Publié par

Go clean, or go home

dopage, sarms, anabolisants

[fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”]

Comment distinguer les athlètes vertueux des tricheurs? Ne pourrait-on pas créer un appareil, qui avec une certitude inébranlable, pourrait nous permettre d’isoler les athlètes purs et durs des tricheurs?
La majorité de mes athlètes œuvrent dans des disciplines où le dopage est tabou (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), mais monnaie courante et ce, même parmi les plus bas échelons de leur sport.

Plusieurs de mes athlètes se sont fait accuser de dopage suite à leurs succès, plusieurs ont été testées sans jamais que l’on puisse déceler une parcelle de produit dopant (personnellement, j’aimerais que chacune de mes athlètes soit testée à chaque mois de l’année). Si initialement j’étais insulté par de telles accusations, il s’agit désormais d’une satisfaction à peine dissimulée. Récemment, j’ai même entendu la rumeur voulant que je prescrive moi-même les produits dopants, étant donné mon titre de Dr. Mettons les choses au clair, je suis docteur en sciences de l’activité physique et mon travail à l’hôpital Ste-Justine en est un de spécialiste de l’activité physique. Non, je n’ai pas de carnet de prescription, ni de sarrau blanc ou de stéthoscope. Tout ce que je peux prescrire, ce sont de saines habitudes de vie (et quelques coups de pied au c$&).
En réalité, je réalise que plus la compétition à laquelle mes athlètes sont confrontées est dopée, plus je dois m’assurer d’une planification impeccable et plus chacune de mes athlètes doit se dépasser à chacune des 1440 minutes qui composent leur journée. Ça, c’est un point dangereusement positif.

L’envers de la médaille est que l’athlète dopée qui ne se fait pas prendre est reconnue au même titre (sinon plus) que l’athlète propre. Sauf qu’il est plus facile d’obtenir de la visibilité et des commanditaires (qui se feront un plaisir de fermer les yeux sur tout comportement douteux tant qu’on ne se fait pas prendre). Jusque-là, je peux bien vivre avec ça. Je me dis que même dopé, il faut faire des efforts pour progresser et atteindre les plus hauts sommets. Par exemple, même dopé avec les meilleurs produits, je n’arriverais pas à terminer le Tour de France, ni à battre Usain Bolt (à moins d’un faux départ de son côté), ni à remporter Olympia ou Arnold. Je respecte ces athlètes au plus haut point et je respecterais davantage les athlètes dopés qui se fraient un chemin dans le lot, s’ils s’assumaient et s’affichaient comme tels (oui, traitez-moi de naïf, mais je crois encore qu’il soit possible de se rendre à Olympia sans artifice).

Pour l’élite mondiale, je dirai donc que je n’approuve pas, mais que je comprends. Là où j’éprouve de sérieuses difficultés de compréhension et d’empathie, c’est au niveau amateur, régional, provincial et même national.

Le monde est petit, le vieil adage tient encore plus la route aujourd’hui. Tout finit par se savoir, à défaut de paraître dans un test d’urine. Ce qui me déconcerte, c’est le peu de résultats que ces athlètes dopés obtiennent, bien souvent en arrachant de peine et de misère une première place. Si au moins ils déclassaient complètement la compétition! Même pas…
Que dire de leurs entraîneurs qui sont on ne peut plus fiers de leurs protégés? J’essaie de me mettre à leur place et je n’arrive pas à comprendre la fierté qu’ils puissent ressentir. Lorsqu’une de mes athlètes fait belle figure à une compétition, je me permets de savourer chaque seconde d’effort qu’elle a su démontrer lors de sa préparation en me disant : « Voilà ce que ça donne ». Je ne sais pas si c’est de la fierté, mais le sentiment velouté qui accompagne cet instant est toujours mémorable. À mon avis, le sentiment de fierté de ces entraîneurs se confond avec le désir de la victoire à tout prix. Ça, c’est de l’égo et de la vanité, pas de la fierté.

Selon Wikipédia, la fierté est un sentiment qui fait suite à un succès après la conduite d’un projet, d’une action, ayant exigé des efforts pour surmonter des difficultés. Ce sentiment est légitimé par trois critères :

— l’engagement personnel dans l’action et/ou le projet à mener

— la présence d’épreuves à surmonter

— le succès.

Ce sentiment est confondu à tort avec l’orgueil ou la vanité qui sont des sentiments qui ne reposent sur aucune légitimité autre que celle d’exister. La fierté est une satisfaction légitimée de soi, par l’adversité ou les difficultés surmontées, avant de parvenir au succès.

On ne peut pas être fier d’un tricheur, on peut être content qu’il ait gagné sans se faire prendre. Grosse différence.

Tout ça me dérange encore plus quand je tombe sur certains statuts Facebook qui font l’éloge de la persévérance, du courage, du dévouement et j’en passe, alors que l’athlète émettant ces écrits inspirant fait usage d’artifices pour arriver à ses fins. Les valeurs, ça ne se véhiculent pas par un Tweet, ça se concrétisent pas des actes. On ne peut pas souhaiter inspirer les autres à adopter un mode de vie sain, lorsque notre succès provient de la tricherie. C’est mal comme dans malhonnête et malveillant.

Détrompez-vous, je ne déteste pas les  athlètes et entraîneurs frauduleux. Ce ne sont pas de mauvaises personnes, bien au contraire. Ce sont des gens avec des qualités et des défauts et pour être honnête, j’apprécie la compagnie de nombreux d’entre eux. Je n’en veux pas à l’individu, j’en veux à la mascarade qui justifie ses succès. J’aimerais tellement pouvoir féliciter sans retenue chacune des compétitrices lors d’une compétition de Fitness, mais j’éprouve toujours un pincement qui modère mes ardeurs.Et si la gagnante était dopée? J’aimerais tellement pouvoir féliciter les athlètes qui surclassent les miennes sans avoir l’ombre insoutenable d’un doute quant à la légitimité de leur progression. Pourquoi suis-je autant accablé par le doute. Parce que tout finit par ce savoir et des athlètes que l’on croyait blanches comme neige se sont avérées des tricheuses (pas des mauvaises personnes, des tricheuses). Avec l’accessibilité des produits dopants, personne n’est au-dessus des soupçons. Pour certaines, se doper en Fitness fait partie du jeu comme s’il s’agissait d’un rite de passage pour connaître le succès. On justifie son usage par le désolant : « Tout le monde le fait, personne ne le dit alors aussi bien le faire moi aussi… ».

Le pire dans tout ça, c’est que je risque de blesser beaucoup d’athlètes honnêtes avec ces lignes, alors qu’elles ne méritent qu’honneurs et récompenses. Cependant, je sais que ces athlètes souffrent probablement plus que moi de ce fléau.

Voilà pourquoi j’ai réalisé qu’il y avait une méthode infaillible de discerner les athlètes honorables des tricheurs. À chaque compétition, pour chaque athlète, il existe un moyen de faire une distinction claire et sans équivoque. Nous avons cet ensemble de processus en chacun de nous, il s’agit de la conscience.

Personne ne peut faire usage de produits dopants avec bonne conscience. On peut se mentir, tordre la vérité jusqu’à ne plus la reconnaître, mais à tous les ex-athlètes que j’ai parlé qui ont malheureusement fait usage d’artifices, tous auraient aimé triompher honnêtement. Les titres, les médailles et les statuettes s’effaceront sous la poussière. La conscience nous suivra jusque dans la tombe.

Go clean or go home…

[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]

Publié par Laisser un commentaire

Francs-tireurs, franc Fitness ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis fait inondé de courriels concernant le fitness suite à la diffusion du dernier épisode des Francs-Tireurs (épisode 333), mais, j’ai eu suffisamment de questions et de courriels pour décider d’en faire le sujet de ce billet. Dans un premier temps, je dois avouer que le reportage de Patrick Lagacé était assez juste (j’étais quelque peu craintif au début), c’est-à-dire qu’il dépeignait un portrait assez représentatif de la réalité du milieu de culturisme et du fitness au Québec. On s’est même permis de définir les différentes catégories de discipline soit le fitness model, le figure, le fitness et le culturisme. Pour ceux et celles qui ont osé manquer le reportage ou qui sont trop blasés pour le regarder sur le net, le tableau 1 présente les caractéristiques de chacune des catégories.

Alors que plusieurs athlètes de Fitness (avec un grand F pour regrouper toutes les catégories) se sont probablement reconnues dans ce reportage, plusieurs de mes athlètes furent déçues (?) de voir que leur réalité était différente. Serait-ce possible qu’il existe d’autres approches en Fitness ? D’autres approches misant non pas uniquement sur le podium, mais plutôt sur le développement multidimensionnel de l’athlète à l’intérieur de son propre potentiel? Est-ce possible d’avoir un mode de vie sain et de réussir en Fitness au Québec? Oui, mais à certaines conditions.

La première condition stipule que l’on doit absolument considérer l’athlète selon plusieurs dimensions (tableau 2) : physiologique, psychologique et technique/artistique.

 

La deuxième condition implique la mise en place d’un protocole d’évaluation valide, fiable et pertinent afin de bien quantifier les variables de la progression.

La troisième condition impose un suivi régulier, sérieux et adéquat des trois dimensions.

La quatrième et dernière condition oblige la présence d’une progression planifiée en accord avec l’entraîneur et l’athlète.

Toutes les interventions auprès des athlètes de Fitness doivent être en respect de ces conditions afin de permettre un développement optimal de l’athlète. Actuellement, la tendance est (et, à ma connaissance, a toujours été) de préparer des athlètes pour une compétition où l’objectif est de remporter un podium. Malheureusement, cette approche unidimensionnelle force rapidement l’athlète à performer, peu importe ses capacités initiales (et surtout, pousse les entraîneurs à recruter des filles nécessitant peu de développement). Lorsque je mentionne que je développe mes athlètes sur une période de 3-4 ans, plusieurs entraîneurs esquissent un sourire moqueur, car il est carrément impensable de « sortir » une fille en compétition dans le but de la préparer à devenir encore plus : il faut gagner à tout prix, et ce, tout le temps. Le résultat? Bien des athlètes ne seront en mesure que de faire une compétition en y sacrifiant parfois leur santé (physique et/ou mentale; les troubles de comportements alimentaires ne sont pas une rareté). Moi, ce qui m’intéresse c’est de développer des athlètes afin qu’elles soient en mesure de changer leurs habitudes de vie, d’entraînement ainsi que leurs habitudes nutritionnelles afin d’être des athlètes en tout temps. Un corps d’athlète sain, dans un esprit sain. Pas uniquement un physique l’espace d’une fin de semaine, mais, une athlète à part entière qui est en mesure d’inspirer par sa détermination, son travail intelligent et son évolution les gens de sont entourage à adopter un mode de vie plus sain.

La figure 1 présente une progression vers une première compétition en fitness (petit f donc, avec de la gymnastique). Oui, je sais, il y a beaucoup d’informations sur l’image (au moins mille mots pour se référer à l’expression populaire…) ce qui ne la rend pas moins intéressante pour autant. L’œil averti du lecteur assidu réalise rapidement que le développement d’une athlète de fitness repose sur l’harmonisation de la progression des sphères physiologiques, psychologiques et techniques artistiques. Qui dit progression, dit étapes.

 

[fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”]

Figure 1: Partie initiale d'une planification annuelle de fitness

La première étape débute bien avant l’entraînement. Avant de ce lancer dans une aventure du genre, il est impératif pour toute athlète en devenir d’assister à une compétition afin de mieux cerner le milieu. Ensuite, il faut caractériser l’athlète selon les déterminants de la performance. Cette évaluation exhaustive initiale permet d’établir à quel rythme l’athlète pourra ou devra se développer afin d’atteindre les critères propres à sa discipline.

Maintenant, le gros du travail de l’entraîneur commence : celui de planifier en fonction des objectifs établis conjointement avec l’athlète. Toujours en s’appuyant sur les résultats de l’évaluation initiale, l’entraîneur détermine les variables à prioriser et de façon plus spécifique la progression de chacune afin d’atteindre les objectifs fixés pour la saison en cours et pour la suite éventuelle. Oui, il faut prévoir à l’avance tout en sachant que nous sommes toujours à la merci des imprévus. La planification de la saison permet d’établir d’une chronologie de la progression. Ceci permet d’éviter d’avoir recours à des diètes sévères ou d’accumuler des séances d’entraînement en catastrophe la semaine avant la première compétition.

Par la suite, comme aucune planification n’est parfaite, l’utilisation d’un protocole d’évaluation de suivi permet de réajuster le tir afin de maintenir la progression initialement prévue. Ces évaluations planifiées à l’avance ne se limitent pas à la cueillette systématique de données physiologiques, mais incluent également prise d’information de variables psychologiques. Est-ce que la perception de l’image corporelle de l’athlète correspond à la réalité? Comment est son niveau de motivation? Chaque élément négligé risque de revenir vous hanter plus rapidement que vous ne pouvez le penser. Ah oui! J’oubliais, il faut que l’athlète fasse le travail, c’est-à-dire qu’elle s’efforce de changer, d’évoluer vers ces objectifs.

Il est bien évident que cette approche requiert une charge de travail importante jumelée à une expertise et un niveau de compétence important. L’atteinte des standards imposés par le milieu du Fitness québécois en se basant sur des outils aussi simples que le Guide Alimentaire Canadien et aussi complexes que des analyseurs de gaz ou des accéléromètres n’est pas sans effort et le cheminement est souvent parsemé d’amères déceptions et de rare podium. Il est tout aussi évident qu’il existe des raccourcis afin de gagner plus rapidement, mais, quelle est la valeur de cette victoire? Car, bien au-delà des médailles, trophées ou podium, il y a un individu. La croissance et l’épanouissement de l’athlète sont des victoires beaucoup plus nobles et louables. De plus, aucun juge ou arbitre ne peut vous enlever ces victoires…

[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]