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4 profils d’entraîneurs personnels qui me laissent perplexe

Le monde du conditionnement physique et du fitness est souvent un environnement où l’on retrouve des spécimens pour le moins intéressants et quelque peu particuliers. Voici une liste non exhaustive de quelques-uns de ces profils d’entraîneurs qu’il est parfois possible de croiser. Comme à l’habitude avec ce genre de liste, il s’agit simplement d’une caricature…

Le frais (fra-ye)

Le frais tire sa satisfaction de la réussite de ses clients qui peut lui être associée ou encore de ses propres prouesses physiques ou intellectuelles. Son égo assez imposant fait en sorte qu’il doit absolument demeurer supérieur en tout point à chacun de ses clients. Par exemple, il est impensable qu’un client ne soulève plus de charge que lui ou encore ne coure plus rapidement que lui. Il fera en sorte que l’ordre des choses demeure ainsi, même si cela signifie qu’il doive rabaisser ses propres clients afin de préserver la hiérarchie. On peut facilement le remarquer dans n’importe quel centre sportif : il parle fort, porte des tenues révélatrices et s’adonne souvent à des exercices très particuliers afin de s’assurer d’attirer l’attention des masses, plus particulièrement l’attention de potentielles conquêtes (et ici, je ne fais pas référence à des clients, mais bien à des victimes de la séduction…). Son mode de recrutement est basé bien souvent sur son apparence, ses performances ou plus rarement ses diplômes et habituellement il présente un niveau de compétence en entraînement de passable à moyen, mais démontre une excellente condition physique.

Le preacher (pri-chère)

Le preacher détient la vérité en entraînement (et plus encore) et s’indigne devant le manque de connaissances flagrant de ses collègues et de ses clients. Il a une opinion « fondée » sur tout (art, droit, bourse, et bien sûr tout ce qui touche l’entraînement). Ses connaissances sont immenses et il est de son devoir de convertir le plus grand nombre d’individus que ses convictions sont celles qui doivent prévaloir en tout temps et pour tout le monde. On retrouve souvent le preacher dans des discussions animées où il défend avec acharnement ses convictions. Encore plus étrange, même lorsqu’il a tort, le preacher cherchera à avoir tout de même raison. Pour le preacher, il est essentiel d’avoir un auditoire qui abonde dans le même sens que lui, qui boive ses paroles. Il retire également de la satisfaction lorsqu’il réussit à convaincre de futurs clients de suivre sa bonne parole. Il réussit lorsqu’il est en mesure d’obtenir un auditoire suffisamment important, une raison pourquoi on le retrouve souvent à la radio ou encore à la télé. Son niveau de connaissance en entraînement est généralement de moyen à bon.

L’intello (nain-t-ello)

L’intello a possiblement lu tout ce qui pouvait avoir été écrit au sujet de l’entraînement. Il connait les études, leur auteur, des mots longs comme le bras et étrangement, il ne sourit que rarement. Il présente souvent une première impression dégageant de la frustration et il n’hésite pas à reprendre régulièrement ses interlocuteurs s’ils se trompent. Il démontre souvent maladroitement son savoir et souffre d’un manque crucial de « timing » dans ses interventions. Il est affecté par un manque de crédibilité provenant de son physique ou de son faible niveau de performance. Bref, il impressionne peu par son physique et tant qu’il ne parle pas, sa crédibilité est pratiquement nulle. L’intello passe énormément de temps à chercher les dernières études et à approfondir les dernières théoriques. Il est bien plus à l’aise devant un écran d’ordinateur que dans un gym. Il n’est pas rare que ce dernier ne devienne complètement déconnecté de la réalité de l’entraînement et qu’il ne soit pas en mesure de mettre en pratique ses connaissances. Son manque d’expérience de terrain jumelé parfois à des connaissances théoriques extrêmes peut donner lieu à des situations très cocasses dans un centre sportif. Son niveau de connaissance théorique en entraînement est impressionnant, mais sa capacité à mettre ses connaissances en pratique est souvent de faible à moyen.

Le markêteux (mar-kè-teu)

Le markêteux se caractérise par son immense et insatiable désir de faire de l’argent. Afin de réussir à atteindre ses lucratifs objectifs, le markêteux a recours à de nombreuses stratégies marketing inspirées des plus infâmes infopubs de fin de soirée. Habituellement, sa stratégie de prédilection repose sur les vulnérabilités de ses clients. Rapidement, le markêteux cible les points faibles de ses futurs clients et met subtilement en place un ou plusieurs stratagèmes pour les attirer à lui. Il dira à ses victimes exactement ce qu’elles souhaitent entendre (que cela soit vrai ou faux) et établira rapidement sa crédibilité en utilisant des photos de ses clients qui ont réussi ou encore utilisera des termes scientifiques (appropriés ou non) afin d’intimider intellectuellement ses futurs clients (avez-vous remarqué qu’en entraînement, lorsque quelqu’un ne comprend pas quelque chose, il est d’usage de faire comme si on comprenait? On se tait et on se dit que la personne doit sûrement savoir de quoi elle parle…). Le markêteux justifiera sans aucune hésitation chacune de ses actions et adaptera les justificatifs en fonction de son interlocuteur. Son réel désir d’aider ses clients passe uniquement par l’argent qu’il peut générer. Il réussit parce qu’il est en mesure de berner ses clients et de jouer sur les faiblesses en tant que consommateur. Son niveau de connaissance en entraînement est de moyen à bon, mais ses forces résident dans ses connaissances en marketing.

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Les 5 pièges à éviter avec votre entraîneur

Ne percevez pas avec cet article une tentative de crucifier tous les entraîneurs, mais plutôt une proposition de qui devrait caractériser une certaine qualité de relation entre vous et celui-ci. Habituellement, lorsqu’on parle des éléments importants que l’on devrait rechercher (et trouver) chez un entraîneur on met en tête de liste le ou les diplômes et la formation. Ensuite si ce dernier (ou cette dernière, mais je déteste le terme entraîneuse) détient un certificat de réanimation cardiorespiratoire valide (seulement utile si vous prévoyez défaillir sous son joug). Finalement, a-t-il des histoires à succès avec photos à l’appui? A-t-il perdu 150 kg suite à une illumination soudaine l’incitant à changer sa vie et à se prendre en main ou bien est-il derrière les succès de Sydney Crosby? Si pour vous tout cela résume l’essentiel de la qualité d’un entraîneur, vous pouvez arrêter de lire et courir à votre prochain rendez-vous avec lui. Pour les autres, voici ma proposition des éléments importants de votre relation.

1-Se fier à ses certifications/formations/diplômes

Quoi? Toutes ces années d’études et de formations ne servent à rien? Mais non, elles peuvent servir à quelque chose, si la matière a été comprise et qu’elle est appliquée. Pour obtenir un baccalauréat, il faut réussir ses cours avec la note de passage. Pour réussir la plupart des formations, il ne faut que s’y présenter pour obtenir le diplôme. Et pour celles qui ont un examen, la plupart du temps ce dernier se trouve assez facilement sur Internet.

Ça ne veut pas dire que les formations ou qu’un diplôme universitaire sont mauvaises, il faut seulement faire la distinction entre les apprentissages dispensés et ce qui est compris. Vous devez vous fier sur ce que VOUS comprenez des explications ou justifications que votre entraîneur vous fournit avec votre programme. Ces informations doivent être ensuite vérifiées. Comment? Utilisez la loi de la masse. Utilisez Google abondamment afin de trouver de l’information. Utilisez Google intelligemment cependant. Vous souhaitez gagner de la masse musculaire? Googlez mythes sur le gain de masse musculaire ou encore les erreurs à ne pas faire pour gagner de la masse musculaire. Si les explications de votre entraîneur se retrouvent dans les résultats obtenus, vous allez devoir questionner votre entraîneur et possiblement certains de ses confrères (ou compétiteurs) pour approfondir le sujet.

2-S’ assurer de ses capacités d’évaluation

L’évaluation est la base du travail de l’entraîneur. Sans collecte de données, il est très difficile d’individualiser une planification d’entraînement. Il faut appuyer l’échafaudage de l’entraînement sur des données et il faut surtout être en mesure d’évaluer les changements. Votre entraîneur doit être en mesure de baser sa prescription d’entraînement sur des éléments tangibles que vous devez connaître. Les changements que vous souhaitez obtenir doivent être mesurés de façon objective.

Je suis toujours inquiet lorsque je vois des statuts sur Facebook ou Twitter de personnes qui font état de leur progression. On peut y lire des informations particulières comme : « Mon entraînement et ma diète ont porté fruit : je suis passé de 16 % de gras à 13 %. On est sur la bonne voie! » Pas forcément. Quelle est l’erreur de mesure associée à l’évaluation? Est-ce que la précision de l’évaluateur est de ±5 %? Cela voudrait dire que l’évaluateur n’est pas en mesure de faire la distinction entre les valeurs de 16 % et de 13 %. Il est donc possible qu’il n’y ait pas eu de changement et donc que l’entraînement et la diète n’aient pas fonctionné comme prévu… Certains diront que leur entraîneur utilise des appareils sophistiqués. Si c’est le cas, il vous sera facile de demander (et d’obtenir) la valeur associée à l’erreur de mesure. Sinon, il sera difficile de faire des comparaisons avant après, technologie ou pas.

3-Lui faire confiance aveuglément

Donner autant de pouvoir à un individu, compétent ou non, est toujours un comportement à risque très élevé. Votre entraîneur peut être de bonne foi, intelligent et même beau. Cela n’enlève rien au fait qu’il puisse se tromper. Ses erreurs peuvent s’avérer extrêmement coûteuses pour l’atteinte de vos objectifs de même que pour votre santé. Je vais me prendre en exemple sur ce point. J’utilise un logiciel pour structurer mes planifications d’entraînement afin de faciliter l’organisation des séances au sein d’une planification de 12 semaines. Cependant, il arrive que le logiciel soit animé de certains caprices et qu’il dédouble certains exercices. Cela peut avoir comme effet de doubler le travail pour un même exercice causant des modifications importantes et potentiellement désastreuses pour l’entraîné. Même si je révise le document final d’une cinquantaine de pages, il est possible que je passe par-dessus un simple dédoublement d’image et que l’erreur se transmette à l’entraîné. Si quelque chose vous semble louche ou « original » pourquoi ne pas poser la question de façon insistante à votre entraîneur afin de vous assurer de son exactitude? N’hésitez pas à remettre en question votre entraîneur, son égo devrait lui permettre de gérer ce genre de situation.

4-Choisir ce qui vous convient et faire fi du reste

Il arrive que certains clients décident d’adapter leur entraînement sans en informer leur entraîneur parce qu’ils aiment plus ceci et moins cela. Ce double jeu est très risqué, car l’ensemble de la planification d’entraînement conçue pour l’atteinte de vos objectifs par votre entraîneur (du moins j’espère qu’il planifie) repose sur certains éléments qui peuvent être hors de votre compréhension. Il est possible que certains éléments qui vous plaisent moins soient des points critiques pour permettre la progression vers vos objectifs sans toutefois être très évident. Par exemple, j’accorde de l’importance à l’entraînement en flexibilité pour le développement de la force et de l’hypertrophie. Il n’est pas rare que certaines de mes athlètes négligent ce volet de leur entraînement et que cette décision finisse par leur coûter cher en termes de temps de développement (à un moment donné, la flexibilité peut devenir un facteur limitant du développement de la force et éventuellement de l’hypertrophie, mais ceci est une autre histoire). Si vous prenez un entraîneur, c’est pour qu’il vous guide et non pas pour qu’il vous donne ce que vous avez envie de faire. Sinon, achetez-vous un magazine ou bien surfez sur Internet pour trouver des choses que vous aimez faire et vous sauverez des sous côté entraînement.

5-Se fier au physique ou aux performances de l’entraîneur ou bien de ses athlètes

Pour beaucoup de gens, les performances ou le physique de l’entraîneur sont le premier critère de sélection. Ensuite, les réalisations de ces clients ou athlètes suivent non loin derrière. Suite au succès de mes athlètes, j’ai eu plusieurs demandes de personnes espérant performer au même niveau. C’est flatteur et j’apprécie, mais c’est mal comprendre l’essence même du succès menant à l’atteinte des objectifs. La réussite en entraînement se matérialise lorsque la symbiose entre l’entraîneur et l’entraîné passe devant les intérêts de chacun des partis. Si mes athlètes ont du succès, c’est à cause de la relation que nous avons et non pas uniquement à cause de mes connaissances/compétences et de leur discipline/effort. Si ce n’était que ça, un entraîneur ne devrait qu’avoir un QI élevé et les athlètes une discipline de fer. C’est plus complexe que ça. Il est donc illusoire de magasiner un entraîneur en se fiant uniquement à ses performances ou bien à celles de ses athlètes. Il faut plutôt se magasiner une relation qui permettra aux deux partis de pleinement exploiter leur potentiel. Pour ce faire, il faut développer une relation basée sur la communication, les connaissances et l’intégrité.

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5 astuces pour entraîneurs

C’est sans prétention que je vais me permettre quelques conseils à mes consœurs/confrères entraîneurs. Disons qu’il s’agit plutôt d’observations qui m’ont été et qui me sont toujours très utiles.

1)      Ne demandez pas à vos clients s’ils sont sérieux

Il peut s’avérer judicieux de passer ses futurs clients en entrevue afin de déterminer si une collaboration peut être fructueuse ou non. Lors de cette amicale entrevue, certaines questions sont toutefois pratiquement inutiles. Par exemple, de statuer que comme entraîneur, vous ne prenez que des clients ou athlètes sérieux. Quel client ou athlète va vous répondre : « Ah? Que des gens sérieux… C’est dommage moi qui voulait justement perdre mon temps et te faire perdre le tien en même temps… ». Il est certain que votre futur client va affirmer avec tout son cœur qu’il est sérieux, dévoué, obéissant, etc. Ne perdez pas votre temps à poser cette question qui ne vous apportera qu’une réponse automatique souvent dénudée de réalisme. Afin de déterminer le sérieux de votre interlocuteur, il est beaucoup plus intéressant d’observer des éléments concrets. Par exemple, observer la facilité (ou non) à fixer le rendez-vous avec votre client. Est-ce que ce dernier est difficile à caser? Demande-t-il à changer l’heure du rendez-vous à quelques reprises? Arrive-t-il à l’heure? Répond-il rapidement à ses courriels ou retourne-t-il rapidement vos appels? Ces observations vous en diront beaucoup plus sur le sérieux de sa démarche.

2)      Utilisez les médias sociaux

Big Brother à la rescousse. Je ne m’en cache pas, j’utilise abondamment Google et Facebook pour mieux cerner mes clients/athlètes. Je n’hésite pas à googler le nom de mes futurs clients ou athlètes afin de mieux les connaître. Outre les clichés d’images de beuveries ou crimes de jeunesses, les réseaux sociaux et Google peuvent vous donner un aperçu du rythme de vie d’un individu. Par exemple, des mises à jour de statut à 4 h du matin peuvent indiquer des troubles du sommeil ou bien une veillée qui s’est terminée sur le tard. Pour ceux et celles qui s’inquiètent d’empiéter sur le domaine de la vie privée, ce qui est accessible via Google ou Facebook par une simple recherche en ligne est très souvent considéré comme étant du domaine public. Petite anecdote, j’ai déjà une ex-cliente qui m’a dit devoir reporter notre rendez-vous, car sa mère était gravement malade. Par hasard (oui, oui, par hasard je vous l’assure), je suis tombé sur une mise à jour de statut Facebook via Foursquare qui la mettait au cinéma avec son amoureux à l’heure de notre rendez-vous. Ce n’est pas le report du rendez-vous qui m’a déçu, mais plutôt qu’elle sente le besoin de me mentir. La relation de confiance était désormais brisée.

3)      La technologie est votre amie, si vous la comprenez

J’ai commencé à utiliser la technologie dans ma pratique en 1998 avec l’achat d’un Palm III afin de conserver mes dossiers clients. La technologie et l’entraînement peuvent faire un excellent ménage. Que ce soit en utilisant des appareils de mesure, des systèmes de gestion de données ou tout simplement en créant des logiciels pour vous aider spécifiquement dans votre pratique, la technologie peut être un allié de taille. Tout comme elle peut s’avérer votre pire ennemie. Afin d’utiliser judicieusement cette dernière, vous devez la comprendre. Je m’étonne encore de côtoyer des entraîneurs qui fuient la technologie comme un adipocyte fuit le mollet d’un coureur. Je me souviens d’un cours de troisième cycle à l’université qui se donnait à 90 % sur MS Excel et où, encore aujourd’hui après un baccalauréat et une maîtrise, on y retrouvait des étudiants n’ayant pas une compréhension minimale du logiciel. Pourtant, il est possible de déterminer la capacité aérobie et les intensités d’entraînement cardiovasculaire à l’aide d’un tableur MS Excel tout comme pour les RMs en musculation. Et, tout ça sur un simple téléphone intelligent avec une feuille de calcul MS Excel.

Certains me diront que ce n’est pas nécessairement facile pour tout le monde. Et la physiologie ou la biomécanique, c’est plus simple peut-être? Bien souvent, les entraîneurs qui trouvent trop compliquée l’intégration de la technologie à leur pratique n’ont pas une pleine idée du potentiel du mariage entraînement et technologie. Cependant, la technologie peut devenir un ennemi de taille si elle est utilisée sans une bonne compréhension des fondements et mécanismes qui l’animent. Trop d’entraîneurs se fient aveuglément à la technologie sans en connaître les rouages. Cette attitude cause bien souvent de sérieux problèmes qui pourraient être facilement évités, simplement en se donnant la peine de fouiller et d’apprendre un peu plus. Combien de fois ai-je entendu des entraîneurs tout simplement (et maladroitement) mentir pour expliquer des résultats erronés. La technologie, ce n’est pas parfait, c’est utile.

4)      Il y a toujours une explication, qu’on la comprenne ou non

Il arrive parfois que nous soyons confrontés à des échecs, à des résultats aberrants qui peuvent nous sembler inexplicables. La tentation est forte pour trouver une explication mystique (explication mystique : explication où l’on ne peut pas mesurer les composantes de l’explication, ce qui fait en sorte qu’elle n’est pas immédiatement vérifiable). Le manque d’information limite notre capacité d’analyse d’une situation, pourtant, il arrive relativement fréquemment en entraînement que nous émettions des suppositions basées sur une explication mystique au lieu de chercher à prendre plus de mesures afin d’explorer davantage la problématique. Par exemple, un client ne perd pas de poids. Ce même client nous affirme s’entraîner fort et suivre son plan alimentaire à la lettre. Pas de perte de poids? C’est donc ses gènes ou son métabolisme qui le forcent à ne pas perdre de poids. Je ne savais pas que l’identification de gènes spécifiques se faisait à l’œil nu sans parler de mesure de métabolisme énergétique. Avoir su, j’aurais pris le cours… Beaucoup (trop!) d’entraîneur en resteront sur cette hypothèse qui deviendra une réalité dans la tête du client (je fais tout correct, ce sont mes gènes et mon métabolisme le problème). Il faut mesurer afin de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse. Il y a toujours une explication, qu’on le veuille ou non et surtout, qu’elle nous plaise ou non…

5)      Quand vous pensez que vous êtes compétents et efficaces, retournez à vos livres…

Lorsque vous vous sentez au-dessus de vos affaires et que vous voler sur les ailes de l’excellence, revenez sur terre et replongez-vous dans un ou plusieurs de vos livres de formation. Le sentiment de compétence est parfois associé à des comportements de négligences qui progressivement mènent un entraîneur à être confiant dans son incompétence. Le retour aux bases (biologie, physiologie, biomécanique, bioénergétique, psychologie, etc.) de l’entraînement vous permet de rapidement constater si vous êtes confiant pour les bonnes raisons ou si vous vous confortez lentement dans le lit de l’incompétence. Sérieusement, à quand la dernière fois où vous avez repris dans vos mains un de vos bouquins de formation (pas seulement pour le changer de place, mais pour le consulter)? Ici, je ne parle même pas de lire du nouveau matériel, simplement de s’assurer que vous savez ce que vous devez savoir.

Voilà, bien humblement, mes 5 astuces pour entraîneurs. Merci de prendre quelques instants pour compléter ce sondage.

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Est-ce que l’entraîneur doit être un exemple?

La réponse est évidente pour certains : l’entraîneur doit absolument est le parfait exemple afin que ses « entraînés » puissent aspirer à être comme lui ou elle. C’est simple. Le meilleur entraîneur en triathlon est obligatoirement un triathlonien de haut niveau, le meilleur entraîneur en culturisme a forcément participé à Olympia. Lorsque j’entends certaines critiques envers des entraîneurs un peu rondouillets, il me vient toujours le même exemple en tête. Lors de la dernière conquête de la coupe Stanley par les Canadiens de Montréal, le meilleur marqueur, défenseur et gardien but de l’équipe était bien sûr Jacques Demers. Non? Quoi, Jacques Demers patine mal? Impossible. Il n’a jamais joué dans la ligue nationale ou américaine? Comment est-ce possible?

Pourtant, plusieurs personnes à la recherche d’un entraîneur tentent de trouver l’athlète parfait, car si ce dernier performe bien, il peut forcément en entraîner d’autres vers le succès. Il sait ce qu’il faut faire pour y arriver, la preuve : il réussit comme athlète. On fait ici appel au vécu, à l’expérience ou au talent et on fait la supposition que l’athlète de haut niveau pourra s’en servir pour transmettre ses capacités de performances à ceux et celles qu’il entraîne. C’est un peu restreint comme perspective…

Oui, l’expérience et la pratique d’une activité peuvent être un outil pertinent pour entrainer des gens à réaliser cette même activité. Cela peut également s’avérer un inconvénient, car l’expérience peut imposer des dogmes et grandement limiter la compréhension de la tâche à réaliser (le défaut des talents naturels). Bref, l’expérience est un atout lorsque bien utilisée dans un cadre de fonctionnement axé sur la compréhension et non lorsqu’il s’agit d’une application aveugle de principes vécus par un individu.

Quelqu’un qui n’a jamais couru un marathon peut-il entraîner des marathoniens? Est-ce qu’un gringalet pourrait entraîner des culturistes? Si on pousse le raisonnement plus loin, est-ce qu’un entraîneur de sexe masculin pourrait entraîner des femmes en n’ayant aucune idée de ce que peuvent être les phases du cycle menstruel? Pourtant, bien des entraîneurs n’ont jamais pratiqué à un haut niveau la discipline dans laquelle ils entraînent des athlètes. Certains des meilleurs entraîneurs souffrent de surpoids et même d’obésité ou bien présentent une capacité aérobie digne d’un koala. Mais, leurs athlètes connaissent du succès.

Pourquoi est-ce ainsi? Parce que l’expérience permet d’augmenter le bagage de connaissances dans une discipline donnée, mais n’est pas un facteur limitant dans l’apprentissage de l’entraîneur. Les capacités d’analyse, de compréhension et de conversion d’un modèle théorique en application pratique sont des éléments encore plus importants que l’expérience. Afin d’être en mesure de bien développer un athlète, il faut comprendre les exigences des activités, les capacités de l’athlète et comment implanter une intervention qui modifiera avec succès ses aptitudes afin qu’il ou elle performe.

Est-ce qu’un entraîneur doit être un exemple? Ça dépend de l’exemple. Un entraîneur doit prêcher par l’exemple par sa rigueur, par sa capacité d’analyse et de compréhension, par ses capacités à apprendre et à mettre en pratique les notions théoriques qu’ils affûtent régulièrement. Un entraîneur n’a pas besoin d’être un exemple de performance, il doit favoriser la performance de ces athlètes avec l’ensemble de ses ressources. Le meilleur cours de spinning n’est pas forcément donné par l’instructeur ayant la meilleure capacité aérobie.

Ceci étant dit, il existe des entraîneurs qui donnent le mauvais exemple. Pour moi, un mauvais exemple se manifeste de différentes façons. Un entraîneur qui se cherche des excuses pour justifier son surpoids ou sa sédentarité, un entraîneur qui ment, qui manipule, qui n’est pas intègre, qui croit sans comprendre, etc. La liste est longue…

Lorsque l’on se cherche un entraîneur, il faut être prudent dans l’exemple que l’on tente de suivre, comme on dit, l’habit ne fait pas forcément le moine…

Les 16 et 17 novembre prochains, 6 de mes athlètes (Priscille, Laura, Nathalie, Thessiane, Anne-Josie et Karyne) participeront à leur plus grande compétition en carrière. Elles compétitionneront fièrement (et surtout avec grand plaisir) dans différentes catégories (bikini, fitness model, figure) lors du Fitness America Weekend et elles partageront la scène avec plus de 500 autres athlètes. Pourtant, je n’ai jamais participé à une compétition en maillot 2 pièces et en talons hauts (et c’est mieux comme ça pour tout le monde).

Le 25 novembre, un de mes athlètes (let’s go Robert, tu ne cesseras de m’impressionner!) participera au Ironman de Cozumel, il s’agira d’un important défi pour lui. Pourtant, je nage aussi bien qu’un bloc de ciment de l’échangeur Turcot…

Comment puis-je entraîner ces athlètes alors que je n’ai jamais participé comme athlète à ce type de compétitions? Bonne question! On verra bien ce que ça donne, peut-être me faudra-t-il apprendre à nager en talons haut…

Les filles en question…
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L’Équipe Canada à laquelle nous nous joignons…
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Art, science et sexe

Pour beaucoup de gens, l’entraînement n’est pas une chose compliquée : il s’agit de faire les efforts et les résultats suivront. Sinon, c’est que la génétique n’est pas favorable ou tout simplement que la volonté n’y est pas. Avec les années, j’ai appris (bien malgré moi) à ne plus m’insurger contre ce genre de commentaire/raisonnement. Oui, j’ai étudié longtemps (et j’étudierai probablement toute ma vie ce domaine) et je ne peux que conclure que l’entraînement, c’est tout sauf simple.

L’entraînement, c’est beaucoup plus complexe que ce que le commun des mortels est porté à croire. Il y a une quantité astronomique de variables qui sont parfois difficiles à contrôler (et même trop souvent incontrôlables). Résumer l’entraînement à une notion d’effort et de souffrance, c’est simplifier une navette spatiale à un bouton de décollage pour le lancement et un train d’atterrissage pour le retour sur Terre. C’est assez simple, non?

L’art

Pour beaucoup d’entraîneurs, l’entraînement c’est un art. On suit ses intuitions, on prescrit au « feeling ». Certes, beaucoup vont s’appuyer sur des connaissances (comme le peintre sur les notions de couleurs, d’équilibre, etc.), mais leur démarche est très rarement supportée par une démarche scientifique. On se contente de peindre un tableau. Si le résultat est bien, on l’expose (les photos de réussite de leurs clients) et si le résultat est moins bien, on jette la toile et on essaie autre chose. Ce travail, c’est la démarche d’un artiste et pas d’un scientifique. Pourtant, trop de ces entraîneurs ont des prétentions scientifiques et mentionnent qu’ils s’appuient sur des études, sur des concepts, etc. C’est un peu comme si un artiste-peintre clamait haut fort sont statut de spécialiste en chromatographie. L’art c’est bien et il est important que la démarche de création artistique se démarque d’une démarche scientifique. Du moins, pour le domaine des arts (oui, il s’agit là d’une opinion personnelle, c’est le but d’un blogue…). Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre les artistes de l’entraînement, je trouve qu’ils font très souvent un travail original et imaginatif. J’en ai contre les imposteurs. Qu’on appelle un artiste un artiste.

La science

Pour d’autres entraîneurs, l’entraînement, c’est une science. S’ils sont beaucoup moins nombreux que les artistes, il n’en demeure pas moins qu’ils sont parfois présents dans nos centres de conditionnement physique. L’entraîneur scientifique diffère de l’entraîneur-artiste par sa méthodologie (parfois envahissante) et son approche de type pas à pas. On évalue, on met en place une intervention ciblant des variables précises, on réévalue et on constate les résultats si résultat il y a. Pourquoi sont-ils moins nombreux? Parce qu’ils sont trop souvent confrontés à leur échec. Le problème de mesurer le changement, c’est d’être pris avec le résultat, bon ou moins bon. Les clients ont tendances à perdre leur motivation lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous. Malheureusement, la tentation est souvent trop forte et certains finissent par corrompre la méthode scientifique en modifiant les résultats ou en pervertissant les explications. Question rétention des clients, l’artiste a le beau rôle alors que le scientifique marche sur la corde raide.

Le sexe

En fait, l’entraînement, c’est du sexe (tout va bien, je vous rassure). La reproduction sexuée se démarque par la création d’un individu différent de ses parents, idéalement une version plus évoluée (2.0 pour les amateurs technophiles). Le but de l’entraînement est donc de développer une version améliorée de l’individu. Il s’agit d’un coït entre une multitude de variables qui vont donner un individu nouveau.

L’entraînement fait donc office de relation sexuelle. Ce type de relation, pour être efficace, ne peut pas uniquement se baser sur une approche méthodique (scientifique) ou sur une approche plus libertine (artistique). Il faut un juste équilibre afin de procréer (les préliminaires avant de passer à l’action biologique). Afin de réussir, pourquoi ne faudrait-il pas une habile combinaison entre l’intuition et le rationnel? À en écouter plusieurs, cette réalité est totalement impossible. Jamais, un entraîneur-artiste ne pourra se conformer à utiliser une méthode rigoureuse et jamais un entraîneur-scientifique n’osera s’abaisser à écouter son « feeling ».

Pourtant, quand on s’attarde aux publications scientifiques, on réalise rapidement qu’il est excessivement difficile de simplement mesurer l’impact d’un programme d’entraînement sur un groupe d’individus. Trop de variables incontrôlables (de la météo en passant par le hockey du samedi soir et l’épicerie du jeudi). Une brève revue de littérature (pubmed.org) avec les mots clés « resistance training », « exercise training », et « training adaptations » vous décevra. Vous ne trouverez pas de notion extraordinaire, de recette miracle, de programme d’entraînement hyper sophistiqué. Vous allez trouver des entraînements très ordinaires (quand ils sont décrits) avec des conclusions souvent très conservatrices. Inversement, dans des magazines plus artistiques (de type MuscleQuelquechose) vous y trouverez de l’art à sa plus pure expression sous forme de programmes de type peinture à numéros (faites ceci et ça marche, pourquoi, parce que le gars sur l’image le dit). Si aujourd’hui les deux approches sont malheureusement aux antipodes, j’ai espoir qu’il y ait une révolution éclairée sous peu dans le domaine de l’entraînement.

Un entraîneur se doit d’être le parfait croisement entre Picasso et Copernic.