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Le virus de l’obésité créé par le Père Noël?

Il y  a quelques années, des chercheurs avaient émis l’hypothèse que l’obésité était causée par un virus. J’ai été un des premiers à prendre cette théorie avec un grain de sel (lire : me moquer sans respect), mais au fil du temps, je dois avouer que cette théorie et plus probable que je ne l’avais initialement cru.

Ce virus aurait une grande capacité de mutation et s’adapterait très facilement à son hôte et se transmettrait avec une grande facilité entre des hôtes ayant un profil génétique similaire. Les effets du virus seraient différents en fonction de l’âge, mais la résultante serait toujours la même : une prise de poids tant chez l’enfant que chez l’adulte. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que les manifestations du virus chez l’adulte agissent sur l’enfant et causent une réaction en cascade chez ce dernier, permettant au virus de fermement s’ancrer dans son hôte.

Non, il ne s’agit pas d’un virus avec un bagage génétique, mais plutôt d’un virus d’une autre nature, d’une nature psychosociale.

Avez-vous déjà remarqué dans une salle d’attente ou autres lieux communs, comment les parents s’efforcent de tamiser les pulsions actives de leurs enfants? Il faut s’asseoir, rester immobile, ne pas parler et faire le beau ou la belle. Il ne faut surtout pas courir partout, ne pas sauter ni monter sur les choses. C’est mal et ce genre de choses c’est au parc qu’il faut les faire. Pourtant, c’est par le jeu et ce genre d’activités que l’enfant se développe. La plupart des mammifères passent par cette étape de développement et qui ne s’est pas déjà émerveillé devant de jeunes chatons jouant avec un rien? Vous me direz que toutes les places ne sont pas nécessairement des lieux appropriés pour grimper partout. Possiblement. Mais, quels lieux le sont? Au parc? Dans la cour d’école? Bien sûr que non…

Au parc, quand les parents décident d’y amener leurs enfants, on leur interdit souvent une multitude d’activités, car elles sont jugées trop dangereuses. Les enfants pourraient tomber et se blesser. Ou, ils pourraient faire comme papa et maman et lire le journal assis dans le parc. Ça, ça serait un jeu intéressant et sans danger. Sans danger immédiat. Parce qu’à en voir le tour de taille de papa et maman assis sur le banc de parc, qu’à lire la prescription sur les flacons de médicaments pour l’hypertension et le diabète dans leur poche, je me dis que ça doit être une inactivité dangereuse en fin de compte…

Encore plus malheureux, lorsque les enfants sont calmes (lire complètement sédentaires) on promet de les récompenser avec leur nourriture préférée. Coup de génie s’il en est un, offrir une récompense avec de la nourriture tout en passant du temps avec l’enfant constitue un problème potentiellement très dommageable. On associe temps de qualité, malbouffe (très souvent) avec de bons moments. La tendance est par la suite pour l’enfant de tenter de reproduire ces moments avec d’autres et plus tard avec ses propres enfants. Et le virus se propage.

Une fois que le virus est bien implanté dans une famille, certains vont tenter de trouver un traitement. Habituellement, les adultes vont essayer de traiter le virus à l’aide d’une « grande » quantité d’exercice et appliquer le traitement à toute la famille(enfin presque, sauf eux car ils n’ont pas le temps). On impose donc des séances d’exercice aux enfants. On structure alors leurs pulsions d’activité physique dans un moule que l’on juge convenable. Tiens, pourquoi ne pas faire 20 min sur un tapis roulant pour faire fondre le bedon de fiston? Parce que c’est ennuyeux, démotivant et sans but valable pour un enfant. Perdre son bedon n’est pas dans la liste des priorités de ce dernier, mais avoir du plaisir oui. L’enfant va donc associer l’activité physique à des moments désagréables qu’il ne souhaite pas reproduire. Notre virus investit presque qu’entièrement son jeune hôte.

Nous en sommes à la maturation du virus où nous avons des associations bien définies qui sont présentent chez l’hôte : une association plaisir-grosse bouffe sale-bonne compagnie et une association activité physique-douleur-je suis nul. Ces associations deviennent pratiquement ancrées dans notre bagage génétique tellement elles perdurent et se propagent à notre descendance. La dernière mutation du virus peut maintenant se produire.

Devant autant de déception et de difficultés face aux tentatives de perte de poids (restreindre la bouffe = moins de plaisir et moins d’amis, pratiquer de l’activité physique = souffrance et incompétence), on se tourne vers les croyances. Le virus fait en sorte que l’on se conditionne à croire aux fables, à espérer le moment magique nous permettant de nous métamorphoser et de perdre nos surplus de gras. Nommez-les, le baiser de la Belle au bois dormant, cendrillon et ses souliers, et même le Père Noël qui réussit magiquement à livrer tous ses cadeaux sans sueur.

Comme dans les contes, tout devient soit bon, soit mauvais. Certains nutriments sont mauvais, d’autres sont bons, certains exercices sont bons, d’autres mauvais et comme dans les récits, pas de nuance ou de tons de gris. C’est la phase terminale du virus. Nous sommes désormais conditionnés à être sages et polis et à ne pas monter sur les chaises, à festoyer entre amis avec de la bonne bouffe et de l’alcool et à croire qu’un coup de baguette magique va finir par tout changer. Malheureusement, la vie n’est pas un conte de fées ni une fable de Noël. Alors, pendant cette période festive, lorsque vous verrez des enfants être turbulents et courir partout, ne sortez pas le ritalin et ne les récompensez pas avec du dessert. Appréciez leur spontanéité et leur joie de bouger et pourquoi ne pas faire un peu plus comme eux.

Joyeux temps des Fêtes!

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