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Faire l’amour pour perdre du poids

Make_love_not_war____by_trishvandenbergLe contexte s’y prêtait bien, alors j’ai décidé d’aborder ce sympathique sujet. Est-ce que les relations sexuelles peuvent être une dépense énergétique importante? La porte est grande ouverte pour les blagues de goût douteux, mais la question demeure légitime.

Avant de répondre à cette sensuelle question, il importe de préciser comment la dépense énergétique de relations sexuelles est déterminée. Habituellement, la dépense énergétique pour une activité précise se fait de deux façons, soit par mesure directe de la production de chaleur (calorimétrie directe), soit par mesure de la consommation d’oxygène et production de dioxyde de carbone (calorimétrie indirecte respiratoire). La première option n’est pas possible lors de rapports amoureux à deux (ou plus), car la production de chaleur ne peut être attribuée à un ou l’autre des participants. Impossible de déterminer la dépense énergétique individuelle. La seconde nécessite la récupération des gaz respiratoires et force l’utilisation d’un appareillage encombrant qui pourrait freiner les ardeurs des participants les plus fringants. Une option difficile et peu probable (quoique Bohlen et coll. l’on fait1).

La grande majorité des études qui se sont penchées sur le sujet ont utilisé les fréquences cardiaques comme indicateur d’intensité afin de déterminer très indirectement la dépense énergétique. À l’aide de moniteur de fréquences cardiaques ou d’électrocardiogrammes, les chercheurs ont mesuré le rythme cardiaque pendant les ébats amoureux et ont ensuite comparé cet effort à celui réalisé sur un tapis roulant. À fréquences cardiaques égales, ils ont considéré l’effort comme étant similaire. Par exemple, si les fréquences cardiaques lors de relations sexuelles atteignaient 65 % des fréquences cardiaques maximales théoriques, on observait ensuite la dépense énergétique sur un tapis roulant à 65 % des fréquences cardiaques. C’est mieux que rien, mais c’est très limité et comporte de nombreuses sources d’erreurs. Par exemple, les différentes orientations du corps dans l’espace (allez-y, laisser planer votre imagination) influencent la résistance sanguine périphérique ce qui change la relation entre les fréquences cardiaques et la dépense énergétique. Et, par manque d’informations, je passerai sous silence l’impact de l’afflux sanguin permettant l’érection sur le volume sanguin et le débit cardiaque. Bref, à ce jour, nous n’avons pas de mesures probantes sur la dépense énergétique de relations sexuelles. Nous avons néanmoins une idée de l’envergure de l’effort.

On peut observer un consensus parmi les différentes études pour conclure que la dépense énergétique lors d’une relation sexuelle n’est pas très élevée. On parle d’environ 2 à 3 fois le métabolisme de repos (pour un individu moyen, le métabolisme de repos est d’environ 1 kcal par min), soit environ 3 kcal par min. En excluant les préliminaires, la relation sexuelle moyenne menant à l’orgasme masculin dure 6 min (désolé mesdames). Une relation sexuelle offre donc une dépense énergétique d’environ tout au plus une vingtaine de calories. Le tableau 1 présente des valeurs pour différentes positions et pour chacun des partenaires impliqués1. D’un point de vue biologique, le faible coût énergétique associé à la reproduction est une excellente nouvelle. En ayant une faible allocation énergétique pour la reproduction, cela nous permet d’allouer une fraction de nos calories disponibles pour d’autres activités. Parce que nous reproduire nous coûte moins cher (je parle d’un point de vue énergétique et non du prix du souper), nous avons pu évoluer ce qui n’est pas le cas de plusieurs mollusques et autres céphalopodes pour qui l’acte sexuel demande une allocation extrêmement importante des ressources énergétiques.

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Tableau 1: Dépense énergétique et relations sexuelles
Tableau 1: Dépense énergétique et relations sexuelles

À moins d’avoir un harem intarissable à sa disposition, il est peu probable qu’un homme réussisse à perdre du poids de façon significative par l’entremise de nombreuses relations sexuelles. Si cela peut s’avérer être une mauvaise nouvelle pour certains/certaines, il s’agit pour d’autres d’une excellente nouvelle. En effet, la faible demande énergétique et la réponse hémodynamique (fréquences cardiaques, pression artérielle) modérée font en sorte que le stress cardiovasculaire n’est pas si imposant lors de l’acte. Il s’agit d’un détail important pour les gens souffrant de maladies cardiovasculaires chez qui les simples relations sexuelles peuvent s’avérer un stress important.

En terminant, en ce jour de St-Valentin, n’hésitez pas à tester vos capacités cardiométaboliques dans l’amour et le bonheur avec des objectifs autres que la perte de poids.

Références

1.            Bohlen JG, Held JP, Sanderson MO, Patterson RP. Heart rate, rate-pressure product, and oxygen uptake during four sexual activities. Archives of internal medicine. Sep 1984;144(9):1745-1748.

2.            Casazza K, Fontaine KR, Astrup A, et al. Myths, presumptions, and facts about obesity. The New England journal of medicine. Jan 31 2013;368(5):446-454.

3.            Cheitlin MD. Sexual activity and cardiovascular disease. The American journal of cardiology. Nov 6 2003;92(9A):3M-8M.

4.            DeBusk RF. Evaluating the cardiovascular tolerance for sex. The American journal of cardiology. Jul 20 2000;86(2A):51F-56F.

5.            Levine GN, Steinke EE, Bakaeen FG, et al. Sexual activity and cardiovascular disease: a scientific statement from the American Heart Association. Circulation. Feb 28 2012;125(8):1058-1072.

6.            Palmeri ST, Kostis JB, Casazza L, et al. Heart rate and blood pressure response in adult men and women during exercise and sexual activity. The American journal of cardiology. Dec 15 2007;100(12):1795-1801.

7.            van Driel MF. Words of wisdom. Re: Sexual activity and cardiovascular disease: a scientific statement from the American Heart Association. European urology. Aug 2012;62(2):349.

8.            Franklin AM, Squires ZE, Stuart-Fox D. The energetic cost of mating in a promiscuous cephalopod. Biology letters. Oct 23 2012;8(5):754-756.

 

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