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Vos objectifs sont-ils en train de vous tuer ?

Vous vous entraînez avec acharnement, vous suivez une diète stricte, votre corps transpire la discipline, vous désirez atteindre vos objectifs et vous mettrez tout en œuvre pour y arriver. La fierté inonde vos actions, vous portez la tête haute à l’entraînement et vous êtes en compétition avec vous ou encore avec d’autres.

Vous vous considérez comme un athlète, un vrai, un pur-sang. Votre vie tourne autour de l’atteinte de vos objectifs. Arrêtez-vous quelques instants, prenez une pause, respirez et lisez ce qui suit.

Et si vos objectifs vous menaient à votre perte?

L’avènement des réseaux sociaux fait en sorte que nous avons, parfois bien malgré notre volonté, un accès quasi constant au quotidien de certaines personnes. On partage des pensées, des citations inspirantes, des photos de nos repas, on se félicite de nos nouveaux records personnels, etc. Cette exposition quotidienne m’amène à une réflexion sur le bien-fondé de l’entraînement et de la détermination d’objectifs, plus particulièrement dans le domaine du fitness.

Le sport d’élite n’a rien d’équilibré, il s’agit de pousser la machine humaine à dépasser ses limites, ce qui est, par définition, un déséquilibre en soi. Le problème ne se situe pas à ce niveau, mais bien au niveau de la perception que les gens ont de cette dynamique. Nombreux sont ceux qui ressentent une certaine fébrilité à l’idée de se dépasser, toutefois, il est important de comprendre que pour atteindre la finalité, il y a un parcours qui doit l’accompagner. En réalité, le parcours est ce qui importe, car il est ce qui nous forge, ce qui nous offre l’opportunité de changer et de devenir meilleur.

En étant aveuglé par la finalité, l’objectif initialement fixé, on perd de vue le parcours et il devient beaucoup plus difficile d’incorporer ce dernier et de réellement changer. Je constate qu’il semble y avoir de plus en plus de gens aveuglés par leur objectif, obsédés par l’atteinte de leur objectif, quel qu’il soit. Et ça, ça peut devenir un problème.

Ça devient un problème lorsque…

Tes objectifs deviennent le prétexte pour justifier tes travers

Pour certaines personnes, en fitness comme dans d’autres sports, leurs objectifs deviennent un prétexte noble pour justifier un trouble de comportement alimentaire, une distorsion de l’image corporelle ou autres troubles compulsifs. On soulage sa conscience ou on tente de faire taire ses détracteurs : « Je dois manger ainsi afin de changer ma composition corporelle vous ne savez pas ce que c’est, c’est mon entraîneur qui me l’a dit » ou encore « c’est normal que je me prive durant la semaine, c’est pour atteindre mes objectifs. De toute façon, j’ai droit à mon cheat meal en fin de semaine ». En fait, on peut facilement dissimuler des comportements boulimiques ou autres désordres alimentaires derrière une préparation sportive. Ce n’est pas toujours le cas bien entendu, mais ça arrive. Parfois, j’ai l’impression que c’est omniprésent dans le monde du fitness. Un peu comme si c’était un monde parallèle pour justifier et glorifier les troubles de comportements alimentaires. Comme si on poussait le raisonnement du « vous les gros pas en formes vous ne pouvez pas comprendre » à un extrême malsain. Oui, une personne ayant une hygiène de vie largement déficiente pourra possiblement comprendre avec plus de difficulté le mode de vie d’un athlète. Mais, une personne saine d’esprit pourra également plus difficilement comprendre les comportements et agissements d’une personne souffrant de troubles alimentaires. La question se pose pour tout athlète: est-ce que je suis conscient de ce que je fais ou bien suis-je en train de me leurrer vers un idéal malsain?

Tu fais plus de kilométrage à courir après la reconnaissance des autres que lors de tes entraînements

Lorsque les objectifs sont fixés en fonction du regard des autres, on commence à effriter l’essence même des objectifs. Lorsque la plus grande motivation est de voir une photo de soi avec une citation inspirante être adulée par plusieurs, il faudrait penser à remettre les choses en perspective. Les objectifs, c’est pour atteindre un dépassement de soi qui mènera quelque part, quelque part de mieux. Impressionner la galerie par nos performances ou nos exploits, ce sont en réalité bien souvent des dommages collatéraux. Des dommages, parce que la gloire, la popularité et le succès sont des concepts très difficiles à gérer. Je ne parle pas ici uniquement des succès internationaux d’athlètes, mais également des « microsuccès » que le commun des mortels atteint au gym. Par exemple, le gars qui lève lourd au gym se doit de mettre lourd lorsqu’il s’entraîne. Réduire ses charges se résume à réduire sa valeur auprès des autres, peu importe la nature de ses entraînements. Si ses objectifs sont fixés en fonction des acclamations qu’il reçoit, la pression peut rapidement devenir insoutenable et nuire à sa saine progression, car chaque entraînement devient une compétition pour le regard et l’approbation des autres. Il en vient à faire ce qu’il pense que les autres veulent voir et pas nécessairement ce qui doit être fait pour son cheminement.

Il en va de même pour la fille « cut ». Elle se doit de maintenir sa composition corporelle au meilleur de ses capacités en tout temps. Un relâchement et c’est la fin, elle subira le lourd regard désapprobateur des autres filles moins « cut ». Son identité finit par se résumer à sa composition corporelle. Elle doit présenter une composition corporelle optimale à tout prix, peu importe les moyens qu’elle prend pour l’atteindre. Le mode de vie n’a plus d’importance, uniquement ce que les autres voient. Ce que l’on voit résume l’être alors que ça ne représente qu’une parcelle de soi.

 Ce que tu dis que tu fais n’est pas ce que tu fais

Lorsque l’on commence à projeter une image à partir de nos objectifs que l’on croit être la bonne, mais que celle-ci ne représente pas notre réalité, il y a des risques et des conséquences. Certaines personnes vont commencer à se mentir et à croire leurs propres mensonges, alors que d’autres vont constamment chercher à cacher leurs vrais comportements. C’est le cas des utilisateurs de produits dopants, mais c’est aussi le cas du mode de vie sacro-saint (ceux et celles qui font toujours tout à la perfection, du moins, c’est ce qu’ils nous disent). Nous avons tous nos imperfections, nos défauts et je ne crois pas qu’il soit nécessaire de les mettre de l’avant. Cependant, il y a un écart important entre dissimuler ses vices et défauts et faire comme s’ils n’existaient pas. Lorsque l’écart se creuse entre ce que l’on fait et ce que l’on dit que l’on fait, c’est possiblement parce que les objectifs fixés sont problématiques ou encore irréalistes. Cette spirale du mensonge finit par affecter tant l’individu que l’entourage. L’individu parce qu’il devient rapidement très difficile de soutenir une vie de mensonges et l’entourage parce qu’il croit au mensonge et s’en inspire (uniquement pour finalement être déçu).

Tes objectifs sont malsains

Que ce soit le désir aveuglant de la personne, l’égo mal placé de l’entraîneur ou encore une erreur de jugement de part et d’autre, il arrive parfois que les objectifs soient tout simplement malsains. La personne ne progresse pas et l’on observe même une détérioration de composantes psychologiques et physiologiques. Ça arrive et c’est malheureux. Le problème ne se situe pas au niveau de l’erreur initiale, mais bien dans l’entêtement commun que peuvent avoir l’individu et/ou l’entraîneur dans la poursuite de l’atteinte de ces mauvais objectifs. On poursuit dans l’erreur sans questionner le fondement des objectifs et leurs impacts sur la personne. On ne parle plus de volonté et de discipline, mais d’obsession incontrôlée que l’on tente d’anoblir par un objectif beau et propre. Lorsque les objectifs sont malsains, ils doivent être abandonnés et remplacés par d’autres qui favoriseront le développement intégral de la personne.

En terminant, la discipline, la volonté et les efforts doivent être canalisés vers quelque chose de constructif et positif pour la personne. Si constamment vous vous sentez restreints et prisonniers de ce que vous faites, si votre motivation ne provient que des commentaires issus de réseaux sociaux, j’espère que vous pouvez bien vivre de vos objectifs. Car, à moins d’être un athlète professionnel ou une célébrité, les risques sont élevés que vous naviguez droit vers le naufrage.

L’atteinte de vos objectifs est un chemin parsemé d’embûches certes, mais on surmonte ces difficultés pour arriver quelque part de mieux, pas de pire.

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Les 4 éléments clés de la réussite d’une compétitrice de Fitness

Certains affirmeront qu’il existe bien plus que 4 éléments menant au succès lors d’une compétition de Fitness (ici Fitness regroupant les catégories de Modèle Fitness et de Figure). Et ils ont raison. Toutefois, j’ai cherché à regrouper 4 éléments qui sont souvent négligés et qui poussent trop souvent bien des athlètes à faire des choix risqués (lire prendre des produits dopants). Ces éléments sont en fait une base sur laquelle il est possible de s’appuyer pour établir la planification d’entraînement saine et efficace.

Avoir une capacité aérobie adéquate

Il s’agit de l’élément déterminant le plus important pour permettre une diminution optimale de la masse grasse. Une capacité aérobie insuffisante diminue énormément la quantité de calories pouvant être dépensées lors des entraînements. Par exemple, une capacité aérobie de 35 mL* kg-1*min-1 (ce n’est pas très élevé) pour une athlète de 55 kg permettra difficilement de dépenser plus de 380 kcal lors d’un cours de spinning de 45 min. Pourquoi? Parce que la grosseur du moteur détermine la quantité d’énergie qui peut être utilisée. Plus on souhaite perdre du gras, plus il faut être en mesure de créer un déficit énergétique important. La stratégie habituelle consiste à restreindre les apports nutritionnels de façon importante. Cependant, cette façon de procéder réduit également la quantité des micronutriments ingérés ce qui cause bien souvent une diminution des performances physiques par le biais de carences nutritionnelles. Comme les athlètes ont souvent des besoins plus importants pour certains micronutriments (zinc, potassium, etc.), la réduction importante des apports nutritionnels peut s’avérer contre-productive.

Beaucoup d’athlètes de fitness considèrent qu’elles ont un cardio adéquat parce qu’elles sont capables « souffrir » sur des appareils cardio. Souffrir indique seulement que le % de l’effort est élevé et non pas que l’effort est nécessairement impressionnant. Un effort à 90 % de la capacité aérobie est assurément souffrant, mais 90 % de 35 mL* kg-1*min-1 ou de 65 mL* kg-1*min-1 ne résultent pas dans la même dépense énergétique pour une durée donnée. Il est donc essentiel pour une athlète de fitness qui souhaite performer sainement à des bons niveaux de compétition d’avoir une capacité aérobie supérieure. Selon moi, cette capacité aérobie devrait se chiffrer aux alentours de 50 mL* kg-1*min-1 ce qui habituellement confère à l’athlète une vitesse maximale sur un tapis roulant d’environ 14 km/h.

Avoir une force suffisante

Tout comme pour la capacité aérobie, la force est un élément essentiel de toute modification de composition corporelle optimale. Si le cardio détermine la quantité de calories pouvant être dépensées, la force détermine indirectement la capacité à gagner de la masse musculaire par l’entremise de la capacité à imposer une tension mécanique importante. Il s’agit précisément de cette tension mécanique qui initie le processus d’hypertrophie musculaire. La force, d’abord et avant tout une histoire de recrutement nerveux, doit permettre d’imposer une surcharge sur les composantes physiques du muscle. Il est possible que l’on ne soit pas en mesure de soulever plus lourd tout simplement parce que les patrons nerveux ne sont pas suffisamment développés pour recruter efficacement les composantes musculaires lors de l’effort. La « viande » est capable de soutenir l’effort, mais le système nerveux n’est pas capable « d’organiser » le travail musculaire pour effectuer la tâche. En somme, on va au bout de nos forces, mais ce n’est pas assez pour générer un développement musculaire significatif. Il est difficile de fournir des standards de force, mais je vais m’aventurer sur le squat et sur le développé couché (bench press). Une athlète de fitness devrait offrir un ratio de 1.3 sur le squat (donc être en mesure de soulever 1.3 fois son poids sur le squat pour plusieurs répétitions >8) et 0.7 sur le développé couché (donc, 0.7 fois son poids sur le développé couché pour plusieurs répétitions >8).

Être consciente et intègre

Les pièges sont nombreux lors d’une préparation pour une compétition de fitness. Les plus fréquents prennent naissance au plus profond de soi. De petites habitudes, des manies ou des comportements sociaux sont souvent la source d’échec. Il importe à l’athlète d’être consciente de ses habitudes et manies, de les reconnaître et surtout d’assumer l’impact qu’elles peuvent avoir sur la performance. Parmi les habitudes les plus dommageables, on retrouve :

–        Grignoter

Il est possible de grignoter des quantités importantes de calories lors d’une préparation à une compétition. Parce qu’il s’agit de petites quantités à la fois, l’athlète est sous l’impression que les apports sont infimes et surtout contrôlés. Pourtant, ce n’est que rarement le cas. De plus, le stress associé à la compétition peut également venir brouiller les cartes et augmenter drastiquement la fréquence des épisodes de grignotage.

–        Se coucher tard

Retarder l’heure du coucher pour différentes raisons (télévision, réseaux sociaux, etc.) nuit très souvent au sommeil tant en quantité (nombre d’heures de sommeil) que dans sa qualité. Un sommeil inadéquat entraîne souvent des complications au niveau du contrôle de l’appétit et de l’activité physique journalière, rendant la création d’un déficit énergétique pratiquement impossible.

–        Se lever tard

Trop de sommeil, ou plutôt trop de « snoozes » augmente le temps sédentaire dans une journée sans favoriser la récupération. Cette paresse matinale signifie souvent que le sommeil n’est pas de qualité et que le rythme de vie n’est pas propice à la performance. Une augmentation du temps sédentaire réduit la quantité de calories pouvant être dépensées dans une journée, ce qui pousse souvent les athlètes à avoir recours à des diètes de plus en plus drastiques pour arriver à perdre les derniers kilos de masse grasse.

–        Avoir une journée « triche »

Inutile de le rappeler, le terme « triche » n’est pas approprié, car il signifie parvenir à ses fins par des moyens détournés et souvent illégaux. Se doper, c’est tricher. Se gaver de nourriture, c’est dévier de la stratégie prévue pour arriver à ses fins. On s’éloigne de notre objectif. Les journées d’écart planifié sont très souvent problématiques, car elles encouragent une relation malsaine avec la nourriture. On se sert de l’alimentation comme une soupape pour gérer le stress, on glorifie l’alimentation excessive et on qualifie souvent ces journées de journées de vie normale alors qu’il s’agit d’épisodes orgiaques de gavage intensif et abusif. Également, l’utilisation de ce type de journée signifie trop souvent que l’alimentation lors de la période de préparation est sévèrement carencée, trop restrictive ou encore que l’athlète présente des habitudes de vie incompatibles avec celles d’une athlète en compétition (je sourcille toujours quand des athlètes de fitness me disent qu’elles « doivent » garder leur [fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][s] verre [s] de vin rouge afin de maintenir une vie normale. Non, l’alcool n’est pas synonyme d’une vie normale et est encore moins un outil nécessaire à la performance sportive).

Pratiquer…

Il m’est arrivé à de nombreuses reprises d’être intimidé en arrière-scène par le physique impressionnant d’athlète de fitness pour être amèrement déçu de leur performance une fois sur scène. L’utilisation de mauvaises postures en compétition peut rapidement ruiner tous les efforts fournis lors des semaines de préparation en ne présentant pas de façon avantageuse le physique. Je trouve totalement impardonnable qu’une athlète arrive sur scène sans préparation scénique et artistique. Certaines athlètes réussissent à gagner quelques positions au classement uniquement parce qu’elles sont en mesure de mettre adéquatement et efficacement leur physique en valeur devant les juges. Il n’y a pas de secret pour les défilés et les postures en compétition. Dans un premier temps, il faut trouver un ou une spécialiste qui connait les exigences de la scène. Il faut se méfier de ceux et celles qui s’improvisent spécialistes de poses et défilé. Les arts de la scène sont complexes et il est essentiel de bien connaître les exigences de chacune des fédérations. Également, ce n’est pas parce qu’une athlète a participé à des compétitions que nécessairement elle peut réussir à inculquer des notions de scène à une autre athlète. Les histoires d’horreur sont beaucoup trop nombreuses allant du positionnement inversé (la seule qui pointe dans une autre direction sur l’ensemble des athlètes) à la pose beaucoup trop suggestive permettant de trop facilement imaginer des parties de l’anatomie féminine qui ne sont techniquement pas jugées ni jugeables. Une fois les bases assimilées, la réussite réside dans la pratique, pratique, pratique et finalement pratique. Sans une grande quantité de répétitions dans différents contextes (avec ou sans spectateurs par exemple), les chances d’offrir une belle prestation sont bien minces.

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Forger une athlète…

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Félicitation à Laura Stevenson (première à gauche sur la photo) pour sa 3e place
Félicitation à Laura Stevenson (première à gauche sur la photo) pour sa 3e place

Il m’est difficile d’appeler les gens que j’entraîne des clients, je préfère définitivement le terme athlète. Ce n’est possiblement qu’une perception, mais je trouve que ce terme est plus approprié. J’éprouve une satisfaction immense à prendre par la main une personne au début de son parcours afin de l’accompagner le plus longtemps possible dans son cheminement. Pour moi, entraîner quelqu’un ne signifie pas uniquement développer des qualités physiologiques ou changer la composition corporelle. Il s’agit davantage d’aller chercher les matériaux bruts enfouis dans cette personne afin de les forger sous la forme d’un alliage immaculé.

Ce n’est pas une tâche facile tant pour moi que pour l’athlète. Il ne s’agit pas de créer une pièce parfaite, mais plutôt de parfaitement créer une pièce. La nuance est subtile, mais essentielle. Le cheminement donne le résultat final et en aucun cas, la fin ne peut justifier les moyens. Le chemin doit justifier la fin.

Lors d’une compétition récente, je fus frappé par le cheminement d’une de mes athlètes. Comme si, soudainement, je voyais défiler le parcours de cette athlète sous mes yeux, de ses débuts timides à sa plus récente performance. Cette participation à cette dernière épreuve sportive fut caractérisée par une assurance et une maturité déconcertantes. Ces éléments m’ont marqué bien au-delà de ses valeurs de composition corporelle ou bien des résultats de la compétition (une 3e place exéquo lors d’une compétition au calibre relevée). L’individu était devenu une athlète à part entière. Elle vivait selon les principes qui motivent son succès. Elle n’était pas une athlète à temps partiel qui arbore une discipline temporaire le temps d’une préparation pour un évènement, elle vivait selon des principes d’activité physique, d’entraînement et de nutrition. Sa participation à la compétition n’était qu’un moment ponctuel d’un mode de vie dévoué à l’amélioration de soi et à l’amélioration d’autrui et non le point culminant. Une athlète aux facettes multiples, une athlète à part entière.

Je n’écris pas ces lignes pour louanger cette athlète et gonfler inutilement son égo, mais bien pour souligner l’importance du développement multidimensionnel d’une personne. Un entraîneur peut se limiter à travailler avec des clients et se contenter de les mener à l’atteinte de leur objectif. C’est déjà beaucoup. Mais, c’est se priver de la satisfaction de contribuer plus intensément au développement d’une personne que de se limiter à l’atteinte d’objectifs. Il y a plus que de perdre du poids, gagner du muscle ou courir plus vite. Dans le contexte d’une compétition de fitness, on peut se limiter à développer une personne pour atteindre des niveaux exceptionnels de composition corporelle. On peut également chercher à contribuer au développement d’une personne exceptionnelle. C’est plus long, c’est plus difficile, c’est moins rentable et cela demande un réel partenariat entre l’entraîneur et l’athlète. Tous deux doivent partager des valeurs communes et surtout, tous deux doivent pleinement assumer ces valeurs et les choix qui en découlent.

Encore plus important, il faut accepter de mériter son cheminement et de trouver ses plus grandes victoires dans les défaites les plus amères. L’adversité est probablement le feu qui permet de forger les meilleurs alliages. En fait, je considère qu’une véritable athlète ne gagne jamais de victoires, elle les mérite. On gagne une expérience inestimable lors d’une défaite, mais on se doit de toujours mériter la victoire. C’est un concept frustrant et difficile à pleinement assumer.

Pourtant, lors des derniers IFBB International Event Qualifier à Winnipeg, j’ai agréablement constaté que Laura Stevenson avait atteint un autre niveau de compétition. Non pas parce qu’elle a réussi un top 5 et qu’elle a présenté d’excellentes valeurs de composition corporelle, mais parce qu’elle les a accompagnés d’excellentes valeurs d’athlète, d’excellentes valeurs de vie. Elle n’a pas été la meilleure selon les critères des juges (et pour une fois je suis d’accord), mais elle a dépassé nos objectifs tant sur le plan physique que sur le plan humain. Et ça, ça ne paraîtra jamais sur une feuille de jugement.

Forger une athlète à partir de matériaux bruts est une opportunité que je souhaite à tous les entraîneurs. Cependant, il est essentiel de réaliser qu’il s’agit également d’une responsabilité énorme, car nous influençons le parcours et le développement d’une personne et pas uniquement d’un cheval de course.

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Réponse à l’entraîneur X…

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IDFA MTL CLassic 2013
Félicitations à: (rangée arrière) Sirine, Gabrielle, Mélanie, Isabelle, Annie, Julie, Marie-Lyse, (rangée avant) Marie-Josée et Katy

Trhfpre, alias l’entraîneur X m’a demandé de retirer son nom de mon article. Ce n’est pas dans mes habitudes d’accepter ce genre de requête, mais comme le principal concerné me semble repentant et que le fond est plus important que la forme, j’ai acquiescé à sa demande.

Lors de la Classique IDFA de Montréal 2013, j’ai lancé une nouvelle cuvée d’athlète (en fait le j’ai représente plus un nous, car il s’agit d’un travail d’équipe). Comme je l’ai mentionné à de nombreuses reprises, je considère qu’une athlète, ça se construit. Et, qui dit construction, dit plan et dit étapes (et non enveloppe brune). Mais, je suis conscient que ce n’est pas l’approche de tout le monde. Il y a des entraîneurs qui veulent avoir des gagnants tout de suite et l’idée de développer une athlète signifie uniquement de gagner de compétition en compétition. Des trophées et des médailles, on aime ça et on en veut toujours plus.

Je crois que c’est le cas de Trhfpre, alias entraîneur X.

Je suis tombé par un hasard heureux (ou non) sur un message texte que Trhfpre a envoyé à une de mes athlètes immédiatement après sa sortie de scène. En résumé, il la félicitait et le message mentionnait également qu’elle n’était pas prête et qu’elle n’aurait pas dû se présenter à la compétition (je résume l’idée). Alors que certains entraîneurs que je connais auraient allègrement bastonné Trhfpre  jusqu’à ce qu’il régurgite ses rotules, j’ai plutôt cherché à comprendre son message. Comprendre, parce que si à un premier niveau il s’adressait à mon athlète, au second niveau il s’adressait directement à moi. Si mon athlète était mal préparée, c’est en réalité parce que j’ai failli à ma tâche d’entraîneur. J’aurais donc livré en pâture certaines de mes athlètes, soit par insouciance, soit par incompétence. Il n’en fallait pas plus pour que je te réponde l’entraîneur X afin de tenter de t’expliquer mon insouciance et mon incompétence. Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’un article contre ceux et celles qui aiment obtenir des trophées, mais plutôt d’une brève explication d’une autre approche. Assurément, il ne faudrait surtout pas que d’autres entraîneurs fassent les mêmes erreurs que moi.

Dans le domaine du Fitness, il ne faut pas se le cacher, beaucoup d’entraîneurs souhaitent voir leurs athlètes remporter des trophées, beaucoup de trophées. C’est normal, c’est valorisant, agréable et c’est un des buts de ces compétitions (il ne faut pas oublier qu’il s’agit aussi d’un revenu essentiel pour plusieurs entraîneurs). Plus les athlètes remportent de nombreux prix, meilleur est l’entraîneur n’est-ce pas? Un entraîneur n’est aussi compétent que le meilleur résultat de ses athlètes, non? Ce genre de raisonnement fait en sorte que de nombreux entraîneurs sélectionnent leurs athlètes en fonction de leur condition initiale. En somme, on prend les athlètes qui sont déjà le plus près du but afin d’espérer gagner le plus rapidement possible. Et c’est tout à fait correct comme ça. Des trophées et des médailles, on aime ça parce que cela signifie que l’on est bon. C’est rassurant et réconfortant comme un biscuit Oréo et un grand verre de lait (désolé pour les produits laitiers et le gluten).

Sauf que moi Trhfpre, je n’ai aucune ambition à entraîner Wayne Gretzky ou Mario Lemieux au hockey, ça serait trop facile. Je souhaite développer des athlètes peu importe de leur niveau initial. Je suis intéressé par le potentiel de développement athlétique et personnel de chacune de mes athlètes. Je ne suis pas intéressé par où elles vont aujourd’hui, mais bien par jusqu’où elles pourront aller demain. Mes critères de sélection sont plus axés sur le désir de changement que sur le potentiel athlétique. Probablement qu’on m’a trop souvent raconté l’histoire de cendrillon quand j’étais jeune…

Tu vois Trhfpre, les athlètes avec lesquelles j’ai l’honneur et le privilège de travailler acceptent de mettre leur développement entre mes mains, pas pour des trophées ni des médailles, mais bien pour devenir ce qu’il y a de mieux. Elles acceptent de s’engager dans un long processus de développement multidimensionnel nécessitant apprentissage, croissance, changement de mode de vie et bien sûr amélioration de leur condition physique et composition corporelle. Pour les trophées et les médailles, on en retrouve au Dollorama ou chez Castel trophée si le budget y est…

Je peux concevoir que cette idéologie de développement ne rejoigne pas tout le monde. Il y en a qui veulent gagner des trophées, ne l’oublions pas. Pourquoi j’accorde une aussi grande importance au développement? Parce lors des compétitions de Fitness, il est possible de terminer première avec un physique moins bon que lors de sa compétition précédente, simplement parce que les autres compétitrices étaient moins fortes cette fois ou bien que les juges nous étaient plus sympathiques. J’ai déjà vu des athlètes gagner leur carte PRO avec possiblement leur moins bon physique de compétition de l’année. J’ai déjà vu des athlètes se désister d’une compétition parce qu’une athlète plus forte qu’elle s’y présentait et choisir une compétition moins forte pour remporter leur titre. C’est pourquoi à chaque compétition, mes athlètes ont des objectifs autres que le simple classement. C’est difficile à accepter, ça prend de l’humilité et une bonne tête sur les épaules. Mes athlètes en sont pleinement conscientes et acceptent de vivre avec ce fardeau additionnel: il ne suffit pas de gagner, il faut performer à la hauteur de son talent.

Je veux que mes athlètes s’améliorent constamment, qu’elles repoussent continuellement leurs limites. Ça, c’est une pression énorme. J’insiste pour qu’elles présentent des meilleures valeurs de masse grasse et de masse maigre à chaque compétition, peu importe contre qui elles se présenteront, peu importe la compétition. Je souhaite qu’elles améliorent leur prestance sur scène en améliorant chaque détail. J’insiste également pour que chacune de ces améliorations repose sur des changements de mode de vie sains. Je ne veux pas de physique éphémère, je veux des athlètes 365 jours par année. Des athlètes inspirées et intègres tant dans l’adversité que dans le succès. Ça, ça ne se grave pas sur un trophée, ça s’imprègne dans l’âme et dans le coeur à travers les joies et les déceptions.

Pour revenir à ton message Trhfpre, je me demande comment tu pouvais connaître les objectifs de mes athlètes ? Simplement en regardant leur physique (un peu trop de gras par-ci, pas assez de muscle par-là)? En suivant ce raisonnement Trhfpre, on doit comprendre qu’il n’y a qu’une seule athlète qui était prête lors de la compétition et c’est celle qui a fini première? Pourtant, j’ai vu beaucoup trop d’athlètes de fitness gagner une fois pour ne plus jamais compétitionner par la suite. Pourquoi? Parce que trop souvent, si leur physique était impeccable, elles n’étaient pas réellement prêtes. Mais, des trophées et des médailles, on aime ça, peu importe le prix ou les conséquences…

Alors, cher Trhfpre, il me fait plaisir d’être incompétent ou insouciant et de sortir des filles dont le physique initial ne leur permet pas de gagner un trophée à leur première compétition. Tu vois, je préfère de loin que mes athlètes et moi empruntions le chemin le plus difficile, celui qui implique de nombreuses adaptations qui dépassent largement les tonnes de fonte soulevées ou encore une diète restrictive. Ce parcours permet à mes athlètes d’apprécier chaque compétition à sa juste valeur, de leur première compétition de calibre régional jusqu’aux événements d’envergure mondiale auxquels elles participent et se classent avantageusement (si tu veux des beaux trophées, je peux t’en envoyer, ils commencent à encombrer mon sous-sol). Un chemin lucide, mais sans pitié. Mais ça, je ne pense pas que tu puisses le comprendre.  Astique bien les trophées de tes athlètes, car ils brillent sans aucun doute grâce au reflet de ton égo.

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Elvis has left the building… to cheat?

Les saisons de fitness se terminent, mais ne se ressemblent pas. Nous revenons tout juste de Las Vegas où nous avons participé au Fitness America Weekend, une importante compétition sur le plan international qui regroupe près de 500 athlètes. Habituellement, je trace un bilan de la saison, mais cette fois j’ai décidé de risquer gros en brisant un tabou et en critiquant ouvertement le jugement et le milieu du fitness.

En fitness, le discours officiel sur le travail des juges est souvent teinté d’un souci de rectitude politique. On mentionne qu’il s’agit d’un sport jugé, que le travail des juges est difficile, etc. En coulisse, le discours change et le ton monte, on parle de partialité, de favoritisme et même de tricherie systématique. Pendant longtemps, j’ai fait partie de ceux qui ne parlaient qu’en coulisse de peur que mes athlètes ne soient victimes de représailles. J’ai décidé de briser cette forme d’hypocrisie en faisant une sortie officielle contre la partialité des jugements, un cancer qui, conjointement avec les produits dopants, mine dangereusement le fitness.

Lors de la compétition Fitness America 2012, mes athlètes ont très bien performé, mais ne sont pas classées comme elles le méritaient. Jusqu’ici, je vous donne le droit de me traiter de vieux frustré grincheux qui est tout simplement un mauvais perdant. Mais, je vous invite à poursuivre votre lecture…

Je prendrai l’exemple d’une de mes athlètes, Laura Stevenson qui a terminé 4e dans la catégorie Figure moyenne. Certes, il s’agit d’un très bon classement lors d’une compétition de cette envergure, mais un classement qui m’a forcé à pousser ma démarche un peu plus loin. L’organisation de Fitness America a eu la gentillesse de fournir rapidement les pointages et les classements, ce qui m’a permis de recueillir des données pour faire une analyse statistique du jugement du panel des 6 juges. J’ai eu aussi l’opportunité de prendre quelques photos de l’évènement et des athlètes ce qui vous permettra de juger également (les photos ont été retouchées par Photoshop afin d’éclaircir l’image et aucune modification cosmétique n’a été effectuée permettant d’avantager une ou l’autre des compétitrices).

Commençons par les statistiques. J’ai eu recours à une analyse de coefficient de corrélation intraclasse (ICC) qui permet de donner un aperçu de l’accord entre les juges pour le pointage et donc le classement. Une valeur élevée d’ICC indique que les juges sont d’accord sur les scores alors qu’une valeur faible indique un désaccord. De façon très simpliste (et je risque de me faire reprendre par un statisticien là-dessus), plus le chiffre est bas, plus les variations sont causées par les juges et non par les athlètes. Pour la catégorie Figure moyenne, l’ICC se chiffre à 0.35, ce qui n’indique rien de bon pour le panel de juges. Si je trouve ici quelques munitions pour justifier ma frustration et ma sortie en règle, on pourrait me répondre que les juges n’ont pas toujours à être d’accord. Et c’est bien vrai, les juges peuvent être en désaccord sans qu’il n’y ait présence de partialité ou d’injustice. Passons alors aux photos…

Sur la première photo, vous pouvez voir le top 5 de la catégorie Figure moyenne. La compétition était relevée tant au nombre d’athlètes qu’au niveau de ces dernières. Avant de poursuivre, j’aimerais souligner que ma démarche ne vise pas à dénigrer aucune des athlètes, mais bien à mettre en évidence les failles d’un système désuet et malade. J’aimerais donc attirer votre attention sur la compétitrice qui a terminé 2e. Selon moi (et les critères de Fitness America), son physique représente davantage celui d’une modèle Fitness (moins musclée, plus grasse) que d’une figure (plus de masse musculaire, moins de masse grasse). J’ai indiqué les pointages donnés par les juges à chacune des compétitrices du top 5. Nous pouvons constater un écart de seulement 1 point entre la première place et la seconde alors que les 2 athlètes présentent des physiques très différents, principalement au niveau du tronc et des membres supérieurs. Vous pouvez avoir un aperçu de la différence de physique entre la 4e et la 2e place sur la seconde photo. Je vais me permettre d’indiquer les critères de jugement pour la catégorie figure provenant directement du site de Fitness America :

There’s one major difference between Ms Bikini and Figure competitors – body condition. Whie Ms Bikini competitors must have an athletic, shapely and sexy appearance, Figure America may be slightly muscular, have low body fat but still present a shapely look. Ladies who have a more natural muscular body would best compete in figure while those with a softer but still toned body best compete in Ms Bikini.

Où les choses prennent une tournure encore plus triste, c’est après la compétition où nous avons croisé un sympathique couple (3e photo), celui de l’animateur de la soirée et de la ravissante athlète ayant terminé deuxième. Au mieux, il s’agit d’un conflit d’intérêt apparent, au pire il s’agit tout simplement d’une supercherie douteuse.

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Qu’il s’agisse d’une compétition de calibre international ou non, certaines règles devraient être instaurées et surtout, appliquées afin de mieux encadrer l’ensemble du processus de jugement. Voici quelques recommandations :

1)      Les juges ne doivent pas communiquer entre eux tant que le jugement n’est pas terminé

2)      Les juges devraient sièger de façon indépendante (espace minimal entre les juges).

3)      Si le processus de classement n’est pas comparatif et utilise un système de pointage, les critères d’évaluation devraient être clairement identifiés par des éléments quantifiables et facilement identifiables.

4)      Chaque panel de juge devrait passer un examen où des analyses statistiques permettent de déterminer si les évaluateurs s’accordent sur le jugement et surtout, s’ils évaluent adéquatement selon les critères établis. Chaque panel de juges devrait donc avoir une cote. Une cote minimale devrait être requise pour juger les évènements d’importance ou les évènements qui comportent des prix en produits ou en argent.

5)      Les juges devraient déclarer tout conflit d’intérêts apparent ou potentiel. Ces conflits devraient être inscrits conjointement à toute publication de classement.

6)      Si une organisation souhaite promouvoir un athlète en particulier, il devrait y avoir un prix subjectif accordé à un ou plusieurs athlètes, et ce, de façon indépendante du classement (un prix d’athlète le plus prometteur, etc.). Personnellement, je n’ai rien contre des organisateurs qui souhaitent avoir des têtes d’affichent précises pour promouvoir leur organisation. J’en ai lorsque cela influence qui gagne et qui perd.

Est-ce que je suis frustré? Oui. Est-ce que je chiale sur un classement que je trouve injuste? Oui. La question n’est pas là. Mais, est-ce que les organisations de fitness dont preuve de rigueur dans leur processus de jugement? Aucune d’entre elles n’a réussi à me convaincre en présentant un dossier crédible et pertinent en matière d’évaluation, de critères de jugement, de formation de juge et de données concluantes permettant de me convaincre de l’impartialité de l’ensemble de leur processus.

En terminant, je tiens à souligner les efforts de mes athlètes et surtout leur attitude et persévérance qui font en sorte que je souhaite encore faire partie de ce milieu. En espérant que vous saurez influencer un vent de changement positif et que les organisations de fitness ne prendront pas cet article comme une insulte, mais bien comme un désir de changement pour le mieux.

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Go clean, or go home

dopage, sarms, anabolisants

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Comment distinguer les athlètes vertueux des tricheurs? Ne pourrait-on pas créer un appareil, qui avec une certitude inébranlable, pourrait nous permettre d’isoler les athlètes purs et durs des tricheurs?
La majorité de mes athlètes œuvrent dans des disciplines où le dopage est tabou (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), mais monnaie courante et ce, même parmi les plus bas échelons de leur sport.

Plusieurs de mes athlètes se sont fait accuser de dopage suite à leurs succès, plusieurs ont été testées sans jamais que l’on puisse déceler une parcelle de produit dopant (personnellement, j’aimerais que chacune de mes athlètes soit testée à chaque mois de l’année). Si initialement j’étais insulté par de telles accusations, il s’agit désormais d’une satisfaction à peine dissimulée. Récemment, j’ai même entendu la rumeur voulant que je prescrive moi-même les produits dopants, étant donné mon titre de Dr. Mettons les choses au clair, je suis docteur en sciences de l’activité physique et mon travail à l’hôpital Ste-Justine en est un de spécialiste de l’activité physique. Non, je n’ai pas de carnet de prescription, ni de sarrau blanc ou de stéthoscope. Tout ce que je peux prescrire, ce sont de saines habitudes de vie (et quelques coups de pied au c$&).
En réalité, je réalise que plus la compétition à laquelle mes athlètes sont confrontées est dopée, plus je dois m’assurer d’une planification impeccable et plus chacune de mes athlètes doit se dépasser à chacune des 1440 minutes qui composent leur journée. Ça, c’est un point dangereusement positif.

L’envers de la médaille est que l’athlète dopée qui ne se fait pas prendre est reconnue au même titre (sinon plus) que l’athlète propre. Sauf qu’il est plus facile d’obtenir de la visibilité et des commanditaires (qui se feront un plaisir de fermer les yeux sur tout comportement douteux tant qu’on ne se fait pas prendre). Jusque-là, je peux bien vivre avec ça. Je me dis que même dopé, il faut faire des efforts pour progresser et atteindre les plus hauts sommets. Par exemple, même dopé avec les meilleurs produits, je n’arriverais pas à terminer le Tour de France, ni à battre Usain Bolt (à moins d’un faux départ de son côté), ni à remporter Olympia ou Arnold. Je respecte ces athlètes au plus haut point et je respecterais davantage les athlètes dopés qui se fraient un chemin dans le lot, s’ils s’assumaient et s’affichaient comme tels (oui, traitez-moi de naïf, mais je crois encore qu’il soit possible de se rendre à Olympia sans artifice).

Pour l’élite mondiale, je dirai donc que je n’approuve pas, mais que je comprends. Là où j’éprouve de sérieuses difficultés de compréhension et d’empathie, c’est au niveau amateur, régional, provincial et même national.

Le monde est petit, le vieil adage tient encore plus la route aujourd’hui. Tout finit par se savoir, à défaut de paraître dans un test d’urine. Ce qui me déconcerte, c’est le peu de résultats que ces athlètes dopés obtiennent, bien souvent en arrachant de peine et de misère une première place. Si au moins ils déclassaient complètement la compétition! Même pas…
Que dire de leurs entraîneurs qui sont on ne peut plus fiers de leurs protégés? J’essaie de me mettre à leur place et je n’arrive pas à comprendre la fierté qu’ils puissent ressentir. Lorsqu’une de mes athlètes fait belle figure à une compétition, je me permets de savourer chaque seconde d’effort qu’elle a su démontrer lors de sa préparation en me disant : « Voilà ce que ça donne ». Je ne sais pas si c’est de la fierté, mais le sentiment velouté qui accompagne cet instant est toujours mémorable. À mon avis, le sentiment de fierté de ces entraîneurs se confond avec le désir de la victoire à tout prix. Ça, c’est de l’égo et de la vanité, pas de la fierté.

Selon Wikipédia, la fierté est un sentiment qui fait suite à un succès après la conduite d’un projet, d’une action, ayant exigé des efforts pour surmonter des difficultés. Ce sentiment est légitimé par trois critères :

— l’engagement personnel dans l’action et/ou le projet à mener

— la présence d’épreuves à surmonter

— le succès.

Ce sentiment est confondu à tort avec l’orgueil ou la vanité qui sont des sentiments qui ne reposent sur aucune légitimité autre que celle d’exister. La fierté est une satisfaction légitimée de soi, par l’adversité ou les difficultés surmontées, avant de parvenir au succès.

On ne peut pas être fier d’un tricheur, on peut être content qu’il ait gagné sans se faire prendre. Grosse différence.

Tout ça me dérange encore plus quand je tombe sur certains statuts Facebook qui font l’éloge de la persévérance, du courage, du dévouement et j’en passe, alors que l’athlète émettant ces écrits inspirant fait usage d’artifices pour arriver à ses fins. Les valeurs, ça ne se véhiculent pas par un Tweet, ça se concrétisent pas des actes. On ne peut pas souhaiter inspirer les autres à adopter un mode de vie sain, lorsque notre succès provient de la tricherie. C’est mal comme dans malhonnête et malveillant.

Détrompez-vous, je ne déteste pas les  athlètes et entraîneurs frauduleux. Ce ne sont pas de mauvaises personnes, bien au contraire. Ce sont des gens avec des qualités et des défauts et pour être honnête, j’apprécie la compagnie de nombreux d’entre eux. Je n’en veux pas à l’individu, j’en veux à la mascarade qui justifie ses succès. J’aimerais tellement pouvoir féliciter sans retenue chacune des compétitrices lors d’une compétition de Fitness, mais j’éprouve toujours un pincement qui modère mes ardeurs. Et si la gagnante était dopée? J’aimerais tellement pouvoir féliciter les athlètes qui surclassent les miennes sans avoir l’ombre insoutenable d’un doute quant à la légitimité de leur progression. Pourquoi suis-je autant accablé par le doute. Parce que tout finit par ce savoir et des athlètes que l’on croyait blanches comme neige se sont avérées des tricheuses (pas des mauvaises personnes, des tricheuses). Avec l’accessibilité des produits dopants, personne n’est au-dessus des soupçons. Pour certaines, se doper en Fitness fait partie du jeu comme s’il s’agissait d’un rite de passage pour connaître le succès. On justifie son usage par le désolant : « Tout le monde le fait, personne ne le dit alors aussi bien le faire moi aussi… ».

Le pire dans tout ça, c’est que je risque de blesser beaucoup d’athlètes honnêtes avec ces lignes, alors qu’elles ne méritent qu’honneurs et récompenses. Cependant, je sais que ces athlètes souffrent probablement plus que moi de ce fléau.

Voilà pourquoi j’ai réalisé qu’il y avait une méthode infaillible de discerner les athlètes honorables des tricheurs. À chaque compétition, pour chaque athlète, il existe un moyen de faire une distinction claire et sans équivoque. Nous avons cet ensemble de processus en chacun de nous, il s’agit de la conscience.

Personne ne peut faire usage de produits dopants avec bonne conscience. On peut se mentir, tordre la vérité jusqu’à ne plus la reconnaître, mais à tous les ex-athlètes que j’ai parlé qui ont malheureusement fait usage d’artifices, tous auraient aimé triompher honnêtement. Les titres, les médailles et les statuettes s’effaceront sous la poussière. La conscience nous suivra jusque dans la tombe.

Go clean or go home…

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