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Les 5 erreurs de la prise de masse musculaire

prise de masse musculaire

Il s’agit sans aucun doute d’un des objectifs les plus fréquents pour tout mâle foulant le sol d’un centre d’entraînement: la prise de masse musculaire. Ils ne l’avoueront peut-être pas tous, mais beaucoup chériront ce désir de gagner de la masse musculaire. Voyons quelques-unes des erreurs les plus fréquentes que ces messieurs courent le risque de commettre.

Prendre régulièrement une boisson pré entraînement

Prendre un petit remontant avant de s’entraîner fait partie du quotidien d’entraînement de bon nombre d’adeptes de la musculation. J’ai déjà abordé le sujet dans un article précédent, mais je crois pertinent d’en parler brièvement encore une fois. La prise de ces boissons qui sont en réalité des stimulants (caféine ou dérivés de caféine) entraîne une augmentation négligeable des performances chez la plupart des individus. En fait, beaucoup vont réaliser exactement la même séance d’entraînement (même volume, même intensité, même densité) à la différence qu’ils vont la trouver plus facile. Pour ceux chez qui on observera une augmentation des performances, on parle de gain de l’ordre de 10 % dans les meilleurs scénarios. La problématique se situe beaucoup plus au niveau de la relation entre l’accoutumance et la période léthargique qui risque de l’accompagner. La teneur en caféine et les quantités consommées avant un entraînement peuvent rapidement causer une accoutumance (aussi peu que 2 ou 3 entraînements consécutifs). Cette accoutumance sera fort probablement associée à une période léthargique lors de la cessation de la consommation (cette cessation est pratiquement inévitable, que l’on souhaite ou non). Malheureusement, la durée et l’ampleur de la période léthargique risque fort probablement d’effacer les gains de l’ordre de 10 % acquis suite à la consommation de la boisson pré entraînement. Une diminution de motivation et de la capacité à soutenir un effort sont également des effets potentiellement négatifs qui peuvent nuire au gain de masse musculaire à moyen et long terme.

Surcharger en calories

Si tu veux prendre du muscle, prends des calories. Beaucoup de calories. Vraiment beaucoup de calories. Comme la majorité des hommes qui souhaite prendre de la masse musculaire utilise le pèse-personne comme outil de mesure (plus pesant = obligatoirement plus de muscle), la surcharge calorique est extrêmement populaire. On confond souvent prise de poids avec prise de muscle. En augmentant les apports énergétiques de façon considérable, on garantit une prise de poids. Conjointement avec de l’entraînement en musculation, la surcharge calorique est effectivement une méthode pour gagner de la masse musculaire. Le problème n’est pas au niveau de la logique du surplus calorique, mais plutôt dans sa démesure. En imposant des apports de l’ordre de 5000-6000kcal par jour, on s’assure d’une prise importante de masse grasse. Comme la composition corporelle est rarement mesurée ou mesurée adéquatement, la prise de poids est perçue comme une source de réconfort. De toute façon on se console en se disant que l’excédent de gras sera facilement perdu en phase de perte de gras (« cut »). Malheureusement, pour plusieurs la phase de prise de masse comprend une proportion trop importante de prise de gras. La phase de découpage doit être tellement importante ou drastique qu’elle entraîne une perte de masse musculaire importante. Cecii se traduit par un cycle d’augmentation de la masse musculaire conjointement avec une augmentation de la masse grasse puis d’une perte de masse grasse et trop souvent une perte de masse musculaire ce qui fait en sorte que l’on se retrouve à la case départ. On cycle une composition corporelle pratiquement identique sur un cycle de 12 mois.

Surcharger en protéines

Certes, les protéines ont leur importance dans le développement musculaire, mais il faut également concevoir que le muscle représente environ 30 % de besoin en protéine dans des conditions normales. Il est possible de croire que l’entraînement en musculation puisse augmenter légèrement les besoins en protéines, mais cela n’implique pas qu’une surcharge importante soit tributaire de gains plus prolifiques. En fait, les besoins en protéines seront directement proportionnels aux dommages musculaires causés par l’entraînement. Un surplus de protéines en l’absence de dommages suffisants demeure une source très négligeable d’anabolisme musculaire. La prise de protéines doit donc forcément prendre en considération l’intensité et le volume d’entraînement (les deux principales sources de dommage musculaire). Mais, comme il est extrêmement difficile de quantifier le dommage musculaire (des dosages de créatinine dans l’urine s’avèrent peu pratiques), on se base sur le poids total ou sur la masse maigre pour déterminer les besoins. Ce n’est pas nécessairement mauvais, mais cela implique que les besoins en protéines sont constants et fonction du poids ou de la masse maigre, alors qu’ils sont plutôt variables et fonction des besoins en protéines déterminés en partie par le dommage musculaire.

Pourquoi trop de protéines seraient une erreur? Pas seulement parce que cela peut s’avérer inutile, mais parce que la consommation importante de protéines risque de diminuer les apports en autres éléments importants (glucides, lipides, micronutriments). L’alimentation risque de prendre une allure très unidimensionnelle pour le gain de masse musculaire, une tournure du style : « prends assez de protéines et tout est OK ». Pourtant, de nombreux processus essentiels à l’hypertrophie musculaire requièrent la présence de glucides, lipides et micronutriments. Le gain de masse musculaire provient d’une stimulation adéquate et d’une récupération adéquate. L’alimentation doit donc favoriser les performances en entraînement ainsi que la récupération. En mettant uniquement l’emphase sur les protéines, on omet de considérer l’importance de la nutrition pour favoriser les performances en entraînement (pour pouvoir causer un dommage musculaire adéquat). Selon moi, il est donc peu profitable de dépasser les recommandations actuelles en matière d’apport en protéines (1.6-2.1g par kg de poids par jour approximativement).

Suivre les entraînements dans les magazines

Au risque de briser la bulle de plusieurs, non, les entraînements qui sont présentés dans les magazines de musculation/culturisme ne sont pas ceux que font réellement les modèles. Par expérience, la majorité (pour ne pas dire la totalité) des culturistes ou athlètes de fitness que je connais protègent jalousement leur(s) méthode(s) et plan nutritionnel. Bref, à moins de payer un bon montant, les secrets demeurent des secrets et ils ne sont pas distribués si facilement. Les entraînements présentés dans les magazines sont souvent très similaires et presque toujours caractérisés de la même façon : des séries entre 6 et 14 répétitions, beaucoup d’exercices différents et presque qu’aucune information sur les temps de repos ou sur l’intensité (les RM). En apparence il s’agit de quelque chose d’intéressant d’un point de vue marketing, mais au niveau des principes d’entraînement, cela demeure très sommaire. Un autre élément important demeure au niveau des lacunes importantes en ce qui concerne la progression. Les programmes présentés sont souvent ponctuels, fixés dans le temps et ne s’inscrivent pas au sein d’une progression. Cette lacune au niveau de la périodisation rend leur pertinence beaucoup moins importante et risque de fortement limiter leur potentiel bénéfique au niveau des gains en hypertrophie.

Sous-estimer sa force

Même si à l’esprit cela peut paraître peu probable, il est fréquent que le gars qui souhaite gagner de la masse musculaire se sous-estime. En fait, c’est presque toujours le cas. Il est plutôt rare que l’on observe l’opposé, c’est-à-dire une surestimation des charges. Les classiques « fails » en musculation sont beaucoup plus présents sur YouTube que dans les centres de conditionnement physique. Il est plutôt rare qu’un adepte du conditionnement physique reste prisonnier sous une barre surchargée lors de sa première série sur un exercice. Il s’agit d’un phénomène un peu plus fréquent (mais néanmoins rare) lors des séries subséquentes, lorsque la fatigue s’installe. En réalité, beaucoup d’entraînements en hypertrophie sont réalisés avec des charges sous-maximales que l’on prolonge avec une quantité trop importante de séries. On augmente le volume (nombre de séries) au détriment de l’intensité (charge). La préoccupation du gars qui veut gagner de la masse est davantage axée sur le nombre d’exercices et le nombre de séries que l’utilisation d’une charge adéquate. Le nombre maximal de répétitions complétées lors de la première série indique les RM. Lorsque l’on décide d’arrêter à 12 répétitions lors de la première série, il ne s’agit pas nécessairement d’une série à 12 RM. Dans bien des cas, la première série aurait pu offrir plus de répétitions si le participant avait poussé à son maximum réel. On se retrouve à perpétuer des séries sous-maximales qui finissent par offrir un certain potentiel pour l’hypertrophie, mais seulement suite à un volume important. La principale problématique de cette approche se présente lorsque l’on tente d’utiliser différentes méthodes d’entraînement qui s’appuient sur le principe fondamental que chaque série (la première aussi) est maximale. L’utilisation de charges sous-maximales diminue grandement l’efficacité de ces méthodes d’entraînement. Donc, à moins d’indication contraire, la première série de travail (après l’échauffement général et spécifique) se doit d’être maximale.

En terminant, pour ceux et celles que ça intéressent, j’ai planifié 15 mois d’entraînement et de nutrition spécifiquement pour optimiser les gains en masse musculaire. Les entraînements et le support nutritionnel vous permettent d’éviter de commettre les principales erreurs associées au gain de masse musculaire. Les entraînements sont basés sur des concepts scientifiques ainsi que sur mon expérience de terrain avec mes athlètes. Si vous voulez avoir accès gratuitement au premier mois afin de vous faire une idée, vous pouvez le faire ici.

Références

1              K. Gilliland, and W. Bullock, ‘Caffeine: A Potential Drug of Abuse’, Adv Alcohol Subst Abuse, 3 (1983), 53-73.

2              A. M. Gonzalez, A. L. Walsh, N. A. Ratamess, J. Kang, and J. R. Hoffman, ‘Effect of a Pre-Workout Energy Supplement on Acute Multi-Joint Resistance Exercise’, J Sports Sci Med, 10 (2011), 261-6.

3              D. W. Hedges, F. L. Woon, and S. P. Hoopes, « Caffeine-Induced Psychosis », CNS Spectr, 14 (2009), 127-9.

4              D. C. Mackay, and J. W. Rollins, ‘Caffeine and Caffeinism’, J R Nav Med Serv, 75 (1989), 65-7.

5              H. Magne, I. Savary-Auzeloux, D. Remond, and D. Dardevet, ‘Nutritional Strategies to Counteract Muscle Atrophy Caused by Disuse and to Improve Recovery’, Nutr Res Rev (2013), 1-17.

6              S. M. Phillips, « Protein Requirements and Supplementation in Strength Sports », Nutrition, 20 (2004), 689-95.

7              S. M. Phillips, and L. J. Van Loon, « Dietary Protein for Athletes: From Requirements to Optimum Adaptation’, J Sports Sci, 29 Suppl 1 (2011), S29-38.

 

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Anabolisants banalisés?

J’avais en tête d’écrire un article sur un tout autre sujet, mais la tournure de certains événements d’actualité et l’abondance de commentaires que j’ai reçus concernant ce même sujet m’ont forcé la main. Parlons drogue…

Dimanche dernier l’émission Tout le Monde en Parle a reçu Fabiola Boulanger, culturiste maintenant professionnelle de la CBBF (Canadian BodyBuilding Federation). Sympathique entrevue, je dois l’avouer. J’ai bien apprécié son audace et sa détermination et surtout le message touchant l’importance de l’acceptation de soi. Où je suis resté quelque peu sur ma faim, c’est la banalité avec laquelle son usage de produits dopants a été traité. À la question sur l’usage de stéroïdes, Fabiola a répondu avec honnêteté qu’elle avait déjà eu recours à ces aides ergogènes, mais que maintenant elle n’y avait plus recours et qu’il s’agissait d’une erreur de parcours suite à de mauvais conseils. Question suivante, sujet clos.

Tenez-vous-le pour dit, je n’ai absolument rien contre Fabiola ni contre les anabolisants (dans certains cas, ces substances sauvent des vies, faut-il le rappeler). Bravo pour ton témoignage et je veux croire sincèrement tout ce que tu as dit Fabiola. Cependant, comment peut-on en rester là? Comment peut-on passer banalement sur cette question sans chercher à approfondir? Imaginez un instant si Alexandre Bilodeau, Marianne St-Gelais ou bien Alexandre Despatie passaient aux aveux sur leur utilisation passée de produits dopants? La une dans les quotidiens le lendemain…

Pourtant, des aveux de ce genre provenant d’une athlète en culturisme n’ont que très peu choqué. En fait, les aveux on moins choqués que son teint à en juger par les commentaires du Fou du Roi.

J’ai échangé avec plusieurs sur le sujet et l’essence même de ces discussions m’a profondément troublé. Je n’ai pas trouvé de juste milieu, seulement des individus ayant des opinions tranchées sur le sujet.

Dans le premier camp, on retrouve ceux qui condamnent Fabiola et l’ensemble des athlètes de culturisme et de fitness. De toute évidence, tous ceux et celles qui font de la compétition sont simplement dopés. Ils n’ont aucun mérite, ce sont des tricheurs. D’ailleurs, l’ensemble des produits de nutrition sportive contiennent des produits dopants. La preuve, le pauvre joueur des Carabins qui s’est fait prendre. Pas de sa faute, c’était dans le supplément qu’il s’est procuré sur Internet pour sauver des sous. J’aimerais bien savoir de quel supplément il s’agissait afin que l’on puisse condamner la compagnie fautive. On ne le saura probablement jamais. Je me demande bien pourquoi… Il est bien évident qu’il est rentable pour une compagnie de mettre pour 200$ d’anabolisants dans un pot de protéines qu’ils vendent 49.95$. Il est bien évident que si vous achetez sur Internet des produits de type pro-hormones qui coûtent sensiblement le même prix que des anabolisants, qu’il ne s’agit pas d’anabolisants…  Zut, je me suis encore fait avoir…

Dans le second camp, on retrouve ceux qui défendent cette discipline en disant que de nombreux efforts sont requis, que ces athlètes sont testés au même titre que les autres et qu’il y a moins de tests positifs qu’en cyclisme.

Qui a raison?

Je ne pense pas que le nombre de fans de ma page Facebook va croitre suite à cet article, car je risque de ne pas me faire beaucoup d’ami(e)s…

J’en veux à ceux qui ont condamné Fabiola en la traitant de tous les noms (que je ne répèterai pas ici) et en lui faisant je ne sais trop comment passer un test de dépistage s’avérant positif à travers leur téléviseur. Afin d’affirmer qu’elle est dopée, vous devez pouvoir le prouver. Personnellement, je n’ai vu aucune analyse d’urine ou sanguine me permettant de prouver qu’elle faisait usage de produits dopants. Donc, pour moi, elle a déjà été dopée et maintenant elle ne l’est plus. Je ne vous cacherai pas que je connais personnellement des athlètes qui ont fait et qui font encore usage de produits dopants et qui participent régulièrement à des compétitions de culturisme sans se faire prendre. Certains de ces athlètes ont eu l’honnêteté et la franchise (sans oublier le courage) de m’avouer leur usage de substances prohibées. Je n’ai que plus d’admiration pour ces athlètes qui ont assumé leur choix et qui redoublent d’ardeur à l’entraînement pour tenter de se dépasser. Je n’endosse pas leur choix et je ne serai probablement jamais d’accord avec l’usage de produits dopants pour performer. Pour moi, ce n’est pas une question de santé, mais plutôt une question d’égo. Je ne voudrais jamais qu’une de mes athlètes fasse usage de produit dopant simplement parce que cela jetterait une ombre à mon travail d’entraîneur. Est-ce que les gains supplémentaires proviennent de mon travail ou de la substance? Je ne pourrais poursuivre mon travail sans savoir si les résultats obtenus sont le fruit de la synergie entre les efforts de l’athlète et la justesse de mon intervention ou s’ils sont le résultat d’un ménage à trois pernicieux (athlètes-produits-entraîneur). Je mentirais également si la santé de mes athlètes ne me préoccupait pas davantage que leurs performances.

Certains athlètes faisant usage de produits dopants n’ont pas la moindre idée que je suis au courant de leur consommation illégale d’aides ergogènes. J’ai plus de difficultés avec eux. Le fait qu’ils trichent ne me dérange pas réellement, car pour moi, cela ne fait que rehausser le niveau de compétition auquel mes athlètes devront faire face. Plus la compétition est forte, plus je dois faire preuve d’intelligence dans le développement de mes athlètes et plus ceux si doivent s’efforcer de se rapprocher de la perfection dans toutes les sphères de leur développement. Parfait pour mes athlètes, parfait pour moi. Je suis cependant attristé de voir que certains de ces athlètes vont revêtir la douce robe immaculée de l’athlète dévoué et acharné. Je ne prends rien, je suis bon, suivez mon exemple, aimez-moi… Lorsque l’on creuse un peu, on réalise qu’il n’y a rien de valeureux dans leur démarche et que tout n’est qu’artifice hormis les efforts qu’ils mettent à l’entraînement. Oui, malgré les produits dopants, il faut faire des efforts. C’est le seul point que je leur accorde.

Pour ceux et celles qui disent que tous les athlètes de culturisme et de fitness sont dopés, ayez l’honnêteté de présenter des tests pour supporter vos affirmations. Je peux affirmer avec assurance qu’il y a bon nombre d’athlètes qui font preuve d’acharnement, de dévouement et qui cherchent à repousser leur limite le plus naturellement possible sans faire usage d’artifice. Ils n’auront probablement jamais la visibilité que certains athlètes dopés peuvent avoir cependant, ils auront toujours ma plus grande admiration.

Maintenant, pour ceux qui disent qu’on exagère la problématique des anabolisants…

Depuis que j’œuvre dans le domaine de l’entraînement, je n’ai jamais vu autant d’individus faire usage de produits dopants. J’ai même discuté avec certains fournisseurs (pushers) qui m’ont dit rouler sur l’or depuis 4 ou 5 ans. L’usage des anabolisants et autres substances similaires est définitivement en hausse. De plus en plus d’adeptes du conditionnement physique font usage de ces produits majoritairement pour des raisons esthétiques. Comme les produits vendus ne présentent plus certains effets secondaires jugés indésirables (l’acné est probablement l’effet secondaire le moins grave, mais celui que les gens craignent le plus), l’appréhension face aux produits s’efface lentement. Les pires effets secondaires des anabolisants sont souvent invisibles les premières années (troubles hépatiques, dérèglement hormonal, complications de nature cardiovasculaire, troubles psychologiques), les anabolisants agissent comme des tueurs silencieux. Encore une fois, je dois préciser que les anabolisants, lorsqu’utilisés dans un contexte et surtout un dosage médical, peuvent sauver des vies. Cependant, les dosages parfois jusqu’à 60 fois supérieures aux valeurs médicales entraînent inévitablement des complications physiologiques et psychologiques. Sachez que les effets secondaires des anabolisants sont très bien documentés, et ce, depuis de nombreuses années. Vous pouvez vous fier à des centaines de chercheurs et des centaines d’études ou bien faire confiance à votre revendeur du coin qui vous assure que ce qu’il vend ne cause pas de problème, car lui-même en prend. Comme on dit, le stock que je vends, c’est du bon, juste du bon…

Je pourrais discuter longuement des problèmes associés à la prise d’anabolisant, mais cet article est déjà bien plus long qu’il ne devrait l’être. Pour ceux et celles que ça intéresse, j’ai mis en ligne une conférence que j’ai donnée traitant de l’usage d’anabolisants et d’aides ergogènes.

En terminant, je réalise que ce qui m’attriste le plus, ce n’est pas l’usage d’anabolisants ou autres produits dopants, c’est l’hypocrisie qui sert de façade au succès de certains. Vous savez, j’admire encore aujourd’hui Ben Johnson. Je l’aurais admiré encore plus s’il avait avoué avoir pris des anabolisants dès l’annonce de ses résultats positifs. Pour moi, c’était l’Homme le plus rapide sur Terre cette journée-là. Dopé ou pas, jamais je n’aurais pu m’approcher de sa performance. Ce qui est encore plus remarquable, c’est que même dopé, aucun finaliste cette journée-là n’aurait pu l’égaler.

Oui, l’hypocrisie est bien pire que tout ce qui peut s’injecter…

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Francs-tireurs, franc Fitness ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis fait inondé de courriels concernant le fitness suite à la diffusion du dernier épisode des Francs-Tireurs (épisode 333), mais, j’ai eu suffisamment de questions et de courriels pour décider d’en faire le sujet de ce billet. Dans un premier temps, je dois avouer que le reportage de Patrick Lagacé était assez juste (j’étais quelque peu craintif au début), c’est-à-dire qu’il dépeignait un portrait assez représentatif de la réalité du milieu de culturisme et du fitness au Québec. On s’est même permis de définir les différentes catégories de discipline soit le fitness model, le figure, le fitness et le culturisme. Pour ceux et celles qui ont osé manquer le reportage ou qui sont trop blasés pour le regarder sur le net, le tableau 1 présente les caractéristiques de chacune des catégories.

Alors que plusieurs athlètes de Fitness (avec un grand F pour regrouper toutes les catégories) se sont probablement reconnues dans ce reportage, plusieurs de mes athlètes furent déçues (?) de voir que leur réalité était différente. Serait-ce possible qu’il existe d’autres approches en Fitness ? D’autres approches misant non pas uniquement sur le podium, mais plutôt sur le développement multidimensionnel de l’athlète à l’intérieur de son propre potentiel? Est-ce possible d’avoir un mode de vie sain et de réussir en Fitness au Québec? Oui, mais à certaines conditions.

La première condition stipule que l’on doit absolument considérer l’athlète selon plusieurs dimensions (tableau 2) : physiologique, psychologique et technique/artistique.

 

La deuxième condition implique la mise en place d’un protocole d’évaluation valide, fiable et pertinent afin de bien quantifier les variables de la progression.

La troisième condition impose un suivi régulier, sérieux et adéquat des trois dimensions.

La quatrième et dernière condition oblige la présence d’une progression planifiée en accord avec l’entraîneur et l’athlète.

Toutes les interventions auprès des athlètes de Fitness doivent être en respect de ces conditions afin de permettre un développement optimal de l’athlète. Actuellement, la tendance est (et, à ma connaissance, a toujours été) de préparer des athlètes pour une compétition où l’objectif est de remporter un podium. Malheureusement, cette approche unidimensionnelle force rapidement l’athlète à performer, peu importe ses capacités initiales (et surtout, pousse les entraîneurs à recruter des filles nécessitant peu de développement). Lorsque je mentionne que je développe mes athlètes sur une période de 3-4 ans, plusieurs entraîneurs esquissent un sourire moqueur, car il est carrément impensable de « sortir » une fille en compétition dans le but de la préparer à devenir encore plus : il faut gagner à tout prix, et ce, tout le temps. Le résultat? Bien des athlètes ne seront en mesure que de faire une compétition en y sacrifiant parfois leur santé (physique et/ou mentale; les troubles de comportements alimentaires ne sont pas une rareté). Moi, ce qui m’intéresse c’est de développer des athlètes afin qu’elles soient en mesure de changer leurs habitudes de vie, d’entraînement ainsi que leurs habitudes nutritionnelles afin d’être des athlètes en tout temps. Un corps d’athlète sain, dans un esprit sain. Pas uniquement un physique l’espace d’une fin de semaine, mais, une athlète à part entière qui est en mesure d’inspirer par sa détermination, son travail intelligent et son évolution les gens de sont entourage à adopter un mode de vie plus sain.

La figure 1 présente une progression vers une première compétition en fitness (petit f donc, avec de la gymnastique). Oui, je sais, il y a beaucoup d’informations sur l’image (au moins mille mots pour se référer à l’expression populaire…) ce qui ne la rend pas moins intéressante pour autant. L’œil averti du lecteur assidu réalise rapidement que le développement d’une athlète de fitness repose sur l’harmonisation de la progression des sphères physiologiques, psychologiques et techniques artistiques. Qui dit progression, dit étapes.

 

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Figure 1: Partie initiale d'une planification annuelle de fitness

La première étape débute bien avant l’entraînement. Avant de ce lancer dans une aventure du genre, il est impératif pour toute athlète en devenir d’assister à une compétition afin de mieux cerner le milieu. Ensuite, il faut caractériser l’athlète selon les déterminants de la performance. Cette évaluation exhaustive initiale permet d’établir à quel rythme l’athlète pourra ou devra se développer afin d’atteindre les critères propres à sa discipline.

Maintenant, le gros du travail de l’entraîneur commence : celui de planifier en fonction des objectifs établis conjointement avec l’athlète. Toujours en s’appuyant sur les résultats de l’évaluation initiale, l’entraîneur détermine les variables à prioriser et de façon plus spécifique la progression de chacune afin d’atteindre les objectifs fixés pour la saison en cours et pour la suite éventuelle. Oui, il faut prévoir à l’avance tout en sachant que nous sommes toujours à la merci des imprévus. La planification de la saison permet d’établir d’une chronologie de la progression. Ceci permet d’éviter d’avoir recours à des diètes sévères ou d’accumuler des séances d’entraînement en catastrophe la semaine avant la première compétition.

Par la suite, comme aucune planification n’est parfaite, l’utilisation d’un protocole d’évaluation de suivi permet de réajuster le tir afin de maintenir la progression initialement prévue. Ces évaluations planifiées à l’avance ne se limitent pas à la cueillette systématique de données physiologiques, mais incluent également prise d’information de variables psychologiques. Est-ce que la perception de l’image corporelle de l’athlète correspond à la réalité? Comment est son niveau de motivation? Chaque élément négligé risque de revenir vous hanter plus rapidement que vous ne pouvez le penser. Ah oui! J’oubliais, il faut que l’athlète fasse le travail, c’est-à-dire qu’elle s’efforce de changer, d’évoluer vers ces objectifs.

Il est bien évident que cette approche requiert une charge de travail importante jumelée à une expertise et un niveau de compétence important. L’atteinte des standards imposés par le milieu du Fitness québécois en se basant sur des outils aussi simples que le Guide Alimentaire Canadien et aussi complexes que des analyseurs de gaz ou des accéléromètres n’est pas sans effort et le cheminement est souvent parsemé d’amères déceptions et de rare podium. Il est tout aussi évident qu’il existe des raccourcis afin de gagner plus rapidement, mais, quelle est la valeur de cette victoire? Car, bien au-delà des médailles, trophées ou podium, il y a un individu. La croissance et l’épanouissement de l’athlète sont des victoires beaucoup plus nobles et louables. De plus, aucun juge ou arbitre ne peut vous enlever ces victoires…

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