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La Guerre des Sucres

Une semaine ne s’écoule pas sans que l’on fasse le procès du sucre, que ce soit dans les boissons sucrées ou ailleurs, chez les enfants ou chez les adultes. La consommation de glucides fait grossir et est sans aucun doute une cause majeure de l’obésité. Du moins, c’est que laissent entendre bon nombre d’études scientifiques et chroniqueurs santé. Ils ont probablement raison jusqu’à un certain point, les apports en glucides peuvent être liés à une prise de poids. Sans vouloir offusquer plusieurs chercheurs, collègues et membres du lobby anti-sucre, je trouve ce raisonnement un peu simple. Trop simple.

Lorsque l’on fait le procès des glucides comme agent satanique causant l’obésité, je ramène toujours un argument : Pourquoi les athlètes d’endurance ne sont-ils pas obèses ?

Il s’agit fort probablement de la tranche de la population qui consomme le plus de glucides, plus particulièrement des glucides simples, moins nutritifs ou raffinés. Un athlète d’endurance en période de compétition peut consommer entre 6 et 12 g de glucides par kg de poids par jour. Pour Joe le Coureur qui pèse 85 kg, ça nous fait entre 510 g et 1020 g de glucides par jour (ça, c’est 1 kg de glucides par jour, ça en fait des petits cubes de sucres !). Pourtant, la plupart de ces athlètes vont perdre du poids pendant cette période ou à tout le moins le maintenir.

À cet argument, on me répond presque toujours avec un haussement d’épaules soulignant l’insignifiance de mon argumentaire et en me disant que c’est normal, car il s’agit d’athlètes.

Et puis après ?

Quelles sont les différences qui distinguent ces Dieux du Stade de nous, pauvres et misérables bedeaux, qui peuvent faire en sorte qu’ils arrivent à perdre du poids tout en consommant une grande quantité de glucides alors que nous ne faisons qu’engraisser bêtement ?

La réponse la plus évidente se situe au niveau de l’activité physique réalisée sur une journée. Dans un premier temps, la quantité d’activité physique est plus importante. Lorsque je fais des mesures de dépense énergétique sur 24 h pendant une période de 7 jours, j’observe une importante différence entre les gens « normaux » et les athlètes d’endurance. On peut observer des valeurs de 60 à 180 min d’activité physique par jour pour les gens « normaux » et de 280 min à plus de 450 min par jour pour les athlètes d’endurance. Pour une définition d’activité physique (non, ce n’est pas uniquement l’entraînement), je vous réfère ici.

Deuxièmement, il y a l’intensité des activités physiques. On retrouve un pourcentage plus important d’activités physiques vigoureuses (>6 Mets) chez les athlètes d’endurance que chez les gens « normaux ».

La problématique de la prise de poids ne se situerait donc pas uniquement du côté de la consommation de glucides/sucres, mais plutôt dans l’équilibre entre la consommation de glucides et leur utilisation. Les gens sédentaires qui consommeraient une quantité trop importante de glucides face à l’utilisation qu’ils en font (activité physique) éprouveraient quelques difficultés au niveau de la gestion du poids. Autre problématique, les gens sédentaires, par définition, ne font que peu ou pas d’activité physique. Cette inaction entraîne des adaptations (ou maladaptations) au niveau de plusieurs composantes du corps humain. Diminution de la force musculaire et surtout diminution de la capacité aérobie, ce qui ne s’inscrit pas particulièrement bien dans un exemple de santé et de bien-être.

Qu’est-ce que tout ça change ?

Ça change quelques éléments importants dans la gestion de poids. Premièrement, une plus faible capacité aérobie limite la quantité d’énergie qu’il est possible de dépenser lors d’une activité physique. Plus votre capacité aérobie est élevée, plus vous pouvez dépenser une grande quantité de calories à l’effort. Ensuite, on observe des différences dans les capacités de gestions des fluctuations d’apports en glucides chez les gens moins en f. Ces derniers semblent être moins en mesure de changer leur utilisation de carburant lorsque l’on change leur alimentation. Ce dernier point est un peu plus complexe, alors je crois qu’il est important de bien expliquer les choses…

Il est possible de déterminer l’utilisation des substrats (principalement les glucides et les lipides, pour les protéines c’est pas mal plus complexe et moins utile pour notre discussion) en mesurant la quantité d’oxygène consommée et la quantité de dioxyde de carbone expirée. Le rapport entre la quantité de CO2 expirée et la quantité d’O2 consommée nous donne de précieuses informations sur la nature du carburant que nous utilisons. On appelle ça le quotient respiratoire (QR pour les intimes). Plus le QR se rapproche de 1,0, plus l’énergie que nous utilisons provient des glucides alors que plus le QR se rapproche de 0,70, plus nous utilisons les lipides comme source de carburant.

Le QR sur 24 h et la mesure de la dépense énergétique nous permettent de déterminer la quantité de glucides et de lipides que nous utilisons pour cette même période. On peut savoir combien de g de glucides et de lipides nous avons brûlés lors de notre petit quotidien. Selon différentes études, le QR moyen pour une population asymptomatique se situe entre ~0,85 et ~0,88. Le tableau 1 nous présente combien de g de substrats sont utilisés pour différents niveaux de dépense énergétique.

La Guerre des Sucres Tableau 1

Une personne ayant une dépense énergétique totale sur 24 h de près de 1500 kcal et ayant un QR de 0,85 utilise approximativement 176 g de glucides et 88 g de lipides par jour tandis qu’une personne présentant une dépense énergétique de 3000 kcal en utilisera approximativement deux fois plus, soit 353 g de glucides et 177 g de lipides. Ceci fait en sorte que notre premier individu peut/doit consommer 176 g de glucides par jour afin de répondre à ses besoins alors que le second peut/doit en consommer 353 g. Tant que l’on respecte les besoins et que l’on cherche à les combler avec des apports adéquats, pas de problème ou de prise de poids. Si par contre, notre premier individu consomme 353 g de glucides par jour alors qu’il en utilise seulement 176 g, il y aura un excédant. C’est là que la première partie du problème réside.

Pas dans les apports.

Pas dans la dépense.

Dans le déséquilibre entre les apports et les besoins.

Lorsque l’on cherche à taxer les boissons sucrées ou encore à éloigner le sucre des écoles, on n’adresse pas la problématique réelle, celle de l’incohérence des apports face aux besoins. C’est précisément sur ce poids que l’on devrait faire plus d’éducation et porter plus d’actions concrètes. Mais pourquoi la réduction des apports en glucides n’est qu’une solution incomplète et potentiellement problématique ?

Parce que l’on fractionne la problématique et que l’on n’aborde pas le problème dans son intégralité. L’emphase sur les apports en glucides détourne l’attention du problème de la sédentarité. Au lieu de chercher à augmenter la dépense énergétique et l’utilisation des glucides, on « nivèle par le bas » en réduisant les apports en glucides. Le problème, c’est que la sédentarité cause son lot de complications à elle seule. Pire encore, être sédentaire tend à rendre notre métabolisme moins « flexible », c’est-à-dire moins apte à gérer les fluctuations dans les apports nutritionnels. En effet, on rapporte que des individus moins actifs sont moins habiles métaboliquement pour gérer des changements au niveau des apports nutritionnels. Par exemple, des personnes sédentaires qui soudainement augmentent leurs apports en glucides ont tendance à stocker plus facilement que les individus présentant un niveau d’activité physique quotidien plus élevé. Bouger plus aurait un effet bénéfique sur notre capacité à gérer nos sources de carburant et ainsi potentiellement plus facilement gérer le poids. Par contre, être sédentaire entraîne une rigidité métabolique qui perturbe la capacité de l’organisme à bien utiliser les substrats, en occurrence les glucides et les lipides. Également, on observe que cette rigidité métabolique apparaît lorsque des participants actifs deviennent moins actifs et qu’elle disparait chez des participants sédentaires lorsqu’ils deviennent plus actifs. L’activité physique devient donc un paramètre extrêmement important dans la gestion des apports nutritionnels.

Si l’on souhaite taxer les glucides, il faudra également taxer la sédentarité et tous les comportements qui lui sont associés. Il devient essentiel d’aborder la problématique des glucides sous sa vraie forme, c’est-à-dire le déséquilibre entre ce que l’on consomme et ce dont l’on a réellement besoin. Il ne suffit pas de réduire les apports en glucides, il faut justifier leur utilisation. On consomme des glucides pour combler nos besoins physiologiques, besoins dictés par notre niveau d’activité physique. À son tour, l’activité physique favorise le développement des capacités physiques qui permettent de jouir d’une meilleure santé plus longtemps. Si on brise cette chaîne en coupant les glucides, il faut s’assurer que le niveau d’activité physique soit adéquat pour promouvoir une bonne condition physique et non pas que la réduction des glucides « encourage » un maintien d’un niveau trop faible d’activité physique ou pire encore, une réduction de cette dernière.

Références

1              Smith, S. R. et al. Concurrent physical activity increases fat oxidation during the shift to a high-fat diet. Am J Clin Nutr 72, 131-138 (2000).

2              Bergouignan, A. et al. Effect of contrasted levels of habitual physical activity on metabolic flexibility. J Appl Physiol (1985) 114, 371-379, doi:10.1152/japplphysiol.00458.2012 (2013).

3              Blanc, S. et al. Fuel homeostasis during physical inactivity induced by bed rest. J Clin Endocrinol Metab 85, 2223-2233, doi:10.1210/jcem.85.6.6617 (2000).

4              Piaggi, P., Thearle, M. S., Krakoff, J. & Votruba, S. B. Higher Daily Energy Expenditure and Respiratory Quotient, Rather Than Fat-Free Mass, Independently Determine Greater ad Libitum Overeating. J Clin Endocrinol Metab 100, 3011-3020, doi:10.1210/jc.2015-2164 (2015).

5              da Rocha, E. E., Alves, V. G. & da Fonseca, R. B. Indirect calorimetry: methodology, instruments and clinical application. Curr Opin Clin Nutr Metab Care 9, 247-256, doi:10.1097/01.mco.0000222107.15548.f5 (2006).

6              Jequier, E. & Schutz, Y. Long-term measurements of energy expenditure in humans using a respiration chamber. Am J Clin Nutr 38, 989-998 (1983).

7              Piaggi, P., Thearle, M. S., Bogardus, C. & Krakoff, J. Lower energy expenditure predicts long-term increases in weight and fat mass. J Clin Endocrinol Metab 98, E703-707, doi:10.1210/jc.2012-3529 (2013).

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Obèse et prisonnier

Il y a de ces gens qui savent vous faire réagir par leurs actes, leur mode de vie ou encore leur simple existence. C’est le cas de Mike.

Mike réside dans un petit appartement situé au rez-de-chaussée d’un vieux triplex. Il y a emménagé il y a de cela bientôt 2 ans. C’est là qu’il a débuté sa nouvelle vie. Mike vit seul et travaille de chez lui. Il s’est trouvé un emploi comme opérateur de soutien informatique pour une grosse compagnie. Ce qu’il apprécie le plus de son emploi, c’est qu’il peut travailler de chez lui et qu’il n’a pas à rencontrer les clients en personne. Mike n’est pas du genre sorteux.

En fait, depuis qu’il a emménagé et commencé son emploi, Mike passe ses journées chez lui. Il cuisine peu, fait rarement le ménage et se commande régulièrement des repas par Internet. Il tient ses déplacements au minimum et évite de se fatiguer. C’est la paille à la bouche qu’il navigue entre la salle à manger, son poste d’ordinateur ou encore devant son immense téléviseur accroché au mur du salon. L’écran ultramoderne de plus de 60 pouces détonne avec le reste de l’appartement plutôt sobre. Tout ça, c’est son quotidien. Comme je disais, Mike n’est pas du genre sorteux.

Ce mode de vie assez sédentaire a tranquillement changé la physionomie de Mike. Avant d’emménager, Mike avait un physique respectable, presque athlétique. Mais, son nouveau mode de vie lui a progressivement insufflé des kilos, kilos qui se sont accumulés pour faire de lui une personne souffrant d’embonpoint, puis une personne obèse. Mike est conscient que son corps n’est plus ce qu’il était. Lorsqu’il se regarde, il n’aime pas ce qu’il voit. C’est probablement en partie pour cela que Mike n’est pas sorteux.

Ses amis pourraient venir le visiter à l’occasion, mais rapidement Mike s’est lassé de la visite. Toujours la même routine, les mêmes discussions qui l’ennuyaient et qui finissaient toujours par écorcher son corps. Progressivement, il a coupé les ponts avec presque tout le monde. Il reste Lucette qui vient lui rendre visite 2 fois semaine toujours à la même heure, toujours de bonne humeur. Mike est toujours là, car Mike n’est pas sorteux.

À force de prendre du poids, de voir son corps se métamorphoser, Mike s’est de plus en plus laissé aller. L’hygiène corporelle est rapidement descendue dans la liste des priorités. À force d’être si sédentaire et d’être moins propre, Mike a même dû être brièvement hospitalisé pour des plaies de lit. À 33 ans, obèse et pas très propre, Mike n’apprécie pas vraiment de sortir de son appartement.

Mike n’a pas toujours été comme ça. Mike n’a pas toujours bavé sur sa camisole en mangeant. Mike n’est pas toujours demeuré les fesses rivées à son fauteuil.

Il n’y a pas si longtemps, il ne manquait pas une occasion de pratiquer une grande variété d’activités physiques, de la course à pied à la planche à voile en passant par le patin à roues alignées. Il se rendait régulièrement au travail en patin sur la piste cyclable. Il dirigeait une petite entreprise d’informatique et y avait instauré une politique d’activité physique auprès de ses employés. Il offrait 3 heures payées par semaines à ses employés soit pour se rendre au travail en transport actif, soit pour pratiquer une activité physique au choix.

En se rendant au travail en patin un mercredi matin, Mike a donné un coup de patin de trop. Son patin a touché la pédale d’un vélo intransigeant qui le dépassait. Il s’en est suivi une légère perte d’équilibre vers l’arrière, accompagnée de quelques insultes concernant le partage chaotique de la voie cyclable.   C’était le matin, il était tôt et probablement que les réflexes de Mike étaient encore engourdit de sommeil. La base de la tête de Mike a percuté le trottoir. Rien de très violent, seulement un impact de trop au mauvais endroit et sans casque. Les commentaires du cycliste concernant l’exclusivité cyclable de la piste ne firent rien pour amortir l’impact.

Le traumatisme crânien et la quadriplégie qui ont suivi ont changé Mike. Qui aurait pu croire qu’une si petite chute pouvait changer les centimètres en kilomètres d’effort?

Autrefois un outil d’activité physique merveilleux, le corps de Mike est devenu subitement pour lui une prison. Il a bien essayé de se battre, de faire du mieux qu’il pouvait avec ses nouvelles ressources, mais l’écart entre sa vie d’antan et son quotidien était trop important pour lui. Son infirmière lui apporte un support deux fois semaine, mais toute la gentillesse et les soins de Lucette ne pourront effacer les séquelles de la chute. Mike attend la fin de sa vie, une paille à la bouche pour déplacer son fauteuil roulant de la salle à manger à son ordinateur ou encore à son immense téléviseur que ses amis lui avaient acheté en pensant lui faire plaisir. Ses amis pour qui il était devenu une pauvre victime d’un bête accident et non pas un fier sportif et entrepreneur connaissant le succès. Même s’il n’est pas sorteux, Mike voulait partir.

Être actif, c’est un privilège qui peut être retiré à tout instant et que l’on tend trop souvent à prendre pour acquis. Il importe d’en profiter, d’exploiter pleinement ses ressources et ses capacités, le tout avec un souci de sécurité. Être actif, ça veut aussi dire être en mesure de partager l’environnement pour la pratique d’activités physiques diverses.

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La Charte des Valeurs Québécoises…

Elvis GrattonSymboles religieux, valeurs morales et religieuses et bien entendu du capital politique sont au menu du jour des médias québécois. Le débat est lancé, les arguments vont abonder de part et d’autre en faveur ou non de cette charte. Il s’agit sûrement d’un débat important auquel je devrais davantage m’intéresser afin d’y comprendre quelque chose. Toutefois, je préfère amener le débat ailleurs…

Certains craignent de se voir imposer un mode de vie par des vagues de nouveaux arrivants ou encore par certaines communautés déjà implantées en sol québécois depuis bon nombre d’années. D’autres souhaitent que la culture québécoise soit imposée aux nouveaux arrivants ainsi qu’aux différents groupes culturels. Ce que je constate, c’est que nous imposons bien malgré nous un mode de vie à ces gens. Un mode de vie qui ne semble pas compatible avec une vie en santé.

En effet, on observe chez les nouveaux arrivants qui s’intègrent à la culture nord-américaine une fâcheuse tendance à prendre du poids. Alors qu’ils arrivent généralement avec une composition corporelle légèrement meilleure que les résidents canadiens, les nouveaux arrivants ne tardent pas à prendre du poids et à progressivement rattraper un statut pondéral peu enviable. Cette tendance semble moins prononcée chez les nouveaux arrivants qui demeurent au sein d’une communauté ethnique et donc qui se « mélangent » moins à la société d’accueil.

Je suis pleinement conscient qu’il s’agit d’un sujet délicat, mais je crois qu’il est important de considérer un élément important à cette soi-disant Charte des valeurs québécoises. Il semble que nous, bon canadiens (et québécois) transmettions de mauvaises habitudes de vie aux nouveaux venus. Selon moi, et c’est une opinion bien personnelle, il s’agit de valeurs beaucoup plus importantes que de déterminer si un crucifix de 7.3 cm est problématique ou non dans le cou d’un dignitaire de la fonction publique. Sans nous en rendre compte, sans publier une charte, nous transmettons en tant que société, une culture du déséquilibre énergétique qui favorise le développement de l’obésité. Mais ça, on n’en fera certainement pas un débat…

Je trouve extrêmement triste et déplorable que notre mode de vie inadapté à une bonne santé se transmette aussi facilement d’une culture à une autre, et ce, sans que personne ne le souligne. On préfère parler de foulard islamique, de croix chrétienne, du turban sikh et de la kippa juive plutôt que de débattre de ce que nous insidieusement transmettons à nos nouveaux arrivants et résidents néo-québécois. Inversement, pourquoi ne pas se poser la question pourquoi les nouveaux arrivants n’arrivent-ils pas à nous imposer une culture plus active?

Je crois que le débat sur la Charte pourrait être propice à relancer un débat sur les saines habitudes de vie. Cependant, pas un débat mené à coûts (sic!) de tables de concertations animées par des pelleteux de nuages, mais plutôt par un désir important de changement. S’il semble y avoir un discours radical lorsque l’on parle de symboles religieux, le ton change toujours lorsque l’on parle d’activité physique et de nutrition. Comme si c’était correct de mettre de côté les croyances et coutumes religieuses à grands coups de charte, mais que c’était immoral de durcir le ton en matière de promotion de saines habitudes de vie. Nous cherchons à contrôler les habitudes et coutumes de nos nouveaux arrivants, toutefois nous sommes totalement incapables de réprimander nos propres habitudes qui nous tuent à petits feux. À quand la Charte Québécoise des Saines Habitudes de Vie pour tous?

Références

Delavari, M., A. Farrelly, A. Renzaho, D. Mellor and B. Swinburn. “Experiences of Migration and the Determinants of Obesity among Recent Iranian Immigrants in Victoria, Australia.” Ethn Health 18, no. 1 (2013): 66-82.

McDonald, J. T. and S. Kennedy. “Is Migration to Canada Associated with Unhealthy Weight Gain? Overweight and Obesity among Canada’s Immigrants.” Soc Sci Med 61, no. 12 (2005): 2469-81.

Zou, P. and M. Parry. “Strategies for Health Education in North American Immigrant Populations.” Int Nurs Rev 59, no. 4 (2012): 482-8.

 

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Il faut bannir les chaises, pas les blizzards…

DQ_dotcom_promos_bfc_01Récemment, Le Devoir a publié un article clouant au pilori la malbouffe. Un réputé cardiologue, le Dr Martin Juneau (Cardiologue, Directeur de la prévention, Institut de Cardiologie de Montréal, Professeur agrégé de clinique, Faculté de médecine, Université de Montréal) mentionnait que la malbouffe, en l’occurrence les blizzards à 1350 kcal ne devraient pas exister. Loin de moi l’idée de me mettre à dos les grandes instances de la santé, mais je suis las d’entendre ce genre de raisonnement. Pourquoi les Blizzards ne devraient-ils pas exister? Parce que l’on n’en a pas besoin pour vivre mentionne le Dr Juneau. Donc, nous devrions épurer de nos vies tout ce qui n’est pas nécessaire à notre survie. De cette façon, nous serions tous intelligents, beaux, grands et forts…

Vous me direz que j’exagère (à peine), mais en réalité je n’exagère pas du tout. Selon moi (en toute humilité), c’est précisément ce type de raisonnement qui nuit à la population. On cherche des méchants coupables, on veut un diable et ce diable cadre très bien avec la perception populaire que nous avons des grandes entreprises. Nous sommes aux prises avec les vilains Pepsi, Coca-Cola et maintenant nous voilà confronté à la diabolique Dairy Queen. Ce sont eux qui cherchent à faire de l’argent en vous engraissant sans fin.

La pauvre population sans défense ne peut que se laisser subjuguer par leurs publicités enchanteresses et leurs produits envoutants pour mortellement tomber dans le piège de l’obésité. Le pauvre gouvernement n’a pas les moyens de lutter contre ces géants du Mal qui sont trop bien outillés. David contre Goliath que Le Devoir mentionnait…

Pourquoi alors certaines personnes mangent des Blizzards et ne sombrent pas dans l’obésité? Pourquoi certaines personnes boivent-elles de temps à autre des boissons gazeuses sans soudainement être foudroyées par un retentissant infarctus? Assurément leurs gènes…

On parle de taxer les boissons gazeuses et la malbouffe afin de financer le système de santé pour lutter contre l’obésité. Pour avoir discuté avec plusieurs intervenants en santé et avoir moi-même travaillé dans ce secteur, il est rarement question de manque de fond et beaucoup plus d’un manque criant d’organisation et de sens de la saine gestion. Non, plus d’argent contre l’obésité ne fera pas moins d’obèses, seulement plus d’argent dans un système qui ne cherche pas les bonnes solutions. Pire encore, ce système continu de travailler en parallèle en scindant constamment les interventions : d’un côté la nutrition, de l’autre l’activité physique. Quand va-t-on comprendre qu’il s’agit de la même chose? Les comptables travaillent autant avec les revenus que les dépenses, pourquoi continuons-nous à nous entêter à diviser les calories qui entrent des calories qui sortent?

Pourquoi ne pas taxer le temps d’écoute télévisuel ou bien le temps passé devant l’ordinateur? Pourquoi ne pas imposer une taxe sur les chaises? Et pourquoi ne pas bannir tout simplement les chaises? Plus personne assis, tout le monde debout. Même ça, ça ne marchera pas (je dois souligner le jeu de mots…). Pourquoi? Parce que le gouvernement et la population faillissent à la plus simple règle : afin de changer, il faut dans un premier temps le vouloir et avoir les connaissances nécessaires pour le faire.

La grande majorité de la population ne désire pas réellement changer, du moins, la plupart des gens en surpoids que je reçois en clinique souhaitent changer leur physique, mais ils souhaitent beaucoup moins changer la cause de leur surpoids (leurs habitudes de vie). Et c’est normal, c’est très difficile. En ce qui concerne ceux qui le veulent vraiment, une fraction de ces gens ne bénéficie pas des connaissances requises pour mettre en place un changement efficace qui leur procurera des résultats.

Une preuve de ce dernier point réside dans le témoignage du Dr Juneau (ce n’est rien de méchant envers le bon Dr). Ce dernier mentionne que cela prendrait des heures de sports pour brûler les calories provenant du démoniaque Blizzards. Encore une fois, on réduit l’activité physique à l’activité sportive. Bien souvent, l’activité sportive représente moins de 10 % des calories que l’on dépense sur une semaine. Ce n’est pas là que le match se joue pour la majorité des gens. C’est dans leur quotidien. Mais ça, on en parle encore difficilement même parmi les spécialistes comme le Dr Juneau. Ça, c’est un chapitre au manuel qui manque de façon criante.

On ne réalise pas le message contradictoire que la société envoie. Il faut combattre l’obésité, détruire la malbouffe et bouger plus. Cependant, les fumeurs au travail peuvent prendre des pauses de 15 min à quelques reprises par jour pour aller fumer alors que des gens obèses se voient refuser la possibilité d’aller prendre des marches de 15 min quelques fois par jour. Dans plusieurs grandes villes, il existe des règlements municipaux qui empêchent l’utilisation des escaliers (on ne peut déverrouiller les portes qu’en cas d’urgence). Mais, il faut faire du sport…

On s’acharne donc sur la malbouffe et sur les vilaines compagnies qui en produisent en se contentant de dire aux gens de bouger plus. Pourquoi ne met-on pas l’emphase sur l’éducation et sur la responsabilisation des gens? Pourquoi ne pas laisser le choix aux gens d’être obèses ou non et surtout, de les responsabiliser dans leur décision? Pourquoi ne pas inscrire des limites à la couverture de l’assurance maladie? Le diabète de type 2 et l’hypertension ne sont plus couverts s’ils sont présents suite à un surplus de poids. Ça, ça serait trop méchant et trop cruel. Non, on doit plutôt s’attaquer aux Blizzards et s’assurer que les gens ne soient pas éduqués en matière de bioénergétique. Il ne faudrait pas que quelqu’un apprenne quelque chose dans tout ça, parce qu’il est difficile de taxer le savoir.

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Le virus de l’obésité créé par le Père Noël?

Il y  a quelques années, des chercheurs avaient émis l’hypothèse que l’obésité était causée par un virus. J’ai été un des premiers à prendre cette théorie avec un grain de sel (lire : me moquer sans respect), mais au fil du temps, je dois avouer que cette théorie et plus probable que je ne l’avais initialement cru.

Ce virus aurait une grande capacité de mutation et s’adapterait très facilement à son hôte et se transmettrait avec une grande facilité entre des hôtes ayant un profil génétique similaire. Les effets du virus seraient différents en fonction de l’âge, mais la résultante serait toujours la même : une prise de poids tant chez l’enfant que chez l’adulte. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que les manifestations du virus chez l’adulte agissent sur l’enfant et causent une réaction en cascade chez ce dernier, permettant au virus de fermement s’ancrer dans son hôte.

Non, il ne s’agit pas d’un virus avec un bagage génétique, mais plutôt d’un virus d’une autre nature, d’une nature psychosociale.

Avez-vous déjà remarqué dans une salle d’attente ou autres lieux communs, comment les parents s’efforcent de tamiser les pulsions actives de leurs enfants? Il faut s’asseoir, rester immobile, ne pas parler et faire le beau ou la belle. Il ne faut surtout pas courir partout, ne pas sauter ni monter sur les choses. C’est mal et ce genre de choses c’est au parc qu’il faut les faire. Pourtant, c’est par le jeu et ce genre d’activités que l’enfant se développe. La plupart des mammifères passent par cette étape de développement et qui ne s’est pas déjà émerveillé devant de jeunes chatons jouant avec un rien? Vous me direz que toutes les places ne sont pas nécessairement des lieux appropriés pour grimper partout. Possiblement. Mais, quels lieux le sont? Au parc? Dans la cour d’école? Bien sûr que non…

Au parc, quand les parents décident d’y amener leurs enfants, on leur interdit souvent une multitude d’activités, car elles sont jugées trop dangereuses. Les enfants pourraient tomber et se blesser. Ou, ils pourraient faire comme papa et maman et lire le journal assis dans le parc. Ça, ça serait un jeu intéressant et sans danger. Sans danger immédiat. Parce qu’à en voir le tour de taille de papa et maman assis sur le banc de parc, qu’à lire la prescription sur les flacons de médicaments pour l’hypertension et le diabète dans leur poche, je me dis que ça doit être une inactivité dangereuse en fin de compte…

Encore plus malheureux, lorsque les enfants sont calmes (lire complètement sédentaires) on promet de les récompenser avec leur nourriture préférée. Coup de génie s’il en est un, offrir une récompense avec de la nourriture tout en passant du temps avec l’enfant constitue un problème potentiellement très dommageable. On associe temps de qualité, malbouffe (très souvent) avec de bons moments. La tendance est par la suite pour l’enfant de tenter de reproduire ces moments avec d’autres et plus tard avec ses propres enfants. Et le virus se propage.

Une fois que le virus est bien implanté dans une famille, certains vont tenter de trouver un traitement. Habituellement, les adultes vont essayer de traiter le virus à l’aide d’une « grande » quantité d’exercice et appliquer le traitement à toute la famille(enfin presque, sauf eux car ils n’ont pas le temps). On impose donc des séances d’exercice aux enfants. On structure alors leurs pulsions d’activité physique dans un moule que l’on juge convenable. Tiens, pourquoi ne pas faire 20 min sur un tapis roulant pour faire fondre le bedon de fiston? Parce que c’est ennuyeux, démotivant et sans but valable pour un enfant. Perdre son bedon n’est pas dans la liste des priorités de ce dernier, mais avoir du plaisir oui. L’enfant va donc associer l’activité physique à des moments désagréables qu’il ne souhaite pas reproduire. Notre virus investit presque qu’entièrement son jeune hôte.

Nous en sommes à la maturation du virus où nous avons des associations bien définies qui sont présentent chez l’hôte : une association plaisir-grosse bouffe sale-bonne compagnie et une association activité physique-douleur-je suis nul. Ces associations deviennent pratiquement ancrées dans notre bagage génétique tellement elles perdurent et se propagent à notre descendance. La dernière mutation du virus peut maintenant se produire.

Devant autant de déception et de difficultés face aux tentatives de perte de poids (restreindre la bouffe = moins de plaisir et moins d’amis, pratiquer de l’activité physique = souffrance et incompétence), on se tourne vers les croyances. Le virus fait en sorte que l’on se conditionne à croire aux fables, à espérer le moment magique nous permettant de nous métamorphoser et de perdre nos surplus de gras. Nommez-les, le baiser de la Belle au bois dormant, cendrillon et ses souliers, et même le Père Noël qui réussit magiquement à livrer tous ses cadeaux sans sueur.

Comme dans les contes, tout devient soit bon, soit mauvais. Certains nutriments sont mauvais, d’autres sont bons, certains exercices sont bons, d’autres mauvais et comme dans les récits, pas de nuance ou de tons de gris. C’est la phase terminale du virus. Nous sommes désormais conditionnés à être sages et polis et à ne pas monter sur les chaises, à festoyer entre amis avec de la bonne bouffe et de l’alcool et à croire qu’un coup de baguette magique va finir par tout changer. Malheureusement, la vie n’est pas un conte de fées ni une fable de Noël. Alors, pendant cette période festive, lorsque vous verrez des enfants être turbulents et courir partout, ne sortez pas le ritalin et ne les récompensez pas avec du dessert. Appréciez leur spontanéité et leur joie de bouger et pourquoi ne pas faire un peu plus comme eux.

Joyeux temps des Fêtes!

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Et si le manque d’activité physique n’était pas la cause de la prise de poids?

La réponse peut paraitre évidente pour certains, mais la parution d’un article dans le New York Times (article original chez PloSone) semble faire état du contraire. Mon collègue Louis-Marie Colas m’a demandé mon opinion sur l’article en question. Comme il m’apparaissait difficile de répondre en quelques lignes, je lui ai promis d’en faire le sujet de mon prochain article. Voici donc mon analyse et mes commentaires sur l’article Hunter-Gatherer Energetics and Human Obesity.

Tout d’abord, il importe de bien présenter les choses en commençant par un survol du contenu de cette publication (je vous invite à suivre le lien de l’article et à le lire). L’étude du Dr Pontzer (très sympathique en passant, j’ai eu l’opportunité d’échanger quelques courriels avec lui) est des plus intéressantes. Son équipe a étudié la dépense énergétique des Hadzas, une tribu du nord de la Tanzanie dont le mode de vie traditionnel ressemble probablement à celui de nos lointains ancêtres, du temps où se raser était du domaine de l’impossible. À l’aide de mesures sophistiquées, ils ont été en mesure de déterminer la composition corporelle et la dépense énergétique journalière sans interférer dans le mode de vie des sympathiques aborigènes. Les chercheurs ont découvert que la dépense énergétique totale n’était pas différente d’un groupe d’Occidentaux contemporains. Pourtant, les Hadzas sont un peuple svelte et athlétique et leur quotidien (chasse, cueillette, etc.) est très exigeant physiquement. En comparaison, l’homme ou la femme moyenne d’Amérique du Nord ne sont pas tout à fait l’exemple de la minceur et des vertus athlétiques. Conclusion, les différences au niveau des apports nutritionnels sont la cause de notre mauvaise condition physique et de notre composition corporelle peu éloquente.

Et moi qui m’époumone à tout vent que la baisse de l’activité physique est un facteur critique dans le débordement de la crise de l’obésité. Le sucre, le gras, l’alcool sont les seuls responsables… Zut! Tant d’années d’étude à l’eau.

Pas tout à fait.

Il s’agit d’un bel exemple que la science à réponse à tout, mais que les chercheurs n’ont pas forcément la bonne réponse (du moins, il faut nuancer). Par exemple, dans l’étude de Pontzer, on a comparé les Hadzas avec des gens de poids normal ou en surpoids et non pas avec des individus obèses. Donc, il peut s’avérer hasardeux de conclure que l’augmentation de l’incidence de l’obésité n’est pas reliée à une diminution de l’activité physique, car les participants ayant servi à la comparaison ne sont pas obèses. Les auteurs mentionnent qu’ils ont mathématiquement corrigé les analyses pour éviter que le poids ne soit un facteur confondant. Je vous épargne le cours de statistiques, mais je doute que dans ce cas-ci, la correction mathématique puisse circonvenir à des limitations propres à l’échantillon.

Autre élément intéressant de l’article, la présence d’une mesure ou d’une estimation des compartiments de la dépense énergétique. Le calcul du métabolisme de repos et la mesure de la dépense énergétique nous permettent d’obtenir la dépense énergétique associée à l’activité physique (oui, il s’agit tout de même d’un estimé, car le métabolisme de repos n’a pas été systématiquement mesuré de même que la thermogenèse alimentaire). Néanmoins, ces informations nous permettent certaines observations intéressantes. Par exemple, les femmes Hadzas qui vaquent à des occupations familiales et de cueillette dépensent approximativement 1054 kcal par jour en activité physique comparativement à une femme occidentale qui en dépense approximativement 933 kcal dans une journée. Sans faire d’analyse statistique, il est possible de constater que la différence est mince. Si nous comparons les femmes Hadzas à des femmes actives (des fermières), nous avons un 1054 kcal par jour versus 1299 kcal par jour, toujours pour l’activité physique. La différence est plus grande, mais étant donné la grande variabilité de la dépense énergétique associée à l’activité physique, il est peu probable que cette différence soit significative (oui, je sais, encore des statistiques). Chez les hommes, on observe des valeurs d’activité physique de l’ordre de 1477 kcal par jour pour les Hadzas, 1366 kcal pour les Occidentaux et 1482 kcal par jour pour les fermiers. Encore une fois, les différences sont relativement faibles. Le tableau 1 nous résume tout ça.

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Tableau: Comparaison des compartiments de la dépense énergétique entre les Hadzas et les Occidentaux

Si nous revenons à l’article de Pontzer, ils ont exprimé une idée similaire en la présentant sous la forme du PAL (Physical Activity Level; dépense énergétique totale ÷ métabolisme de repos). Le PAL est une forme de mesure de l’activité physique. Habituellement, une valeur de 1.4 représente quelqu’un de sédentaire, 2.1 très actif, etc. Les auteurs mentionnent qu’il existe une différence significative entre les valeurs de PAL entre les Hadzas et leurs contreparties contemporaines. De façon encore plus intéressante, ils soulignent que les différences de PAL sont associées aux différences de gabarit entre les Hadzas (Poids moyen femmes Hadza : 43.4 kg, hommes Hadzas : 50.9 kg) et nous (Poids moyens femmes dans l’étude : 74.4 kg, hommes : 81 kg). En fait, il s’agit d’une adaptation dont je vous parlais dans le dernier article. En présence d’un surplus énergétique, la dépense énergétique augmente de façon à atteindre un nouveau statu quo, à une composition corporelle différente. Notre poids plus important fait en sorte que notre métabolisme de repos est plus élevé que celui des Hadzas (voir le tableau 1) et notre dépense énergétique associée à l’activité moins élevée font en sorte que nous ne dépensons pas réellement plus de calories par jour que les Hadzas. Nous sommes plus gros et nous bougeons moins.

Je suis d’accord avec Pontzer sur un point, certains membres actuels de l’espèce humaine ne dépensent pas plus de kcal que nos lointains ancêtres. Cependant, j’aimerais attirer votre attention sur deux figures (complexes, mais intéressantes croyez-moi) qui nous tracent un portrait assez intéressant. Dans la figure 1, nous pouvons voir l’évolution de la dépense énergétique relative (encore des statistiques alors je vous épargne les détails) qui représente la quantité de kcal dépensées sur une journée exprimée de façon indépendante du poids (donc, on peut comparer tout le monde, les petits, les moins petits, etc.). On peut voir que nos ancêtres avaient une dépense énergétique relative passablement constante. Lorsque l’on observe nos valeurs, il est possible de constater une étendue assez importante (pour les petits futés, la moyenne contemporaine arrive légèrement sous la ligne rouge). Ce qui m’intéresse, ce sont les caractéristiques des individus au-dessus de la ligne et celles de ceux sous la ligne. Vous êtes à même de constater un fait étonnant : les personnes qui ont une dépense énergétique relative plus élevée sont moins corpulentes que les personnes ayant une dépense énergétique relative sous la ligne. Pourtant, la dépense énergétique absolue totale est pratiquement la même. La différence se situe au niveau des compartiments de la dépense énergétique : les personnes plus corpulentes ont un métabolisme de repos plus élevé, mais un niveau d’activité physique moindre. Contrairement à Pontzer, je ne crois pas que la dépense énergétique soit régie par des traits génétiques, mais plutôt par des facteurs socio-physicoenvironnementaux.

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Figure 1: Évolution de la dépense énergétique

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Figure 2: Évolution de la dépense énergétique associée à l’activité physique

La figure 2 nous permet d’entrevoir cette possibilité. On peut y observer l’évolution de l’activité physique de nos ancêtres (Lucy) jusqu’à nous. L’arrivée de l’homo a marqué un bond fulgurant en matière d’activité physique et aujourd’hui, nous assistons à une énorme diversité dans l’expression de la dépense énergétique associée l’activité physique. Personnellement, je pense que cette diversité est principalement issue de la grande variété des relations que nous entretenons avec notre environnement. En somme, nous bougeons moins pour diverses raisons, mais nos apports alimentaires ne se sont pas ajustés à cette diminution de l’activité physique causant ainsi une augmentation du poids.

Certes, il s’agit d’un article assez pointu, mais je jugeais nécessaire d’aborder l’étude de Pontzer avec une réponse respectable. Je trouve ces travaux très intéressants et j’espère pouvoir continuer d’échanger des courriels avec Herman.

Références

1.            Cordain L, Gotshall RW, Eaton SB. Evolutionary aspects of exercise. World review of nutrition and dietetics. 1997;81:49-60.

2.            Eaton SB, Cordain L. An evolutionary foundation for health promotion. World review of nutrition and dietetics. 2001;90:5-12.

3.            Eaton SB, Strassman BI, Nesse RM, et al. Evolutionary health promotion. Preventive medicine. Feb 2002;34(2):109-118.

4.            Eaton SB, Cordain L, Lindeberg S. Evolutionary health promotion: a consideration of common counterarguments. Preventive medicine. Feb 2002;34(2):119-123.

5.            Eaton SB. An evolutionary perspective on human physical activity: implications for health. Comparative biochemistry and physiology. Part A, Molecular & integrative physiology. Sep 2003;136(1):153-159.

6.            Cordain L, Gotshall RW, Eaton SB, Eaton SB, 3rd. Physical activity, energy expenditure and fitness: an evolutionary perspective. International journal of sports medicine. Jul 1998;19(5):328-335.

7.            Kaplan H, Hill K, Lancaster J, Hurtado AM. A theory of human life history evolution: Diet, intelligence, and longevity. Evolutionary Anthropology: Issues, News, and Reviews. 2000;9(4):156-185.

8.            Pontzer H, Raichlen DA, Wood BM, Mabulla AZ, Racette SB, Marlowe FW. Hunter-gatherer energetics and human obesity. PloS one. 2012;7(7):e40503.

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