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Les 5 choses à ne pas faire dans un magasin de suppléments nutritionnels

Ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus populaires. Les commerces de nutrition sportive où l’on retrouve une vaste gamme de différents produits sont en pleine croissance. Comme dans toute bonne entreprise, la plupart de ces commerces présentent des similitudes importantes : mise en évidence de produits, promotions, carte de fidélité, présence d’athlète commandité dans à certaines périodes, etc.

Je dois avouer que lorsque j’y mets les pieds, je vis une expérience particulière à chaque fois. Parfois étonnamment agréable, parfois… moins agréable. Loin de moi l’idée de vouloir médire sur ces commerces, mais je crois qu’il est important de faire une certaine mise en garde pour que le consommateur puisse bénéficier d’une expérience agréable, pertinente et pas trop onéreuse. Voici quelques conseils pour favoriser une bonne expérience.

1— Ne jamais demander au représentant si le produit fonctionne

Dans certains cas, c’est un peu comme demander à un vendeur de voitures si les voitures qu’il vend sont bonnes. Dans d’autres cas, c’est se fier sur la bonne foi du représentant et sur ses connaissances. Dans tous les cas, la réalité est la suivante : on ne peut pas savoir avec certitude si un produit est bon ou non, ou encore s’il fonctionne ou non. La plupart du temps, le représentant se fie sur des commentaires de confrères, de clients ou encore sur sa propre utilisation. Malheureusement, il s’agit d’une méthode bien imparfaite pour déterminer l’efficacité d’un produit. Par exemple, prenons un supplément sportif populaire, la créatine. Plusieurs différentes sortes de créatines inondent le marché (en fait la créatine demeure de la créatine, c’est seulement le sel qui lui est associé qui change). Plusieurs nouvelles marques de créatine font mention d’une meilleure digestibilité que la créatine monohydrate. Pourtant, la digestibilité de la créatine monohydrate se situe aux environs de 98-99 % au niveau du système digestif. Le facteur limitant se trouve au niveau de la capacité du muscle à entreposer le substrat. Il est impossible pour un utilisateur de créatine de déterminer si la créatine consommée est mieux ou moins bien digérée qu’une autre. Pour ce faire, il faut doser la quantité de créatine qui entre et la quantité de créatinine qui est évacuée par l’urine (et encore cette méthode est imparfaite). Impossible à déterminer avec sa propre expérience.

En fait, il est à pratiquement impossible de déterminer si un produit fonctionne ou non. Un représentant qui se fie sur son expérience ou celle des autres ne peut que rapporter la perception de l’effet d’un produit et non pas son effet véritable. Ne perdez pas votre temps à demander si le produit fonctionne, demandez plutôt quels sont les effets secondaires probables (ça, l’expérience peut aider beaucoup).

2— Ne jamais demander ce qui pourrait être bon pour vous

On ne magasine pas les suppléments sportifs comme on magasine une paire de chaussettes. Ces produits peuvent avoir des effets importants sur vos performances, votre santé physique et mentale ainsi que sur votre portefeuille. On ne prend pas des suppléments pour le simple plaisir de prendre des suppléments, mais bien pour répondre à un besoin spécifique. De plus, le représentant ne vous connait pas, n’a aucune idée de votre condition physique, de votre santé, de vos habitudes de vie ainsi que de votre entraînement. Au mieux, il spécule et vous recommande des produits populaires qui semblent plaire à tous et qui devraient vous aider pour quelque chose. Quoi? On ne le sait pas nécessairement, mais quelque chose. Vous devez donc arriver avec un bagage d’informations en lien avec vos besoins spécifiques. Le représentant peut ensuite vous aider dans la sélection des suppléments. Bref, n’arrivez pas la tête vide en espérant trouver le miracle en boite qui changera votre vie à jamais.

3— Ne pas arriver préparé

Directement en lien avec le point précédent, il est essentiel d’arriver préparé. Vous devez avoir discuté préalablement avec votre entraînement, votre nutritionniste, votre médecin, etc. Vous devez également avoir fait votre part du travail et vous être informé sur les différents produits qui peuvent vous aider à atteindre vos objectifs. Le représentant en suppléments sportifs n’est qu’une source d’information supplémentaire, pas votre source principale. Vous devez corroborer les informations que vous avez et vous forger une opinion hautement informée sur le sujet. Ce ne sont pas des choses à prendre à la légère, il s’agit de votre santé et de vos performances. Il existe différentes sources d’informations sur Internet, j’affectionne particulièrement consumerlab.com. L’abonnement en vaut définitivement la peine si vous consommez régulièrement des suppléments (sportifs ou naturels).

4— Prendre le représentant pour un imbécile

Inutile d’adopter une attitude hautaine et méprisante envers le représentant. Ce dernier est là pour faire son travail, c’est-à-dire vous vendre des produits et vous conseiller (dans l’ordre bien souvent). Certes, ce n’est pas votre ami, mais inutile de la mépriser parce qu’il essaie de faire son travail. Le milieu des suppléments et de l’entraînement en est un où la dominance Alpha rapporte gros. Il n’est pas rare de voir des conflits éclater entre représentant et consommateur simplement pour une question d’égo mal placé. Avoir une attitude polie et courtoise, poser des questions respectueuses et ne pas émettre de commentaire déplacé sont de mise. Il est également important de ne pas entrer dans un concours de qui en sait le plus où chacun étale ses connaissances et tente d’émerveiller l’autre. Je parle par expérience, ça ne donne rien sinon des égos froissés.

5— Ne jamais prononcer le nom d’un produit à l’envers

Ne jamais oser penser prononcer le nom d’un produit à l’envers. Mal vous en prendra. Dans le même ordre d’idée, méfiez-vous de certains produits dont l’étiquette est unilingue anglophone ou encore Espagnole ou avec des inscriptions issues de l’orthographe cyrillique. Ce n’est pas parce que les produits sont vendus en magasins qu’ils sont légaux ou encore sécuritaires. Il existe un commerce au noir qui n’est pas négligeable. Cette forme de commerce, illégale, entraîne des risques importants pour la santé (aucun contrôle de qualité) et pour votre liberté (acte criminel).

Également, je vous encourage à ne consommer que des produits qui ont obtenu la certification NSF for Sports ou encore Informed Choice. Sans l’une ou l’autre de ces certifications, vous ne pouvez pas être assuré de la qualité et du contenu du produit, même si ce dernier présente 48 certifications distinctes clairement affichées sur l’étiquette. Plusieurs de ces certifications sont “créées” par le manufacturier lui-même et ne garantissent absolument rien. Si le représentant ne connais pas la certification NSF ou Informed Choice, mais qu’il vous affirme que le produit est bon, je vous encourage à passer votre tour. Soyez vigilant, certaines compagnies peu scrupuleuses vont même afficher que leurs produits ont obtenu ces certifications, mais que l’étiquettage n’a pas été encore modifié. Bien sûr…

En terminant, il ne faut pas crier au loup ou encore prendre les gens pour des imbéciles. Tous les suppléments sportifs ne sont pas illégaux ou contaminés et tous les représentants ne sont pas des dealers d’anabolisants. Mais, ce n’est pas une industrie qui est nécessairement menée que par des bonnes sœurs.

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Les calories négatives, c’est possible?

Il s’agit d’un autre concept qui refait surface (je suppose, parce qu’on m’a posé plusieurs questions sur le sujet récemment). Qu’est-ce que le concept de calories négatives? Il s’agit tout simplement d’un coût de digestion supérieur à la valeur calorique d’un aliment. Le seul fait de manger cet aliment créer un déficit énergétique qui favorise la perte de poids. En théorie, si nous nous alimentions uniquement de ce type d’aliments, la perte de poids serait fulgurante. Alors, pourquoi nous avoir caché ce merveilleux concept? Je me le demande bien. Quels sont ces aliments que j’aille dévaliser l’épicerie du coin? Allons-y voir un peu plus en détail…

Lorsqu’il est question de coût énergétique associé à la digestion, on fait référence à la thermogenèse alimentaire. Ce compartiment de la dépense énergétique quotidienne comprend l’ensemble des mécanismes et processus qui consomment de l’énergie en lien avec l’ingestion, la digestion et l’entreposage des nutriments (de la mastication à la…, vous voyez où ça mène). La thermogenèse alimentaire est principalement influencée par la nature des macronutriments ingérés (glucides, lipides, protéines), leurs quantités, l’exercice, le stress psychologique, la grossesse, la température et enfin, l’âge.

De tous les macronutriments, les protéines sont les plus coûteuses à digérer (d’un point de vue énergétique) avec ~30 % de l’énergie ingérée dissipée à travers différents processus métaboliques, suivis par les glucides (~8 %) et finalement les lipides (~4 %). Il s’agit de valeurs approximatives, car la quantité de calories ingérées face aux besoins influence l’efficacité de la digestion. Par exemple, lorsque les apports énergétiques sont insuffisants, l’efficacité de la digestion augmente et le coût de la digestion diminue (protéines à 23 %, glucides à 6 %, lipides à 2 %) alors que lorsque les apports excèdent les besoins, l’efficacité diminue et le coût de la digestion augmente (protéines à 36 %, glucides à 22 %, lipides à 15 %).

Maintenant, est-il possible qu’un aliment nous fasse perdre des calories de façon suffisante à ce que sa valeur énergétique se solde par un bilan négatif? La plupart du temps, on identifie des aliments très spécifiques comme le céleri, le chou, le citron, l’ananas, et j’en passe comme aliments à calories négatives. Le tableau 1 présente la composition et la valeur énergétique de certains de ces aliments ainsi que le coût réel de leur digestion.

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Tableau 1: Composition et valeur énergétique de certains aliments et le coût énergétique de leur digestion **** Malheureusement, je n’arrive plus à trouver la source de cette référence, désolé****

La digestion de 85 g de céleri coûte approximativement 0.5 kcal alors que l’aliment en procure environ 14. Les 140 g d’ananas fourniront à l’organisme quelque 70 kcal et il en coûtera 1.6 kcal pour digérer le fruit. Si vous mangez uniquement du chou, le poids que vous perdrez risque plus de provenir de complications gastro-intestinales que d’une perte de gras causée par un déséquilibre énergétique. Certains vont mentionner que la présence de fibres vient changer la donne. Et ce n’est pas faux. Scalfi et ses collègues1 ont remarqué que la thermogenèse alimentaire était plus faible en présence d’une alimentation RICHE en fibres (4.5 %) que d’une alimentation FAIBLE en fibre (6.9 %). Bref, oui les fibres y changent quelque chose, mais pas dans un sens qui favorise le mythe des calories négatives. En réalité, la seule façon de réussir à créer un déficit énergétique en mangeant ces aliments, c’est de les consommer en marchant d’un bon pas. Pour me convaincre du contraire, il faudra argumenter avec des mesures de calorimétrie indirecte respiratoire et des traceurs métaboliques.

Pourquoi ce mythe n’est pas si mauvais?

Parce qu’habituellement, les aliments suggérés sont des légumes à faible densité énergétique et riches en micronutriments (vitamines et minéraux). Personnellement, je ne vois pas d’inconvénient majeur à ce qu’une personne désireuse de perdre du poids augmente sa consommation de légumes.

Pourquoi ce mythe n’est pas si bon?

Premièrement, parce qu’il est faut et qu’il ne respecte pas des principes de thermodynamique. On vous fait croire qu’en mangeant ces aliments vous allez perdre du poids parce qu’ils coûtent plus chers à digérer que les calories qu’ils fournissent. Si vous optez pour une diète extrême au citron, vous aurez du mal à ingérer 2000kcal par jour. Vous perdrez du poids parce que vous mangez moins de calories, pas à cause des « calories négatives ». Vous perdrez également la santé et l’usage de vos papilles gustatives.

Deuxièmement, parce que ce mythe réduit l’ingestion d’aliment à la seule prise d’énergie et qu’il traduit systématique cette dernière en élément négatif. Les méchantes calories que vous mangez vous rendent obèse. Pas tout à fait… Les calories ne sont qu’une mesure de chaleur qui représente le potentiel énergétique d’un aliment ou le potentiel énergétique d’un ensemble de processus métaboliques lorsque l’on parle de leur dépense. Réduire les calories à un rôle de vilain lorsque l’on fait référence à l’alimentation et de héros lorsqu’il est question d’activité est malhonnête et pernicieux pour la simple et bonne raison qu’il y a bien plus à manger et à bouger que l’énergie.

Lorsque vous magasinez une voiture, vous inquiétez-vous de l’essence et de sa qualité ou bien vous attardez-vous à la voiture? Ce qui vous intéresse, c’est la voiture et ce qu’elle consomme ainsi que ce qu’elle fait. Selon moi, il en est de même avec la bioénergétique (pas le Ying et le Yang, la relation entre la dépense et les apports énergétiques). Il faut voir plus loin que la simple valeur énergétique d’un aliment ou d’une activité physique. Manger un fruit vous procure des calories, des macronutriments et des micronutriments qui ont des fonctions essentielles dans votre organisme. Faire une activité physique peut être utile et agréable et non pas seulement faire office de fournaise énergétique. Poussons le raisonnement plus loin, l’ingestion d’un hotdog peut vous fournir suffisamment de glucides pour vous permettre de courir et sauver la vieille dame qui risquait de se faire frapper par l’autobus en traversant la rue. Le problème, c’est lorsque l’on n’utilise pas nos calories pour sauver les vieilles dames.  La recherche de l’aliment miracle ne vous conduira qu’à la cour des petites créances ou bien à la cours des frustrations. Encore une fois, pas de magie…

 Références

1.            Scalfi L, Coltorti A, D’Arrigo E, et al. Effect of dietary fibre on postprandial thermogenesis. International journal of obesity. 1987;11 Suppl 1:95-99.

2.            James WPT. From SDA to DIT to TEF. In: Kinney JM, Tucker HN, eds. Energy metabolism: Tissue determinants and cellular corollaries: Raven Press; 1991:163-186.[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]