Calorie in, calorie out et réchauffement climatique

calorie

C’est en préparant mon petit déjeuner que je me suis soudain interrogé sur la relation entre les problèmes environnementaux et l’obésité. En observant ma tranche de pain se faire doucement griller dans le grille-pain avec mon couteau planté dans le pot de tartinade au chocolat Laura Secord, j’ai réalisé quelques trucs :

  • Ce n’est pas forcément le meilleur choix pour un petit déjeuner
  • Combien d’énergie est utilisée par le grille-pain pour griller le pain et combien d’énergie a été requise dans le processus de fabrication et de transport de mon pain et de ma tartinade ?
  • Combien de calories ai-je besoin pour faire mon petit déjeuner ?
  • Combien de calories dans mon petit déjeuner ?

Essayez de me suivre encore quelques instants…

On nous compare souvent à nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs lorsqu’il est question de nos habitudes de vie reliées aux calories que nous dépensons. On mentionne fréquemment que nos charmants ancêtres dépensaient une quantité astronomique de calories pour vivre et que nous, homo sapiens contemporains, n’en dépensons plus. D’emblée, il faut corriger cette perception.

Selon toute vraisemblance, nos ancêtres et nous sommes sur un pied d’égalité pour la dépense énergétique totale : sur 24 h nous avons sensiblement la même dépense énergétique soit environ ~2800-3000 kcal par jour1 (cela varie selon la source des données, mais la proximité de l’égalité persiste néanmoins).

Comment on sait ça ?

En mesurant la dépense énergétique de membres de tribus vivant encore aujourd’hui selon un mode de vie traditionnel de cueillette et de chasse et en les comparant avec nos valeurs, mesurées de la même façon. Ça nous donne une bonne idée de comment ça se passait dans le bon vieux temps comparativement à ce que nous vivons aujourd’hui.

Nous dépensons donc sensiblement la même quantité de calories, mais pas de la même façon2. Nous bénéficions d’un gabarit beaucoup plus imposant que nos ancêtres (poids total chez les hommes ~ 50kg pour nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vs ~80 kg pour nous) ce qui fait en sorte que notre métabolisme de repos est beaucoup plus élevé (chez les hommes, ~1600 kcal par jour pour nous vs ~1200 kcal par jour pour nos ancêtres). Notre niveau d’activité physique diffère, nos ancêtres dépensant plus d’énergie en activité physique (~1600 kcal par jour) que nous (~1000-1300kcal). Sensiblement le même total, mais une distribution différente au niveau des compartiments de la dépense énergétique.

En supposant un poids stable chez nos ancêtres et pour nous, nous pouvons établir que les apports énergétiques étaient équivalents à la dépense (sinon, le poids subirait des fluctuations). Pour réussir à ingérer environ 2800-3000kcal, nos ancêtres devaient dépenser ~1600 kcal (en supposant que la totalité de leur activité physique était dédiée à la recherche, capture et préparation de la nourriture). De notre côté, pour ingérer la même quantité de calories, nous dépensons au maximum ~1000-1300kcal, toujours en supposant que la totalité de notre activité physique est dédiée à notre alimentation (bien sûr, ce n’est pas le cas, mais pour les besoins de l’exemple ça fait le travail).

Nous avons, de toute évidence, besoin de dépenser beaucoup moins de calories pour subvenir à nos besoins nutritionnels et nous sommes exposés à une plus grande stabilité nutritionnelle que nos ancêtres, le seul impact des saisons sur notre accessibilité nutritionnelle en est un exemple évident (nous avons pas mal toujours accès la même quantité de calories durant l’année alors que ce n’était pas le cas pour nos ancêtres). Nous avons, en quelque sorte, transféré le coût énergétique relié à se procurer et préparer notre nourriture à notre environnement (l’énergie pour faire le pain et l’énergie pour faire griller ma tranche ne proviennent pas de moi, mais bien de ressources externes). Nous diminuons notre dépense énergétique reliée à notre alimentation et en revanche nous en augmentons le coût énergétique relié aux ressources externes. Nos ancêtres devaient, eux, dépenser une forte quantité de calories pour réussir à obtenir une quantité suffisante de calories pour survivre, se reproduire, et une portion minimale de l’énergie provenait de l’environnement (utilisation d’outil, déplacement à cheval, etc.).

Cette transition énergétique n’est pas sans conséquence, nous faisons face à une constante exposition à une abondance énergétique (et à un surplus potentiel) et nous augmentons le stress énergétique sur notre environnement (épuisement des ressources). Nous engraissons et nos ressources environnementales subissent des perturbations majeures (agriculture et ses impacts environnementaux par exemple).

Cette facilité à nous nourrir et à obtenir une grande quantité de calories sans devoir en dépenser de façon importante pourrait devenir de plus en plus problématique pour nous (notre tour de taille et les complications qui s’en suivent) et pour nous (épuisement de nos ressources environnementales, c’est au final nous aussi…). Les impacts de l’urbanisation, de la mécanisation et de l’industrialisation se manifestent directement à travers la façon dont nous mangeons, bougeons et évoluons.

Le retour à une alimentation moins transformée et à une consommation locale ne devrait pas uniquement être associé à des impacts environnementaux, mais aussi à une modification réelle de notre mode de vie. Manger moins transformé et effectuer nous-mêmes les transformations requises pour manger (c’est un synonyme de cuisiner…) devrait être associé à une réduction de notre consommation d’énergie et une augmentation de notre dépense énergétique (couper ses légumes plutôt que d’utiliser un appareil électrique pour le faire). Consommer local devrait également être associé à une augmentation de notre dépense énergétique et à une réduction de notre utilisation d’énergie externe, par exemple en utilisant des déplacements actifs (marche, vélo, etc.) pour se procurer localement les aliments que nous consommons.

Pour certains, ça peut paraître farfelu, mais d’une perspective bioénergétique, le manque à gagner de près de 300 kcal par jour en activité physique pourrait être atténué par ce genre de petites choses, sans compter la réduction du stress énergétique imposé à notre environnement. Nous pourrions réduire notre empreinte environnementale et le poids de notre empreinte personnelle (notre poids et notre tour de taille) en réduisant les effets potentiellement néfastes de notre environnement obésogénique3.

Un constat se dresse à l’horizon, notre mode de vie est problématique d’un point de vue égocentrique (notre santé) et géocentrique (notre environnement). L’iniquité dans notre relation avec notre environnement nous pénalise tous et chacun de différentes façons. Tout au long de notre évolution (lorsque nous étions plus proches du chimpanzé que de l’humain), nous avons eu à faire des choix afin d’assurer notre survie et notre évolution. Pourquoi avons-nous commencé à choisir de consommer de la viande au lieu de conserver une alimentation axée sur les plantes et les insectes ? Parce que cela nous procurait un avantage en diversifiant nos apports nutritionnels. Pourquoi avons-nous progressé vers différentes formes de coopération pour nous nourrir ? Parce que cela nous permettait de bénéficier d’une plus grande sécurité alimentaire tout au long de l’année. Maintenant, nos choix sont plus complexes et leurs répercussions sur notre survie et notre évolution sont bien souvent masquées par un épais brouillard de marketing et de commercialisation. Il est de plus en plus difficile de déterminer ce qui est effectivement le mieux pour nous individuellement et collectivement. Toutefois, ces difficultés ne changent en rien la triste réalité de la problématique de nos habitudes de vie qui risquent de devenir rapidement un frein à notre survie et notre évolution.

Références

  1. Pontzer H, Wood BM, Raichlen DA. Hunter-gatherers as models in public health. Obesity reviews : an official journal of the International Association for the Study of Obesity. 2018;19 Suppl 1:24-35.
  2. Pontzer H, Raichlen DA, Wood BM, et al. Hunter-gatherer energetics and human obesity. PLoS One. 2012;7(7):e40503.
  3. Meldrum DR, Morris MA, Gambone JC. Obesity pandemic: causes, consequences, and solutions-but do we have the will? Fertility and sterility. 2017;107(4):833-839.

Augmenter sa masse musculaire et nuire à sa perte de poids ?

masse musculaire perte de poids

Une des approches les plus populaires pour favoriser une perte de poids repose sur la création d’un déséquilibre énergétique misant, entre autres, sur une augmentation de la masse musculaire. Le principe est simple: on fait de l’entraînement en musculation ou similaire très intense afin de dépenser beaucoup de calories et on s’assure que cet entraînement permet d’augmenter la masse musculaire. Il en résultera une augmentation du métabolisme de repos et  donc une dépense énergétique plus de calories favorisant la  perte de poids.

Ça semble avoir beaucoup de sens.

Et si nous avions tout faux ?

Pendant des années, j’ai fait la promotion des bienfaits de l’entraînement en musculation et de l’hypertrophie musculaire afin d’obtenir de meilleurs résultats pour une perte de masse grasse. De nombreuses études (dont celle issue de mon doctorat) supportent que la restriction calorique combinée à un entraînement en musculation favorise une plus grande perte de masse grasse lors d’un processus de perte de poids.

C’est clair, ça semble efficace, mais ce n’est pas tout.

Malheureusement, la masse musculaire n’apparaît pas (ou peu, je n’ai sûrement pas lu tous les articles sur le sujet) parmi les déterminants du maintien d’une perte de poids dans le temps. Pas dans le top 3, pas même dans le top 5 des choses importantes pour réussir sa perte de poids, c’est-à-dire maintenir le poids perdu.

L’absence de cette fameuse masse musculaire dans la liste des déterminants importants a piqué ma curiosité. Comment un élément important du processus de perte de poids est absent des déterminants du maintien de la perte ? Il apparaît logique que les individus ayant une plus grande masse musculaire (incidemment une plus grande dépense énergétique de repos) soient moins à risque de reprendre le poids perdu.

Pourtant, ça ne semble pas être le cas.

Regardons plus en détail l’impact d’un entraînement favorisant l’augmentation de la masse musculaire dans un contexte de perte de poids. Dans un premier temps, l’entraînement en soi n’est pas très énergivore bien qu’il puisse causer beaucoup de fatigue. En effet, ce n’est pas parce qu’un entraînement est très difficile et éprouvant qu’il y aura une très grande dépense énergétique (article sur le sujet). De façon générale, l’entraînement en musculation n’est pas excessivement coûteux en calories. Selon les types d’entraînements et les capacités du participant, on parle généralement de ~5 kcal/min à ~12-15kcal/min. La portion élevée du continuum étant rarement atteinte pour des périodes prolongées de plusieurs minutes. Bref, ça peut faire mal, très mal, mais pas nécessairement coûter cher en calories.

Certains parleront de l’effet de l’entraînement sur le métabolisme une fois que la séance est terminée (EPOC ou « After-burn effect »). J’en ai déjà discuté dans un article précédent, pour résumer l’augmentation du métabolisme de repos post effort est proportionnelle aux besoins de récupération. Plus on se détruit, plus ça coûte cher. On parle dans les pires scénarios de destructions massives d’une centaine ou plus de calories (mais toujours moins que le coût de l’entraînement). Cependant, il y a un prix à payer. On risque d’être beaucoup moins actif le restant de la journée à la suite d’une séance d’entraînement apocalyptique.

Le bilan énergétique de l’entraînement en musculation sur 24 h risque d’être beaucoup moins élevé que ce que l’on croit. En réalité, il y a même un risque pour que la quantité de calories dépensées lors de ces journées d’entraînement soit moindre que lors des jours de repos. Sans une mesure de ce qui se passe sur 24h, on peut facilement croire en quelque chose qui n’est pas (voici un exemple de mesures)Il est donc essentiel de trouver une façon de quantifier son niveau d’activité physique sur 24 h afin de s’assurer de l’impact positif de l’entraînement sur l’augmentation de la dépense énergétique totale (une formation là-dessus ici).

Dans un deuxième temps, regardons l’impact de l’augmentation de la masse musculaire sur le métabolisme de repos.

13-16 kcal par kilogramme de musculaire par jour.

1 kg de muscle augmente de 13-16kcal le métabolisme de repos sur 1 journée.

Mais, perdre 1 kg de gras diminue le métabolisme de repos de ~4,5 kcal par jour.

Je ne crois pas qu’il soit pertinent d’en ajouter davantage, chercher à augmenter sa masse musculaire pour augmenter son métabolisme de repos ne semble pas être une stratégie quantitativement très efficace.

Pourtant, bon nombre d’interventions visant une perte de poids misent activement sur l’entraînement en musculation et l’hypertrophie musculaire pour perdre du poids. Et ça peut marcher. Mais, l’efficacité semble être moins évidente lorsque l’on observe la capacité d’un individu à maintenir le poids perdu. Bref, si l’entraînement visant l’augmentation de la masse musculaire fait en sorte que l’on dépense plus de calories sur 24h et que l’on ne mange pas plus, ça devrait marcher. Sauf que, ça risque de ne pas être le cas…

Pourquoi ?

La régulation de la balance énergétique est complexe et repose sur de nombreux mécanismes influençant autant la dépense énergétique que les apports. Plusieurs mécanismes ont été identifiés comme régulateurs de l’appétit (certaines hormones comme l’insuline, la leptine, la ghréline, la masse grasse, etc.) et leur présence influence la prise alimentaire et dans certain cas l’activité physique. Par exemple, une diminution de la masse grasse risque d’influencer à la hausse l’appétit afin que l’organisme puisse maintenir ses réserves énergétiques, il en va de même pour les réserves de glycogène musculaire et hépatique. Lorsque les réserves énergétiques diminuent, des mécanismes sont en place afin de stimuler l’appétit pour assurer le renouvellement énergétique. Perdre du gras et/ou compléter des entraînements intenses et énergivores qui réduisent les réserves de glycogène pourraient stimuler l’appétit et causer une augmentation des apports caloriques si ces derniers ne sont pas contrôlés. Si un contrôle est exercé sur les apports, il est possible de croire que la difficulté à respecter les quantités requises sera plus grande plus les réserves énergétiques seront hypothéquées. On trouvera ça moins drôle de manger moins…

Ce n’est que récemment que l’on a mis en évidence la relation entre la masse maigre (squelette, organes et masse musculaire) et la régulation de la balance énergétique, plus particulièrement à travers la régulation de l’appétit. Une masse maigre plus importante entraîne un appétit plus important. Il est permis de supposer qu’une masse musculaire plus importante serait associée à des apports énergétiques plus importants, l’organisme cherchant à alimenter convenablement ses structures afin de maintenir leur intégrité. Une personne bénéficiant d’une masse musculaire plus importante pourrait alors trouver plus difficile la gestion d’un déficit énergétique causant une perte de poids.

Plus de masse musculaire pourrait devenir un inconvénient à la régulation de la balance énergétique.

Plus de masse musculaire, moins de gras et occasionnellement des réserves de glycogènes basses pourraient sérieusement compliquer la vie d’un individu souhaitant perdre du poids en stimulant l’appétit.

Une personne en surpoids ou obèse présente souvent une masse musculaire impressionnante. Les cas d’obésité sarcopénique sont moins fréquents (condition d’obésité associée à une masse musculaire insuffisante). Prenons par exemple une personne obèse de 150 kg avec un pourcentage de graisse de 40 % (donc 40 % de son poids total représente la quantité totale de gras ou la masse grasse). La personne citée en exemple présente alors une masse grasse de ~60 kg et une masse maigre de ~90 kg (poids total – masse grasse = masse maigre). Pour une personne de 1,72 m, cela représente une masse musculaire de près de ~60 kg (la taille des organes étant majoritairement déterminée par la stature nous pouvons extrapoler la masse musculaire, si ça vous intéresse, j’ai une formation sur la composition corporelle ici). Il s’agit d’une masse musculaire phénoménale, le minimum pour la santé pour une personne de cette grandeur tourne autour des 17 kg de masse musculaire. Chercher à augmenter la masse musculaire de cette personne risque d’être chose difficile et si on y arrive, cela ne risque pas de l’aider dans son objectif de perte de poids.

Il serait donc plus judicieux d’améliorer les capacités de cette personne à utiliser et déplacer cette masse musculaire afin de favoriser une dépense énergétique quotidienne plus importante. En termes d’entraînement, on souhaite augmenter la force maximale, l’endurance musculaire locale et la capacité aérobie.

Pourquoi ?

  • Déplacer 150 kg dans des marches d’escalier représente un travail important. Par exemple, gravir une marche de 20 cm de haut en 0,5 s lorsque l’on pèse 150 kg représente une puissance mécanique de près de 600 watts. La composante force est hautement sollicitée lors de ce type d’effort. Amusez-vous à essayer de tourner les pédales d’un ergocycle pour déplacer l’équivalent de 600 Watts et vous serez à même de constater la force requise pour y arriver.
  • Afin de répéter cet effort, les composantes métaboliques périphériques doivent être en mesure de soutenir le rythme de transformation d’énergie et gérer les mécanismes de fatigue. L’endurance musculaire locale ou périphérique devient alors aussi une composante entraînable pouvant influencer la dépense énergétique sur 24 h.
  • La capacité aérobie doit être suffisamment élevée pour être en mesure d’alimenter la périphérie (les muscles) en oxygène afin de soutenir l’effort. Monter des marches d’escalier est un effort nécessitant la consommation approximative de ~14 mLO2 x kg-1 x min -1. Pour une personne de 150 kg, cela représente 2,1 LO2 par minute. Pour vous situer, la capacité aérobie absolue d’un cycliste au Tour de France frise le 5.5 LO2 par minute. Pour une personne de 150 kg, gravir des marches d’escalier est un effort équivalent à 38 % du maximum de la capacité aérobie d’un cycliste du Tour de France. Ceci implique que la capacité aérobie d’une personne en surpoids ou obèse peut rapidement devenir un facteur limitant si elle n’est pas suffisamment élevée. Sans un moteur adéquat, il sera difficile de déplacer la carroserie pour permettre une dépense énergétique intéressante.

La masse musculaire doit d’abord et avant tout être fonctionnelle et apte à soutenir différents types d’efforts pour différentes durées. L’augmentation de la masse musculaire avec l’objectif ultime d’augmenter la dépense énergétique risque potentiellement d’augmenter la difficulté à soutenir une balance énergétique négative nécessaire à une perte de poids. De plus, une masse musculaire plus importante ne semble pas figurer parmi les déterminants importants du maintien de la perte de poids et pourrait même jouer un rôle défavorable. L’entraînement dans un contexte de perte de poids devrait alors viser une amélioration des qualités physiologiques entraînables plutôt qu’une simple dépense énergétique ou encore une augmentation de la masse musculaire. Bien sûr, une personne présentant une masse musculaire insuffisante devrait chercher à augmenter cette dernière de façon fonctionnelle et efficace (pour déterminer ça, il faut évaluer la composition corporelle…).

Références

  1. Geary N. Control-theory models of body-weight regulation and body-weight-regulatory appetite. Appetite. 2020;144:104440.
  2. Blundell JE, Gibbons C, Caudwell P, et al. Appetite control and energy balance: impact of exercise. Obesity Reviews. 2015;16:67-76.
  3. Martins C, Morgan L, Truby H. A review of the effects of exercise on appetite regulation: an obesity perspective. International journal of obesity (2005). 2008;32(9):1337-1347.
  4. Beaulieu K, Hopkins M, Blundell J, et al. Homeostatic and non-homeostatic appetite control along the spectrum of physical activity levels: An updated perspective. Physiol Behav. 2018;192:23-29.
  5. Hopkins M, Blundell JE. Energy Metabolism and Appetite Control: Separate Roles for Fat-Free Mass and Fat Mass in the Control of Food Intake in Humans. In nd, Harris RBS, (Eds). Appetite and Food Intake: Central Control. Boca Raton (FL) 2017:259-276.
  6. Novak CM, Escande C, Gerber SM, et al. Endurance capacity, not body size, determines physical activity levels: role of skeletal muscle PEPCK. PLoS One. 2009;4(6):e5869.
  7. St-Onge M, Rabasa-Lhoret R Fau – Strychar I, Strychar I Fau – Faraj M, et al. Impact of energy restriction with or without resistance training on energy metabolism in overweight and obese postmenopausal women: a Montreal Ottawa New Emerging Team group study. (1530-0374 (Electronic)).
  8. Tou JC, Wade CE. Determinants affecting physical activity levels in animal models. Exp Biol Med (Maywood). 2002;227(8):587-600.
  9. Thorburn AW, Proietto J. Biological determinants of spontaneous physical activity. Obesity reviews : an official journal of the International Association for the Study of Obesity. 2000;1(2):87-94.
  10. Varkevisser RDM, van Stralen MM, Kroeze W, et al. Determinants of weight loss maintenance: a systematic review. Obesity reviews : an official journal of the International Association for the Study of Obesity. 2019;20(2):171-211.

Devenir parents est-ce synonyme avec prise de poids ?

parents prise de poids

Devenir parents est souvent décrit comme une merveilleuse aventure où l’on découvre des émotions et sentiments d’une intensité incroyable. Devenir parents est aussi décrit comme un cauchemar où la privation de sommeil et le stress font paraître un interrogatoire terrorisme comme une visite au spa. Chaque réalité est propre à chaque noyau familial, mais peu importe les versions de la parentalité (Instagram ou réelles), on remarque souvent une prise de poids chez les parents. La progéniture grandit, les parents grossissent. Est-ce une réalité ou bien une collection de simples anecdotes ?

On observe une augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC) assez importante chez les jeunes adultes (20-35 ans). Au Canada, on observe une progression importante du % de Canadiens en surpoids ou obèses entre les tranches de 20-24 ans et 25-34 ans tant chez les hommes que chez les femmes. En reprenant les grandes enquêtes populationnelles de 2004 et de 2007-2009, il est possible d’extrapoler une évolution du poids au sein de ces tranches d’âge. En 2004 chez les hommes et les femmes de 20-24 ans, on observe 38 % et 34 % de prévalence de surpoids ou d’obésité, respectivement. Quelques années plus tard (2004-2009), on observe une prévalence de surpoids ou d’obésité de 58 % chez les hommes et de 39 % chez les femmes. Bien que cette analyse connaisse de nombreuses limitations, il est possible de suggérer qu’il y ait une augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité tout au long de la période de jeune adulte. De nombreux facteurs peuvent expliquer cette évolution : départ du foyer familial, début de la vie professionnelle, fin d’activités physiques sportives amateures, etc.

Il y a également le début d’une nouvelle vie familiale.

Est-ce que le fait de devenir parents modifie suffisamment le mode de vie pour causer une prise de poids significative ?

Il semblerait que oui.

La venue d’un nouveau-né perturbe le mode de vie de façon importante en affectant, entre autres, le sommeil, le stress et l’horaire quotidien. Moins de sommeil et moins de temps ou de disponibilité pour être actif sont des éléments favorables à une balance énergétique positive menant à un gain de poids.

La majorité des études sur le sujet se sont penchées sur l’équilibre pondéral des femmes, principalement en comparant l’évolution de l’IMC entre des femmes mères et des femmes non mères. Pour la tranche d’âge 15-35 ans, on observe une augmentation de 2,8 kg/m2 sur 5,6 ans chez les non-mères et une augmentation significative de 0,47 kg/m2 supplémentaire pour les mères. Cela signifie un gain additionnel de ~1,3 kg sur ~5 ans pour une femme de 1,64 m. Cela peut paraître relativement peu et sans trop de conséquences fâcheuses, mais lorsqu’additionné au gain observé chez les femmes de cette tranche d’âge, on cumule un gain de ~8,8 kg sur ~5 ans pour une femme de 1,64 m. Une augmentation de 5 kg/m2 de l’IMC est associée à une augmentation de 23 % du risque de développer une maladie cardiovasculaire. Nous sommes à 2,8 kg/m2 pour les non-mères et à 3,3 kg/m2 pour les mères.

Le risque devient encore plus grand parce que la parentalité perdure pendant plus que quelques mois et le risque d’adopter un mode de vie « moins santé » augmente. En effet, les jeunes parents rapportent être moins actifs, plus particulièrement les pères. Cette diminution de l’activité physique est principalement caractérisée par une diminution des activités physiques d’intensité modérée et supérieure. La réduction de la quantité et de l’intensité de ces activités physiques peut être associée à une diminution de la condition physique et à l’augmentation du risque de mortalité précoce.

La parentalité est une période propice aux changements, certains sont imposés, d’autres peuvent survenir de façon planifiée et volontaire. Il est donc important lorsque l’on planifie sa vie familiale d’inclure une portion importante associée à la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée ou supérieure. L’inclusion de ces activités à l’horaire (pourquoi pas avec bébé) revêt une importance particulière pour la santé et pourrait également agir comme frein à la prise de poids observée.

Oui, je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Toutefois, il s’agit au final d’un choix. Un choix qui peut être difficile à faire et à mettre en pratique, mais ce choix n’a pas besoin d’être parfait. La beauté de l’activité physique, c’est que sa pratique peut être diverse tant dans sa forme, durée ou intensité. Également, la pratique régulière d’activité physique est une source importante de développement et d’éducation pour l’enfant, jeune adulte en devenir (oui, ça passe vite!). Sans prêcher de façon abusive par l’exemple, le jeu se prête particulièrement bien à la pratique d’activités physiques suffisamment intenses pour procurer des bénéfices santé pour les parents et des opportunités de stimulations adéquates pour l’enfant.

Jouer avec son enfant et non regarder son enfant jouer.

Référence

 

  1. Corder K, Winpenny EM, Foubister C, et al. Becoming a parent: A systematic review and meta-analysis of changes in BMI, diet, and physical activity. Obesity reviews : an official journal of the International Association for the Study of Obesity. 2020;21(4):e12959.

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