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Les autres, c’est des cons…

Avez-vous déjà remarqué que les autres sont cons? Ce constat est particulièrement vrai dans le domaine de l’activité physique et de la nutrition. On peut retrouver trois factions : deux distinctes et une qui oscille entre les deux.

Habituellement, on retrouve les adeptes de la science, ceux qui sont allés à l’université et qui suivent une approche académique et réfléchie. Puis, il y a les adeptes de l’alternatif, des « autres sciences » moins académiques, moins cartésiennes et plus ancestrales. En terminant, il y ceux qui se promènent entre les deux, prenant au passage ce qui leur convient et ignorant le reste.

Les adeptes de la science et les adeptes de l’alternatifs sont toujours systématiquement opposées, chaque groupe dénigrant continuellement l’autre.

On reproche aux adeptes de la science de fonctionner sur des automatismes, d’avoir des œillères et de rarement s’aventurer hors des sentiers que la science n’a pas encore foulés. On créer un stéréotype qui les englobe tous.

Prenons l’exemple des médecins.

Ils sont toujours trop occupés, n’ont pas de considération pour leurs patients, prescrivent systématiquement n’importe quel médicament en prenant l’argent des mégapharmaceutiques. En gros, le système de la santé est rempli de médecins qui n’écoutent pas, qui sont antipathiques, qui ne connaissent rien mis à part quelques médicaments qu’ils utilisent à toutes les sauces.

Prenons l’exemple des nutritionnistes. Ce ne sont que des femmes qui se fient aveuglément sur le Guide Alimentaire Canadien et pour qui la nutrition se résume à manger ses fruits et légumes, boire son verre de lait et ses huit verres d’eau par jour. Elles ont des œillères et se basent uniquement sur des publications scientifiques ou des prises de positions officielles de grands organismes en santé qu’elles ont rarement le temps de lire et encore moins de remettre en question.

Prenons l’exemple des kinésiologues. Ils ne connaissent que ce qu’ils ont brièvement vu au cours de leurs études. Ils ne savent que donner des programmes d’entraînement de base, principalement axés sur la prévention des blessures, l’entraînement cardiovasculaire et les étirements. Ils se préoccupent souvent plus de la prévention des blessures que du développement des qualités physiologiques entraînables. Bref, leurs clients ne se font pas mal, mais n’atteignent jamais leur objectif.

Dans l’autre camp, on reproche souvent aux adeptes de l’alternatif leur foi aveugle dans leurs croyances, leur manque de support scientifique ou encore leur méthode scientifique boiteuse.

Prenons les naturopathes.

Ils rejettent systématiquement toute approche médicale conventionnelle et s’appuient sur des concepts qui ne sont pas mesurables ou encore mesurés avec des méthodes douteuses. Ils se basent uniquement sur la perception du bien-être du patient, s’il se sent mieux, c’est que l’intervention a fonctionné (et rien d’autre). Pour eux, la communauté médicale est une secte fondée sur le mal et sur le capitalisme sauvage. Les professionnels de la santé veulent nous rendre malades pour garantir leurs énormes revenus et leur train de vie de rois.

Prenons les entraîneurs de fin de semaine.

Ils s’entraînent souvent plus qu’ils entraînent. Ils essaient de suivre le plus de formations sans examen possible pour augmenter leur bagage de connaissances. Ils se fient sur la pratique, la science, ce n’est valide que dans les livres et sur les bancs d’école. La vraie vie se résume à l’expérience. Rien ne supplante l’expérience sinon ce que dira leu gourou de prédilection qui leur dicte quoi penser, quoi faire et quoi dire. S’il le dit, c’est que c’est vrai et que ça marche alors aussi bien faire comme lui.

Ce sont là des stéréotypes qui, à peu de choses près, sont bien souvent trop réels. Combien de fois ai-je entendu une ou un naturopathe, une ou un professeur de yoga vilipender un médecin parce qu’il avait prescrit un médicament pour réguler la pression artérielle d’un patient. Combien de fois ai-je entendu un médecin crucifier un naturopathe et le traiter de charlatan et d’escroc. Et la population se range habituellement du côté qui lui semble plus favorable, généralement du côté de la complaisance et de la facilité.

Ce type de relation est définitivement contreproductif et je m’explique mal cette perpétuelle opposition. Mon hypothèse principale me pousse à croire qu’un manque de connaissance et de rigueur animent ce conflit. Dans tous les camps, on se base davantage sur des croyances que sur des éléments mesurables et vérifiables.

Du côté des adeptes de l’alternatif, on emploie quasi jamais de mesure valide et objective pour quantifier l’impact d’une intervention. On ne croit pas en l’approche scientifique et plusieurs affirment qu’elle est systématiquement biaisée et qu’elle nuirait à l’approche alternative. J’en doute. Je doute que la véritable approche scientifique soit nuisible (Définition Wikipédia : La méthode scientifique désigne l’ensemble des canons guidant ou devant guider le processus de production des connaissances scientifiques, qu’il s’agisse d’observations, d’expériences, de raisonnements, ou de calculs théoriques). Quantifier, observer, analyser et raisonner, ça ne peut qu’aider. Ne se fier qu’à l’observation de résultats ou encore qu’à la perception du patient risque d’induire en erreur la plupart du temps.

Du côté des adeptes de la science, un égo mal placé aveugle bien souvent ses fervents partisans. Le plus bel exemple réside dans l’immaculée vérité qui provient des articles scientifiques (amusez-vous à visiter le site RetractionWatch pour y trouver des articles qui ne contenaient pas que des vérités immaculées). On ne prend plus le temps de lire l’article et d’y fouiller les références, on saute directement à la conclusion et on formule rapidement la sienne (qui parfois diffère de celle de l’article). On saute tout aussi rapidement les étapes qui constituent le fondement de la méthode scientifique ce qui risque fortement d’en pervertir le contenu.

Que ce soit du côté des adeptes de la science ou encore des adeptes de l’alternatif, on néglige d’importants aspects et on finit quasi irrémédiablement par véhiculer des croyances plutôt que des connaissances. Les croyances, ça sert bien les religions (et encore!), mais ça devient très problématique lorsqu’on les applique à l’entrainement et à la nutrition.

Voici quelques conseils afin d’éviter de véhiculer des croyances, que vous soyez un adepte de la science ou de l’alternatif :

  • Avez-vous une ou des références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous lu la ou les références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous les connaissances pour comprendre la ou les références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous compris la ou les références crédibles qui appuient vos dires?
  • Avez-vous lu autour de votre/vos références crédibles (lire d’autres articles)
  • Est-ce que les résultats de votre/vos références crédibles ont été reproduits par d’autres références (sinon, ça devient moins crédible)?
  • Avez-vous lu ces autres références?
  • Avez-vous les connaissances pour comprendre ces références?
  • Avez-vous compris ces références?

Vous l’aurez compris, c’est un processus quasi sans fin qui demande du temps, des connaissances et une capacité d’analyse et de compréhension importante. Plusieurs diront qu’ils n’ont pas le temps. C’est à ce moment que l’on commence à tomber dans les stéréotypes précédemment illustrés. Il faut prendre le temps! Si vous avez le temps de faire de l’argent avec la santé des gens, vous devez prendre le temps de vous informer convenablement. C’est la rançon de votre salaire.

Certains diront qu’ils n’ont pas accès à des sources d’informations. Encore une fois, si vous tirez profit de l’entraînement, de la nutrition ou de la santé des gens, vous devez trouver accès à une information crédible et pertinente (quelques exemples : Pubmed, Quackwatch.org, Web of science, What’s the harm).

Il est possible que cela vous coûte de l’argent, vous prenne du temps, mais la santé des gens ce n’est pas un jeu auquel on peut jouer.

En terminant, soyez prudent si vos mots critiquent sévèrement une profession et si vous abondez dans le stéréotype.

Tous les membres d’une profession ne sont pas tous des cons.

Éviter de faire un exemple d’une profession avec un con.

Ne soyez pas con.

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Les 4 pièges à éviter avec votre nutritionniste

Depuis 2004, le nombre de nutritionnistes dans les centres de conditionnement physique a augmenté de façon quasi exponentielle. Initialement, les nutritionnistes ne se pressaient pas aux portes des gyms pour offrir leur service. Je me souviens encore avoir eu de longues discussions avec la responsable des stages du département de nutrition de l’Université de Montréal afin d’offrir les centres de conditionnement physique comme milieu de stage. L’idée était bonne, les candidates étaient plutôt rares. Encore aujourd’hui, l’adaptation du travail d’une nutritionniste (désolé messieurs dtp vous êtes trop peu nombreux pour que j’utilise le masculin) n’est pas toujours facile. Comme dans toute profession, il y en a des excellentes et malheureusement des moins bonnes (ça, c’est la loi de la normale…). J’ai déjà pris position sur l’importance du travail des nutritionnistes en centre de conditionnement physique dans un article précédent. Voici, bien humblement, mes recommandations pour le consommateur de services nutritionnels dans un contexte de conditionnement physique.

Se fier à sa formation universitaire et à son expérience

Comme pour les entraîneurs, la formation et l’expérience peuvent s’avérer des atouts intéressants, mais on oublie souvent qu’il s’agit d’une lame à deux tranchants. Tout dépend comment la professionnelle de la nutrition utilise son bagage académique et son expérience. Alors que les bases en nutrition se doivent d’être solides, il est possible que les notions de nutrition sportive des nutritionnistes le soient un peu moins. Pourquoi? Parce que la formation académique ne comporte que peu de contenu relatif à la physiologie de l’exercice et aux relations entre la performance et la nutrition (à l’époque de ma maîtrise, on comptait moins de 15 h allouées à ce chapitre de la nutrition) ce qui fait des nutritionnistes des professionnelles généralistes de la nutrition. Bien sûr, les nutritionnistes ne sont pas dépourvues de connaissances en matière de nutrition sportive, mais l’ampleur des connaissances devant être acquises à l’intérieur de leur formation ne laisse que bien peu de place à ce volet de la nutrition. Il importe donc à chacune d’elle (et eux aussi) de poursuivre leur formation de leur propre chef. Comme il existe bien peu de formation continue en nutrition sportive, les nutritionnistes sont malheureusement forcées de se frayer seules un chemin dans cet univers parfois nébuleux. Et quand on avance seul, on peut courir le risque de s’égarer.

À retenir : La théorie et la pratique dépendent de la compréhension que l’on peut en tirer.

Se fier à son apparence

Ce n’est pas parce que votre nutritionniste est grande que ses plans nutritionnels feront de vous un pro du basketball. Comme dans toute profession, notre première impression tend à dicter notre perception de la compétence d’un individu. Une nutritionniste obèse n’inspire pas confiance. Cependant, ce ne sont pas les choix personnels de votre nutritionniste qui importent, mais plutôt les choix qu’elle peut vous faire faire. Somme toute, vous la payez pour ce qu’elle sera en mesure de vous faire faire plutôt que ce qu’elle fait pour elle-même. L’inverse est aussi vrai, le corps athlétique d’une nutritionniste n’est pas gage de compétence, mais plutôt d’un rythme de vie personnel qui n’est pas nécessairement transmis en consultation. Personnellement, ma nutritionniste peut être cul-de-jatte, aveugle, obèse et diabétique de type 2, ce qui m’intéresse c’est ce qu’elle peut m’apporter.

À retenir : Ne regardez pas, écoutez et comprenez.

Se fier à ses calculs

Les calculs de bioénergétiques peuvent parfois être mathématiquement simples, mais ils sont toujours biologiquement complexes. Par exemple, il est facile de maîtriser l’utilisation d’équations pour déterminer le métabolisme de repos, il l’est beaucoup moins de maîtriser les relations physiologiques qui les sous-tendent. À ma grande surprise, il m’est arrivé de rencontrer des nutritionnistes (de rares nutritionnistes, bien sûr) qui ne connaissaient pas l’origine et le pedigree d’une équation qu’elles utilisaient pour déterminer le métabolisme de repos. Il devient difficile de déterminer la précision et la validité d’une équation pour un client sans en connaître l’origine et les limites. Lorsque l’on tente de déterminer les besoins quotidiens en énergie, cette erreur peut s’avérer coûteuse. Par exemple, si la précision d’une équation pour le métabolisme de repos est de ±100 kcal par jour et que nous appliquons un facteur d’activité physique pour obtenir les calories totales dépensées sur une journée, nous multiplions également l’erreur. Trop tôt pour des mathématiques? Bien sûr que non… Supposons que notre calcul du métabolisme de repos nous donne 1200 kcal par jour, que notre équation est associée à une marge d’erreur de ±100 et que nous estimons le niveau d’activité physique comme étant sédentaire (x 1.41.6). Pour obtenir les calories totales d’une journée, nous multiplions 1200 par 1.4 ou 1.6 pour obtenir 1680 kcal par jour (j’ai pris 1.4 comme facteur d’activité physique). Il faut également multiplier notre marge d’erreur, donc 100 par 1.4 pour obtenir 140 kcal par jour. La dépense énergétique estimée sera, dans le meilleur des mondes, de 1680 ± 140 kcal (ici, je mets de côté volontairement l’autre marge d’erreur associée à la détermination arbitraire du niveau d’activité physique). Bref, ce n’est pas parce que l’on utilise des équations que nous sommes précis (même si nous mettons quatre chiffres après la virgule…).

À retenir : En nutrition comme en entraînement, les calculs mathématiques sont alléchants, mais bien souvent animés d’une précision illusoire. Il faut donc les comprendre pour bien les utiliser.

Ne pas remettre en question son travail

Il s’agit de l’élément le plus important. Le travail d’une nutritionniste n’est pas chose facile et ces professionnelles de la nutrition doivent composer avec une quantité astronomique de variables. Il devient dès lors pratiquement impossible d’avoir tout juste du premier coup. L’erreur doit être permise et surtout, comprise. Le processus d’intervention en nutrition doit donc comprendre une structure favorisant la compréhension de l’intervention plutôt que le suivi aveugle de règles figées dans une théorie parfois aride. Il faut que le client et la nutritionniste soient prêts à vivre avec l’erreur, la comprendre et corriger le tir. Le client ne peut donc s’attendre à une recette de pâté chinois miracle, mais à un livre d’ingrédients qui doivent être organisés en une recette personnalisée. Ca, c’est un long processus.

À retenir : Votre nutritionniste doit faire preuve d’humilité et elle doit vous informer du processus d’essai-erreur.

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Si le feu de la St-Jean carburait au lait au chocolat, serait-il gras?

[fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][youtube=http://www.youtube.com/watch?v=OWasZ8Va9Hk&feature=player_embedded] Non, ce n’est pas le manque d’inspiration qui me pousse à encore parler du lait au chocolat. Non, ce n’est pas un billet pour faire la promotion du lait au chocolat (j’attends toujours mon chèque de Québon). Une collègue m’a transmis une « publicité » fort intéressante visant à sévèrement sermonner les écoles qui obligent le gavage quotidien au lait au chocolat. Vous allez rire, mais je fus troublé à plusieurs niveaux. Je vous invite donc à regarder cette vidéo avant de poursuivre votre lecture.

Premièrement, je trouve que l’idée de nourrir les élèves à la place des parents se veut un manquement important au rôle de l’école dans notre société. L’école se doit d’éduquer et non pas de faire à la place. Bien sûr, plusieurs vont rétorquer que certaines familles pauvres ont absolument besoin de service comme le Club des petits déjeuners et que sans l’école, nombreux élèves vont passer la journée le ventre vide. Bien d’accord avec ça. Sauf que, comment ces familles vont-elles arriver un jour à nourrir leurs enfants le matin si l’école le fait à leur place? Pourquoi ne pas leur fournir les outils pour s’en sortir plutôt que de bêtement les nourrir (je suis certain qu’il y a des organismes qui font ça, montrer à pêcher au lieu de donner du poisson. De plus, comme démontré dans le billet précédent, ça coûte moins cher de bien manger…)? Donc, que ce soit du lait ou du lait au chocolat, je ne suis pas convaincu que l’école joue sont rôle de moteur éducatif en nourrissant ses élèves d’autres choses que des connaissances.

Maintenant, passons au sympathique court métrage mettant en vedette de futur Oscarisés. Pour commencer, on utilise des enfants pour passer un message qui, selon moi, frise la propagande anti lait au chocolat visant de toute évidence une population adulte. Ensuite, on s’attaque au lait au chocolat comme source du mal (lire : source de sucre). Le méchant sucre qui nous tue, qui nous engraisse et qui nous débilite à un point tel que nous devons coller de stupides moustaches sur des enfants et leur faire répéter 20 fois la même chose pour que l’on comprenne que le sucre c’est mal. On tente de nous impressionner en présentant l’ampleur des quantités de sucre ingurgité lors de la consommation de lait au chocolat. OK, présentons les deux côtés afin de vraiment éduquer.

Si on présente combien de sucre il y a dans le lait au chocolat, il serait également intéressant de présenter combien de sucre les enfants ont-ils besoin pour vivre. Oui, voilà les calculs…

J’ai donc épluché la littérature[1] pour trouver combien de kcal pouvait dépenser un enfant de 7 ans. Ensuite, j’ai déterminé la répartition de cette dépense énergétique sous les 3 formes principales utiles à l’être humain : glucides, lipides et protéines. Le tableau 1 résume le tout.

Tableau 1

Un enfant de 7 ans, dépense environ 1810 kcal par jour dont approximativement 50 % proviennent du méchant sucre (j’utilise sucre, mais je devrais indiquer glucide) soit, environ 226 g par jour. Lorsque nos sympathiques bambins aux allures de Groucho Marx nous informent que le diabolique lait au chocolat contient un effarant 26g de sucre et nous questionnent si c’est trop, je leur répondrai qu’il s’agit de 12 % du sucre qu’ils vont manger dans leur journée. Afin de frapper avec une vigueur renouvelée l’esprit de l’auditoire, nos petits marmitons s’amusent à additionner les apports en sucre dans le temps pour nous démontrer que la consommation quotidienne de lait au chocolat va mener à l’ensevelissement sous un carré de sable de sucre. Ouuuuuuu! Et combien vont-ils consommer de carrés de sable dans leur vie? Ça, il ne faut absolument pas le montrer sinon, tout le monde va se mettre à consommer des hectolitres de lait au chocolat chaque jour.

Et c’est là qu’il y a un problème majeur avec notre court métrage MOO-MOO antisucre : on prend les gens pour des imbéciles. Oui, je vous entends crier tout haut qu’il y a beaucoup plus d’imbéciles que l’on pense. Mais, ce n’est pas en prenant les gens pour des imbéciles incapables de faire des choix et en leur fournissant un message simpliste que nous allons les éduquer à faire des choix plus judicieux. On leur dit que le lait au chocolat c’est plein de sucre, que c’est mal et que ce n’est pas bon pour vous (on n’appuie aucun de ces commentaires, mais ce ne sont pas des experts, mais bien des enfants comme ils le disent si bien). Pire encore, on se cache derrière des enfants pour passer le message (ce n’est pas illégal en pub de faire ça?).

On frappe sur le lait au chocolat sans merci. Et on devrait plutôt frapper sur le manque d’éducation de gens. Pourquoi quelqu’un aurait-il besoin de boire du lait au chocolat ? Que retrouve-t-on dans le lait au chocolat ? Pourquoi cette boisson peut-elle être utile à quelque chose ? On devrait leur apprendre qu’ils ont besoin de sucre pour bouger, pour vivre et que, comme pour toutes choses, s’ils en consomment trop, il y aura des conséquences. Comme il y aura des conséquences pour l’athlète qui ne consomme pas assez de sucre. Ça, on pourrait le dire dans des cours à l’école. Quels sont les besoins des enfants, ça, ça serait un message important à transmettre aux parents. Pas que le diable possède des parts dans l’industrie du lait au chocolat.

Il y a de cela quelques années, j’avais approché une commission scolaire pour un projet pilote. Je voulais donner quelques ateliers en nutrition et activité physique. Pour le volet activité physique, ça passait, mais, pour le volet nutrition je me suis buté à des barrières que j’ai décidé de ne pas franchir (je sais depuis qu’il y a eu quelques projets en nutrition, mais, je pense que c’était plus axé sur la popote que la nutrition). On ne voulait pas que l’on parle de nutrition, de calories ou autres de peur que les enfants commencent à trop s’en préoccuper. On aurait sans aucun doute créé une génération d’enfants souffrant de troubles alimentaires. À la place, décidons de ce qui est bon pour eux et surtout, ne leur donnons pas le pouvoir de la connaissance et du choix.

La clé réside dans l’éducation objective et non pas dans l’éducation marketing. Il va falloir arrêter de prendre les gens pour des caves et commencer à les éduquer. Comme je le dis souvent, si moi je comprends quelque chose, tout le monde peut le comprendre, suffit de leur expliquer convenablement. En terminant, je pense que les intentions derrière cette vidéo étaient louables et bien intentionnées cependant, je m’interroge à la fois sur le fond et sur la forme pour passer un message qui semble torpiller leurs intentions. Sur ce, MOO-MOO-MOO et bonne St-Jean!

 Référence

1.            Livingstone, MB, WA Coward, AM Prentice, et al. Daily energy expenditure in free-living children: comparison of heart-rate monitoring with the doubly labeled water (2H2(18)O) method. Am J Clin Nutr 1992; 56(2). 343-52.

 

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Pourquoi les Bougons sont-ils obèses?

Je préfère vous en avertir, ce billet fait définitivement dans le cliché, le stéréotype poussé à l’extrême, du moins, je l’espère. Depuis que je suis un fervent utilisateur du transport en commun, j’ai l’opportunité de visiter plus en détail mon bienheureux quartier. Cette activité physique quotidienne me permet de découvrir plusieurs éléments de St-Henri dont la dure réalité de la pauvreté. Je croise fréquemment des gens vivant de l’aide sociale, perchés sur leur balcon à me regarder déambuler devant leur 4½. Cet ici que je tombe dans le cliché, je vous en avais averti. Sur une rue en particulier, j’ai été frappé par la réalité : les Bougons sont obèses. Je les vois constamment avec leur sac de chips, leur Pepsi et leur grosse molle tablette à me regarder revenir du travail. Je me suis donc posé la question suivante : s’ils sont pauvres et que par définition ils n’ont que peu de moyens, ils devraient manquer de calories et être excessivement maigres? Certains me répondront que la malbouffe est plus économique et qu’ils ne vivent que de ça. Possiblement mais j’en doute.

J’ai donc été forcé de constater que la rédaction de ce billet ne pouvait se faire qu’en se basant uniquement sur mon bassin de connaissance. J’ai donc eu recours à une aide (précieuse) extérieure. J’ai sorti l’artillerie lourde, j’ai supplié la nutritionniste sportive Évelyne Deblock, Msc, Dtp de m’aider en fournissant des exemples d’apports nutritionnels pour des gens à faible revenu (toujours en sombrant dans le stéréotype) afin d’être en mesure d’élucider la problématique d’obésité chez les gens à faible revenu de mon quartier (habituellement, on leur donne le sobriquet de BS ou maintenant, de Bougons). Fidèle à ses habitudes, Évelyne m’a noyé sous les informations. Voici donc ce qu’elle m’a généreusement envoyé :

La nourriture étant un des besoins fondamentaux de l’être humain, il reste un des besoins les plus compromis lorsque les ressources financières sont déficientes. Des études ont même démontré que si le budget est limité pour l’alimentation, la personne orientera ses choix davantage vers une alimentation à forte densité énergétique (kcal/g d’aliment), par exemple un aliment frit, et souvent pauvre en nutriments essentiels. Il n’est pas étonnant, puisque ce type d’alimentation amènera plus d’énergie à moindre coût, malgré le manque d’éléments nutritifs. De plus, un aliment à haute densité énergétique aura plus d’impact sur le sentiment de satiété, et ce, pendant plus longtemps qu’un aliment à faible densité énergétique. Le résultat peut, par contre, amener à un gain de poids, principalement sous forme de gras, et éventuellement des problèmes de maladies cardiovasculaires, considérant l’apport élevé en sodium, faible en potassium, faible en fibres et faible en acides gras essentiels ou un cancer en raison du faible apport en antioxydants.

Le Dispensaire diététique de Montréal estime régulièrement le coût minimal moyen d’une alimentation pouvant satisfaire adéquatement les besoins nutritionnels pour une personne seule. Ce coût minimum pour un régime nutritif est estimé en 2011 à 7,74 $ par jour pour un homme de 19 à 30 ans, soit 54,16 $ par semaine. Ces aliments ne comprennent pas d’aliments précuisinés ou prêts à manger. Il faut donc prendre le temps de cuisiner soi-même… Le tableau 1 démontre la preuve que c’est possible de manger sainement et à faible prix alors que le tableau 2 nous offre le détail de l’alimentation. Mieux manger permet d’avoir une bonne santé et de le rester. Pour n’importe quoi, il faut du temps. Prendre le temps d’organiser notre alimentation et apprendre à cuisiner restent les meilleures solutions pour rester en santé.

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Tableau 1 : Comparaison entre une alimentation stéréotypée d’un homme de 19 à 30 ans avec un faible revenu et une alimentation adaptée à ses besoins.

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Tableau 2: Détail des apports nutritionnels

Comme c’est mon blogue, il a bien fallu que j’y ajoute ma touche bioénergétique. Je me suis amusé (je sais, c’est toujours relatif), à prédire les variations de composition corporelle en fonction d’un gabarit initial de 70kg pour une personne de 30 ans débutant sa carrière de Bougon. J’ai donc calculé le métabolisme de repos en me basant sur une équation considérant la masse grasse et la masse maigre, calculé la thermogenèse alimentaire (digestion) à partir des menus ainsi qu’estimé le niveau d’activité physique (60 min à 3 Mets, 120 min à 2 Mets) en me basant sur quelques mesures par accélérométrie que j’avais. À des fins de comparaisons, j’ai complété un calcul similaire pour la même personne, mais, qui travaille comme comptable dans un édifice à bureau du centre-ville et qui utilise le transport en commun et qui s’entraîne 3 fois semaine dans un centre de conditionnement physique (90 min à 3 Mets, 120 min à 2 Mets, 20 min à 5 Mets).

Les figures 1 et 2 présentent l’évolution de la composition corporelle pour nos 2 comparses. Il est bien évident que le mode de vie sédentaire se limitant à quelques activités physiques obligatoires (aller chercher son chèque, faire l’épicerie, etc.) jumelées à l’alimentation précédemment illustrée nous donne le résultat que j’observe quotidiennement dans mon voisinage. Petite note méthodologique, j’ai fait évoluer le métabolisme de repos en fonction des changements de composition corporelle (gain en masse grasse important et faible gain en masse maigre – le surplus de poids entraîne progressivement un gain de masse musculaire léger, faut bien supporter ce poids –) et j’ai ajusté la dépense énergétique associée à l’activité physique en fonction du poids. J’ai donc pris pour acquis que nos sympathiques participants ne changeaient pas leurs activités physiques.

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Figure 1: Changements de composition corporelle en fonction d'une alimentation type (Faible revenu/Stéréotypée)

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Figure 2: Changements de composition corporelle en fonction d'une alimentation type (Faible revenu/Santé)

Sur une période de 12 mois, notre ami Bougon verra sa masse grasse augmenter de plus de 100 % passant d’un respectable 28kg à un retentissant 56 kg (IMC initial 22.9 kg/m²; IMC final 33.0 kg/m²). À la lumière de cette évolution, il est à parier que les complications métaboliques vont s’enchaîner les unes après les autres en débutant par une légère hypertension pour une évolution graduelle vers l’apnée du sommeil et le diabète de type 2. Notre ami le comptable quant à lui, verra sa composition corporelle lentement changer passant d’une masse grasse à 28 kg à 30 kg (IMC initial 22.9 kg/m²; IMC final 23.9 kg/m²). J’ai opté pour le quasi-maintien de la masse maigre pendant une période d’un an, et ce, malgré l’entraînement 3 fois semaine (ce n’est pas tout le monde qui sait s’entraîner…). Si ce dernier voit sa composition corporelle changer lentement comparativement à notre ami Bougon, il n’en demeure pas moins que dans un avenir plus ou moins rapproché, le surpoids et éventuellement l’obésité le guettent.

Si ce billet se veut d’abord et avant tout une caricature de la réalité, il n’en demeure pas moins qu’il existe un sérieux paradoxe chez les personnes à faible revenu. Évelyne nous a démontré qu’il n’en coûte pas plus cher de manger sainement et, vivre de l’aide social implique passablement de temps libres pour être en mesure de s’adonner à des activités physiques. Selon le tour de taille de mes voisins, la réalité semble fort différente. Les choix alimentaires sont, disons-le, franchement mauvais et la plus grande activité physique est probablement la marche pour se rendre à l’épicerie ou au dépanneur. Loin de moi l’idée de regarder avec mépris ces gens et je crois que je dois assumer une partie du blâme. Comment se fait-il que ces gens ne fassent pas des choix plus santé en matière de nutrition et d’activité physique? Est-ce que le message des nutritionnistes et des kinésiologues les rejoint? Avant de sévèrement critiquer leurs habitudes de vie, il faut d’abord comprendre pourquoi choisissent-ils ce mode de vie. Est-ce par un manque de connaissances ou simplement par choix? Si les connaissances manquent, c’est que nous, les professionnels de la santé avons failli à la tâche. Si c’est par choix, nous devons, comme société nous poser la question pourquoi ces gens ont abandonné le désir de vivre en santé.

Chose certaine, ce n’est pas une question de sous.

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Fable de Noël

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Vive la communication entre professionnels !

Quoi de mieux que le temps des Fêtes pour illustrer mes propos à l’aide d’une fable obscure de mon cru? Commençons avec le classique Il était une fois…

 

Il était une fois dans le lointain Grand Nord, l’usine du Père Noël (on n’en est plus au simple atelier, la population mondiale est beaucoup trop importante). Ce haut lieu de création ludique était animé par les dynamiques et infatigables lutins du Père Noël. Cependant, devant l’arrivée à grands pas du temps des Fêtes, une problématique de taille accablait le bon vieux Père Noël. Les lutins responsables de la liste des cadeaux n’avaient plus de contact professionnel avec les lutins responsables de la production des jouets. Suite à des changements professionnels induits par l’Union des Lutins Producteurs de Jouets de Noël (ULPJN) et l’Association des Lutins Analystes des Bonnes Actions des Enfants (ALABAE), les deux regroupements de lutins n’avaient plus de contacts professionnels, ils étaient limités à des contacts amicaux à la cafétéria de l’usine (quoi? Faut bien qu’ils mangent ces lutins).

Le résultat était que la ligne de production n’arrivait pas à être coordonnée avec le carnet de commandes. Or, sans une coordination efficace entre ces deux départements, il est impossible de s’assurer que tous les enfants qui le méritent reçoivent leur cadeau méritoire ou qu’il y ait un surplus de cadeaux à l’usine (c’est aussi très grave, car cela modifie l’offre et la demande et les compagnies telles Wal-Mart et Toy-R-Us n’aiment vraiment pas ce genre de truc). Que faire? Comment arriver à sauver Noël? Est-ce la fin de cette fête heureuse et festive (je sens plusieurs PDG de grandes compagnies très inquiets…)?

À bien y penser, il faudrait réunir les deux départements et s’assurer que leur travail respectif soit effectué de façon conjointe et non concurrentielle (syndicats et égo obligent). Quelle brillante idée! Synchroniser les opérations, jumeler les forces de chacun des départements afin que la synergie ainsi créée puisse profiter à tous les enfants du monde. Mais, comment réussir ce coup de maître?

Dans un premier temps, il faut assurer des canaux de communication clairs, transparents et efficaces afin que les actions puissent être synchronisées. Ensuite, il importe que toutes les associations respectent leur travail respectif et connaissent les limitent de leur action. Et finalement, il faut prévoir des rencontres à intervalles réguliers pour mettre en place des ajustements au besoin.

Grâce à ces règles simples et cette façon synergique de travailler, les lutins du Père Noël réussirent à sauver le Noël des enfants et par le fait même leur emploi (parce que les ouvertures de poste pour les lutins, c’est plutôt rare).

Non, je n’ai pas abusé du EggNog. Cette petite fable simpliste illustre à merveille la problématique qui afflige les différents professionnels de la santé qui s’attaquent au surpoids et à l’obésité qui affligent la population. J’entends bien le discours de plusieurs de ces professionnels qui soulignent l’importance du travail soutenu par une approche multidisciplinaire, mais la réalité du terrain me semble toute autre. J’observe beaucoup de travail en silos (on est sur la même ferme, mais on ne communique pas). Bref, plusieurs médecins mentionnent avec fierté qu’ils travaillent avec des nutritionnistes et des kinésiologues dans leur clinique. Cependant, la réalité c’est que chacun agit avec son approche en même temps que l’autre, mais pas de façon synergique. Pourquoi? Je m’avance… Possiblement parce que chaque professionnel n’a qu’une compréhension limitée de la profession de l’autre. Le résultat est que trop souvent le travail de professionnel est réduit à un rôle de technicien unidimensionnel (le médecin diagnostique, la nutritionniste parle de popotte et le kinésiologuqe fait bouger). Oui, je sais, certains professionnels me diront qu’ils se rencontrent régulièrement lors de réunion pour coordonner leur travail. Moi, je ne parle par de coordination lors de tables de concertation coûteuses et interminables ou de réunions le vendredi après-midi pour couper la journée. Je parle d’un travail coordonné sur le terrain où il existe une fusion quasi indissociable entre les actes de chaque professionnel.

Pire encore, certains professionnels qui affirment travailler en synergie, lancent périodiquement des messages à la population qui affirment le contraire. Encore récemment, un illustre chercheur clamait haut et fort que le gras n’était pas en cause lors de l’obésité, mais, que c’était davantage le sucre. Argh!!!!!! Voilà un superbe exemple de travail en silos, de perspective de borgne et de vision de myope. Moi, être kinésiologue travaillant avec ce chercheur, je démissionne tout juste après avoir mis le feu au labo… Au risque de me répéter, les plus gros consommateurs de sucre (raffiné ou non) sont les athlètes d’endurance. Or, l’incidence de surpoids ou d’obésité n’est pas une préoccupation critique chez cette population pour l’instant… Quand va-t-on comprendre que le surpoids et l’obésité sont issues d’une même adaptation créée par une discordance entre les apports nutritionnels (nutrition) et leurs utilisations (activité physique)? C’est en traitant cette incohérence que l’on risque d’obtenir le plus de succès et non pas en se retranchant derrière sa spécialité et en tentant par des moyens à peine dissimulés de la faire valoir. Alors, intervenants et intervenantes en santé voici ma recette du temps des Fêtes : Un gâteau aux fruits du succès : un peu plus d’humilité, un peu moins d’égo, une bonne dose de respect professionnel pour les collaborateurs et pour finir, une ouverture d’esprit plus importante, voici une recette de Noël qui saura plaire à toute la famille pendant ce temps de réjouissance!

Passez un Joyeux temps des Fêtes, festif à souhait, sans résolution, mais rempli d’actions!

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La drogue, c’est mal!

Récemment, je fus bien malgré moi impliqué dans une discussion houleuse entre une nutritionniste et un kinésiologue concernant l’usage de suppléments nutritionnels dans un cadre de conditionnement physique.

D’un côté, on soulignait les risques pour la santé alors que de l’autre on parlait des effets positifs sur l’entraînement. Étant donnée la nature de ma formation académique (maîtrise en nutrition et doctorat en activité physique, ça m’a coûté assez cher que je me permets de le rappeler…), il était inévitable que je sois mêlé à cette discussion. J’aurais pu insulter la nutritionniste en la traitant de bonne sœur ou de vierge offensée ou bien insulter le kinésiologue en lui collant l’étiquette de jambon, mais il n’en fut rien (oui, je peux parfois faire preuve de retenue).

Les deux partis sont dans l’erreur et basent leur débat sur des fondements erronés simplement parce qu’ils n’adressent pas la vraie problématique. Nos deux professionnels argumentent sur les produits, sur leur nature et leurs effets présumés alors que le débat devrait plutôt porter sur le processus menant à l’utilisation de produit de nutrition sportive. Afin d’illustrer mes propos, je me dois de vous mettre en contexte en prenant la vieille dame qui vivait dans une chaussure en exemple (j’espère qu’il y en a parmi vous qui s’en souviennent sinon regardez le vidéo!).[fusion_builder_container hundred_percent=”yes” overflow=”visible”][fusion_builder_row][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][youtube=http://www.youtube.com/watch?v=dm8CU9Q3Vdk] Est-ce qu’une dame de plus de 70 ans devrait prendre de la créatine? Si vous vous prononcez immédiatement après avoir lu ces lignes, vous êtes dans le champ gauche, car ils vous manquent beaucoup trop d’information pour être en mesure de prendre position (ou bien vous connaissez personnellement la vieille dame qui vivait dans une chaussure, ce qui serait encore plus inquiétant). Comme je détiens ces informations, je peux vous dire que la petite vieille pourrait bénéficier d’une supplémentation en créatine. Allons-y par étapes, laissez-moi vous présenter sur quoi et surtout comment je base mon raisonnement.

1) Identifier les besoins

On ne supplémente pas pour le plaisir de le faire ou encore pire, pour toucher une commission issue d’une vente lucrative. Le processus de supplémentation débute par une analyse approfondie de la problématique. Qu’est-ce qui ne marche pas ou qu’est-ce qui pourrait allez mieux? Dans notre exemple, notre vieille dame qui vivait dans une chaussure doit faire l’entretien extérieur de son domicile; on doit réaménager les bordures de semelles. Chaque bordure de semelle pèse environ 15 kg et elle doit en déplacer une bonne vingtaine pour faire le tour de la bottine qui lui sert de domicile. Une activité qui demande de la force et surtout une bonne capacité à répéter un effort demandant de la force. Voilà notre problématique!   

2) Identifier les produits

Maintenant, nous devons identifier quels produits peuvent nous aider à résoudre cette problématique. Bon, certains d’entre vous me diront qu’on peut l’entraîner en force pour lui permettre de réaliser la tâche, mais cela prend du temps et les bordures de chaussure ne peuvent pas attendre si longtemps. Et comme la vieille dame est un peu grincheuse, nous ne voulons pas la contrarier et la faire attendre… En fouillant la littérature facilement accessible sur le web (PUBMED), on peut trouver une liste de produits pouvant répondre à notre problématique en utilisant des mots clés comme : strength et supplements. On nous sort une liste d’articles scientifiques qui ont évalué l’effet de différents produits à différents dosages pour permettre l’augmentation de la force. On peut également ajouter le mot clé review qui nous permet d’obtenir uniquement des articles qui font un sommaire des publications portant sur notre recherche. Ensuite, on fait la revue des articles qui font mention des produits qui reviennent le plus souvent et qui sont accessibles sur le marché des suppléments. Non, ce n’est pas un travail de moine et oui, c’est très utile.

3) Identifier les effets (positifs et négatifs)

La lecture des abrégés des articles (ce qui est accessible pour tout le monde sur Internet) suffit pour nous informer sur les effets positifs ou négatifs du produit, du dosage et du contexte d’utilisation. Nous pouvons savoir, dans un premier temps, si le produit est sécuritaire et efficace. Ces informations nous permettent également de déterminer ce que l’on peut attendre du produit. Quelle est l’ampleur de l’augmentation de la force et de la capacité de travail à laquelle nous pouvons nous attendre? Est-ce que ça vaut la peine? Une augmentation de 1 % de la force aussi significative soit-elle être n’aidera pas vraiment notre vieille dame à terminer son travail alors qu’une augmentation de 10 % pourrait être beaucoup plus intéressante. Par la suite, il faut faire appel à notre jugement de professionnel : est-ce que la supplémentation est justifiée? Est-ce que les effets pourront être bénéfiques? C’est là que l’on décide conjointement avec la vieille dame d’aller de l’avant avec la supplémentation ou d’uniquement dépendre de l’huile de coude.

4) Mesurer les effets

Mais, on ne peut se contenter de supplémenter ou de ne pas supplémenter. Il faut mesurer les effets et l’impact de notre décision. Dans l’éventualité où la vieille dame se supplémente à la créatine, nous devons quantifier notre approche, c’est-à-dire mesurer les quantités du supplément, la fréquence de consommation ainsi que les valeurs initiales de nos variables d’intérêt (ici, la force musculaire ainsi que la capacité à répéter une tâche). En somme, nous devons avoir des valeurs avant et après l’intervention pour être en mesure de faire un bilan de notre approche.

 Comme vous pouvez le constater, l’usage de produits de nutrition sportive n’est pas simple et demande un peu de travail (mais non, ça ne se fait pas sur le coin du comptoir en 2 min, cela prend de la préparation et du suivi!). Donc, on ne peut pas être pour ou contre la supplémentation, car il ne s’agit pas d’un concours d’opinion, mais plutôt d’un raisonnement basé sur des faits. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les gens qui sont complètement vendus aux suppléments ressemblent énormément à ceux qui sont systématiquement contre. Les deux camps sont rarement au courant des faits concernant les produits et basent leur jugement sur des opinions (parfois issues du milieu universitaire) ou des pseudo études réalisées au pro shop du coin.

Pour notre exemple de la vieille dame, j’aurais opté pour une supplémentation en créatine afin de tenter de maximiser les réserves de créatine phosphate (habituellement, on les augmente d’environ 20 % à l’aide de supplément). Un jugement trop hâtif uniquement basé sur son âge (une petite vieille sur la créatine, ben voyons, c’est pas comme si elle voulait faire du culturisme!) nous aurait empêchés d’augmenter ses capacités pour qu’elle soit en mesure d’accomplir sa tâche difficile. Pour ceux et celles qui seraient outrés de ma décision de supplémenter la vieille dame avec de la créatine, sachez que ce supplément est utilisé en réhabilitation cardiaque à des fins similaires. Je dois lever mon chapeau aux médecins qui ont fait preuve d’une ouverture d’esprit scientifique afin de ne pas stigmatiser l’utilisation de la créatine et de la réduire uniquement à un produit réservé à Joe Grosbras.  

En arborant fièrement des œillères, on risque de manquer beaucoup de paysage et surtout la maison de la vieille dame qui vivait dans une chaussure. Afin d’observer le paysage, voici quelques références intéressantes concernant la créatine et ses multiples usages: 

Cornelissen, VA, JG Defoor, A Stevens, et al. Effect of creatine supplementation as a potential adjuvant therapy to exercise training in cardiac patients: a randomized controlled trial. Clin Rehabil 2010.

Persky, AM and ES Rawson. Safety of creatine supplementation. Subcell Biochem 2007; 46. 275-89.

Rakpongsiri, K and S Sawangkoon. Protective effect of creatine supplementation and estrogen replacement on cardiac reserve function and antioxidant reservation against oxidative stress in exercise-trained ovariectomized hamsters. Int Heart J 2008; 49(3). 343-54.

Kuethe, F, A Krack, BM Richartz, and HR Figulla. Creatine supplementation improves muscle strength in patients with congestive heart failure. Pharmazie 2006; 61(3). 218-22.

Murphy, AJ, ML Watsford, AJ Coutts, and DA Richards. Effects of creatine supplementation on aerobic power and cardiovascular structure and function. J Sci Med Sport 2005; 8(3). 305-13.

McClung, JM, GA Hand, JM Davis, and JA Carson. Effect of creatine supplementation on cardiac muscle of exercise-stressed rats. Eur J Appl Physiol 2003; 89(1). 26-33.

Rawson, ES, B Gunn, and PM Clarkson. The effects of creatine supplementation on exercise-induced muscle damage. J Strength Cond Res 2001; 15(2). 178-84.

Brzezinska, Z, K Nazar, H Kaciuba-Uscilko, I Falecka-Wieczorek, and E Wojcik-Ziolkowska. Effect of a short-term dietary creatine supplementation on high-energy phosphates in the rat myocardium. J Physiol Pharmacol 1998; 49(4). 591-5.

Juhn, MS and M Tarnopolsky. Potential side effects of oral creatine supplementation: a critical review. Clin J Sport Med 1998; 8(4). 298-304.

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