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Après la malbouffe, le malentraînement!

Cela va faire plus de 15 ans que j’œuvre dans le domaine de l’activité physique, plus précisément dans le domaine du conditionnement physique et de l’entraînement sportif. Il n’y a pas si longtemps, je me suis surpris à faire une comparaison entre l’évolution du conditionnement physique au Québec et l’évolution de la restauration rapide. Le lien me direz-vous?
J’en vois, et ce, de façon très inquiétante, plusieurs. Prenons par exemple les compétences du personnel d’entraîneur d’un centre de conditionnement physique. C’est à peu près la même chose que d’être cuisinier en chef dans un restaurant-minute. Je sais que je ne me ferai pas beaucoup d’amis, mais les similitudes sont frappantes. La structure actuelle des centres de conditionnement physique encourage une certaine standardisation, afin d’uniformiser le produit. Cette façon de faire permet d’éviter bon nombre de problèmes en « canalisant » le travail des entraîneurs. Cependant, cet effet n’est pas nécessairement bénéfique. Revenons au restaurant-minute. Si un grand chef de haute cuisine travaillait dans une cantine de type Joe Patate, peu importe son talent et ses compétences, tourner une boulette demeure, tourner une boulette. La cantine et sa structure de fonctionnement ne lui permettent pas de pleinement exploiter ses compétences et son talent unique. Le résultat? Si notre grand chef ne peut pas ou ne veut pas se trouver un poste dans un grand restaurant, il se la coulera douce en tournant des boulettes tout en étant imbibé d’une sympathique odeur de graisse à friteuse. C’est la même chose pour une gym. L’entraîneur, peu importe ses compétences, son expérience et son talent est malheureusement confiné à une structure qui ne lui permet pas de pleinement exprimer ses capacités. Ce qui importe, tout comme dans un restaurant-minute, c’est de servir beaucoup de clients et que ces derniers ne s’attardent pas trop afin de faire place à la prochaine vague. J’entends déjà beaucoup de mes consœurs et confrères s’insurger contre mon commentaire en disant qu’eux, ils prennent le temps, ils font un travail consciencieux, etc. Oui, bien sûr que vous faites votre travail de façon professionnelle et consciencieuse. Bien sûr que vous prenez le temps avec votre client, vous l’écoutez, vous l’évaluez afin de juxtaposer ses désirs et objectifs à ses besoins en matière de santé, vous prenez le temps de lui expliquer de A à Z comment s’entraîner. Tout ça en moins de 60 minutes avec des équipements infaillibles…  La réalité, c’est qu’on vous sert un hamburger avec une frite ou un cheeseburger avec une frite en vous disant qu’ils sont personnalisé et pleinement conçus pour vous.  À qui la faute, l’entraîneur, le centre ou le client qui consomme sans trop se poser de question et en faisant confiance aveuglément à un système boiteux et hors contrôle?

OK, enchaînons avec la similitude malbouffe-malentraînement suivante afin de s’enquérir de l’état de ce professionnalisme blessé… Lorsque vous manger un bon cheeseburger (ou un mauvais, peu importe), l’objectif du restaurateur n’est pas de s’assurer que le cheeseburger est en tout point conforme à ce qu’il devrait être (vous savez, l’image juteuse devant la porte) ou si ledit burger vous satisfait pleinement et que votre dégustation est digne du presbytère du paradis. On se préoccupe de vous si vous vous plaignez, si vous êtes en état d’ébriété, si vous êtes malades ou bien une combinaison aléatoire des items précédents. Bref, vous avez commandé, vous avez reçu votre commande, mangez en vitesse et laissez votre place. Et c’est bien correct comme cela. Je serrais pour le moins agacer d’avoir un préposer à la satisfaction du client venir m’interrompre entre deux bouchées de poutine extra sauce… En conditionnement physique : la même chose! Oui, oui, on vous parle de service à la clientèle (ça, c’est la version fitness de la petite boîte sur le mur du McDo qui mentionnedites-nous vos commentaires), mais, en réalité, il s’agit d’une mascarade à peine dissimulée. Tout ce que l’on souhaite, c’est vous vendre des services, ce qui est tout à fait légal et le propre de n’importe quelle entreprise digne de ce nom. Là où je suis irrité, c’est dans la prétention « santé » de la chose. On vous vend quelque chose qui va améliorer votre santé. Ben quin comme dirait l’autre! Oui, je sais très bien que l’activité physique est un facteur positif pour la santé (j’ai quand même fait un phd là-dedans alors je ne me tirerai pas une balle dans le pied!), mais, est-ce que les services que vous achetez au gym améliorent réellement votre santé? C’est une vraie question sincère! Le savez-vous? En quoi votre entraînement est-il plus profitable qu’une marche à l’extérieur en promenant Fido ou une séance intense de jardinage? On ne mesure pas l’impact du service vendu sur votre santé et lorsqu’on prétend le mesurer, c’est généralement fait de façon tellement boiteuse qu’il n’est pas possible de tirer des conclusions. Vous me direz que votre entraîneur a pris vos plis cutanés, qu’il a testé votre capacité aérobie et que tout s’est amélioré de X %. Bravo! Voici les bémols : saviez-vous que les appareils qui sont utilisés pour votre évaluation ne sont pratiquement jamais calibrés? Qu’il peut facilement y avoir une variation de plus de 1 kg sur votre analyse de composition corporelle? Ça, ça veut dire que si votre entraîneur vous dit que vous avez perdu 1 kg de gras et que vous avez gagné 1 kg de muscle, il se peut qu’il n’en soit absolument rien et qu’en réalité, rien n’a changé. Bref, vous vous entraînez, mais vous avez bien peu d’information sur l’effet réel sur votre santé. Encore une fois, je ne remets pas en question les bienfaits de l’activité physique, je remets en questions les sommes investies pour un programme d’entraînement afin d’obtenir des bénéfices santé. Comment pouvez vous savoir si votre programme en vaut la peine, c’est-à-dire, si vôtre programme est plus efficace que de faire n’importe quelles autres activités physiques? Pas facile…

Saviez-vous qu’il n’existe pas de système de vérification des compétences des entraîneurs dans la majorité des centres de conditionnement physique? Bref, l’entraîneur doit se conformer à un moule, à une procédure, mais personne ne s’assure du contenu véhiculé? C’est un peu comme si on vérifie que la technique pour tourner la boulette est respectée, mais on ne pose pas de question si la boulette a été récupérée du sol ou du tiroir… Donc, un peu comme dans un restaurant-minute, tant que les burgers sortent de la cuisine et qu’on en vend, pourquoi changer la recette ou le tourne-boulette. En fait, ce que j’essaie de dire, c’est que la philosophie actuelle qui régit le conditionnement physique ne peut pas favoriser le développement optimal de la santé des participants parce qu’il est orienté vers les profits et non la santé. Pour une compagnie, c’est tout à fait normal, mais, cette industrie tente d’anoblir ses actes en prétendant sauver des vies à un rythme encore plus effarant que feu Mère Thérèsa.

Bien sûr que ce n’est pas la réalité de tous les gyms (j’aimerais bien me tromper!!!), il doit sûrement en avoir des bons quelque part, mais le problème est le même : il n’y a aucun contrôle sur ce qui se fait. Pour ça, l’industrie de la malbouffe a une longueur d’avance car, il existe une quantité astronomique de règle et de structures de contrôle de qualité.

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Ai-je raison d’exister professionnellement ?

Non, sérieusement, je me questionne! Est-ce que mon existence professionnelle fait réellement une différence dans le milieu du conditionnement physique? Bon, vous comprendrez que la question ratisse plus large que ma simple personne et qu’elle vise l’ensemble de la profession des kinésiologues (question que je me fasse encore plus d’amis (es)…).

Je me questionne sur l’utilité du kinésiologue dans notre société et sur l’acharnement à atteindre un statut reconnu de professionnel de la santé qui caractérise cette discipline. Petite précision : je ne me questionne pas sur les besoins de la population en matière d’activité physique, mais plutôt sur la capacité spécifique, unique et propre au kinésiologue d’y répondre. Bon, chaque kinésiologue vous dira fièrement qu’il ou elle est un professionnel de l’activité physique, qu’il ou elle a suivi des cours, qu’il ou elle bénéficie d’une formation qui lui permet d’intervenir avec une clientèle variée afin de répondre à leurs besoins. Merci pour le discours digne d’une assemblée de scouts, mais, outre les paroles, le diplôme et l’accréditation à un syndicat professionnel qu’en est-il réellement? Parce que tout bon vendeur de voitures usagées vous dira que l’ancien propriétaire de la voiture convoitée était un curé ou une bonne sœur… Amen.

Voyez-vous, j’entraîne des gens depuis plus de 15 ans, du sédentaire qui décide de quitter son salon pour s’aventurer sur les avenues de l’activité physique à l’athlète de niveau national. Pour chacun, je suis inévitablement accablé de la même question : est-ce que ma formation et mon expérience me permettent de développer leur plein potentiel? Et si Joe Jambon ou Tom Pec avait mieux réussi que moi à pleinement exploiter le potentiel de ces personnes? Ouch! Après un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat, se faire damer le pion par une formation de garage y’ a de quoi pleurer (surtout au niveau financier, croyez-moi…). Mais, sans blague, si Joe Jambon réussissait mieux que notre preux et fier kinésiologue? Je sais que mon nombre d’amis (es) sur Facebook va probablement écoper et qu’à la lecture de ces lignes, la fibre kinésiologiques de plusieurs confrères et consœurs va vibrer avec frénésie, mais je me dois de poser la question et d’exiger une réponse. Une réponse scientifique il va sans dire…

Je m’adresse ici aux kinésiologues : vous êtes-vous demandé si votre travail démontrait plus de résultats que celui de Joe Jambon? Bon, d’accord vous pouvez nommer le sartorius et parler de l’onde P ou du nœud sinusoïdal, mais, est-ce que votre travail donne plus de résultats que n’importe quel quidam qui traine dans les gyms? Est-ce que n’importe quel coach de vie pourrait faire mieux que vous ?

Comme certains le savent, j’entraîne des athlètes féminins en fitness et en figure (pour info, quelques sites en ordre de préférence question de faire de la plogue pour d’autres :www.idfa.ca, www.ufeshows.comwww.fcpaq.com) et rares sont les entraîneurs de ce milieu qui possèdent un bagage académique. Je dirais même plus, rares sont les entraîneurs qui possèdent un bagage académique et qui réussissent et/ou font de l’argent dans ce domaine. La majorité de ces entraîneurs possède des diplômes de fin de semaine allant de la certification en entraînement à la formation en naturopathie sur Internet. Pourtant, plusieurs athlètes réussissent à performer et à atteindre des objectifs très difficiles. Bon, j’entends au loin les kinésiologues hurler de rage en soulignant que tous ces athlètes sont dopés à l’os et que ça n’a rien à voir avec le talent ou compétences de l’entraîneur. Et vous me direz que les athlètes olympiques qui se dopent, ce sont des kinésiologues qui les entraînent ou des Joe Jambon de gyms de sous-sol? Même en excluant les produits dopants, il faut amèrement avouer qu’il y a des résultats qui s’obtiennent sans la présence d’un kinésiologue. Ce qui m’amène sur la piste de la réponse scientifique…

Est-ce que quelqu’un peut démontrer à l’aide de données vérifiables que le travail d’un kinésiologue présente des avantages sur le travail de notre ami Joe Jambon ou pire encore, sur les résultats obtenus par quelqu’un qui s’entraîne seul en se basant sur ses connaissances (généralement tirées du 7 jours ou de La Semaine)? Pas d’histoire de cas, mais plutôt des données comparatives du genre : 25 personnes désirant perdre du poids ont été entraînées pendant 12 semaines par une équipe de kinésiologues, 25 personnes désirant perdre du poids ont été entraînées par une équipe de Joe Jambons et 25 personnes désirant perdre du poids se sont entraînées seuls en lisant le 7 jours ou La Semaine. Quel groupe réussi le mieux? Et vlan! Donnez-moi des résultats, s.v.p.! La plupart des kinésiologues à qui j’ai suggéré la chose n’étaient pas très chaud à l’idée alors que la plupart des Joe Jambons me demandaient « de quant est-ce que ça commence s’t’affaire là que j’te montre ça! ».

Et si la Fédération des Kinésiologues (www.kinesiologue.com ) se penchait sur la chose et complétait un tel projet? Si effectivement les kinésiologues sont supérieurs, les résultats devraient fournir des arguments de poids dans leur combat pour obtenir leur ordre professionnel. Je crois également que cela permettrait de mieux définir et surtout d’exposer davantage le rôle du kinésiologue dans notre société. Moi, je lance l’idée comme ça…

Pour ma part (c’est mon blogue alors j’ai le droit d’avoir le dernier mot), je pense que je m’en dire assez bien et que les résultats que j’arrive à générer sont le résultat d’une étroite collaboration entre mes compétences, mes connaissances et bien évidemment la personne entraînée… Mais, il faut que j’avoue que je suis sérieusement agacé par tous ces coachs de vie, ces entraîneurs certifiés, et tous les pseudo spécialistes qui s’improvisent, de bonne foi, comme des vrais connaisseurs de l’entraînement. Pourquoi suis-je agacé? Parce que je me dis que je commence à peine à comprendre l’entraînement et que ça ma pris un temps fou d’étude et une somme encore plus folle de bidous pour réaliser que je ne m’y connaissais pas tant que ça. Alors qu’eux, ils semblent être sûr de tout et d’avoir la science infuse.  Avoir su…

En terminant, il est bien évident qu’il existe des Joe Jambon qui font un excellent travail et des kinésiologues qui en font du mauvais (et inversement). Alors, ne m’en voulez pas trop si je me questionne tout en tirant quelques pointes…

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Le mythe de la perte de poids au gym

mythe de la perte de poids au gym

Pour l’ensemble de la population, la perte de poids se résume à deux options et demie : 1) suivre une diète, 2) aller au gym ou bien 3) une combinaison des deux. Cette conception a probablement donné naissance aumythe de la perte de poids au gym.

Pour une grande partie de la population, perte du poids de façon durable grâce à une diète ou à un entraînement au gym, c’est une source d’échec. Il y en aura toujours qui vous diront qu’ils ont réussi à perdre une quantité astronomique de poids grâce à la diète miracle du Dr Crickspill ou bien suite aux prodigieux conseils de leur ravissante entraîneure aux cheveux d’or bouclés… Mais, ce que la grande majorité ne dira pas, c’est qu’elle a lamentablement échoué dans sa tentative de perte de poids. Pourquoi? Si on ose leur demander, certains vont avouer que c’est par manque de volonté, qu’ils étaient trop lâches pour s’adonner à une diète excessive ou bien que les hurlements de l’entraîneur n’avaient plus tout à fait la cote avec leurs tympans meurtris.

Est-ce que quelqu’un s’est arrêté pour se poser la question pourquoi il y a plus d’échecs que de réussites dans les centres de conditionnement physique? J’entends déjà les furieux commentaires des grandes chaines de conditionnement physique qui vont clamer haut et fort que leurs membres réussissent, qu’ils ont plus de succès que partout ailleurs, etc. OK…

Alors pourquoi le taux de rétention de vos membres avoisine les 30-40 %? Ça, ça veut dire que plus de 60 % de vos membres quittent. Jamais je ne croirai que tous ces gens quittent parce qu’ils sont subjugués de bonheur suite à l’atteinte miraculeuse de leurs objectifs. Eh bien non, beaucoup de gens abandonnent, surtout ceux qui tentent de perdre du poids dans un centre de conditionnement physique. Pourquoi ça ne marche pas pour plusieurs et que ça marche pour certains? Je vais avancer une hypothèse.

Dans un article précédent, j’ai présenté une définition de l’activité physique et de ses compartiments. J’ai brièvement abordé la possibilité que l’augmentation de l’activité physique volontaire puisse engendrer une diminution des autres compartiments de l’activité physique, diminution qui pouvait parfois annuler l’effet calorique de l’entraînement. Lorsque l’on parle de perte de poids, on évoque systématiquement un déficit énergétique (quoiqu’en disent les infos pub de cristaux ancestraux qui redressent votre Yang à grand coup de Ying et vous font perdre du poids à regarder la télé) afin de réduire vos réserves d’énergie, préférablement celle autour de votre nombril (et là, je ne parle pas des petites mousses qui ont une faible valeur énergétique). Je dois avouer que la grande majorité des professionnels de l’activité physique a compris ou pense comprendre ce concept de déficit énergétique. Donc, logiquement, dès que vous franchissez l’enceinte sacrée d’un temple de l’entraînement, on tente par tous les moyens de vous faire perdre du poids (si c’est votre objectif bien sûr) en augmentant votre dépense énergétique. Burn! Baby burn!

Vous poussez donc votre machine fraîchement sortie du garage de la sédentarité à ses limites sous les commandes vocales de votre entraîneur préféré qui s’égosille à vous encourager/insulter/martyriser selon ce qui vous branche. À la fin de ce marathon de calories, vous sentez la fierté du devoir accompli, de l’exploit surhumain, bref, l’Everest, ce n’est pas vraiment pire que le mont Royal…

Après quelques semaines de ce régime de vie intense et souffrant, vous osez vous aventurer sur un terrain plus périlleux que l’Everest : les contrées marécageuses du pèse-personne. Quoi? Vous n’avez pratiquement rien perdu? Vous avez même pris du poids? Ahhhh! Sûrement du muscle en plus… Eh bien non, vous avez possiblement engraissé. Votre métabolisme? Non. Vos gènes? Non. Les damnés colorants alimentaires? Non plus. Vous avez tout simplement augmenté l’intensité de vos activités physiques, mais vous en avez diminué la quantité TOTALE. Sur 24 h, vous bougez moins, possiblement parce que vous êtes épuisé, possiblement par que vous avez volontairement compensé (pourquoi prendre les marches d’escalier pour aller au travail alors que je me suis taper 40 étages de simulateurs de marches au gym?). Pires que tout, vos efforts très intenses dignes d’un col bleu à la veille de la renégociation de la convention collective, ont diminué vos réserves d’énergie (principalement vos réserves de sucres dans le muscle) et ont stimulé votre appétit. Vous êtes fatigué, vous bougez moins et vous mangez un peu plus. Vue comme ça, la prise de poids semble inévitable.

Alors, pourquoi certains réussissent? Fort probablement parce qu’ils ont augmenté leur dépense énergétique totale associée à l’activité physique. Ces gens bougent plus depuis qu’ils s’entraînent, c’est-à-dire qu’ils ont trouvé un juste équilibre entre l’intensité de leur entraînement et leur rythme de vie.

Simple? Oui et non en réalité. Pour bouger plus, il faut cependant atteindre une condition physique qui nous permet d’apprécier les activités physiques du quotidien et même parfois désirer en ajouter quelques-unes. L’entraînement peut contribuer de façon significative à l’amélioration de qualités physiologiques comme votre capacité aérobie, votre force musculaire et votre flexibilité. Si vous êtes en meilleure forme, il vous sera plus facile d’être actifs, mais ce n’est pas assuré. Il est donc impératif de chercher à mesurer votre niveau d’activité physique sur 24h. Oubliez les 10 000 pas par jour (j’en parle ici si vous voulez en savoir plus). Vous pouvez toutefois avoir recours à la technologie pour y arriver, mais l’utilisation des Fitbits de ce monde est plus complexe que ce qu’on l’on fait croire. Il ne suffit pas de porter l’appareil et d’utiliser aveuglément les chiffres qu’il nous donne. Ce sont des outils très utiles lorsqu’on sait les utiliser en connaissant leurs limites (si ça vous intéresse, j’ai un cours en ligne qui traite justement de ça ici).

L’utilité du gym dans la perte de poids est donc indirecte, mais bien réelle, un peu comme au billard : une bande au coin au lieu d’une ligne au coin. Pour perdre du poids, on peut supposer qu’il soit nécessaire de bénéficier d’un minimum de condition physique afin de pouvoir augmenter, dans le quotidien et à l’extérieur du gym, votre niveau d’activité physique. Le gym doit vous permettre de trouver votre quotidien facile et agréable. Si courir un marathon était facile, nous l’aurions tous fait ce matin avant le petit déjeuner. Les calories du marathon sont inaccessibles pour la plupart des gens parce qu’ils n’ont pas la condition physique pour accomplir la tâche.

 

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Activité physique ou exercice ?

Exercice

Bon, rien d’impressionnant comme titre vous me direz mais, la question mérite d’être posée. Vous avez assurément déjà entendu qu’il fallait pratiquer une quantité X ou Y d’activité physique pour espérer vivre en santé et en paix (vous ne trouvez pas que lorsqu’on parle d’activité physique, on emploie toujours un ton moralisateur?). Mais, qu’est-ce que l’activité physique? Il m’arrive fréquemment de poser la question et les réponses sont très variées et rarement complètes allant du classique « faire du sport » en passant par la petite marche du dimanche matin pour aboutir parfois à des exploits réalisés à huit clos (ai-je besoin de vous faire un dessin? Dans ce cas, il y a amplement de sites web qui illustrent la chose explicitement).

Allons-y donc pour une définition teintée de mon penchant pour la bioénergétique :L’activité physique représente toute action musculaire nécessitant de l’énergie. Cela implique que la rédaction de ces lignes représente de l’activité physique. Bon, l’intensité est probablement insuffisante pour améliorer ma capacité aérobie, mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’activité physique. J’en entends plusieurs célébrer avec joie en apprenant qu’ils atteignent maintenant les 30 min d’activité physique par jour. Question de casser un peu le party, la définition ne s’arrête pas là. On subdivise l’activité physique en trois catégories : 1) l’activité physique obligatoire, 2) l’activité physique spontanée ou involontaire et finalement 3) l’activité physique volontaire. Et bien sûr, il y a l’intensité. Nous y reviendrons un peu plus loin, commençons par nos définitions un peu plus élaborées.
L’activité physique obligatoire représente toutes les activités physiques associées à la survie et à la reproduction (vous vous souvenez, les sites web…). Fait intéressant s’il en est un, ce compartiment de l’activité physique a subi de grandes perturbations au fil de l’Évolution. Désormais, la chasse aux mammouths est interdite dans plusieurs pays (rupture de stock y parait) et la cueillette de petits fruits se limite à une activité familiale un dimanche d’été où il ne fait pas trop chaud. L’urbanisation et la mécanisation ont rapidement pris le dessus sur l’huile de bras, le tout ayant comme conséquence une vie plus paisible, dévolue aux loisirs (bon, je rêve un peu…).

Non, malheureusement, malgré tous les bienfaits de l’urbanisation et de la mécanisation, un des effets négatifs les plus évidents est la diminution de la dépense énergétique associée aux activités physiques obligatoires. Oui, je sais, je n’ai pas parlé de la reproduction, mais, à voir le nombre de motels sur la rue St-Jacques qui ferment et le faible taux de natalité, je me doute qu’elle ne va pas en augmentant de façon suffisante pour contrebalancer le tout. Mais, la perte de poids par la reproduction, ça pourrait faire une téléréalité intéressante… ou non. Passons.

L’activité physique spontanée ou involontaire est caractérisée par tous les petits gestes auxquels nous ne pensons pas et que nous faisons systématiquement tous les jours. En bon québécois, on parle de bougeotte. Il s’agit d’un compartiment très variable qui est influencé par plusieurs facteurs. Le vieillissement semble affecter notre propension à être actif « spontanément », les personnes vieillissantes ayant une tendance moins soutenue pour la bougeotte (n’allez pas faire de blagues de mauvais goût sur les tremblements associés à la sénilité ou au Parkinson, je vais vous en vouloir!). Alors qu’il est inévitable de vieillir, un autre facteur influence notre activité physique spontanée : l’entraînement. Alors que plusieurs vont sauter de joie, d’autres risques d’être confronté à une prise de conscience douloureuse, car, l’entraînement n’a pas forcément un impact positif sur l’activité physique spontanée. Suite à un gros entraînement, il est possible que des mécanismes compensatoires se mettent en marche pour diminuer votre niveau d’activité physique spontanée afin d’éviter d’épuiser vos précieuses réserves d’énergie. Concrètement, ça fait quoi? me demanderez-vous tous en cœur. Ça fait que les calories dépensées à l’entraînement peuvent être compensées par une moins grande spontanéité active durant la balance de la journée. En chiffre, vous dépensez 300kcal au gym et par la suite, vous allez bouger moins pour l’équivalent de 300 kcal, et ce, sans vous en rendre compte. Comble de malheur, vous n’avez pas vraiment d’indicateur pour vous avertir de ce phénomène. Je suis certain que vous avez déjà entendu bon nombre d’individus se plaindre de leur faible perte de poids suite à de laborieux efforts au gym et de blâmer le tout sur leur métabolisme qui doit sûrement être trop lent ou bien sur leurs gènes maladifs. En fait, il est possible que ces personnes bougent moins depuis qu’ils s’entraînent.

Pire encore, un déficit énergétique important entraîne également la mise en place de mécanismes compensatoires au niveau de l’activité physique spontanée. Plus vous êtes en déficit énergétique, moins vous aurez d’énergie allouée au budget de l’activité physique spontanée. Bouger plus et manger moins est sans aucun doute plus facile à dire qu’à faire.

Notre troisième compartiment, l’activité physique volontaire, représente toutes les activités physiques pratiquées dans le but d’améliorer sa condition physique ou sa santé (c’est ça l’exercice finalement). Généralement, il s’agit de la définition la plus répandue de l’activité physique (mais, vous voyez maintenant qu’il s’agit d’une définition trop réductrice). Lorsque les gens décident d’être plus actifs, c’est exactement (et parfois uniquement) ce compartiment qui est augmenté. Les gens commencent à faire du sport, à s’entraîner, etc. Cependant, il est possible que l’augmentation de l’activité physique volontaire entraîne une diminution de l’activité physique spontanée et même de l’activité physique obligatoire (après une séance intense au gym, il est possible que l’étalon fringant soit un peu trop fatigué pour se reproduire…).

Alors combien d’activité physique faut-il pratiquer quotidiennement? Il s’agit d’une question dont la réponse peut varier terriblement. Les recommandations actuelles ne traitent que de l’activité physique volontaire et ne touchent pas les autres compartiments de l’activité physiques. Il est possible que la pratique quotidienne de 30 minutes d’activité physique volontaire à une intensité modérée (où la parole est perturbée par l’intensité) pour certains favorise une meilleure condition physique pour certains alors que cela n’est pas adéquat pour d’autres. Pourquoi? Parce que cela dépend de la quantité et de l’intensité des activités physiques obligatoires et spontanées. Plusieurs vous diront que ce ne sont pas des compartiments importants. À ces personnes, je pose la question suivante : combien de calories ou de minutes représentent ces compartiments? La réponse sera évasive, voire même incohérente. Si on ne sait pas combien de calories ou de minutes représentent ces compartiments, on ne peut pas affirmer que leur contribution est sans importance. La vérité est bien simple : il est extrêmement difficile de mesurer ces compartiments voilà pourquoi on préfère les mettre de côté. Pour revenir à la question initiale (combien d’activité physique, vous vous souvenez?), je crois que la réponse est simplement : PLUS. Plus d’activité physique obligatoire (si possible), plus d’activité physique spontanée et plus d’activité physique volontaire.