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Dr Kin vs Dr Protéines : Round II

Un round difficile s’annonce pour moi et surtout pour vous! Je vais tenter d’expliquer pourquoi certaines personnes réussissent à perdre du poids en suivant une diète protéinée. Je vous averti, nous allons plonger dans des notions avancées de bioénergétique alors rincez bien votre protecteur buccal et attachez vos bottines avec de la broche.

Deux éléments caractérisent les diètes protéinées :

1) Des apports nutritionnels presque exclusivement composés de protéines

2) Une restriction énergétique importante

Voyons voir les effets sur le métabolisme énergétique et sur la composition corporelle issus de ces deux caractéristiques. Dans un premier temps, nous observons une baisse progressive du glucose sanguin (environ 8-10g/h) et, en parallèle, une diminution des concentrations d’insuline. Cette dernière réduction entraîne la mise en circulation de glucose en provenance du foie (réserve ~300kcal), inhibe la synthèse du glycogène dans le foie (fini l’entreposage de sucre dans le foie) et stimule la glycogénolyse. OK, OK, je pousse un peu fort sur la terminologie, il s’agit de la dégradation du sucre par le muscle et le foie pour en utiliser l’énergie lors d’activités physiques par exemple. Le résultat de tout ça? Nos réserves de sucres diminuent en entraînant une perte d’eau (pour chaque g de glycogène que l’on perd, on perd 3-4g d’eau). Comme le glucose sanguin est essentiel à la vie, l’organisme met en branle des systèmes de production de glucose. À l’aide d’acides aminés comme l’alanine et la glutamine et de substrats comme le lactate (vous savez, l’acide lactique comme l’on dépeint à tord comme un déchet) et le glycérol (comme dans triglycérides, comme dans gras), le foie est en mesure de produire du glucose pour assurer la survie de l’organisme. Après 2-3 jours, les réserves de glycogène sont épuisées pour la plupart des individus et l’organisme commence à utiliser plus de gras comme source d’énergie. Donc, il est vrai que ce type de diète augmente l’oxydation du gras, c’est-à-dire favorise une perte de poids provenant du gras, et ce, de façon proportionnelle au déficit énergétique (plus grand déficit, plus de gras parti).

Jab, jab uppercut contre moi…

Mais, j’ai une bonne mâchoire alors, continuons. La baisse d’insuline entraîne également une protéolyse (décidément, j’ai sorti mon arsenal de scrabble, désolé!) qui entraîne une dégradation plus importante de la masse musculaire (les acides aminés pour faire du nouveau glucose, vous vous souvenez? Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de questions quizz à la fin). Ici, les études ne s’entendent pas toutes sur l’impact de l’ingestion de protéines sur la dégradation des protéines musculaires. Certaines mentionnent que même une ingestion de plus de 1.5 g de protéines par kg de poids corporel n’arrive pas à maintenir la masse musculaire en présence d’un déficit énergétique important (perte de 60-70g de protéines par jour) alors que d’autres mentionnent qu’il est possible de maintenir la masse musculaire à l’aide d’un apport d’environ 70 g de protéines par jour. Pour les besoins de l’exemple, je vais supposer une maigre perte de 10 g par jour pour essayer de plaire à tout le monde.

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Question de perdre le plus de lecteurs possible et de faire radier mon blogue, je vais m’aventurer à démontrer ce qui se passe à l’aide d’un modèle mathématique qui sera loin d’être parfait, mais, qui sera en mesure de présenter ce qui se passe de façon plausible et réaliste. Nous allons prendre mon ami Jo L’insouciant en exemple et présenter ses caractéristiques dans le tableau 1.

À ce portrait, il ne manque que le coût énergétique de la digestion (thermogenèse alimentaire pour poursuivre sur ma lancée scrabblesque). Pour la déterminer, il faut que nous connaissions les apports nutritionnels de Jo L’insouciant. Le régime du Dr Protéines fournit environ 850 kcal par jour, et ce, majoritairement sous forme de protéines. Comme je n’ai pas pu mettre la main sur la composition exacte de la diète (fallait que je paye…) je vais y allez avec une supposition qui doit être très proche de la réalité et qui ne nuira pas à l’exemple. Et hop! À la demande générale, passons au tableau 2 pour décrire la diète.

Maintenant que nous avons une idée de la composition corporelle initiale de notre heureux candidat à la perte de poids ainsi que sa dépense énergétique et de ses apports nutritionnels, voyons voir ce qui se passe lorsque la diète protéinée hypocalorique commence. Nous allons inévitablement observer une modification de la composition corporelle et par le fait même, une modification du métabolisme énergétique (oui, oui, inévitable je vous dis et je vous epxliquerai pourquoi la semaine prochaine). Question de conserver la même thématique, poursuivons avec le tableau 3 qui présente ce qui se passe lors des premiers jours, puis, faute d’espace, nous passons aux jours 15 et 31 du processus de perte de poids.

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Bien sûr, vous me direz que vous connaissez quelqu’un qui a perdu 8 kg par semaine pendant 4 semaines et que ce modèle ne représente pas la réalité. Laissez-moi l’opportunité de riposter. En aucun cas ce modèle ne peut se porter garant d’être à 100 % représentatif, mais, néanmoins, il s’appuie sur des données établies et reconnues. Certaines différentes entre une réalité X et ce modèle peuvent s’expliquer par une perte plus importante de masse maigre, plus précisément de la masse musculaire et/ou par une moins grande diminution du niveau d’activité physique quotidien (inutile de répéter que l’activité physique ne se résume pas à ce qui se passe au gym, n’est-ce pas?) et une perte un peu plus importante en masse grasse.

Bref, qu’est-ce qui se passe chez notre ami Jo L’insouciant? Dès les premiers jours, il y a une perte en eau et en glycogène qui explique presque la totalité de la perte de poids initiale. Les jours subséquents sont caractérisés par une perte plus importante de masse grasse et un début de protéolyse (je ne pouvais m’empêche de ploguer le mot à nouveau) plus important afin de fournir des acides aminés en provenance du muscle pour former du nouveau glucose sanguin. Veuillez noter que je n’ai pas employé le terme gluconéogenèse pour identifier ce processus dans le but unique de vous épargner et de me garder quelques armes au scrabble. Afin de donner toutes les chances au Dr Protéines (que voulez-vous, je suis comme ça!), mon modèle n’a pas tenu compte de la contribution des glucides ingérés (10% des kcal ingérés) et j’ai appliqué la totalité du déficit énergétique à la masse grasse. C’est comme si je me battais avec une main attachée dans le dos.

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Après 31 jours, notre ami Jo L’insouciant n’est plus le même homme :

– Perte de 7.1 kg (allez, on l’applaudit!)

– Perte de 3.7 kg de gras (on se lève et on applaudit)

– Perte de 3.4 kg de masse maigre (on s’assoit en silence…)

Son métabolisme énergétique a également changé :

– Diminution de 32.6 % du métabolisme de repos

– Diminution de 15.9 % de l’activité physique

– Diminution totale de la dépense énergétique de 26.4 %

Pour compléter ce second round âprement disputé, force est d’admettre que les diètes protéinées permettent de perdre du poids et pas seulement du muscle et de l’eau comme ses détracteurs le laissent trop souvent croire. Oui, il y a également une perte de gras. Cependant, avant de vous ruer vers la succursale la plus proche du Dr Protéines, laissez-moi tenter de faire un« comeback » au troisième et dernier round (je n’ai pas encore été mis KO).

En attendant ce round, voici quelques références :

Hoffer, LJ, Metabolic consequences of starvation, in Modern nutrition in health and disease, M.E. Shils, et al., Editors. Lippincott, Williams & Wilkins. 1999. p. 645.

Henriksson, J, Energy metabolism in muscle: Its possible role in the adaptation to energy deficiency, in Energy metabolism: Tissue determinants and cellular corollaries, J.M. Kinney and H.N. Tucker, Editors. Raven Press: Neww York. 1991. p. 345.

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Dr Kin vs Dr Protéines: Round I

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Les apparences peuvent être trompeuses

 

Maintenant que vous connaissez mon adversaire les hostilités peuvent commencer. Allons-y allégrement vers la présentation et l’analyse de la stratégie marketing et des tactiques de ventes (désolé pour ceux qui sont en marketing, ma formation est davantage en physiologie) auxquelles j’ai été confronté. Dans un premier temps, on fait appel de façon plus qu’évidente à l’expert vedette. On présente le Dr Protéines comme un médecin, un médecin du sport, un diététicien, un auteur à succès, un thérapeute de la perte de poids et un scientifique vivant à l’étranger où il pratique son art et rédige ses nombreuses publications. J’imagine que son CV doit avoir près de 100 pages… Déjà, l’ensemble de la salle était pratiquement convaincu et on aurait pu sauver du temps en passant immédiatement les bons de commande.  

Ensuite, on présente des chiffres absolument impossibles à vérifier, mais qui sonnent comme une tonne de brique à faible teneur en gras et en sucre : plus d’un million de personnes ont suivi cette diète avec succès, 100 % des gens qui suivent la diète réussissent, ceux qui échouent sont ceux qui ne la suivent pas. Le Dr Protéines a traité plusieurs milliers de patients personnellement et avec un succès infaillible. Là, j’étais sur le poids de m’acheter un Jello aux protéines à saveur de carambole vietnamienne. L’auditoire était conquis, il ne restait qu’à leur bourrer le crâne de pseudo notions de physiologie et de métabolisme afin de clouer le dernier clou dans le cercueil.  

Et c’est justement qui s’est passé. Et vlan! On y va avec l’explication des macronutriments et même de leur composition chimique, on parle du processus de digestion et de stockage des lipides et des glucides et bien évidemment, on s’élance dans une démonstration mathématique de la perte de poids tout en s’assurant au passage de démolir les vertus de l’activité physique pour la perte de poids (encore une fois, on réduit l’activité physique uniquement à ce qui se passe au gym). À ce stade, je craignais devoir intervenir pour stopper les saignements de nez ou les crises d’épilepsie, mais l’auditoire sembla tenir le coup sans toutefois me démontrer qu’ils avaient tout compris.  

Au passage, on mentionne quelques autres programmes de perte de poids (des compétiteurs) qui sont tous corrects, mais qui, dans le fond, ne fonctionnent pas aussi bien que la méthode du Dr Protéines, car eux, ils n’ont pas la connaissance et l’expertise. En réalité, tout le monde se trompe sauf le Dr Protéines.  

Ensuite, on enchaine avec le contenu émotif afin de couler une calotte de béton digne d’arrêter toute fuite de pétrole provenant d’une plateforme BP au royaume des crevettes et du bayou pour s’assurer de ne donner aucune chance à l’auditoire. Vous devez vous aimer, vous devez faire ce sacrifice pour la personne la plus importante de votre vie : vous. ________Quelques espaces pour laisser place à l’émotion. Ensuite, les témoignages, les cas de réussites. Mon Dieu, est-ce possible de ne pas perdre du poids et d’être finalement heureux en suivant cette méthode? À ce point, je regrettais de ne pas avoir de poids à perdre, j’aurais tant aimé adhérer à ce programme si merveilleux afin de vraiment jouir de la vie. Vite, donnez-moi un cheeseburger double boulettes que je prenne un peu de poids.  

 Et on poursuit avec la présentation du programme d’encadrement : notre approche ne consiste pas uniquement en une gamme exceptionnelle de produits, mais bien dans une approche accompagnatrice et humaine qui vous permet d’être écouté, compris et supporté dans votre cheminement vers votre nouvelle vie, vers votre nouveau vous : meilleur et surtout plus maigre de plusieurs kilos.  

Alors, si je résume :  

1)      On vous présente un expert omnipotent qui aurait créé la terre en 4 jours avec une main dans le dos et n’aurait eu besoin que d’un 15 minutes de pause (syndicat oblige, faudrait pas se faire coller un grief)  

2)      On vous assomme avec un rapport débordant de statistiques qui fait gage des succès planétaires de la méthode. Si les chiffres (que personne ne comprend) le disent en plus de l’expert, ça ne peut qu’être vrai  

3)      On renchérie avec un blabla métabolico physiologique qui défile à un rythme pas possible et qui lobotomiserait sur-le-champ n’importe quel PhD travaillant spécifiquement dans ce domaine depuis 30 ans (mais pourquoi ai-je tant étudié de choses complètement fausses?)  

4)      On revient vous chercher en allant toucher votre fibre émotive, on tente de vous interpeller personnellement. À cela, on ajoute une panoplie de témoignages et de cas de réussite. Émouvant. Bref, nous sommes là pour sauver votre vie, surtout pas pour collecter de l’argent… De toute façon, la diète ne vous coûtera rien, elle se payera toute seule avec l’argent que vous allez économiser en médicaments.  

Voilà pour le premier round. La suite, je vais faire de gros, gros efforts pour présenter objectivement les points favorables de la méthode et pourquoi ou pour qui ça peut marcher. Maintenant qu’on m’apporte une bouteille d’eau et une serviette que je m’éponge un peu.  

Le prochain round sous peu.

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Dr Kin vs Dr Protéines: L’avant match

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Le récit d'un furieux combat...

 

Cette dernière fin de semaine, j’ai récidivé en assistant pour une seconde fois à une conférence portant sur les diètes protéinées et la perte de poids. Cela m’a pris un certain temps avant de me décider à écrire ne sachant pas si je devais employer une approche dévastatrice, sans regard pour l’impact de mes propos ou bien, si je devais m’efforcer à prendre une voie plus souple, plus subtile. Bien franchement, je ne suis pas encore tout à fait fixé sur la teneur de mes propos et surtout sur le ton littéraire à exploiter. Avant toute chose, j’aimerais souligner avec fermeté que je n’ai nullement l’intention de critiquer ou de choquer les personnes ayant suivi ce type de diète avec succès ou non. À ceux et celles qui ont réussi, je vous en félicite et j’espère que vous vous portez à merveille et que vous profitez pleinement de la vie. À ceux et celles qui n’ont pas eu cette chance, ne vous découragez pas, il y a toujours de l’espoir et cet espoir passe par la connaissance.   

Chose certaine, je vais y aller d’une série de trois rounds :   

1)      Premier round : je vais présenter dans un premier temps le programme puis l’approche marketing et les techniques de vente exploitée lors de ce type de présentations   

2)      Second round : je vais tenter de décortiquer pourquoi ce type de méthode de perte de poids fait perdre du poids   

3)      Troisième et dernier round : je vais terminer en force en m’affairant à faire ressortir subtilement les incohérences et contractions de ce type d’approche et plus précisément de la présentation à laquelle j’ai assisté. Bref, pourquoi ça risque de ne pas marcher et en somme, démystifier l’arnaque s’il y en a une. Quel suspense!   

Pour vous mettre en situation, je me suis pointé un samedi matin à 10 h (bon, 10h05, je suis arrivé un peu en retard) dans une clinique d’esthétisme qui accueillait un célèbre Dr Protéines (on sait jamais, je pourrais me faire empoisonner si je laissais filtrer des noms ou si je le comparais à un chef d’orchestre de l’OSM) qui présentait sa méthode révolutionnaire de perte de poids. J’avais déjà assisté à une conférence de ce doc en 2003 et disons que j’étais resté quelque peu sur ma faim (diète protéinée, faim, vous suivez?) et j’espérais trouver du nouveau. Nous étions environ 6 ou 7 personnes assises dans le lobby servant de salle de conférence d’un petit salon d’esthétisme. Comble de malheur (mais, quelle satisfaction pour mon égo sans cesse croissant), je fus reconnu dès mon arrivée par un des organisateurs. Tant pis pour le déguisement, j’aurais dû opter pour les lunettes et la moustache…   

Mais, qu’est-ce que ce programme qui fit en sorte que je me suis déplacé un samedi matin? Le voici. Il s’agit d’un programme de perte de poids en 2 étapes mettant l’accent sur des changements nutritionnels importants. La première partie de la méthode consiste à réduire les apports énergétiques à environ 850 kcal par jour dont la majorité provient des protéines et une infime partie provient des « méchants » glucides. Cette partie du programme se poursuit tant et aussi longtemps que 90 % de l’objectif de la perte de poids n’est pas atteint. Cet objectif est fixé en partie par le participant et en partie par le conseiller en perte de poids (personnellement formé par le Dr Protéines). Comme ils ont dit lors de la conférence, on y va au feeling, pas d’indice de masse corporelle, pas de mesure de composition corporelle. On utilise le gros bon sens. Pendant la phase de perte de poids, on se nourrit majoritairement de protéines de saveurs variées venant sous différents formats, mais provenant généralement d’un sympathique sachet. On conserve quelques aliments comme les légumes verts et on peut autoriser un repas « classique », mais qui doit respecter certaines règles (haute teneur en protéines, faible teneur en gras et surtout pas de glucides).   

La deuxième étape ou la phase de maintien consiste à réintroduire des repas classiques dans l’alimentation et à augmenter les apports énergétiques sans toutefois causer une prise de poids.   

Voilà pour l’avant match, que le combat commence!   

La suite sous peu…

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Obésité et voitures hybrides

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Voiture hybride ou voiture à bride ?

 

Vous vous demandez sûrement où je m’en vais avec ce titre et que je vais possiblement vous sortir une corrélation entre la puissance de la batterie d’une voiture hybride, des ondes émises et de la circonférence de la taille du conducteur? Tout simplement non.
Je vais plutôt m’avancer à émettre un constat portant sur notre façon de gérer l’énergie, tant la nôtre (nos réserves de gras et de sucres provenant de l’alimentation) que celle mise à notre disposition (essence, électricité, etc.). L’humanité fait face à deux grandes crises qui menacent l’essence même de son existence; une crise environnemento-énergétique et une crise obéso-énergétique (ne sortez pas vos dictionnaires, je viens d’inventer ces mots et si vous en avez des meilleurs, n’hésitez pas à commenter…). La première, la majorité des environnementalistes vous en parlent régulièrement : nous surconsommons des énergies non renouvelables, nous gaspillons avec une aisance peu commune, nous polluons, etc. La seconde, l’ensemble des professionnels de la santé nous rappellent que nous souffrons de plus en plus d’embonpoint et d’obésité et que l’avenir n’est pas d’augures favorables pour la prospérité de l’espèce. Ces petits rappels étant faits, je peux poursuivre avec une conscience professionnelle et écologiste assouvie.
Ceux qui lisent ce billet après avoir ingérer une délectable substance dopante à base de caféine ont sûrement sourcillé en observant la contradiction notoire dans notre mode de gestion de l’énergie. Pour les autres, je vais poursuivre en tentant de mieux illustrer le phénomène tout en vous félicitant de vous tenir loin des substances psychoactives populaires.
Avez-vous remarqué qu’il y a de nouveaux utilisateurs sur les circuits cyclables du Québec? Vous savez, le festival des mopettes électriques? Ces petits véhicules redoutablement rapides et de toutes apparences fort difficiles à contrôler adéquatement se retrouvent en horde le long de notre réseau cyclable. Ces individus, on ne les retrouvait pas sur le réseau cyclable il y a 5 ou 6 ans. Maintenant oui. Malgré l’aspect renouvelable de l’électricité, il n’en demeure pas moins que sa consommation implique des coûts monétaires et environnementaux. Il s’agit d’une énergie beaucoup moins sale que les combustibles fossiles, mais il y a également un coût environnemental qui lui est rattaché. Pour l’instant, il n’y a pas de problème, mais, à observer notre mode de gestion de l’énergie qui est à notre disposition, nous devons nous inquiéter. Avez-vous remarqué que plus nous avons de l’énergie à notre disposition, plus nous en dépensons/gaspillons? Notre horde de mopettes électriques ne se pointait pas le nez plus loin que leur balcon il y a 5 ou 10 ans. Maintenant, ils sortent allégrement de chez eux (ce qui en soit n’est pas mauvais) pour chevaucher leur rutilante bécane électrique non pas en augmentant leur dépense énergétique personnelle, mais, en augmentant leur consommation d’énergie électrique. Ça ne coûte pas cher, ça ne fait pas mal alors on en profite.
Pour un blogue sur l’activité physique, vous trouvez sûrement que je dérape tel un vélocipède en janvier sur un trottoir glacé. Je m’autorappelle à l’ordre…
Depuis plus de 40 ans, l’espèce humaine peuplant les pays industrialisés nage dans une abondance nutritionnelle sans précédent. Nous avons une quantité « industrielle » de bouffe à notre disposition et, à observer notre tour de taille collectif, nous en profitons allégrement. Donc, plus nous avons d’énergie nutritionnelle à notre disposition, plus nous faisons des réserves en consommant beaucoup d’aliments et en minimisant notre activité physique (vous savez, le tour de taille dont je parlais). Contrairement à l’énergie provenant de la combustion du carbone de nos ancêtres ou celle provenant des barrages hydroélectriques siégeant sur les terres du bon vieux Lakota, nous semblons être extrêmement avares et économes en ce qui touche « notre » énergie. Bref, pour ce qui est de l’énergie « biologique », nous sommes davantage enclins à l’entreposer et pour ce qui touche l’énergie électrique, fossile, etc., comme on dit : « Au yable les dépenses ! ». Dans les deux cas, ces comportements et activités ne semblent pas profiter à l’espèce…
Comment peut-on présenter des comportements si diamétralement opposés en ce qui concerne l’utilisation de l’énergie, celle qui se transforme, mais qui ne se perd pas? Pourquoi est-ce que l’essence même de l’humanité (outre de se reproduire) est elle vouée à se faciliter la vie et à adopter des comportements incohérents? Sommes-nous empreints d’un gène forçant l’expression d’une hypocrisie énergétique à peine déguisée? Pourquoi le vendeur bicyclette électrique argumente avec postillons à l’appui que l’achat d’un tel véhicule favorise l’activité physique (ça va vous faire sortir ma p’tite dame !)? Pourquoi, dès que nous avons accès à la facilité nous sommes soudainement poussé à choisir cette solution en premier, et ce, même si cela implique un effet délétère sur notre santé? Toutes les couches de la société savent pertinemment qu’il faut faire de l’activité physique et manger mieux sinon, nous risquons des problèmes de santé fâcheux. Pourtant, nous choisissons de plus en plus des modes économiques de déplacement et là, je ne parle pas d’économie de sous. Par exemple, le métro de Montréal a installé des ascenseurs dans certaines stations (une bonne chose!), mais il a fallu spécifier qu’ils devaient uniquement servir aux personnes à mobilité réduite. Sinon, imaginez la file! Aucune personne à mobilité réduite n’aurait pu espérer les utiliser (imaginez le commentaire dans l’ascenseur : « Ouin, ça prend de la place ton fauteuil à roulette, va falloir que j’attende l’autre voyage à cause de toé… »). Pourquoi 99 % de la population rage et s’entasse dans l’escalier mécanique alors que les bons vieux escaliers de l’époque de Da Vinci (pas le film, le vrai) demeurent vacants et cumulent les toiles d’araignée?
En attendant, nous allons observer une augmentation dans la vente de véhicules hybrides (et de mopettes électriques avec lecteur MP3) ce qui va causer une augmentation du nombre de véhicules sur notre réseau routier déjà saturé et nous allons utiliser encore davantage la voiture, hybride ou non, comme moyen de déplacement de prédilection. Et, de façon simultanée, nous allons observer une augmentation de l’incidence de l’obésité. Donc, j’en conclus que l’obésité pollue et que les voitures hybrides causent l’obésité.
Ce billet est une commandite de l’imbécile en scooter électrique qui m’a presque fauché alors que je me déplaçais à l’aide d’une bipédie non motorisée (jogging).

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Faites-vous le poids? (Comment se peser correctement)

Se peser, perdre du poids, balance, pèse-personne

Pourquoi ne pas parler un peu de la balance, oui, oui, seulement la balance; pas d’algorithme compliqué, pas de mathématique louche ou de fonction oubliée sur d’obscurs boutons de calculatrices scientifiques. Mais, détrompez-vous, ça ne sera pas si simple que ça. Se peser, ce n’est pas simple!
Qui n’a jamais osé grimper fièrement ou fiévreusement sur un pèse-personne habilement positionné dans tout bon vestiaire de centre sportif? Un petit regard furtif à droite, un autre à gauche et on piétine le petit tapis antidérapant de l’appareil pour ensuite jeter un regard rapide sur le cadran. Tout comme l’horoscope du journal, ce qui est indiqué va déterminer votre humeur pour le restant de votre journée. Et si, tout comme l’horoscope, ce qui était indiqué n’était pas toujours tout à fait juste?
Beaucoup de facteurs influencent le poids total et toutes les mesures dérivées du poids comme les mesures de composition corporelle (anthropométrie, bioimpédance, pléthysmographie par déplacement d’air, hydrodensitométrie et j’en passe). On peut observer une source d’erreur provenant de l’individu (vêtements, urine dans la vessie, matière fécale dans le système digestif, petit change qui reste dans les poches, etc.) et/ou provenant de l’appareil (usure, mauvaise utilisation ou tout simplement un gimmick provenant d’une infopub). Bref, votre poids peut facilement varier de ±1 kg sans que votre composition corporelle ne soit modifiée. Cependant, comme les méthodes d’analyse de la composition corporelle les plus fréquemment utilisées (anthropométrie, bioimpédance) en condition physique dépendent fortement de la précision de la balance, on peut se permettre de craindre le pire. Oui et non…
Si le poids est assujetti à une erreur (propre à l’individu qui a omis de prendre sa pause pipi ou bien que l’appareil soit mal calibré), cette erreur se propage à tous les résultats qui découlent de la pesée. Je vous avais promis pas de mathématiques et bien, j’ai menti en voici un peu. Prenons une personne pesant 57.6 kg (réellement, sans erreur) qui désire faire évaluer sa composition corporelle pour connaître sa masse grasse et sa masse musculaire. Commençons par les mesures anthropométriques. Je vous épargne toute la cuisine et je vous sers immédiatement le plat servi sous forme de tableau.

Variation associée aux erreurs de mesure du poids

Nous observons ici une erreur potentielle de l’ordre de ±3 % sur la masse musculaire et de -2.3 % à 1.2 % sur la masse grasse. Et le pourcentage de gras lui, demeure mystérieusement le même. Comment est-ce possible? Il s’agit là de la simple expression de la caractéristique de mesure propre à la plupart des équations utilisées pour déterminer la composition corporelle à partir de mesure anthropométrique. La plupart de ces rutilantes équations transforment de simples plis cutanés, des circonférences et parfois d’autres mesures en densité corporelle. Cette dernière valeur est ensuite subtilement transformée en pourcentage de gras à l’aide d’une autre équation. Vous me suivez toujours ou bien vous êtes vous laissés tentés par un site web au classement moral peu recommandable?
Alors, pour ceux et celles qui demeurent, comme la densité calculée par les équations ne dépend pas (ou très, très peu du poids selon les équations) du poids, le pourcentage de gras qui en est tiré demeurera constant. Mais les valeurs de composition corporelle ne le seront pas. Nous pouvons reprendre le même exercice avec une autre méthode de plus en plus répandue; la bioimpédance. Prenons une autre personne du même poids et voyons voir l’impact d’une pesée malheureuse souffrant d’une variation épisodique de 1 kg. Encore un tableau…

 

Variation associée aux erreurs de mesure du poids

On peut voir une différence au niveau de l’impact d’une erreur provenant de la mesure du poids sur les compartiments de la composition corporelle. Cette méthode d’analyse de la composition corporelle n’utilise pas la densité, mais détermine généralement (toujours selon des équations) la masse maigre (de laquelle il est possible de déterminer la masse musculaire). Mais pourquoi est-ce si important et en quoi cela peut-il justifier un commentaire sur un blogue?
J’aurais dû me poser la question avant de commencer à écrire…
De façon plus sérieuse, la variation de mesure associée aux changements fictifs (causées par des erreurs) du poids est un élément important en conditionnement physique, car il peut très souvent expliquer des évaluations aux valeurs « anormales ». Malheureusement, trop souvent le réflexe est de blâmer un élément mystérieux et obscur (les gênes, les hormones, etc.) pour des changements apparemment contraires à ce qui était attendu. Je vous le dis et je vous le répète, peu importe le prix de l’appareil, il existe toujours une marge d’erreur! Deux conclusions découlent logiquement :

  1. Les conditions de pesée sont très importantes : ventre et vessie vides, minimum de vêtement (et les mêmes pour une pesée comparative), bref dans les mêmes conditions!
  2. Avoir un pèse-personne fiable et valide. Celle-là, elle est moins facile…

La plupart des pèse-personnes situés dans des lieux publics étaient, à l’origine, de très bons outils. Malheureusement, l’usage « public » de ces appareils les affecte beaucoup et le manque de soucis de calibration de la part de leur propriétaire rend leur usage fort hasardeux. Oui, l’explication s’en vient, ne clignez surtout pas des yeux…
Je me suis amusé à peser un poids étalon (non, il ne s’agit pas d’un poids de reproduction de type Starbuck, mais plutôt d’un poids dont nous sommes certains de l’exactitude) le matin sur un pèse-personne situé dans le vestiaire d’un centre de conditionnement physique et j’ai d’effectué la même opération le soir. Croyez-le ou non, mon poids avait pris 3 kg entre le matin et le soir et pourtant, j’étais certain qu’il n’avait rien mangé pendant la journée… Le poids n’avait pas changé, mais, le pèse-personne devait souffrir d’une sérieuse migraine après s’être fait battre à multiples occasions par un groupe acharné d’adeptes du conditionnement physique désireux de savoir s’ils avaient pris ou perdu du poids suite à leur entraînement de la journée…
En résumé, il est important de bien comprendre les méthodes d’analyse de composition corporelle ainsi que les facteurs qui les influencent et surtout comment ces facteurs exercent leur influence! Pour le commun des mortels, la mesure du poids est fort simple et toujours exacte alors qu’en réalité, une grande quantité de facteurs peuvent facilement l’influencer de 1 kg. Soyez donc un peu plus critique et chercher à comprendre ce qui aurait pu causer des variations de poids plutôt que de vous prosterner devant le nouveau dieu Pèse-Personne. Pour conclure, je vous laisse avec un petit exercice à faire à la maison :

  1. Se peser nu en tenant une bouteille d’eau de 1 L
  2. Se peser nu sans ladite bouteille d’eau de 1 L<
  3. Se poser la question pourquoi s’être pesé nu tout en buvant progressivement le contenu de la bouteille (de l’eau, je vous le rappelle)
  4. Terminer sa réflexion simultanément avec l’ingestion de la dernière goutte de la bouteille tout en s’assurant que personne ne vous a filmé (vous êtes toujours nu, je vous le rappelle)
  5. Éviter tout rapprochement avec l’urinoir
  6. Pesez-vous de nouveau et vous aurez pris 1 kg

Abracadabra…