salle de cours de groupe soit régulée au centième de degrés Celsius parce que vous avez trop chaud. Vous exigez avec force l’achat de nouveaux vélos de cours de groupe parce que la peinture des modèles actuels est quelque peu défraichie. Pourquoi tant de retenue pour de l’équipement dont avez réellement besoin et qui vous serait tellement plus utile? Vous ne perdez pas votre temps à utiliser les petits poids roses, vous faites vivre l’industrie qui fabrique ces petits poids et donc, vous contribuez à nourrir des familles quelque part dans le monde. Cependant, vous devriez être un peu plus égoïstes et penser à vos vieux jours où vous aurez besoin de toute la force que vous aurez pu acquérir au fil des ans pour demeurer fonctionnelles et profiter de votre retraite ailleurs que dans un fauteuil (roulant ou non).

Croire sur parole les informations dictées par le prof

Votre prof vous a résumé la dernière étude scientifique parue dans Elle Québec (sic! ou LOL, comme vous préférez)? Vous devez désormais manger de la cannelle naturelle à chaque repas pour perdre vos 2 derniers kilos. Si le prof le dit, ça doit être quelque chose de vrai et inutile de remettre ça en question. Vous sentez votre cœur battre pendant vos squats et vous êtes essoufflées? C’est forcément parce que vous êtes en train d’améliorer votre capacité aérobie en vue de courir un ultra-marathon la semaine prochaine. C’est sûr, c’est ce que la prof a dit. Ce n’est sûrement pas une question de régulation du métabolisme acido-basique afin d’équilibrer le pH musculaire suite à un effort en endurance musculaire locale… La réalité est que, malheureusement, beaucoup de profs de cours de groupe agissent bien malgré eux comme vecteur de propagande de mythes en nutrition et en physiologie de l’exercice. Bien malgré eux, car je sais pertinemment que la quasi-totalité de ces gens n’est pas mal intentionnée. Les profs de cours de groupe veulent sincèrement vous aider. Cependant, la bonne compréhension et le contexte où les informations sont véhiculées (dans un cours, entre deux séquences endiablées) font en sorte qu’il est difficile de bien transmettre des connaissances. L’erreur d’un intervenant en cours de groupe affecte 10 , 20 , 50 personnes directement selon l’achalandage du cours. Une connerie se propage comme la peste et fait des ravages. Comme pour un entraîneur ou un blogueur, il faut apprendre à développer un esprit critique et surtout ne pas hésiter à aller aux sources pour forger sa compréhension de l’information selon sa perspective avec ses connaissances.

En terminant, je crois fermement que les cours de groupe sont un élément essentiel de la promotion de l’activité physique. Je crois également qu’il est juste de croire que certains cours améliorent certaines qualités physiologiques importantes. Je pense toutefois que les cours de groupe y gagneraient grandement si on pouvait insuffler à leur côté ludique et divertissant, une dose plus importante d’entraînement et de physiologie d’exercice.

Références

1.            Bulat T, Hart-Hughes S, Ahmed S, et al. Effect of a group-based exercise program on balance in elderly. Clinical interventions in aging 2007;2:655-60.

2.            English C, Hillier S. Circuit class therapy for improving mobility after stroke: a systematic review. Journal of rehabilitation medicine : official journal of the UEMS European Board of Physical and Rehabilitation Medicine 2011;43:565-71.

3.            English C, Hillier SL. Circuit class therapy for improving mobility after stroke. Cochrane database of systematic reviews 2010:CD007513.

4.            Kloubec JA. Pilates for improvement of muscle endurance, flexibility, balance, and posture. Journal of strength and conditioning research / National Strength & Conditioning Association 2010;24:661-7.

5.            Maciaszek J, Osinski W, Szeklicki R, Stemplewski R. Effect of Tai Chi on body balance: randomized controlled trial in men with osteopenia or osteoporosis. The American journal of Chinese medicine 2007;35:1-9.

6.            Segal NA, Hein J, Basford JR. The effects of Pilates training on flexibility and body composition: an observational study. Archives of physical medicine and rehabilitation 2004;85:1977-81.

 

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Les 5 erreurs du gars de gym

curlLes stéréotypes prennent toujours naissance dans la réalité du quotidien de chacun. Les centres de conditionnement physique n’y échappent pas. Parfois amusants, parfois navrants, certains comportements observés chez les adeptes purs et durs de la musculation valent la peine d’être énumérés. Voici un bref topo sans prétention sur le sujet.

Les livres, c’est juste bon sur la balance

Il existe une culture anti-théorie qui alimente de nombreux argumentaires chez les « gym rats ». Cette culture se base sur la futilité des notions théoriques, car leur validité ne prend pas naissance où cela compte vraiment, c’est-à-dire sur le terrain. Si tu ne lèves pas, tu ne sais pas de quoi tu parles. Ce qu’on retrouve dans les livres, c’est bon pour les universitaires au tour de bras anémique, pas pour les vrais qui eux, apprennent les vraies choses à coup de dumbbell dans les gencives. Ah?

Je dois donner en partie raison à ceux qui reprochent aux théoriciens de ne pas être suffisamment sur le terrain. Il est vrai que la compréhension de la théorie passe par des applications pratiques, élément que certains universitaires tendent à rapidement oublier une fois leurs livres fermés. Cependant, ce n’est pas parce qu’un individu ne soulève pas un dumbbell qu’il n’est pas en mesure de pleinement comprendre le recrutement neuromusculaire qui permet le mouvement. Ce qui permet la maîtrise d’un domaine, c’est la capacité de lier la théorique à la pratique.

Plus t’en fais, mieux c’est

Moi, pour les biceps, je fais 6 séries de preacher, 4 séries de cable curl et 3 séries de Zottman curl. Toi, t’en fais combien? Certes, le volume d’entraînement est une variable essentielle de l’entraînement. Cependant, certains adeptes de la musculation ont la fâcheuse tendance à oublier les autres variables importantes de l’entraînement. Un volume gargantuesque d’entraînement jumelé à une intensité anémique et une densité inexistante procure peu de bénéfices. Pourtant, il existe une certaine gratification quant à la longueur des entraînements : plus le séjour au gym est long, meilleur est l’entraînement. Ah?

Lorsque je planifie des entraînements, je cherche toujours à donner un minimum d’entraînement en cherchant à obtenir un maximum de résultats. Si mes athlètes pouvaient s’entraîner 5 min par mois et obtenir les mêmes résultats, j’en serais ravi. L’augmentation du volume d’entraînement n’est pas un choix, mais une nécessité qui s’impose d’elle-même afin de progresser. Cette progression doit se faire en respectant les autres variables d’entraînement. Augmenter le nombre de séries au détriment de l’intensité (la charge) risque de prolonger inutilement la longueur des entraînements sans procurer nécessairement plus de gain.

Les machines, c’est pour les femmes

Les appareils de musculation ne font que prendre de la place dans un gym et servent uniquement à plaire aux petites-madames. LA seule vraie façon de s’entraîner c’est avec des poids libres. Tout le monde sait qu’il est impossible de développer la force et l’hypertrophie sur des appareils de musculation, c’est justement pour ces raisons que ces appareils sont destinés aux femmes. Ah?

Pourtant, l’utilisation d’appareil en phase de gain de force permet de mettre de côté les limitations psychologiques associées à l’entraînement en force. Je sais, je sais, les vrais gars de gym n’ont pas de limitation psychologique (pour la force, on s’entend) en entraînement. Ils poussent toujours au maximum. Cette réalité est clairement démontrée lors des nombreux tests de force qu’ils font afin de déterminer leur charge d’entraînement. Quoi? Ils ne testent jamais leur force (mais, ils savent qu’ils poussent VRAIMENT)? L’utilisation d’appareil lors du développement de la force favorise un travail unidimensionnel purement orienté vers le développement de cette qualité physiologique. Pas de soucis ni de tracas, on pousse au maximum dans une direction sans se soucier d’échapper quoi que ce soit. Comme il s’agit d’un travail très spécifique, il est important de le jumeler avec des mouvements plus libres. Ceci qui me pousse à conclure qu’une judicieuse utilisation de l’ensemble des ressources disponibles en entraînement favorise un développement optimal des qualités physiologiques.

Pas besoin d’évaluer, fie-toi sur l’œil et la parole du gros gars

Plus on évalue, plus on perd du temps précieux. Pas besoin d’équipement ou de protocole compliqué : Est-ce que tu lèves plus? Est-ce que t’as l’air plus big ou plus cut? Voilà l’essentiel de l’évaluation. Si pour beaucoup l’opinion de l’expert suffit, il ne faut pas oublier que le terme « expert » n’est pas synonyme avec « omnipotent ». Un œil d’expert ça ne louche jamais! Ah?

Tant pour l’évalué que pour l’évaluateur, les perceptions peuvent être une source importante d’erreur, car elles sont très souvent influencées par un bagage émotif (ou financier). L’entraîneur qui souhaite ardemment que son client progresse et continue de lui donner de gros sous pour son excellent travail risque d’être soumis à certaines tentations… Le recours à une évaluation se voulant la plus objective possible permet une confrontation avec les résultats, bons ou moins bons.

Sans suppléments, t’es rien

La quantité de suppléments qui se retrouve dans ton sac d’entraînement fait foi de tes résultats. Si tu ne consommes pas les bons produits, jamais tu ne pourras atteindre tes résultats. Ah?

On remarque une augmentation phénoménale de la quantité de suppléments vendus et consommés par les adeptes de l’entraînement. Est-ce que l’on observe de meilleurs résultats pour autant? Est-ce que les performances et les physiques des gens qui s’entraînent en musculation se sont grandement améliorés lors de 10 ou 15 dernières années? La réalité est que les suppléments (et non les drogues) jouent un rôle secondaire et même tertiaire dans l’atteinte des objectifs de la plupart des gens. Ils ont bien souvent un rôle d’optimisation et non de catalyseur de performance. Lorsque jumelés à un mode de vie adéquat et à une stimulation optimale, les suppléments peuvent offrir certains bénéfices perceptibles. Mais, contrairement à la croyance de plusieurs leveurs de fonte, les suppléments ne sont pas la clé du succès de l’entraînement.