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Métro, boulot, abdos ou auto, boulot, p’tit gros?

C’est avec une certaine tristesse que je me suis récemment départi de ma petite Smart Cabrio 2005. Fin de location, sympathique petite voiture vieillissante, il était temps de passer à autre chose. Malheureusement, je n’ai pas encore arrêté mon choix et j’en ai profité pour renouer avec le transport en commun (en plein hiver, pourquoi pas?). Vous me connaissez, pourquoi ne pas joindre l’utile au soi-disant agréable et mesurer l’impact de l’utilisation de la voiture ou du transport en commun sur le niveau d’activité physique quotidien?

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Voiture et transport en commun, un mariage possible?

 

C’est exactement ce que j’ai fait…

Je me suis donc prêté au jeu et j’ai quantifié mon niveau d’activité physique lorsque j’avais des journées de travail où je pouvais bénéficier d’une voiture et lorsque j’utilisais le transport en commun (pour ceux qui s’inquiètent, non, je ne volais pas de voiture, j’empruntais la luxueuse Maserati de ma conjointe. Je ne me souvenais pas que Toyota fabriquait des Maserati, mais bon…).

Je devais donc quitter mon luxuriant domaine de l’île de Montréal soit en voiture, soit en transport en commun pour me diriger vers mon bureau de Laval (ça, c’est au nord de Montréal) muni d’un accéléromètre (une simple FA20 de Polar). Je me suis également imposé quelques règles pour les deux modes de locomotion. En voiture, je devais me stationner loin de l’entrée de mon bureau (ce que je faisais habituellement, bien sûr!) et en transport en commun, je devais utiliser les escaliers et je devais me lever pour céder ma place lorsque cela était requis (je suis un vrai gentleman pour ceux et celles qui en doutaient…).

Je vais comparer 6 jours où j’ai utilisé la voiture avec 6 jours où j’ai emprunté le transport en commun. Le tableau 1 résume le tout. Veuillez noter que j’ai indiqué le nombre de minutes d’activité physique (généralement, la FA20 reconnait ce qui est plus intense qu’une position assise comme étant de l’activité physique) ainsi que les calories. Je me dois d’apporter une précision importante pour cette dernière valeur, car, la mesure de la dépense énergétique effectuée par la FA20 n’est pas valide (à ma connaissance, elle n’a jamais été officiellement validée) pour ce genre d’observation (activités physiques variées, mode de déplacements multiples, etc.). Pourquoi l’ajouter? Simplement pour donner une idée générale de l’intensité de l’activité physique pratiquée lors des deux modes de déplacement pour le travail (et pour me donner un peu de jus pour la suite du billet, vous verrez). Bref, ce n’est pas parfait, mais, ça donne une idée grossière et comme ce projet n’a bénéficié d’aucune subvention provinciale ou fédérale, nous allons nous en contenter.

Comme plusieurs d’entre vous s’en doutaient, utiliser le transport en commun augmente la quantité d’activité physique pratiquée quotidiennement comparativement à des déplacements en voiture (à moins de rester coincé dans un banc de neige et de devoir pousser…). En somme, j’ai complété 58 min d’activité physique de plus lorsque j’utilisais les transports en commun tout en conservant le même horaire de travail. Du côté de l’intensité, même si notre mesure est moins valide, on peut constater qu’il n’y a pas de différence importante ou significative entre les deux modes de locomotion (3.5 kcal/min vs 3.0 kcal/min). Donc, on bouge plus, mais, pas forcément avec plus d’intensité toujours en considérant les biais imposés par notre méthode de mesure de l’activité physique. Qu’est-ce que ça implique tout ça?

Amusons-nous à simuler l’effet de la perte d’une voiture pendant une période de 6 mois de travail sur la composition corporelle lorsque le mode de déplacement de remplacement est le transport en commun, plus particulièrement le métro. Pourquoi ne pas opter pour la totale dans notre simulation et inclure les changements du métabolisme énergétique, de composition corporelle, etc. À l’aide de calculs (on n’y échappe jamais!), nous allons projeter notre sympathique compagnon de toujours, Jo Métro, dans le temps et constater ce qu’il lui advient. Roulement de tambour!

Le tableau 2 nous présente l’évolution de la dépense énergétique et de la composition corporelle de Jo Métro sur la période de 6 mois où il lui est impossible d’utiliser la voiture pour se rendre au travail. J’ai considéré que ses apports nutritionnels demeuraient les mêmes en quantité et en composition (un vieux garçon ce Jo). Pour le calcul, je me suis basé sur l’augmentation de l’activité physique que j’ai observé (211 kcal) lorsque je me suis adonné à un processus similaire (la première partie du billet pour ceux et celles qui lisent en diagonale). J’ai déterminé le métabolisme de repos (en fonction de sa composition corporelle) et la thermogenèse alimentaire (en fonction de ce qu’il mange) afin d’obtenir la dépense énergétique quotidienne (en ajoutant l’activité physique mesurée). Veuillez noter que j’ai pris en considération que le métabolisme de repos allait changer si la composition corporelle devait être modifiée (s’il perd ou prend du poids par exemple).

En somme, l’impact d’un changement de mode de déplacement après 180 jours de travail se chiffre à une perte de 3.1 kg de masse grasse soit 16 % de la masse grasse initiale. L’ampleur conservatrice du déficit énergétique et la lenteur de la perte de poids font en sorte qu’il est fort peu probable qu’une perte de masse musculaire découle du processus surtout que le déficit est occasionné par une augmentation de l’activité physique et non par une restriction nutritionnelle (les apports sont considérés comme constants pour les 180 jours). Il donc raisonnable de croire que la totalité de la perte de poids puisse provenir d’une perte de masse grasse. Jo Métro passe donc d’un poids de 80 kg, dont 20 kg de masse grasse, à un poids de 76.9 kg et une masse grasse de 16.9 kg. Ça, c’est le beau côté des choses.

L’envers de la médaille est quant à lui très inquiétant avec Toyota qui prévoit augmenter ses ventes mondiales de voiture à 10 000 000 par année d’ici 2015. L’inverse de notre situation est plus probable (et ce n’est pas de la faute à Toyota, je suis tombé sur cette nouvelle tout à l’heure) et c’est précisément ce qui m’inquiète. On observerait alors l’effet contraire, c’est-à-dire que les gens passant du transport en commun à la voiture seraient affligés d’une prise de poids de presque 3.1 kg de masse grasse sur 180 jours (si rien d’autre ne change, bien sûr!). À ce rythme, l’obésité n’est pas très loin. Pire encore, la plupart des gens qui opteront pour la voiture, prendront du poids sans envisager que la cause provienne de la diminution du niveau d’activité physique (la plupart blâmeront assurément leur métabolisme lent, la croûte sur le pain ou les boissons gazeuses pour leur masse grasse grandissante). Si on ne connait pas la cause, on peut difficilement y trouver des remèdes.

En terminant, que vous vous déplaciez en voiture, en métro ou à dos d’âne, soyez conscients des répercussions sur votre santé et faites les ajustements requis afin d’éviter de contribuer à la l’épidémie d’obésité. Sur ce, je me dirige à pied vers le concessionnaire Ferrari le plus proche…

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