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Si le feu de la St-Jean carburait au lait au chocolat, serait-il gras?

[fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][youtube=http://www.youtube.com/watch?v=OWasZ8Va9Hk&feature=player_embedded] Non, ce n’est pas le manque d’inspiration qui me pousse à encore parler du lait au chocolat. Non, ce n’est pas un billet pour faire la promotion du lait au chocolat (j’attends toujours mon chèque de Québon). Une collègue m’a transmis une « publicité » fort intéressante visant à sévèrement sermonner les écoles qui obligent le gavage quotidien au lait au chocolat. Vous allez rire, mais je fus troublé à plusieurs niveaux. Je vous invite donc à regarder cette vidéo avant de poursuivre votre lecture.

Premièrement, je trouve que l’idée de nourrir les élèves à la place des parents se veut un manquement important au rôle de l’école dans notre société. L’école se doit d’éduquer et non pas de faire à la place. Bien sûr, plusieurs vont rétorquer que certaines familles pauvres ont absolument besoin de service comme leClub des petits déjeuners et que sans l’école, nombreux élèves vont passer la journée le ventre vide. Bien d’accord avec ça. Sauf que, comment ces familles vont-elles arriver un jour à nourrir leurs enfants le matin si l’école le fait à leur place? Pourquoi ne pas leur fournir les outils pour s’en sortir plutôt que de bêtement les nourrir (je suis certain qu’il y a des organismes qui font ça, montrer à pêcher au lieu de donner du poisson. De plus, comme démontré dans le billet précédent, ça coûte moins cher de bien manger…)? Donc, que ce soit du lait ou du lait au chocolat, je ne suis pas convaincu que l’école joue sont rôle de moteur éducatif en nourrissant ses élèves d’autres choses que des connaissances.

Maintenant, passons au sympathique court métrage mettant en vedette de futur Oscarisés. Pour commencer, on utilise des enfants pour passer un message qui, selon moi, frise la propagande anti lait au chocolat visant de toute évidence une population adulte. Ensuite, on s’attaque au lait au chocolat comme source du mal (lire : source de sucre). Le méchant sucre qui nous tue, qui nous engraisse et qui nous débilite à un point tel que nous devons coller de stupides moustaches sur des enfants et leur faire répéter 20 fois la même chose pour que l’on comprenne que le sucre c’est mal. On tente de nous impressionner en présentant l’ampleur des quantités de sucre ingurgité lors de la consommation de lait au chocolat. OK, présentons les deux côtés afin de vraiment éduquer.

Si on présente combien de sucre il y a dans le lait au chocolat, il serait également intéressant de présenter combien de sucre les enfants ont-ils besoin pour vivre. Oui, voilà les calculs…

J’ai donc épluché la littérature[1] pour trouver combien de kcal pouvait dépenser un enfant de 7 ans. Ensuite, j’ai déterminé la répartition de cette dépense énergétique sous les 3 formes principales utiles à l’être humain : glucides, lipides et protéines. Le tableau 1 résume le tout.

Tableau 1

Un enfant de 7 ans, dépense environ 1810 kcal par jour dont approximativement 50 % proviennent du méchant sucre (j’utilise sucre, mais je devrais indiquer glucide) soit, environ 226 g par jour. Lorsque nos sympathiques bambins aux allures de Groucho Marx nous informent que le diabolique lait au chocolat contient un effarant 26g de sucre et nous questionnent si c’est trop, je leur répondrai qu’il s’agit de 12 % du sucre qu’ils vont manger dans leur journée. Afin de frapper avec une vigueur renouvelée l’esprit de l’auditoire, nos petits marmitons s’amusent à additionner les apports en sucre dans le temps pour nous démontrer que la consommation quotidienne de lait au chocolat va mener à l’ensevelissement sous un carré de sable de sucre. Ouuuuuuu! Et combien vont-ils consommer de carrés de sable dans leur vie? Ça, il ne faut absolument pas le montrer sinon, tout le monde va se mettre à consommer des hectolitres de lait au chocolat chaque jour.

Et c’est là qu’il y a un problème majeur avec notre court métrage MOO-MOO antisucre : on prend les gens pour des imbéciles. Oui, je vous entends crier tout haut qu’il y a beaucoup plus d’imbéciles que l’on pense. Mais, ce n’est pas en prenant les gens pour des imbéciles incapables de faire des choix et en leur fournissant un message simpliste que nous allons les éduquer à faire des choix plus judicieux. On leur dit que le lait au chocolat c’est plein de sucre, que c’est mal et que ce n’est pas bon pour vous (on n’appuie aucun de ces commentaires, mais ce ne sont pas des experts, mais bien des enfants comme ils le disent si bien). Pire encore, on se cache derrière des enfants pour passer le message (ce n’est pas illégal en pub de faire ça?).

On frappe sur le lait au chocolat sans merci. Et on devrait plutôt frapper sur le manque d’éducation de gens. Pourquoi quelqu’un aurait-il besoin de boire du lait au chocolat ? Que retrouve-t-on dans le lait au chocolat ? Pourquoi cette boisson peut-elle être utile à quelque chose ? On devrait leur apprendre qu’ils ont besoin de sucre pour bouger, pour vivre et que, comme pour toutes choses, s’ils en consomment trop, il y aura des conséquences. Comme il y aura des conséquences pour l’athlète qui ne consomme pas assez de sucre. Ça, on pourrait le dire dans des cours à l’école. Quels sont les besoins des enfants, ça, ça serait un message important à transmettre aux parents. Pas que le diable possède des parts dans l’industrie du lait au chocolat.

Il y a de cela quelques années, j’avais approché une commission scolaire pour un projet pilote. Je voulais donner quelques ateliers en nutrition et activité physique. Pour le volet activité physique, ça passait, mais, pour le volet nutrition je me suis buté à des barrières que j’ai décidé de ne pas franchir (je sais depuis qu’il y a eu quelques projets en nutrition, mais, je pense que c’était plus axé sur la popote que la nutrition). On ne voulait pas que l’on parle de nutrition, de calories ou autres de peur que les enfants commencent à trop s’en préoccuper. On aurait sans aucun doute créé une génération d’enfants souffrant de troubles alimentaires. À la place, décidons de ce qui est bon pour eux et surtout, ne leur donnons pas le pouvoir de la connaissance et du choix.

La clé réside dans l’éducation objective et non pas dans l’éducation marketing. Il va falloir arrêter de prendre les gens pour des caves et commencer à les éduquer. Comme je le dis souvent, si moi je comprends quelque chose, tout le monde peut le comprendre, suffit de leur expliquer convenablement. En terminant, je pense que les intentions derrière cette vidéo étaient louables et bien intentionnées cependant, je m’interroge à la fois sur le fond et sur la forme pour passer un message qui semble torpiller leurs intentions. Sur ce, MOO-MOO-MOO et bonne St-Jean!

 Référence

1.            Livingstone, MB, WA Coward, AM Prentice, et al. Daily energy expenditure in free-living children: comparison of heart-rate monitoring with the doubly labeled water (2H2(18)O) method.Am J Clin Nutr 1992; 56(2). 343-52.

 

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Laid au chocolat

[fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”]

Lait au chocolat, ennemi public #1 ou bienfaiteur?

Je suis tombé récemment sur une discussion touchant l’utilisation de boissons de récupération post entraînement où j’ai pu assister à la lapidation du lait au chocolat. Or, comme j’aime bien cette boisson et pas seulement en boisson de récupération, je me suis attardé aux arguments contre l’utilisation de cette dernière post entraînement.

D’abord, pourquoi une boisson de récupération après l’entraînement? Pour récupérer… Plus sérieusement, il est important de comprendre que l’entraînement, c’est franchement mauvais pour la santé. Vous en doutez? L’entraînement endommage de nombreuses structures de l’organisme et diminue les réserves énergétiques ce qui menace la survie. Si on ne faisait que s’entraîner sans récupérer, la mort serait rapidement au rendez-vous (je dirais qu’après 24-36h sans arrêt sur un tapis roulant sans nourriture ni eau, les risques de décès doivent être légèrement accrus). Ce qui est bénéfique, c’est le cycle stimulation (entraînement) et récupération (repos, nutrition, etc.). Il est donc important de s’assurer que la récupération est optimale.

Comme mentionné, l’entraînement endommage les structures (protéines) et diminue les réserves énergétiques(gras, mais majoritairement glycogène musculaire et hépatique). Afin de récupérer, nous devons donc pallier à ces besoins en renouvelant les réserves énergétiques (plus particulièrement le glycogène, car les réserves sont précaires, habituellement moins de 1200 kcal et non les réserves de gras qui peuvent facilement dépasser les 50 000 kcal). Il est également judicieux d’assurer un apport en acides aminés (protéines) afin de fournir des éléments de remplacement aux structures endommagées. Comme les besoins en récupération sont proportionnels aux dommages induits par l’entraînement, la boisson de récupération doit refléter cette réalité. Un entraînement plus énergivore exigera une boisson de récupération contenant plus de glucides alors qu’un entraînement plus « traumatique » modifiera la répartition entre les glucides et les protéines.

Pour ceux et celles qui croient que les boissons de récupération ne s’adressent qu’aux athlètes, questionnez-vous  car ce raisonnement impliquerait que seuls les athlètes subissent des dommages musculaires et dépensent de l’énergie à l’entraînement. Ce n’est évidemment pas le cas.

Maintenant que les besoins de récupération sont établis, pourquoi le lait au chocolat? Parce que cette boisson est facilement accessible, bénéficie d’un contrôle de qualité plus sévère que les produits naturels et qu’elle répond aux besoins de l’organisme en matière de glucides et de protéines. Une boisson simple. J’oubliais, la boisson bénéficie également d’un support scientifique non négligeable[/fusion_builder_column][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][1-8]. En somme, quelqu’un a soumis l’idée que le lait au chocolat pourrait être une boisson de récupération intéressante, probablement en se basant sur la croissance des mammifères qui est en grande partie assurée par le lait. Comme les adaptations à l’entraînement suivent une réalité étrangement semblable à la croissance, pourquoi ne pas utiliser le lait au chocolat comme boisson de récupération? Ensuite, d’autres personnes, sceptiques, se sont dit qu’il fallait aller plus loin et vérifier ce raisonnement. Ils ont fait des études et ont démontré l’efficacité de la boisson.

Maintenant, on critique cette boisson comme étant une des pires boissons de récupération. Parfait. Quels sont les arguments?

1)      Le lait cause des allergies. Demandez à n’importe quel spécialiste (allergologue je crois) et il vous dira que le lait peut être associé à des allergies chez certaines personnes. Alors que c’est évident (ou odorant devrais-je plutôt dire) pour les personnes souffrant d’intolérance au lactose, la réalité est beaucoup moins limpide pour le reste. Certes, plusieurs personnes témoigneront qu’après avoir cessé la consommation de lait, tous leurs problèmes sont partis. Et bien tant mieux pour ces gens (sincèrement, tant mieux). Cependant, nous ne pouvons nous baser uniquement sur des témoignages où aucune donnée n’est compilée ce qui fait en sorte que nous demeurons dans le domaine de l’anecdotique. Présentons des données crédibles et nous pourrons poursuivre la discussion sinon épargnez-moi le témoignage et les flatulences spectaculaires de Mme Chose… Et pour ceux qui ne tolèrent pas le lait au chocolat, il y a d’autres boissons qui peuvent faire le travail. Cependant, cela n’empêche pas les autres de consommer du lait au chocolat.

2)      Le lait au chocolat diminue l’absorption des macronutriments et des micronutriments. Dans un premier temps, il faut déterminer quels sont les besoins IMMÉDIATS de l’organisme suivant l’entraînement. La boisson de récupération ne vise pas à répondre à tous les besoins quotidiens de l’organisme, mais plutôt à des besoins spécifiques et immédiats. Si le lait au chocolat diminue l’absorption des macronutriments (nous nous intéressons uniquement aux protéines et aux glucides, car les lipides importent peu), les études mesurant la récupération auraient inévitablement démontré l’inutilité de la boisson. Une diminution de l’absorption des protéines et des glucides aurait causé une baisse de la capacité de récupération comparativement à une autre boisson de récupération. Pourtant non. Pour les micronutriments (vitamines et minéraux), la question ne se pose même pas, car les besoins en micronutriments post entraînement sont habituellement comblés par l’alimentation quotidienne (lorsqu’elle est équilibrée).

3)      Le lait au chocolat c’est du chimique. Malheureusement, tout est chimique même l’eau (H2O). La question est plutôt si les éléments chimiques sont nocifs sur la santé ou néfastes pour la récupération. La question est légitime alors, nommez les composantes chimiques du lait au chocolat qui peuvent être néfastes pour la santé et la récupération et présentez-moi le support scientifique (crédible s.v.p.!). Trop de détracteurs du lait au chocolat brandissent haut et fort les pancartes du Méchant Chimique sans pouvoir nommer un seul élément ou présenter une seule preuve crédible (autre que leur vaste expérience et les études du Dr. Antimilk qui n’ont jamais été publiées…).

4)      Le lait au chocolat entraîne une réponse inflammatoire. Mais, qu’est-ce qu’une réponse inflammatoire? Il s’agit d’une réponse immunitaire de l’organisme face à une agression externe (virus, élément allergène, stress physique, etc.). Cette réponse met en branle des mécanismes de gestion et d’adaptation afin de mieux positionner l’organisme face à une menace. À ce compte, l’entraînement induit une réponse inflammatoire également qui finit par se traduire par des adaptations. Pourtant, on ne bannit pas l’entraînement pour ses effets pro-inflammatoires. Encore une fois, j’aimerais bien mettre la main sur des données sérieuses qui traitent de la réponse inflammation suite à l’ingestion du lait (et n’allez pas me présenter des articles sur les gens intolérants au lactose, mais bien chez des gens sans intolérance).

En réalité, je ne suis ni pour ni contre le lait au chocolat et je ne peux affirmer que le lait au chocolat est une boisson de récupération efficace pour bon nombre d’individus. Dans les faits, je suis à la merci des publications scientifiques ce qui implique que je changerai volontiers mon discours lorsque j’aurai suffisamment de preuves pour le faire (non, le 7 jours ou la semaine, ça ne compte pas). D’ici là, libre à vous de prendre du lait au chocolat comme boisson de récupération ou non, mais, évitez de critiquer son usage sans preuve et surtout en faisant appel à la crédulité populaire pour faire du sensationnalisme. Nous avons tous droit à nos opinions cependant, il est un devoir d’appuyer ces opinions à l’aide d’arguments crédibles surtout lorsque l’on s’adresse à plusieurs personnes.

Ce billet a été commandité par le Ministère des Produits Laitiers. Ben non (pour tous ceux qui croient que je suis à la solde du Bureau Laitier), c’est une blague! Jamais mes billets ne seront commandités (du moins, par pour moins de 50 000 $).

Références

1.  Cockburn, E, PR Hayes, DN French, E Stevenson, and A St Clair Gibson. Acute milk-based protein-CHO supplementation attenuates exercise-induced muscle damage.Appl Physiol Nutr Metab 2008; 33(4). 775-83.

2.  Gilson, SF, MJ Saunders, CW Moran, RW Moore, CJ Womack, and MK Todd. Effects of chocolate milk consumption on markers of muscle recovery following soccer training: a randomized cross-over study.J Int Soc Sports Nutr 2010; 7. 19.

3.  Karp, JR, JD Johnston, S Tecklenburg, TD Mickleborough, AD Fly, and JM Stager. Chocolate milk as a post-exercise recovery aid.Int J Sport Nutr Exerc Metab 2006; 16(1). 78-91.

4.  Pritchett, K, P Bishop, R Pritchett, M Green, and C Katica. Acute effects of chocolate milk and a commercial recovery beverage on postexercise recovery indices and endurance cycling performance.Appl Physiol Nutr Metab 2009; 34(6). 1017-22.

5.  Rankin, JW, LP Goldman, MJ Puglisi, SM Nickols-Richardson, CP Earthman, and FC Gwazdauskas. Effect of post-exercise supplement consumption on adaptations to resistance training.J Am Coll Nutr 2004; 23(4). 322-30.

6.  Roy, BD. Milk: the new sports drink? A Review.J Int Soc Sports Nutr 2008; 5. 15.

7.  Shirreffs, SM, P Watson, and RJ Maughan. Milk as an effective post-exercise rehydration drink.Br J Nutr 2007; 98(1). 173-80.

8.  Thomas, K, P Morris, and E Stevenson. Improved endurance capacity following chocolate milk consumption compared with 2 commercially available sport drinks.Appl Physiol Nutr Metab 2009; 34(1). 78-82.[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]