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Être gras ou ne pas être gras, telle est la question!

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Julie Champagne, Priscille Guerrier et Nathalie Guerrier lors de la compétition UFE Chaos 2011

Parfois, il faut savoir écouter les signes. Premier signe, j’entends parler d’une histoire où une professionnelle de la santé soutient avec fermeté que la composition corporelle de mes athlètes ne satisfait pas de critère santé. Deuxième signe, je tombe sur un commentaire d’une jeune femme sur une page Facebook à propos d’une photo de mes athlètes se questionnant sur la faisabilité d’atteindre une composition corporelle semblable tout en restant en santé. Alors, quoique traité précédemment dans certains billets, je me suis dit pourquoi ne pas aborder la thématique de la composition corporelle une fois de plus.

Il faut toujours demeurer extrêmement prudent lorsque l’on parle de composition corporelle, car presque tout le monde a sa petite idée sur le sujet. On balance régulièrement des chiffres de pourcentage de gras, il faut être à 8 % pour être compétitive en fitness, une femme sous la barre des 10 % souffrira d’aménorrhée, une femme au-dessus du 30 % est obèse (ça, c’est pour les gens qui confondent l’indice de masse corporelle et le pourcentage de gras), etc. Bref, on en entend de toute sorte…

La réalité est (j’en ai déjà parlé dans un billet) que le pourcentage de gras est un bien mauvais indicateur, car il s’agit d’une fraction influencée par le poids total (pour les gens qui ne le savaient pas, le % de gras est simplement le ratio entre votre masse grasse et votre poids total). Donc, deux personnes de même grandeur peuvent avoir des pourcentages de gras identiques tout en présentant des quantités de gras différentes. Vous en doutez? Quoi de mieux qu’un tableau pour le démontrer :

[/fusion_builder_column][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”]

Une composition corporelle optimale ne passe pas nécessairement par un pourcentage de gras précis.

Nous avons donc 2 jeunes femmes ayant exactement le même pourcentage de gras, mais qui présentent des compositions corporelles diamétralement opposées. La participante A démontre une quantité adéquate de masse grasse (habituellement, un indice de masse grasse supérieur à 3 kg/m² est requis chez les femmes [/fusion_builder_column][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][1-3]) ainsi qu’une quantité plus qu’adéquate de masse maigre (habituellement, on vise une valeur d’indice de masse maigre supérieure à 16 kg/m²). Par contre, la participante B qui bénéficie également d’un pourcentage de gras à 19 % démontre une quantité inadéquate de masse grasse de même qu’une quantité insuffisante de masse maigre. Cependant, nous ne pouvons considérer que ces facteurs, il faut aussi tenir compte de symptômes témoignant d’une condition pathologique. Et c’est là où j’ai des difficultés avec le premier signe qui a motivé ce billet : il faut aller plus loin que la composition corporelle! Par exemple, il est possible que la participante A n’ait plus de menstruation depuis plusieurs mois alors que la participante B peut être régulière. La quantité minimale de gras requise pour une femme est une caractéristique individuelle qui ne peut suivre une règle basée sur le pourcentage de gras (pour votre information, on penche désormais pour un flux énergétique trop important pouvant causer l’aménorrhée, c’est-à-dire une dépense énergétique quotidienne très élevée jumelée à des apports tous justes adéquats ou insuffisants). À défaut d’avoir un chiffre pour se rassurer, il faut interroger les participantes afin de s’assurer de la régularité de leur cycle menstruel. Notre premier critère : Le cycle menstruel.

Ensuite, il faut déterminer si la composition corporelle induit un problème au niveau des capacités physiques. Par exemple, est-ce que la force musculaire permet à nos participantes de vaquer à leurs occupations quotidiennes sans difficulté? Tombent-elles souvent? Ont-elles des difficultés à ouvrir les succulents pots de confitures? Etc. Ce second critère est davantage tributaire de la masse maigre (plus particulièrement de la masse musculaire, car votre foie ne vous aide pas vraiment pour ouvrir un pot récalcitrant) que de la masse grasse. Notre deuxième critère : La capacité fonctionnelle.

La suite se corse un peu…

Il faut être en mesure de déterminer ce qui permet à nos participantes d’obtenir/de maintenir leur composition corporelle. Pourquoi présentent-elles ces chiffres? Par exemple, si l’atteinte ou le maintien de cette composition corporelle dépend d’un régime d’entraînement tortionnaire où l’ensemble des loisirs se résume à pousser de la fonte et à noyer de sueur le plancher soutenant vaillamment le tapis roulant, il est possible que ce mode de vie ne soit pas sain. Je dis bien possible, pas nécessairement obligatoire. Est-ce que de manquer une séance d’entraînement a un impact négatif sur le moral et l’humeur de nos participantes? Est-ce qu’une absence engendrera des comportements compensatoires problématiques (privation alimentaire, purge, etc.)? Notre troisième critère : Entraînement compulsif.

L’autre composante influençant la composition corporelle se situe dans l’assiette. Est-ce que les apports nutritionnels sont adéquats et est-ce que les comportements alimentaires sont sains? Chez les sportives, l’anorexie athlétique (anorexia athletica) est un problème malheureusement trop souvent non rapporté. Est-ce que l’alimentation est une source de stress, d’anxiété ou de plaisir excessif? Le plaisir abusif de manger cède-t-il rapidement la place à un sentiment atroce de culpabilité conduisant à des comportements problématiques comme l’utilisation de méthodes de purge (laxatif, stimulants « fat burner », vomissements, etc.)? Notre quatrième critère : Troubles de comportements alimentaires.

Le dernier critère se manifeste par la représentation mentale de la composition corporelle de chacune des participantes. Est-ce que leur perception reflète bien la réalité? Est-ce que la participante A se trouve trop grasse et pas assez musclée? Est-ce que la participante B se trouve trop grasse et trop musclée? Une bonne perception n’exclut pas une composition corporelle problématique, mais cela évite de tomber dans un volet plus complexe qu’est le trouble de l’image corporelle. Il est important que nos participantes puissent reconnaître les forces et les faiblesses de leur composition corporelle tout comme les forces et faiblesses des moyens qu’elles entreprennent pour obtenir/maintenir une telle composition corporelle. Notre cinquième critère : La perception de son image corporelle.

Pour plus d’information sur cette sélection bien personnelle de critères, je vous invite à consulter quelques lectures très intéressantes [4-14].

Avant d’affirmer que les physiques d’athlètes de fitness (en l’occurrence, mes athlètes) ne sont pas santé, il est impératif de s’assurer de bien comprendre le cheminement de chacune d’elles et surtout d’évaluer correctement l’athlète dans son ensemble. Il est bien évident qu’il est impossible de tirer des conclusions sur la composition corporelle en se fiant uniquement sur l’imprimé d’un papier thermique provenant d’un appareil de bio-impédance.

Concernant le second signe motivant ce billet, oui, il est possible d’atteindre une composition corporelle permettant de compétitionner en fitness en respectant des normes « santé ». Certes, ce n’est pas coutume dans le milieu, mais il est possible de progresser graduellement en implantant des changements sains et durables favorisant le gain de masse musculaire et la perte de gras. La difficulté réside dans la motivation à incorporer des changements sains et durables à son mode de vie sans succomber à l’autoroute du succès. Cette voie rapide est pavée de solutions rapides et drastiques engendrant des modifications importantes de la composition corporelle. Cependant, ces changements physiologiques rapides sont rarement suivis par une évolution positive de la psychologie de l’athlète. La priorité glisse rapidement de l’atteinte d’objectifs personnels sains à un désir aveuglant de victoire et de reconnaissance sociale. Le problème n’est alors plus une question de gras ou de muscle, mais plutôt d’égo démesuré conduisant souvent à des comportements abusifs.

Il faut se questionner non pas sur l’aspect santé d’un physique de compétition, mais davantage sur les motivations à compétitionner. Il est possible d’avoir une composition corporelle à l’intérieur de chiffres « santé » et faillir à chacun des critères précédemment mentionnés.

Non, on ne vous aimera pas plus si vous gagnez. Non, vous ne serez pas plus belles si vous gagnez. Non, vous n’aurez pas plus confiance en vous si vous gagnez. Si vous gagnez, vous aurez un trophée. Si vous vous épanouissez sainement dans une discipline qui vous passionne, vous aurez bien plus que ce que vous pouvez espérer.

Référence

1. Bigaard, J, K Frederiksen, A Tjonneland, et al. Body fat and fat-free mass and all-cause mortality. Obes Res 2004; 12(7). 1042-9.

2. Kyle, UG, A Morabia, Y Schutz, and C Pichard. Sedentarism affects body fat mass index and fat-free mass index in adults aged 18 to 98 years. Nutrition 2004; 20(3). 255-60.

3. Schutz, Y, UU Kyle, and C Pichard. Fat-free mass index and fat mass index percentiles in Caucasians aged 18-98 y. Int J Obes Relat Metab Disord 2002; 26(7). 953-60.

4. Warr, BJ and K Woolf. The female athlete triad: patients do best with a team approach to care. JAAPA 2011; 24(4). 50-5.

5. Witkop, CT and MP Warren. Understanding the spectrum of the female athlete triad. Obstet Gynecol 2010; 116(6). 1444-8.

6. Mendelsohn, FA and MP Warren. Anorexia, bulimia, and the female athlete triad: evaluation and management. Endocrinol Metab Clin North Am 2010; 39(1). 155-67, x.

7. Pantano, KJ. Strategies used by physical therapists in the U.S. for treatment and prevention of the female athlete triad. Phys Ther Sport 2009; 10(1). 3-11.

8. Hoch, AZ, NM Pajewski, L Moraski, et al. Prevalence of the female athlete triad in high school athletes and sedentary students. Clin J Sport Med 2009; 19(5). 421-8.

9. Raymond-Barker, P, A Petroczi, and E Quested. Assessment of nutritional knowledge in female athletes susceptible to the Female Athlete Triad syndrome. J Occup Med Toxicol 2007; 2. 10.

10. Nattiv, A, AB Loucks, MM Manore, CF Sanborn, J Sundgot-Borgen, and MP Warren. American College of Sports Medicine position stand. The female athlete triad. Med Sci Sports Exerc 2007; 39(10). 1867-82.

11. Lebrun, CM. The female athlete triad: what’s a doctor to do? Curr Sports Med Rep 2007; 6(6). 397-404.

12. Beals, KA and NL Meyer. Female athlete triad update. Clin Sports Med 2007; 26(1). 69-89.

13. Williams, NI and MJ De Souza. Female athlete triad errors and misunderstandings. Med Sci Sports Exerc 2006; 38(5). 1021; author reply 1022.

14. Sherman, RT and RA Thompson. Practical use of the International Olympic Committee Medical Commission Position Stand on the Female Athlete Triad: a case example. Int J Eat Disord 2006; 39(3). 193-201.

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