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Tester les qualités physiologiques à des fins utiles

L’utilisation de tests de force ou de capacité aérobie n’est pas pratique courante dans le paysage du conditionnement physique québécois. Certains trouvent leur utilisation trop risquée, d’autres déplorent le temps requis pour les administrer et certains ne savent tout simplement pas quoi faire avec les résultats. Cette conférence vise à démontrer la pertinence de l’utilisation de ces tests dans un contexte de conditionnement physique. Des outils sont également fournis afin de permettre une utilisation efficace dans un cadre de prescription d’entraînement.

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4 profils d’entraîneurs personnels qui me laissent perplexe

Le monde du conditionnement physique et du fitness est souvent un environnement où l’on retrouve des spécimens pour le moins intéressants et quelque peu particuliers. Voici une liste non exhaustive de quelques-uns de ces profils d’entraîneurs qu’il est parfois possible de croiser. Comme à l’habitude avec ce genre de liste, il s’agit simplement d’une caricature…

Le frais (fra-ye)

Le frais tire sa satisfaction de la réussite de ses clients qui peut lui être associée ou encore de ses propres prouesses physiques ou intellectuelles. Son égo assez imposant fait en sorte qu’il doit absolument demeurer supérieur en tout point à chacun de ses clients. Par exemple, il est impensable qu’un client ne soulève plus de charge que lui ou encore ne coure plus rapidement que lui. Il fera en sorte que l’ordre des choses demeure ainsi, même si cela signifie qu’il doive rabaisser ses propres clients afin de préserver la hiérarchie. On peut facilement le remarquer dans n’importe quel centre sportif : il parle fort, porte des tenues révélatrices et s’adonne souvent à des exercices très particuliers afin de s’assurer d’attirer l’attention des masses, plus particulièrement l’attention de potentielles conquêtes (et ici, je ne fais pas référence à des clients, mais bien à des victimes de la séduction…). Son mode de recrutement est basé bien souvent sur son apparence, ses performances ou plus rarement ses diplômes et habituellement il présente un niveau de compétence en entraînement de passable à moyen, mais démontre une excellente condition physique.

Le preacher (pri-chère)

Le preacher détient la vérité en entraînement (et plus encore) et s’indigne devant le manque de connaissances flagrant de ses collègues et de ses clients. Il a une opinion « fondée » sur tout (art, droit, bourse, et bien sûr tout ce qui touche l’entraînement). Ses connaissances sont immenses et il est de son devoir de convertir le plus grand nombre d’individus que ses convictions sont celles qui doivent prévaloir en tout temps et pour tout le monde. On retrouve souvent le preacher dans des discussions animées où il défend avec acharnement ses convictions. Encore plus étrange, même lorsqu’il a tort, le preacher cherchera à avoir tout de même raison. Pour le preacher, il est essentiel d’avoir un auditoire qui abonde dans le même sens que lui, qui boive ses paroles. Il retire également de la satisfaction lorsqu’il réussit à convaincre de futurs clients de suivre sa bonne parole. Il réussit lorsqu’il est en mesure d’obtenir un auditoire suffisamment important, une raison pourquoi on le retrouve souvent à la radio ou encore à la télé. Son niveau de connaissance en entraînement est généralement de moyen à bon.

L’intello (nain-t-ello)

L’intello a possiblement lu tout ce qui pouvait avoir été écrit au sujet de l’entraînement. Il connait les études, leur auteur, des mots longs comme le bras et étrangement, il ne sourit que rarement. Il présente souvent une première impression dégageant de la frustration et il n’hésite pas à reprendre régulièrement ses interlocuteurs s’ils se trompent. Il démontre souvent maladroitement son savoir et souffre d’un manque crucial de « timing » dans ses interventions. Il est affecté par un manque de crédibilité provenant de son physique ou de son faible niveau de performance. Bref, il impressionne peu par son physique et tant qu’il ne parle pas, sa crédibilité est pratiquement nulle. L’intello passe énormément de temps à chercher les dernières études et à approfondir les dernières théoriques. Il est bien plus à l’aise devant un écran d’ordinateur que dans un gym. Il n’est pas rare que ce dernier ne devienne complètement déconnecté de la réalité de l’entraînement et qu’il ne soit pas en mesure de mettre en pratique ses connaissances. Son manque d’expérience de terrain jumelé parfois à des connaissances théoriques extrêmes peut donner lieu à des situations très cocasses dans un centre sportif. Son niveau de connaissance théorique en entraînement est impressionnant, mais sa capacité à mettre ses connaissances en pratique est souvent de faible à moyen.

Le markêteux (mar-kè-teu)

Le markêteux se caractérise par son immense et insatiable désir de faire de l’argent. Afin de réussir à atteindre ses lucratifs objectifs, le markêteux a recours à de nombreuses stratégies marketing inspirées des plus infâmes infopubs de fin de soirée. Habituellement, sa stratégie de prédilection repose sur les vulnérabilités de ses clients. Rapidement, le markêteux cible les points faibles de ses futurs clients et met subtilement en place un ou plusieurs stratagèmes pour les attirer à lui. Il dira à ses victimes exactement ce qu’elles souhaitent entendre (que cela soit vrai ou faux) et établira rapidement sa crédibilité en utilisant des photos de ses clients qui ont réussi ou encore utilisera des termes scientifiques (appropriés ou non) afin d’intimider intellectuellement ses futurs clients (avez-vous remarqué qu’en entraînement, lorsque quelqu’un ne comprend pas quelque chose, il est d’usage de faire comme si on comprenait? On se tait et on se dit que la personne doit sûrement savoir de quoi elle parle…). Le markêteux justifiera sans aucune hésitation chacune de ses actions et adaptera les justificatifs en fonction de son interlocuteur. Son réel désir d’aider ses clients passe uniquement par l’argent qu’il peut générer. Il réussit parce qu’il est en mesure de berner ses clients et de jouer sur les faiblesses en tant que consommateur. Son niveau de connaissance en entraînement est de moyen à bon, mais ses forces résident dans ses connaissances en marketing.

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5 astuces pour entraîneurs

C’est sans prétention que je vais me permettre quelques conseils à mes consœurs/confrères entraîneurs. Disons qu’il s’agit plutôt d’observations qui m’ont été et qui me sont toujours très utiles.

1)      Ne demandez pas à vos clients s’ils sont sérieux

Il peut s’avérer judicieux de passer ses futurs clients en entrevue afin de déterminer si une collaboration peut être fructueuse ou non. Lors de cette amicale entrevue, certaines questions sont toutefois pratiquement inutiles. Par exemple, de statuer que comme entraîneur, vous ne prenez que des clients ou athlètes sérieux. Quel client ou athlète va vous répondre : « Ah? Que des gens sérieux… C’est dommage moi qui voulait justement perdre mon temps et te faire perdre le tien en même temps… ». Il est certain que votre futur client va affirmer avec tout son cœur qu’il est sérieux, dévoué, obéissant, etc. Ne perdez pas votre temps à poser cette question qui ne vous apportera qu’une réponse automatique souvent dénudée de réalisme. Afin de déterminer le sérieux de votre interlocuteur, il est beaucoup plus intéressant d’observer des éléments concrets. Par exemple, observer la facilité (ou non) à fixer le rendez-vous avec votre client. Est-ce que ce dernier est difficile à caser? Demande-t-il à changer l’heure du rendez-vous à quelques reprises? Arrive-t-il à l’heure? Répond-il rapidement à ses courriels ou retourne-t-il rapidement vos appels? Ces observations vous en diront beaucoup plus sur le sérieux de sa démarche.

2)      Utilisez les médias sociaux

Big Brother à la rescousse. Je ne m’en cache pas, j’utilise abondamment Google et Facebook pour mieux cerner mes clients/athlètes. Je n’hésite pas à googler le nom de mes futurs clients ou athlètes afin de mieux les connaître. Outre les clichés d’images de beuveries ou crimes de jeunesses, les réseaux sociaux et Google peuvent vous donner un aperçu du rythme de vie d’un individu. Par exemple, des mises à jour de statut à 4 h du matin peuvent indiquer des troubles du sommeil ou bien une veillée qui s’est terminée sur le tard. Pour ceux et celles qui s’inquiètent d’empiéter sur le domaine de la vie privée, ce qui est accessible via Google ou Facebook par une simple recherche en ligne est très souvent considéré comme étant du domaine public. Petite anecdote, j’ai déjà une ex-cliente qui m’a dit devoir reporter notre rendez-vous, car sa mère était gravement malade. Par hasard (oui, oui, par hasard je vous l’assure), je suis tombé sur une mise à jour de statut Facebook via Foursquare qui la mettait au cinéma avec son amoureux à l’heure de notre rendez-vous. Ce n’est pas le report du rendez-vous qui m’a déçu, mais plutôt qu’elle sente le besoin de me mentir. La relation de confiance était désormais brisée.

3)      La technologie est votre amie, si vous la comprenez

J’ai commencé à utiliser la technologie dans ma pratique en 1998 avec l’achat d’un Palm III afin de conserver mes dossiers clients. La technologie et l’entraînement peuvent faire un excellent ménage. Que ce soit en utilisant des appareils de mesure, des systèmes de gestion de données ou tout simplement en créant des logiciels pour vous aider spécifiquement dans votre pratique, la technologie peut être un allié de taille. Tout comme elle peut s’avérer votre pire ennemie. Afin d’utiliser judicieusement cette dernière, vous devez la comprendre. Je m’étonne encore de côtoyer des entraîneurs qui fuient la technologie comme un adipocyte fuit le mollet d’un coureur. Je me souviens d’un cours de troisième cycle à l’université qui se donnait à 90 % sur MS Excel et où, encore aujourd’hui après un baccalauréat et une maîtrise, on y retrouvait des étudiants n’ayant pas une compréhension minimale du logiciel. Pourtant, il est possible de déterminer la capacité aérobie et les intensités d’entraînement cardiovasculaire à l’aide d’un tableur MS Excel tout comme pour les RMs en musculation. Et, tout ça sur un simple téléphone intelligent avec une feuille de calcul MS Excel.

Certains me diront que ce n’est pas nécessairement facile pour tout le monde. Et la physiologie ou la biomécanique, c’est plus simple peut-être? Bien souvent, les entraîneurs qui trouvent trop compliquée l’intégration de la technologie à leur pratique n’ont pas une pleine idée du potentiel du mariage entraînement et technologie. Cependant, la technologie peut devenir un ennemi de taille si elle est utilisée sans une bonne compréhension des fondements et mécanismes qui l’animent. Trop d’entraîneurs se fient aveuglément à la technologie sans en connaître les rouages. Cette attitude cause bien souvent de sérieux problèmes qui pourraient être facilement évités, simplement en se donnant la peine de fouiller et d’apprendre un peu plus. Combien de fois ai-je entendu des entraîneurs tout simplement (et maladroitement) mentir pour expliquer des résultats erronés. La technologie, ce n’est pas parfait, c’est utile.

4)      Il y a toujours une explication, qu’on la comprenne ou non

Il arrive parfois que nous soyons confrontés à des échecs, à des résultats aberrants qui peuvent nous sembler inexplicables. La tentation est forte pour trouver une explication mystique (explication mystique : explication où l’on ne peut pas mesurer les composantes de l’explication, ce qui fait en sorte qu’elle n’est pas immédiatement vérifiable). Le manque d’information limite notre capacité d’analyse d’une situation, pourtant, il arrive relativement fréquemment en entraînement que nous émettions des suppositions basées sur une explication mystique au lieu de chercher à prendre plus de mesures afin d’explorer davantage la problématique. Par exemple, un client ne perd pas de poids. Ce même client nous affirme s’entraîner fort et suivre son plan alimentaire à la lettre. Pas de perte de poids? C’est donc ses gènes ou son métabolisme qui le forcent à ne pas perdre de poids. Je ne savais pas que l’identification de gènes spécifiques se faisait à l’œil nu sans parler de mesure de métabolisme énergétique. Avoir su, j’aurais pris le cours… Beaucoup (trop!) d’entraîneur en resteront sur cette hypothèse qui deviendra une réalité dans la tête du client (je fais tout correct, ce sont mes gènes et mon métabolisme le problème). Il faut mesurer afin de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse. Il y a toujours une explication, qu’on le veuille ou non et surtout, qu’elle nous plaise ou non…

5)      Quand vous pensez que vous êtes compétents et efficaces, retournez à vos livres…

Lorsque vous vous sentez au-dessus de vos affaires et que vous voler sur les ailes de l’excellence, revenez sur terre et replongez-vous dans un ou plusieurs de vos livres de formation. Le sentiment de compétence est parfois associé à des comportements de négligences qui progressivement mènent un entraîneur à être confiant dans son incompétence. Le retour aux bases (biologie, physiologie, biomécanique, bioénergétique, psychologie, etc.) de l’entraînement vous permet de rapidement constater si vous êtes confiant pour les bonnes raisons ou si vous vous confortez lentement dans le lit de l’incompétence. Sérieusement, à quand la dernière fois où vous avez repris dans vos mains un de vos bouquins de formation (pas seulement pour le changer de place, mais pour le consulter)? Ici, je ne parle même pas de lire du nouveau matériel, simplement de s’assurer que vous savez ce que vous devez savoir.

Voilà, bien humblement, mes 5 astuces pour entraîneurs. Merci de prendre quelques instants pour compléter ce sondage.