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Les autres, c’est des cons…

Avez-vous déjà remarqué que les autres sont cons? Ce constat est particulièrement vrai dans le domaine de l’activité physique et de la nutrition. On peut retrouver trois factions : deux distinctes et une qui oscille entre les deux.

Habituellement, on retrouve les adeptes de la science, ceux qui sont allés à l’université et qui suivent une approche académique et réfléchie. Puis, il y a les adeptes de l’alternatif, des « autres sciences » moins académiques, moins cartésiennes et plus ancestrales. En terminant, il y ceux qui se promènent entre les deux, prenant au passage ce qui leur convient et ignorant le reste.

Les adeptes de la science et les adeptes de l’alternatifs sont toujours systématiquement opposées, chaque groupe dénigrant continuellement l’autre.

On reproche aux adeptes de la science de fonctionner sur des automatismes, d’avoir des œillères et de rarement s’aventurer hors des sentiers que la science n’a pas encore foulés. On créer un stéréotype qui les englobe tous.

Prenons l’exemple des médecins.

Ils sont toujours trop occupés, n’ont pas de considération pour leurs patients, prescrivent systématiquement n’importe quel médicament en prenant l’argent des mégapharmaceutiques. En gros, le système de la santé est rempli de médecins qui n’écoutent pas, qui sont antipathiques, qui ne connaissent rien mis à part quelques médicaments qu’ils utilisent à toutes les sauces.

Prenons l’exemple des nutritionnistes. Ce ne sont que des femmes qui se fient aveuglément sur le Guide Alimentaire Canadien et pour qui la nutrition se résume à manger ses fruits et légumes, boire son verre de lait et ses huit verres d’eau par jour. Elles ont des œillères et se basent uniquement sur des publications scientifiques ou des prises de positions officielles de grands organismes en santé qu’elles ont rarement le temps de lire et encore moins de remettre en question.

Prenons l’exemple des kinésiologues. Ils ne connaissent que ce qu’ils ont brièvement vu au cours de leurs études. Ils ne savent que donner des programmes d’entraînement de base, principalement axés sur la prévention des blessures, l’entraînement cardiovasculaire et les étirements. Ils se préoccupent souvent plus de la prévention des blessures que du développement des qualités physiologiques entraînables. Bref, leurs clients ne se font pas mal, mais n’atteignent jamais leur objectif.

Dans l’autre camp, on reproche souvent aux adeptes de l’alternatif leur foi aveugle dans leurs croyances, leur manque de support scientifique ou encore leur méthode scientifique boiteuse.

Prenons les naturopathes.

Ils rejettent systématiquement toute approche médicale conventionnelle et s’appuient sur des concepts qui ne sont pas mesurables ou encore mesurés avec des méthodes douteuses. Ils se basent uniquement sur la perception du bien-être du patient, s’il se sent mieux, c’est que l’intervention a fonctionné (et rien d’autre). Pour eux, la communauté médicale est une secte fondée sur le mal et sur le capitalisme sauvage. Les professionnels de la santé veulent nous rendre malades pour garantir leurs énormes revenus et leur train de vie de rois.

Prenons les entraîneurs de fin de semaine.

Ils s’entraînent souvent plus qu’ils entraînent. Ils essaient de suivre le plus de formations sans examen possible pour augmenter leur bagage de connaissances. Ils se fient sur la pratique, la science, ce n’est valide que dans les livres et sur les bancs d’école. La vraie vie se résume à l’expérience. Rien ne supplante l’expérience sinon ce que dira leu gourou de prédilection qui leur dicte quoi penser, quoi faire et quoi dire. S’il le dit, c’est que c’est vrai et que ça marche alors aussi bien faire comme lui.

Ce sont là des stéréotypes qui, à peu de choses près, sont bien souvent trop réels. Combien de fois ai-je entendu une ou un naturopathe, une ou un professeur de yoga vilipender un médecin parce qu’il avait prescrit un médicament pour réguler la pression artérielle d’un patient. Combien de fois ai-je entendu un médecin crucifier un naturopathe et le traiter de charlatan et d’escroc. Et la population se range habituellement du côté qui lui semble plus favorable, généralement du côté de la complaisance et de la facilité.

Ce type de relation est définitivement contreproductif et je m’explique mal cette perpétuelle opposition. Mon hypothèse principale me pousse à croire qu’un manque de connaissance et de rigueur animent ce conflit. Dans tous les camps, on se base davantage sur des croyances que sur des éléments mesurables et vérifiables.

Du côté des adeptes de l’alternatif, on emploie quasi jamais de mesure valide et objective pour quantifier l’impact d’une intervention. On ne croit pas en l’approche scientifique et plusieurs affirment qu’elle est systématiquement biaisée et qu’elle nuirait à l’approche alternative. J’en doute. Je doute que la véritable approche scientifique soit nuisible (Définition Wikipédia : La méthode scientifique désigne l’ensemble des canons guidant ou devant guider le processus de production des connaissances scientifiques, qu’il s’agisse d’observations, d’expériences, de raisonnements, ou de calculs théoriques). Quantifier, observer, analyser et raisonner, ça ne peut qu’aider. Ne se fier qu’à l’observation de résultats ou encore qu’à la perception du patient risque d’induire en erreur la plupart du temps.

Du côté des adeptes de la science, un égo mal placé aveugle bien souvent ses fervents partisans. Le plus bel exemple réside dans l’immaculée vérité qui provient des articles scientifiques (amusez-vous à visiter le site RetractionWatch pour y trouver des articles qui ne contenaient pas que des vérités immaculées). On ne prend plus le temps de lire l’article et d’y fouiller les références, on saute directement à la conclusion et on formule rapidement la sienne (qui parfois diffère de celle de l’article). On saute tout aussi rapidement les étapes qui constituent le fondement de la méthode scientifique ce qui risque fortement d’en pervertir le contenu.

Que ce soit du côté des adeptes de la science ou encore des adeptes de l’alternatif, on néglige d’importants aspects et on finit quasi irrémédiablement par véhiculer des croyances plutôt que des connaissances. Les croyances, ça sert bien les religions (et encore!), mais ça devient très problématique lorsqu’on les applique à l’entrainement et à la nutrition.

Voici quelques conseils afin d’éviter de véhiculer des croyances, que vous soyez un adepte de la science ou de l’alternatif :

  • Avez-vous une ou des références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous lu la ou les références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous les connaissances pour comprendre la ou les références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous compris la ou les références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous lu autour de votre/vos références crédibles (lire d’autres articles)
  • Est-ce que les résultats de votre/vos références crédibles ont été reproduits par d’autres références (sinon, ça devient moins crédible)?
  • Avez-vous lu ces autres références?
  • Avez-vous les connaissances pour comprendre ces références?
  • Avez-vous compris ces références?

Vous l’aurez compris, c’est un processus quasi sans fin qui demande du temps, des connaissances et une capacité d’analyse et de compréhension importante. Plusieurs diront qu’ils n’ont pas le temps. C’est à ce moment que l’on commence à tomber dans les stéréotypes précédemment illustrés. Il faut prendre le temps! Si vous avez le temps de faire de l’argent avec la santé des gens, vous devez prendre le temps de vous informer convenablement. C’est la rançon de votre salaire.

Certains diront qu’ils n’ont pas accès à des sources d’informations. Encore une fois, si vous tirez profit de l’entraînement, de la nutrition ou de la santé des gens, vous devez trouver accès à une information crédible et pertinente (quelques exemples : Pubmed, Quackwatch.org, Web of science, What’s the harm).

Il est possible que cela vous coûte de l’argent, vous prenne du temps, mais la santé des gens ce n’est pas un jeu auquel on peut jouer.

En terminant, soyez prudent si vos mots critiquent sévèrement une profession et si vous abondez dans le stéréotype.

Tous les membres d’une profession ne sont pas tous des cons.

Éviter de faire un exemple d’une profession avec un con.

Ne soyez pas con.

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