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La seule chose que vous devez savoir à propos des suppléments sportifs

Suppléments sportifs

Les suppléments nutritionnels ou suppléments sportifs peuvent se définir comme étant une pilule, une gélule, une poudre ou un liquide visant à complémenter l’alimentation usuelle en procurant un ou des ingrédients suivant : vitamines, minéraux, herbes ou autres éléments botaniques (en excluant le tabac), acides aminés, une substance nutritionnelle permettant d’augmenter les apports nutritionnels en macronutriments (glucides, lipides, protéines), un concentré, un métabolite, un constituant ou un extrait. Inutile de mentionner que les suppléments jouissent d’une importante popularité au sein de la communauté sportive (70-90 % des athlètes de niveaux collégial, universitaire et de niveau national en consomme). Chez nos voisins du sud, la vente de suppléments nutritionnels en 2010 a atteint le cap des 28 milliards de dollars annuellement. Le pourcentage de consommateurs de suppléments serait passé de 27 % en 1972 à 66 % en 2010.

De nombreux articles ont été rédigés sur les suppléments, pourtant un élément alarmant subsiste. Un élément qui afflige pratiquement tous les suppléments en vente et dont on ne parle jamais.

Illustrons le tout avec une mise en situation.

Vous entrez dans un commerce de suppléments nutritionnels avec l’idée d’améliorer votre santé ou vos performances à l’aide d’un produit. Il est possible que vous ayez un produit spécifique en tête (parce vous avez fait vos recherches sur Internet ou bien vous vous êtes fait conseiller par quelqu’un). Il est également possible que n’ayez qu’un objectif en tête et que vous soyez à la recherche d’un produit que vous ne connaissez pas encore.

Vous vous faites conseiller.

Lorsque le représentant des ventes vous conseille un produit, vous lui demandez si ce produit est efficace. Il vous répond que oui. Il ajoute qu’il a lui-même essayé le produit et qu’il l’aime bien, que ça marche (ou encore il dira qu’il connait quelqu’un qu’il l’a essayé). Ensuite, devant les différentes et ô combien nombreuses marques, vous demandez qu’elle compagnie est la meilleure. Le représentera vous répondra que celle-ci ou celle-là et meilleure que l’autre parce que c’est une bonne compagnie qui fait de bons produits.

Et vous achetez.

Vous prenez le produit et puis après? Est-ce que ça marche ou non? Pour la vaste majorité des suppléments, vous ne le saurez jamais. Vous ne pourrez jamais vraiment déterminer si le produit a eu un effet significatif ou non. Pourquoi est-ce ainsi? Parce qu’il est très difficile de déterminer l’effet d’un produit de nutrition sportive avec une seule personne et surtout, sans aucune mesure.

Prenons par exemple un supplément sportif très populaire, la poudre de lactosérum (Whey). Il s’agit d’un supplément contenant principalement une protéine avec une forte teneur en leucine. Cet acide aminé est très impliqué dans la synthèse des protéines et est très intéressant pour la récupération musculaire. Vous décidez donc d’en consommer après votre entraînement afin d’augmenter votre masse musculaire. Comment saurez-vous si le produit fonctionne ou non? Vous le verrez de façon évidente, car votre masse musculaire sera décuplée rapidement. Pas tant que ça…

Dans un premier temps, vous devez être en mesure d’évaluer votre composition corporelle avec validité et un minimum de précision afin d’établir si votre masse musculaire a augmenté ou non. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais il est très difficile de distinguer des changements de masse musculaires lorsque ces derniers sont inférieurs à 1 kg. Malheureusement, la plupart des centres de conditionnement physique ou évaluateurs/entraîneurs ne bénéficient pas de ce niveau de précision en matière d’analyse de la composition corporelle.

Dans un deuxième temps, vous devez être en mesure de déterminer l’effet du supplément versus tout le reste. Par exemple, si vous vous entraînez, comment différencier l’effet de l’entraînement sur celui présumé du supplément? Peut-être êtes-vous plus discipliné et assidu à l’entraînement maintenant que vous prenez le produit? Comment savoir? Pour être en mesure de faire ce genre d’analyse, il faut un contrôle, c’est-à-dire un comparatif en tout point similaire (même type de personne, même mode de vie, même entraînement, etc.) qui ne prend pas le supplément. C’est pratiquement impossible à faire (non, de se comparer à son partenaire d’entraînement ne permet pas d’effectuer ce genre d’analyse). C’est pour cela que les études qui tentent de déterminer l’effet de suppléments sont composées de plusieurs groupes de plusieurs personnes (et ces études n’arrivent pas toujours à conclure).

Vous allez donc consommer un supplément sans pouvoir savoir si ce dernier fonctionne ou non. Lorsque le pot de protéines sera vide, vous irez en acheter un autre sans vous poser de question, peut-être changerez-vous de marque tout au plus. Il en va de même pour la vaste majorité des suppléments.

La plupart des suppléments nutritionnels ont des effets à moyen et long terme ce qui rend extrêmement difficile l’analyse de leur efficacité. Toutefois, certains suppléments ont des effets à court terme (comme les stimulants). Il est alors plus facile de mesurer certains de leurs effets. On peut mesurer l’impact d’un stimulant sur le système nerveux en observant la pression artérielle et les fréquences cardiaques. Toutefois, on ne peut conclure qu’un type de stimulant permet la perte de poids, on ne peut qu’observer son impact sur le système nerveux et non pas ses effets à long terme sur la perte de poids.

Pour l’industrie des suppléments nutritionnels, c’est une situation idéale. Les gens veulent consommer des suppléments afin de devenir beaux, grands et forts et sont convaincus que les suppléments vont leur permettre d’y arriver (pas les efforts, pas la discipline, pas le dévouement). Pire que tout, il est à toute fin pratique impossible pour le consommateur de vérifier si le produit fonctionne ou non. Wow! Je cours m’ouvrir une boutique de suppléments…

Bien sûr, ça ne veut pas dire que les suppléments ne sont qu’une immense fumisterie. Ça veut dire que vous devez modifier votre façon de magasiner vos suppléments. Arrêter de demander au représentant des ventes quel est le meilleur produit, il lui est impossible de le savoir avec certitude. Il se fie à ce que le représentant de la compagnie du produit lui a dit. Pour la plupart des suppléments, il peut parler du goût, de la facilité ou non de mélanger le produit, mais il ne peut pas se prononcer avec crédibilité sur l’efficacité de CE PRODUIT-LÀ. Certes, il peut affirmer que la supplémentation en créatine procure des bénéfices au niveau de la performance musculaire, mais ça ne veut pas dire que CETTE MARQUE DE CRÉATINE est efficace. Il faut donc chercher un produit plus qu’une marque, car sans avoir de chromatographe à phase gazeuse ou liquide, il est impossible d’analyser la composition d’un produit et d’avoir le cœur net sur sa composition.

Il devient alors important de remettre en cause l’importance les suppléments dans l’amélioration des performances. Je crois qu’il est plus judicieux de miser sur une alimentation adaptée et un entraînement optimisé s’inscrivant dans un mode de vie adéquat afin d’atteindre ses objectifs. Les suppléments demeurent un supplément, pas la pierre angulaire de la performance. Vous demeurez la pierre angulaire de vos performances.

 Références

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3 Maughan RJ. Quality assurance issues in the use of dietary supplements, with special reference to protein supplements. J Nutr. 2013 Nov;143(11):1843S-7S.

4 McLellan TM, Pasiakos SM, Lieberman HR. Effects of protein in combination with carbohydrate supplements on acute or repeat endurance exercise performance: a systematic review. Sports Med. 2014 Apr;44(4):535-50.

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6 Sanzini E, Badea M, Santos AD, Restani P, Sievers H. Quality control of plant food supplements. Food Funct. 2011 Dec;2(12):740-6.

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Ma créatine est meilleure que la tienne

La créatine est l’aide ergogène qui a fort probablement été le plus étudié comme en témoignent les 1398 résultats qui apparaissent suite à une recherche sur pubmed avec les mots-clés « creatine supplementation » (23 publications en 2012 jusqu’à présent). Pour ma part, il s’agit d’un supplément que j’aime bien, facile d’utilisation, effets ergogènes intéressants, pratiquement aucun risque pour la santé. De tant à autre, j’aime bien allez faire un tour pour voir les dernières marques et surtout les dernières tendances en matière de créatine. J’ai récemment croisé un représentant des ventes d’une grande chaine de commerces de suppléments sportifs avec qui j’ai échangé sur la créatine. Il semblait posséder un bagage de connaissances intéressant et il fut grandement surpris d’apprendre que mes athlètes consommaient de la créatine monohydrate au lieu des nouvelles formes de créatines, beaucoup plus efficaces selon lui. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité, de nouvelles formes de créatines plus efficaces? Comme l’habile représentant avait remarqué mon penchant pour la science, il m’a présenté un pot qui affichait fièrement : démontré scientifiquement! Résultats cliniques à l’appui! OK, voyons voir…

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J’ai donc fouillé la littérature pour tenter de trouver un support scientifique justifiant l’utilisation d’un type de créatine plutôt qu’un autre. Voici ce que j’ai trouvé.
Il existe plusieurs formes de créatines ayant toutes des propriétés plus ou moins similaires. On peut évaluer un produit selon 5 aspects : 1) La teneur en créatine du produit, 2) la solubilité du produit, 3) la stabilité à l’état solide, 4) la stabilité à l’état liquide et 5) la biodisponibilité.

Teneur en créatine

Commençons par le commencement, qu’est-ce que la créatine? La créatine (N — (aminoiminométhyl) — N-méthyl glycine) est un ingrédient que l’on retrouve dans la nourriture, plus particulièrement dans les poissons et la viande et bien sûr, dans une grande quantité de suppléments nutritionnels. Chez nos voisins du Sud, il s’agit d’un marché de 2.7 milliards de dollars annuellement. On utilise la créatine principalement pour ses propriétés ergogéniques au niveau de la force et de l’hypertrophie musculaire. La créatine monohydrate a été commercialisée au début des années 1990 et par la suite, bon nombre de « nouvelles » formes de créatine ont fait leur apparition. Le tableau 1 présente différentes formes de créatine ainsi que la teneur en élément actif (heu, la créatine…). Il est facile de constater que la créatine monohydrate présente une teneur plus que respectable en agent actif, arrivant seconde derrière la créatine anhydre (qui est tout simplement de la créatine complètement déshydratée). Si on cherche à me convaincre de ne plus utiliser de la créatine monohydrate, il faudra trouver un autre argument que la teneur en élément actif.

Tableau 1: Teneur en élément actif (créatine)

Solubilité

À la base, la créatine possède une très faible solubilité dans l’eau. Il est possible de dissoudre 14 g de créatine dans L d’eau à une température de 20oC. Plus la température du liquide augmente, plus la solubilité sera importante (34 g dans L d’eau à 50oC). La solubilité de la créatine augmente également en fonction du pH, plus le milieu est acide, plus la créatine devient soluble. La solubilité de la créatine permet une plus grande facilité de passage dans le système digestif afin d’être éventuellement distribuée au muscle. La créatine citrate (19.1 g/L) et la créatine pyruvate (32.4 g/L) présente une plus grande solubilité que la créatine monohydrate (12.3 g/L). OK, la solubilité de la créatine monohydrate n’est pas optimale, j’accorderai ce point. Cependant, la solubilité n’est pas un facteur si important, la créatine étant facilement digérée par l’organisme. Les autres critères seront donc plus importants afin d’arrêter ma décision.

Stabilité à l’état solide

Ce point est important, car il détermine la durée de vie du produit sur la tablette. Plus un produit est stable à l’état solide, plus sa durée de conservation sera importante. La créatine monohydrate est extrêmement stable à l’état solide et ne présente peu ou pas de signe de dégradation sur une période de quelques années (oui, vous pouvez ressortir votre vieux pot de fond de tiroir et en prendre). À la température de la pièce, la créatine peut se conserver pendant plus de 3 ans sans présenter des signes de dégradation (précipitation en créatinine). Un autre point pour la créatine monohydrate.

Stabilité à l’état liquide

Le talon d’Achille de l’ensemble des produits contenant de la créatine se situe précisément à ce niveau. Bien peu de produits sont stables lorsque dans un liquide. La créatine monohydrate se transforme en créatinine rapidement lorsqu’elle est dissoute dans un liquide (de quelques heures à quelques jours selon la température et le pH). Plus le pH est bas et plus la température est élevée, moins la créatine se conserve longtemps sous forme liquide. Un conseil, si vous souhaitez conserver votre créatine une fois mélangée à un liquide quelconque, conservez là au frigo. La réfrigération ralentit considérablement le processus de dégradation (on peut prolonger de quelques jours la conservation du produit). Voilà pourquoi il existe peu (ou pas) de formes intéressantes de créatine sous forme liquide, la durée de vie du produit étant trop brève pour une commercialisation intéressante.

Biodisponibilité

L’utilisation de la créatine par le corps humain est un processus en deux grandes étapes. La première se situe au niveau de la digestion et du passage de l’élément actif dans le sang alors que la seconde se manifeste par la capacité du muscle à capter et utiliser la créatine. On observe une augmentation de l’utilisation de la créatine par le tissu musculaire lorsque cette dernière est consommée avec des agents stimulant la sécrétion d’insuline comme certains mélanges de glucides et de protéines. La biodisponibilité de la créatine monohydrate frôle le 100 % chez la plupart des individus. Cependant, on observe que certaines personnes répondent moins bien que d’autres. Le tableau 2 compare la rétention de créatine sur une période de 3 jours par le muscle de trois différents types de créatine (créatine monohydrate, créatine monohydrate + dextrose et créatine effervescente). On peut voir que l’ajout d’un sucre permet d’augmenter la rétention de la créatine de près de 20 %.

Tableau 2: Comparaison de la rétention de créatine pour 3 produits. Nous observons une différence significative seulement pour la créatine monohydrate+dextrose

Certaines nouvelles formes de créatines revendiquent une plus grande biodisponibilité à cause de leur valeur initiale de pH, assurant ainsi une stabilité dans le système digestif (impact du faible ph du système digestif, entre 1.5 la nuit et 5 au début de la digestion) et donc une plus grande quantité de créatine pouvant passer dans la circulation et être utilisée par le muscle. Des chercheurs se sont penchés sur cette possibilité et ont comparé la consommation d’un placebo, de créatine monohydrate et de créatine éthyle ester (réputée pour être plus stable et jouissant d’une plus grande biodisponibilité). Les résultats furent en faveur de la créatine monohydrate qui a démontré une plus grande assimilation par le muscle que la créatine éthyle ester. Il apparait peu probable que le pH du système digestif ait un effet prépondérant pouvant hypothéquer les effets de la créatine monohydrate.

Mon survol de la littérature m’a permis de constater que malgré les revendications commerciales de nombreux produits de type créatine, il existe bien peu de supports scientifiques pour permettre de justifier une utilisation autre que la créatine monohydrate. À la lumière de mes lectures, il pourrait être intéressant de prendre sa créatine…

–          Autour de l’entraînement (un peu avant, un peu après)

–          Dans une boisson chaude (je parle efficacité, pas meilleur goût)

–          Avec une mixture contenant des glucides et des acides aminés

–          Mélanger sa créatine dans un liquide tout juste avant la consommation

–          Pour espérer voir ses réserves de créatine phosphate augmenter de 10 à 40 % (ce qui peut nous permettre d’augmenter le volume d’entraînement d’environ 1 série par exercice approximativement pour quelques exercices)

Malheureusement, rien de bien nouveau depuis les 10 dernières années en matière de créatine. C’est à croire que le marketing progresse plus rapidement que la recherche sur le produit…

En terminant, j’ai été très surpris de constater que la seule forme de créatine en vente légale au Canada était la créatine monohydrate et que 17 licences de produits étaient approuvées par Santé Canada, tous contenant de la créatine monohydrate. Si j’ai bien compris, cela veut dire que tout produit de type créatine contenant autre chose que de la créatine monohydrate n’est pas en vente légale au Canada. Ça facilite le choix…

RÉFÉRENCES

1.   Jager, R, M Purpura, A Shao, T Inoue, and RB Kreider. Analysis of the efficacy, safety, and regulatory status of novel forms of creatine. Amino Acids 2011; 40(5). 1369-83.

2.   Strumia, E, F Pelliccia, and G D’Ambrosio. Creatine Phosphate: Pharmacological and Clinical Perspectives. Adv Ther 2012.

3.   Spillane, M, R Schoch, M Cooke, et al. The effects of creatine ethyl ester supplementation combined with heavy resistance training on body composition, muscle performance, and serum and muscle creatine levels. J Int Soc Sports Nutr 2009; 6. 6.

4.   Okudan, N and H Gokbel. The effects of creatine supplementation on performance during the repeated bouts of supramaximal exercise. J Sports Med Phys Fitness 2005; 45(4). 507-11.

5.   Ahmun, RP, RJ Tong, and PN Grimshaw. The effects of acute creatine supplementation on multiple sprint cycling and running performance in rugby players. J Strength Cond Res 2005; 19(1). 92-7.

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8.   Rawson, ES and JS Volek. Effects of creatine supplementation and resistance training on muscle strength and weightlifting performance. J Strength Cond Res 2003; 17(4). 822-31.

9.   Havenetidis, K and D Bourdas. Creatine supplementation: effects on urinary excretion and anaerobic performance. J Sports Med Phys Fitness 2003; 43(3). 347-55.

10. Lehmkuhl, M, M Malone, B Justice, et al. The effects of 8 weeks of creatine monohydrate and glutamine supplementation on body composition and performance measures. J Strength Cond Res 2003; 17(3). 425-38.

11. Kreider, RB. Effects of creatine supplementation on performance and training adaptations. Mol Cell Biochem 2003; 244(1-2). 89-94.

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Anabolisants banalisés?

J’avais en tête d’écrire un article sur un tout autre sujet, mais la tournure de certains événements d’actualité et l’abondance de commentaires que j’ai reçus concernant ce même sujet m’ont forcé la main. Parlons drogue…

Dimanche dernier l’émission Tout le Monde en Parle a reçu Fabiola Boulanger, culturiste maintenant professionnelle de la CBBF (Canadian BodyBuilding Federation). Sympathique entrevue, je dois l’avouer. J’ai bien apprécié son audace et sa détermination et surtout le message touchant l’importance de l’acceptation de soi. Où je suis resté quelque peu sur ma faim, c’est la banalité avec laquelle son usage de produits dopants a été traité. À la question sur l’usage de stéroïdes, Fabiola a répondu avec honnêteté qu’elle avait déjà eu recours à ces aides ergogènes, mais que maintenant elle n’y avait plus recours et qu’il s’agissait d’une erreur de parcours suite à de mauvais conseils. Question suivante, sujet clos.

Tenez-vous-le pour dit, je n’ai absolument rien contre Fabiola ni contre les anabolisants (dans certains cas, ces substances sauvent des vies, faut-il le rappeler). Bravo pour ton témoignage et je veux croire sincèrement tout ce que tu as dit Fabiola. Cependant, comment peut-on en rester là? Comment peut-on passer banalement sur cette question sans chercher à approfondir? Imaginez un instant si Alexandre Bilodeau, Marianne St-Gelais ou bien Alexandre Despatie passaient aux aveux sur leur utilisation passée de produits dopants? La une dans les quotidiens le lendemain…

Pourtant, des aveux de ce genre provenant d’une athlète en culturisme n’ont que très peu choqué. En fait, les aveux on moins choqués que son teint à en juger par les commentaires du Fou du Roi.

J’ai échangé avec plusieurs sur le sujet et l’essence même de ces discussions m’a profondément troublé. Je n’ai pas trouvé de juste milieu, seulement des individus ayant des opinions tranchées sur le sujet.

Dans le premier camp, on retrouve ceux qui condamnent Fabiola et l’ensemble des athlètes de culturisme et de fitness. De toute évidence, tous ceux et celles qui font de la compétition sont simplement dopés. Ils n’ont aucun mérite, ce sont des tricheurs. D’ailleurs, l’ensemble des produits de nutrition sportive contiennent des produits dopants. La preuve, le pauvre joueur des Carabins qui s’est fait prendre. Pas de sa faute, c’était dans le supplément qu’il s’est procuré sur Internet pour sauver des sous. J’aimerais bien savoir de quel supplément il s’agissait afin que l’on puisse condamner la compagnie fautive. On ne le saura probablement jamais. Je me demande bien pourquoi… Il est bien évident qu’il est rentable pour une compagnie de mettre pour 200$ d’anabolisants dans un pot de protéines qu’ils vendent 49.95$. Il est bien évident que si vous achetez sur Internet des produits de type pro-hormones qui coûtent sensiblement le même prix que des anabolisants, qu’il ne s’agit pas d’anabolisants…  Zut, je me suis encore fait avoir…

Dans le second camp, on retrouve ceux qui défendent cette discipline en disant que de nombreux efforts sont requis, que ces athlètes sont testés au même titre que les autres et qu’il y a moins de tests positifs qu’en cyclisme.

Qui a raison?

Je ne pense pas que le nombre de fans de ma page Facebook va croitre suite à cet article, car je risque de ne pas me faire beaucoup d’ami(e)s…

J’en veux à ceux qui ont condamné Fabiola en la traitant de tous les noms (que je ne répèterai pas ici) et en lui faisant je ne sais trop comment passer un test de dépistage s’avérant positif à travers leur téléviseur. Afin d’affirmer qu’elle est dopée, vous devez pouvoir le prouver. Personnellement, je n’ai vu aucune analyse d’urine ou sanguine me permettant de prouver qu’elle faisait usage de produits dopants. Donc, pour moi, elle a déjà été dopée et maintenant elle ne l’est plus. Je ne vous cacherai pas que je connais personnellement des athlètes qui ont fait et qui font encore usage de produits dopants et qui participent régulièrement à des compétitions de culturisme sans se faire prendre. Certains de ces athlètes ont eu l’honnêteté et la franchise (sans oublier le courage) de m’avouer leur usage de substances prohibées. Je n’ai que plus d’admiration pour ces athlètes qui ont assumé leur choix et qui redoublent d’ardeur à l’entraînement pour tenter de se dépasser. Je n’endosse pas leur choix et je ne serai probablement jamais d’accord avec l’usage de produits dopants pour performer. Pour moi, ce n’est pas une question de santé, mais plutôt une question d’égo. Je ne voudrais jamais qu’une de mes athlètes fasse usage de produit dopant simplement parce que cela jetterait une ombre à mon travail d’entraîneur. Est-ce que les gains supplémentaires proviennent de mon travail ou de la substance? Je ne pourrais poursuivre mon travail sans savoir si les résultats obtenus sont le fruit de la synergie entre les efforts de l’athlète et la justesse de mon intervention ou s’ils sont le résultat d’un ménage à trois pernicieux (athlètes-produits-entraîneur). Je mentirais également si la santé de mes athlètes ne me préoccupait pas davantage que leurs performances.

Certains athlètes faisant usage de produits dopants n’ont pas la moindre idée que je suis au courant de leur consommation illégale d’aides ergogènes. J’ai plus de difficultés avec eux. Le fait qu’ils trichent ne me dérange pas réellement, car pour moi, cela ne fait que rehausser le niveau de compétition auquel mes athlètes devront faire face. Plus la compétition est forte, plus je dois faire preuve d’intelligence dans le développement de mes athlètes et plus ceux si doivent s’efforcer de se rapprocher de la perfection dans toutes les sphères de leur développement. Parfait pour mes athlètes, parfait pour moi. Je suis cependant attristé de voir que certains de ces athlètes vont revêtir la douce robe immaculée de l’athlète dévoué et acharné. Je ne prends rien, je suis bon, suivez mon exemple, aimez-moi… Lorsque l’on creuse un peu, on réalise qu’il n’y a rien de valeureux dans leur démarche et que tout n’est qu’artifice hormis les efforts qu’ils mettent à l’entraînement. Oui, malgré les produits dopants, il faut faire des efforts. C’est le seul point que je leur accorde.

Pour ceux et celles qui disent que tous les athlètes de culturisme et de fitness sont dopés, ayez l’honnêteté de présenter des tests pour supporter vos affirmations. Je peux affirmer avec assurance qu’il y a bon nombre d’athlètes qui font preuve d’acharnement, de dévouement et qui cherchent à repousser leur limite le plus naturellement possible sans faire usage d’artifice. Ils n’auront probablement jamais la visibilité que certains athlètes dopés peuvent avoir cependant, ils auront toujours ma plus grande admiration.

Maintenant, pour ceux qui disent qu’on exagère la problématique des anabolisants…

Depuis que j’œuvre dans le domaine de l’entraînement, je n’ai jamais vu autant d’individus faire usage de produits dopants. J’ai même discuté avec certains fournisseurs (pushers) qui m’ont dit rouler sur l’or depuis 4 ou 5 ans. L’usage des anabolisants et autres substances similaires est définitivement en hausse. De plus en plus d’adeptes du conditionnement physique font usage de ces produits majoritairement pour des raisons esthétiques. Comme les produits vendus ne présentent plus certains effets secondaires jugés indésirables (l’acné est probablement l’effet secondaire le moins grave, mais celui que les gens craignent le plus), l’appréhension face aux produits s’efface lentement. Les pires effets secondaires des anabolisants sont souvent invisibles les premières années (troubles hépatiques, dérèglement hormonal, complications de nature cardiovasculaire, troubles psychologiques), les anabolisants agissent comme des tueurs silencieux. Encore une fois, je dois préciser que les anabolisants, lorsqu’utilisés dans un contexte et surtout un dosage médical, peuvent sauver des vies. Cependant, les dosages parfois jusqu’à 60 fois supérieures aux valeurs médicales entraînent inévitablement des complications physiologiques et psychologiques. Sachez que les effets secondaires des anabolisants sont très bien documentés, et ce, depuis de nombreuses années. Vous pouvez vous fier à des centaines de chercheurs et des centaines d’études ou bien faire confiance à votre revendeur du coin qui vous assure que ce qu’il vend ne cause pas de problème, car lui-même en prend. Comme on dit, le stock que je vends, c’est du bon, juste du bon…

Je pourrais discuter longuement des problèmes associés à la prise d’anabolisant, mais cet article est déjà bien plus long qu’il ne devrait l’être. Pour ceux et celles que ça intéresse, j’ai mis en ligne une conférence que j’ai donnée traitant de l’usage d’anabolisants et d’aides ergogènes.

En terminant, je réalise que ce qui m’attriste le plus, ce n’est pas l’usage d’anabolisants ou autres produits dopants, c’est l’hypocrisie qui sert de façade au succès de certains. Vous savez, j’admire encore aujourd’hui Ben Johnson. Je l’aurais admiré encore plus s’il avait avoué avoir pris des anabolisants dès l’annonce de ses résultats positifs. Pour moi, c’était l’Homme le plus rapide sur Terre cette journée-là. Dopé ou pas, jamais je n’aurais pu m’approcher de sa performance. Ce qui est encore plus remarquable, c’est que même dopé, aucun finaliste cette journée-là n’aurait pu l’égaler.

Oui, l’hypocrisie est bien pire que tout ce qui peut s’injecter…