parents prise de poids

Devenir parents est-ce synonyme avec prise de poids ?

Devenir parents est souvent décrit comme une merveilleuse aventure où l’on découvre des émotions et sentiments d’une intensité incroyable. Devenir parents est aussi décrit comme un cauchemar où la privation de sommeil et le stress font paraître un interrogatoire terrorisme comme une visite au spa. Chaque réalité est propre à chaque noyau familial, mais peu importe les versions de la parentalité (Instagram ou réelles), on remarque souvent une prise de poids chez les parents. La progéniture grandit, les parents grossissent. Est-ce une réalité ou bien une collection de simples anecdotes ?

On observe une augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC) assez importante chez les jeunes adultes (20-35 ans). Au Canada, on observe une progression importante du % de Canadiens en surpoids ou obèses entre les tranches de 20-24 ans et 25-34 ans tant chez les hommes que chez les femmes. En reprenant les grandes enquêtes populationnelles de 2004 et de 2007-2009, il est possible d’extrapoler une évolution du poids au sein de ces tranches d’âge. En 2004 chez les hommes et les femmes de 20-24 ans, on observe 38 % et 34 % de prévalence de surpoids ou d’obésité, respectivement. Quelques années plus tard (2004-2009), on observe une prévalence de surpoids ou d’obésité de 58 % chez les hommes et de 39 % chez les femmes. Bien que cette analyse connaisse de nombreuses limitations, il est possible de suggérer qu’il y ait une augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité tout au long de la période de jeune adulte. De nombreux facteurs peuvent expliquer cette évolution : départ du foyer familial, début de la vie professionnelle, fin d’activités physiques sportives amateures, etc.

Il y a également le début d’une nouvelle vie familiale.

Est-ce que le fait de devenir parents modifie suffisamment le mode de vie pour causer une prise de poids significative ?

Il semblerait que oui.

La venue d’un nouveau-né perturbe le mode de vie de façon importante en affectant, entre autres, le sommeil, le stress et l’horaire quotidien. Moins de sommeil et moins de temps ou de disponibilité pour être actif sont des éléments favorables à une balance énergétique positive menant à un gain de poids.

La majorité des études sur le sujet se sont penchées sur l’équilibre pondéral des femmes, principalement en comparant l’évolution de l’IMC entre des femmes mères et des femmes non mères. Pour la tranche d’âge 15-35 ans, on observe une augmentation de 2,8 kg/m2 sur 5,6 ans chez les non-mères et une augmentation significative de 0,47 kg/m2 supplémentaire pour les mères. Cela signifie un gain additionnel de ~1,3 kg sur ~5 ans pour une femme de 1,64 m. Cela peut paraître relativement peu et sans trop de conséquences fâcheuses, mais lorsqu’additionné au gain observé chez les femmes de cette tranche d’âge, on cumule un gain de ~8,8 kg sur ~5 ans pour une femme de 1,64 m. Une augmentation de 5 kg/m2 de l’IMC est associée à une augmentation de 23 % du risque de développer une maladie cardiovasculaire. Nous sommes à 2,8 kg/m2 pour les non-mères et à 3,3 kg/m2 pour les mères.

Le risque devient encore plus grand parce que la parentalité perdure pendant plus que quelques mois et le risque d’adopter un mode de vie « moins santé » augmente. En effet, les jeunes parents rapportent être moins actifs, plus particulièrement les pères. Cette diminution de l’activité physique est principalement caractérisée par une diminution des activités physiques d’intensité modérée et supérieure. La réduction de la quantité et de l’intensité de ces activités physiques peut être associée à une diminution de la condition physique et à l’augmentation du risque de mortalité précoce.

La parentalité est une période propice aux changements, certains sont imposés, d’autres peuvent survenir de façon planifiée et volontaire. Il est donc important lorsque l’on planifie sa vie familiale d’inclure une portion importante associée à la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée ou supérieure. L’inclusion de ces activités à l’horaire (pourquoi pas avec bébé) revêt une importance particulière pour la santé et pourrait également agir comme frein à la prise de poids observée.

Oui, je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Toutefois, il s’agit au final d’un choix. Un choix qui peut être difficile à faire et à mettre en pratique, mais ce choix n’a pas besoin d’être parfait. La beauté de l’activité physique, c’est que sa pratique peut être diverse tant dans sa forme, durée ou intensité. Également, la pratique régulière d’activité physique est une source importante de développement et d’éducation pour l’enfant, jeune adulte en devenir (oui, ça passe vite!). Sans prêcher de façon abusive par l’exemple, le jeu se prête particulièrement bien à la pratique d’activités physiques suffisamment intenses pour procurer des bénéfices santé pour les parents et des opportunités de stimulations adéquates pour l’enfant.

Jouer avec son enfant et non regarder son enfant jouer.

Référence

 

  1. Corder K, Winpenny EM, Foubister C, et al. Becoming a parent: A systematic review and meta-analysis of changes in BMI, diet, and physical activity. Obesity reviews : an official journal of the International Association for the Study of Obesity. 2020;21(4):e12959.
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