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Et si le culte du corps était bénéfique?

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Je sais, je mets trop rarement des photos de moi sur mon blogue ;)
Je sais, je mets trop rarement des photos de moi sur mon blogue 😉

Il existe une forme d’hypocrisie dans le domaine du conditionnement physique qui tend à pousser les gens à se ranger derrière des positions parfois extrêmes sous l’influence d’un jugement plus émotif que rationnel. Ceci se manifeste tout particulièrement dans le cas du culte du corps, mouvement jugé par plusieurs comme étant futilement superficiel. Pourquoi s’entraîner pour avoir un corps svelte et athlétique alors que l’on devrait plutôt s’entraîner pour être en forme? On anoblit ou diabolise les objectifs d’entraînement selon nos convictions.

Pourtant, avoir un corps svelte et athlétique peut s’avérer être un gage de santé. Cependant, lorsque Tom Pec mentionne qu’il souhaite s’entraîner pour avoir un corps de rêve sans faire mention d’un désir d’améliorer sa condition physique ou de diminuer ses facteurs de risques pour les maladies cardiovasculaires, on le classe dans la catégorie des gens superficiels. Comme si l’image de soi n’était pas un facteur dans la santé mentale? Et que dire de Mônoncle Gérard, bedonnant et savourant quotidiennement sa bouteille de vin rouge (quoi? C’est bon pour le cœur le vin rouge – sic! —) qui vient s’entraîner en étalonnant ses nombreux objectifs de meilleure santé à son entraîneur alors que tout ce qu’il souhaite c’est de perdre sa protubérance faisant fonction de coussin à chien qui garnit sa devanture, afin de séduire les jeunes dames sur la plage? Mônoncle s’entraîne pour les bonnes raisons alors que Tom Pec est un insignifiant rempli d’une superficialité puante.

S’entraîner pour améliorer son apparence physique n’est pas un crime loin de là. En fait, aimer un corps en santé est un gage de santé globale. À l’inverse, une personne souffrant d’embonpoint important ou d’obésité aimant son corps n’absout pas cette personne des facteurs de risque qui sont associés à sa composition corporelle. D’être bien dans sa peau n’est pas un vaccin contre la maladie. Lorsque ce sentiment d’acceptation devient une motivation pour maintenir le statu quo (je suis bien dans ma peau et c’est ce qui compte, je n’ai donc pas besoin de perdre mon poids). Je trouve, et c’est bien personnel, que ce type de raisonnement est une forme de fuite ou de résignation de la personne en surpoids. Je ne pourrai pas changer, alors aussi bien accepter mon état. Si psychologiquement cette forme d’acceptation peut favoriser l’estime de soi et la santé mentale, elle n’enlève en rien les risques d’hypertension artérielle ou de diabète de type 2. Il est rare d’observer ce comportement chez une personne qui vient de recevoir un diagnostic de maladie associée à la composition corporelle. Soudainement, le désir de perdre du poids réapparait…

Là où le culte du corps devient un problème, c’est lorsque la fin en vient à justifier les moyens. Lorsque l’apparence prend le dessus sur la santé, lorsqu’avoir l’air en santé devient plus important que d’être en santé. Il s’agit d’une réalité qui est bien ancrée dans le domaine du fitness où le désir de triompher peut parfois prendre le dessus sur la raison. Toutefois, ce phénomène dépasse largement l’univers du fitness et on le retrouve désormais dans l’ensemble du milieu du conditionnement physique. Les dernières années ont marqué une transition des objectifs de « santé monotones » vers les transformations physiques plus « sexy ». Pour être franc, je n’ai aucun problème avec cette réalité et j’irai même jusqu’à l’encourager. Cependant, il est important d’encadrer ce processus de transformation tout comme il est important d’encadrer un entraînement visant l’atteinte d’objectifs de « santé monotones ». Alors que l’on paramètre l’atteinte des objectifs de « santé monotones » à l’aide de mesures (prise de pression artérielle, mesure de la glycémie, enzymes hépatiques, etc.), on paramètre beaucoup moins les transformations « sexy ». Outre les mesures de composition corporelle, on ne mesure aucun paramètre psychologique pour tenter d’évaluer l’estime de soi ou la perception du schéma corporel. On se soucie peu de ces choses, tant que les photos avant-après sont remarquables par leur distinction.

Cette forme d’emphase sur l’avant après pousse de plus en plus de participants à plonger dans l’univers du « la-fin-justifie-les-moyens » et risque de causer l’adoption de comportements incompatibles avec une notion de santé globale. Bientôt, il faudra prévoir des tests antidopage chez les participants de défis transformations « sexy ».

En fait, l’apparence et surtout la perception de soi sont des éléments très importants dans une perspective de bien-être holistique. Ils doivent cependant s’insérer dans une démarche honnête dans son approche et santé dans son dénouement.

 

Références

1.            Morgan AZ, Keiley MK, Ryan AE, et al. Eating regulation styles, appearance schemas, and body satisfaction predict changes in body fat for emerging adults. Journal of youth and adolescence 2012;41:1127-41.

2.            Sabiston CM, Crocker PR. Examining an integrative model of physical activity and healthy eating self-perceptions and behaviors among adolescents. The Journal of adolescent health : official publication of the Society for Adolescent Medicine 2008;42:64-72.

3.            Shaw JM, Ebbeck V, Snow CM. Body composition and physical self-concept in older women. Journal of women & aging 2000;12:59-75.

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Exercices abdominaux et perte de gras

Exercices abdominaux,Entraînement rapide

Que ce soit pour un concours de type 50 redressements assis par jour pendant 30 jours ou simplement pour essayer d’avoir un ventre de rêve, l’utilisation d’exercices abdominaux pour stimuler ces muscles est pratique courante. Nombreux sont ceux qui tenteront de faire partir une accumulation indésirable de gras à l’aide de ces exercices. Certains vous diront que ce n’est pas comme ça que l’on perd du ventre, mais ils accorderons néanmoins près de 30% de leur temps d’entraînement aux fameux abdos… La question demeure légitime, peut-on perdre du ventre en faisant des abdos?

Je n’irai pas jouer dans l’utilisation de représentations anatomiques sophistiquées afin d’illustrer mes propos, j’aurai recours encore une fois à des calculs mathématiques pour appuyer mes dires. Bien évidemment, j’aurai pu écrire que pour perdre du ventre afin de voir nos abdos, il faut dépenser plus de calories que l’on en ingère, mais ça, je l’ai déjà dit… Alors, je vais me prêter au jeu et supposer un instant que faire des abdos peut effectivement faire en sorte que l’on puisse bénéficier d’un six packs of dream. Et c’est parti!

Nous allons déterminer de façon approximative le coût énergétique d’un redressement assis et déterminer combien de ces fameux mouvements de vas et vient il nous faudrait compléter pour perdre les quelques kilos qui obstruent cette somptueuse beauté qu’est le droit de l’abdomen. Je vous promets, je vais donner dans l’exagération grossière afin de m’assurer de couvrir mes arrières.

Dans un premier temps, il faut déterminer le poids qui est déplacé afin de pouvoir calculer le coût énergétique associé à ce travail. De façon évidente, lors d’un redressement assis, on ne soulève qu’une fraction du poids de son corps, à moins de faire de la lévitation. Je parlais d’exagération? Nous allons supposer que notre heureux volontaire réussit (je ne sais pas comment) a déplacer la totalité de sont poids soit 85 kg lors de ce mouvement réalisé sur le dos, au sol. Ensuite, nous devons déterminer sur quelle distance ce poids est déplacé. L’amplitude approximative d’un redressement assis avoisine les 30-40cm. Poursuivons dans l’exagération et allons-y pour un 75cm d’amplitude. À l’aide de ces informations, nous pouvons maintenant déterminer le travail mécanique qui doit être effectué (les admirateurs de biomécanique sont fébriles alors que le reste de la population commence à saigner du nez…).

Nous devons déterminer la distance totale parcourue lors d’un redressement assis en mètre (un aller-retour équivaut à 2 x 0.75m donc 1.5 m).

Multiplier ensuite par la charge déplacée soit 85 kg, ce qui nous donne 1.5 m x 85kg.

Maintenant, nous devons ajouter la gravité, car sans elle, l’effort n’y serait tout simplement pas : 1.5 m x 85kg x 9.81m/s ce qui nous donne?

Environ 1250 Joules ou 0.3 kcal (1 calories = 4.2 Joules, 1 kcal = 4200 joules). Il s’agit du travail mécanique qui est réalisé. Comme nous ne sommes pas parfaits, il existe toujours une perte d’énergie dans la conversion de nos réserves énergétiques chimiques (le gras, le sucre) en travail mécanique. Nous allons ici supposer une perte énorme, un gaspillage très important qui se chiffre à 90 %. Qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que nous perdons 90 % de l’énergie sous forme de chaleur et qu’un maigre 10 % se traduit par un travail mécanique. Pour chaque kcal de travail mécanique, nous en gaspillons 9 en chaleur. Ce chiffre exagère fort probablement la vraie valeur qui se chiffre plus proche du 40 %, mais, comme nous aimons exagérer nous prendrons la valeur de 10 %. Nous aurons alors une dépense énergétique de 2.7 kcal pour chaque redressement assis (si nous prenons un rendement de 40 % au lieu de 10 %, nous aurions 0.5 kcal).

Comme nous sommes sur une lancée, je ne vois pas pourquoi nous serions tentés de nous limiter dans notre exemple. Notre heureux candidat, en plus d’être d’une inefficacité impossible (10 % de rendement, c’est de loin dépassé le stade de moron moteur certifié), est en mesure de compléter une quantité astronomiquement improbable de redressements assis en une séance, soit environ 1 000.

Voici maintenant le coût énergétique complètement gonflé de son activité : 2.7 kcal par redressement x 1000 = 2700kcal. J’imagine déjà certaines personnes réfléchir à voix haute : « Ouin, 1000 abdos, je pense que je suis capable… ». Inutile de rappeler que la vraie valeur en kcal se chiffre probablement autour des 4 kcal pour 100 redressements assis (je vous évite le calcul à nouveau…). Les plus malins auront déjà sauté à l’étape suivante en calculant combien de gras est utilisé lorsque l’on brûle un théorique 2700 kcal. On entend souvent parler qu’un kilogramme de gras équivaut à environ 7700 kcal (1 lb équivaudrait à 3500 kcal) et de là découle un calcul facile qui nous indiquerait que nous utiliserions environ 350 g de gras. Eh bien non…

Pourquoi? Parce que lors de redressement assis, la source d’énergie n’est pas le gras, mais bien le sucre (principalement le glycogène musculaire). En réalité, pratiquement aucune quantité de gras n’est utilisée lors de l’exécution de cet exercice (vous m’en voulez de vous avoir fait suer avec le calcul maintenant…). Donc, faire des redressements assis, ça ne sert pas à perdre du vendre (ça, c’est le message qu’habituellement j’utilisais) ça sert à travailler les muscles abdominaux. Juste ça, pas plus. Vous ne dépenserez pas suffisamment de calories (même si l’exercice est difficile, cela ne veut pas dire qu’il est énergivore pour autant) pour stimuler la perte de poids et vous n’utiliserez pas de gras comme source de carburant.

Alors, si vous tentez de perdre du ventre en faisant des abdominaux, vous êtes probablement mieux d’aller prendre une marche pour vous rendre jusqu’au premier kiosque de restauration rapide, d’y entrer, de ne rien commander et de retourner chez vous. Vous brûlerez ainsi beaucoup plus de kcal et vous éviterez de développer des plaies de lit à force de tenter d’atteindre vos 1000 redressements assis.

Ce qui me laisse vraiment perplexe, c’est pourquoi encore aujourd’hui, beaucoup de gens penses sincèrement que de compléter des redressements assis (ou faire la planche ou tout autre exercice d’abdominaux) leur fera perdre le ventre.