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Comment déterminer son pourcentage de gras?

Il s’agit d’une question qui revient souvent, comment fait-on pour déterminer son fameux pourcentage de gras? Je vous donne la réponse à la fin

 Il existe plusieurs méthodes et j’ai déjà abordé le sujet lors de certains articles précédents. Les méthodes les plus accessibles sont sans aucun doute la bioimpédance et l’anthropométrie. J’ai utilisé les deux méthodes pendant de nombreuses années, mais dernièrement j’ai recours presque exclusivement aux mesures anthropométriques afin de déterminer la quantité de gras et de muscle qui compose le corps.

J’aime utiliser cette méthode parce que la source d’erreur la plus importante m’incombe. Je suis la principale source d’erreur, plus particulièrement ma capacité à bien effectuer les mesures ainsi qu’à les répéter. Malheureusement, comme l’évaluateur est une source importante d’erreur lors de ce type d’évaluation de la composition corporelle, il arrive parfois que certains évaluateurs commettent de graves erreurs. Des erreurs qui peuvent être coûteuses pour l’évalué…

Voici quelques-unes de ces erreurs…

Effectuer une mauvaise pesée

Il s’agit de la base de toute évaluation de la composition corporelle. Une pesée fautive résulte systématiquement dans une propagation d’erreur dans chacun des compartiments de la composition corporelle (masse grasse, masse maigre et donc le % de gras). Le poids en trop ou en moins provenant de l’erreur se retrouvera automatiquement en plus ou en moins sur la composition corporelle. L’erreur peut provenir du pèse-personne qui ne fait pas convenablement son travail ou bien provenir de la personne qui est pesée. Les vêtements peuvent avoir un impact suffisamment important pour influencer les résultats. Il n’est pas rare qu’un simple pantalon pèse plus de 1kg, voilà pourquoi il est important de minimiser la quantité de vêtements portés lors de la pesée afin d’essayer de standardiser la procédure au maximum. Il est aussi très important de réduire au maximum les matières digestives résiduelles liquides et solides (pas besoin de faire un dessin). Là aussi, on peut facilement obtenir des variations de l’ordre de 1 kg. Toutefois, ce dernier élément est difficile à standardiser.

Utiliser des appareils non calibrés

Que ce soit le pèse-personne, le vieux ruban à mesurer ou bien l’adipomètre, il est important de s’assurer que le matériel est correctement calibré. Un pèse-personne de qualité doit être calibré au moins une fois par année à l’aide de mesures étalons. Il est important de vérifier que le ruban à mesurer conserve bien sa longueur en mesurant une règle par exemple (oui, les rubans peuvent s’étirer avec le temps). Quant à l’adipomètre, il faut le calibrer pour l’ouverture de ses mandibules à l’aide d’une règle (s’assurer que 10 mm sur les mandibules représente bien 10 mm) ou d’une mesure étalon. Il n’est pas rare que des appareils ne soient jamais calibrés et soient utilisés quotidiennement. Il existe plusieurs standards de fréquence de vérification des adipomètres, personnellement j’effectue une vérification après 200 mesures de plis (~20 évaluations). Un consommateur averti devrait demander de connaître les procédures de calibration et la fréquence à laquelle les vérifications sont effectuées avant de se faire évaluer.

Ne pas déterminer sa marge d’erreur

Toute mesure est systématiquement associée à une variabilité ou marge d’erreur, peu importe le prix ou la provenance de l’équipement. Il en va de même pour l’évaluateur. Si on ne connait pas la marge d’erreur d’une mesure, on navigue dans l’approximation et dans le doute. L’ignorance volontaire ou non de cette notion peut coûter très cher tant à l’évaluateur qu’à l’évalué. Par exemple, il est possible de conclure qu’une intervention nutritionnelle ou en entraînement est efficace, car la masse grasse a diminué de 1 kg et que la masse maigre à augmenter de 1 kg. Cependant, si la marge d’erreur est de 1.2 kg, toute conclusion est impossible face à ces résultats (on pourrait évaluer la même personne une heure plus tard et obtenir des résultats opposés). Il s’agit probablement de l’omission la plus criante dans toute évaluation de la composition corporelle.

Tirer des conclusions farfelues

Parfois, devant des résultats inattendus, un évaluateur peut s’avancer et tirer des conclusions sans avoir des données pour supporter ses théories. J’ai déjà entendu des évaluateurs défier les lois de la physique pour justifier un résultat improbable sans tenir compte des sources d’erreurs possibles. Après vérification, il n’est pas rare de conclure que la qualité de l’évaluation est plutôt ce qui est improbable. Avant de conclure à des improbabilités, il est essentiel de toujours remettre en question l’équipement et l’évaluateur.

Comment s’y retrouver? Je vous l’accorde l’évaluation de la composition corporelle n’est pas une chose facile. Afin de mieux s’y retrouver, j’ai préparé un guide sur l’analyse de la composition corporelle par mesures anthropométriques (qui traite aussi sommairement de la théorie derrière l’analyse de la composition corporelle et des quelques autres méthodes) disponible ici. Ce guide permet de comprendre comment faire une évaluation de la composition corporelle et surtout de déterminer sa marge d’erreur en tant qu’évaluateur. On y retrouve aussi des normes pour se situer face à différentes populations, des équations avec leur descriptif complet ainsi que des mesures de composition corporelle avancées.

Pour ceux et celles qui souhaiteraient en apprendre encore plus et bénéficier d’un cours complet sur l’analyse de la composition corporelle, je vous invite à consulter ma formation en ligne ici

Bonne lecture et bonne évaluation!

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Le virus de l’obésité créé par le Père Noël?

Il y  a quelques années, des chercheurs avaient émis l’hypothèse que l’obésité était causée par un virus. J’ai été un des premiers à prendre cette théorie avec un grain de sel (lire : me moquer sans respect), mais au fil du temps, je dois avouer que cette théorie et plus probable que je ne l’avais initialement cru.

Ce virus aurait une grande capacité de mutation et s’adapterait très facilement à son hôte et se transmettrait avec une grande facilité entre des hôtes ayant un profil génétique similaire. Les effets du virus seraient différents en fonction de l’âge, mais la résultante serait toujours la même : une prise de poids tant chez l’enfant que chez l’adulte. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que les manifestations du virus chez l’adulte agissent sur l’enfant et causent une réaction en cascade chez ce dernier, permettant au virus de fermement s’ancrer dans son hôte.

Non, il ne s’agit pas d’un virus avec un bagage génétique, mais plutôt d’un virus d’une autre nature, d’une nature psychosociale.

Avez-vous déjà remarqué dans une salle d’attente ou autres lieux communs, comment les parents s’efforcent de tamiser les pulsions actives de leurs enfants? Il faut s’asseoir, rester immobile, ne pas parler et faire le beau ou la belle. Il ne faut surtout pas courir partout, ne pas sauter ni monter sur les choses. C’est mal et ce genre de choses c’est au parc qu’il faut les faire. Pourtant, c’est par le jeu et ce genre d’activités que l’enfant se développe. La plupart des mammifères passent par cette étape de développement et qui ne s’est pas déjà émerveillé devant de jeunes chatons jouant avec un rien? Vous me direz que toutes les places ne sont pas nécessairement des lieux appropriés pour grimper partout. Possiblement. Mais, quels lieux le sont? Au parc? Dans la cour d’école? Bien sûr que non…

Au parc, quand les parents décident d’y amener leurs enfants, on leur interdit souvent une multitude d’activités, car elles sont jugées trop dangereuses. Les enfants pourraient tomber et se blesser. Ou, ils pourraient faire comme papa et maman et lire le journal assis dans le parc. Ça, ça serait un jeu intéressant et sans danger. Sans danger immédiat. Parce qu’à en voir le tour de taille de papa et maman assis sur le banc de parc, qu’à lire la prescription sur les flacons de médicaments pour l’hypertension et le diabète dans leur poche, je me dis que ça doit être une inactivité dangereuse en fin de compte…

Encore plus malheureux, lorsque les enfants sont calmes (lire complètement sédentaires) on promet de les récompenser avec leur nourriture préférée. Coup de génie s’il en est un, offrir une récompense avec de la nourriture tout en passant du temps avec l’enfant constitue un problème potentiellement très dommageable. On associe temps de qualité, malbouffe (très souvent) avec de bons moments. La tendance est par la suite pour l’enfant de tenter de reproduire ces moments avec d’autres et plus tard avec ses propres enfants. Et le virus se propage.

Une fois que le virus est bien implanté dans une famille, certains vont tenter de trouver un traitement. Habituellement, les adultes vont essayer de traiter le virus à l’aide d’une « grande » quantité d’exercice et appliquer le traitement à toute la famille(enfin presque, sauf eux car ils n’ont pas le temps). On impose donc des séances d’exercice aux enfants. On structure alors leurs pulsions d’activité physique dans un moule que l’on juge convenable. Tiens, pourquoi ne pas faire 20 min sur un tapis roulant pour faire fondre le bedon de fiston? Parce que c’est ennuyeux, démotivant et sans but valable pour un enfant. Perdre son bedon n’est pas dans la liste des priorités de ce dernier, mais avoir du plaisir oui. L’enfant va donc associer l’activité physique à des moments désagréables qu’il ne souhaite pas reproduire. Notre virus investit presque qu’entièrement son jeune hôte.

Nous en sommes à la maturation du virus où nous avons des associations bien définies qui sont présentent chez l’hôte : une association plaisir-grosse bouffe sale-bonne compagnie et une association activité physique-douleur-je suis nul. Ces associations deviennent pratiquement ancrées dans notre bagage génétique tellement elles perdurent et se propagent à notre descendance. La dernière mutation du virus peut maintenant se produire.

Devant autant de déception et de difficultés face aux tentatives de perte de poids (restreindre la bouffe = moins de plaisir et moins d’amis, pratiquer de l’activité physique = souffrance et incompétence), on se tourne vers les croyances. Le virus fait en sorte que l’on se conditionne à croire aux fables, à espérer le moment magique nous permettant de nous métamorphoser et de perdre nos surplus de gras. Nommez-les, le baiser de la Belle au bois dormant, cendrillon et ses souliers, et même le Père Noël qui réussit magiquement à livrer tous ses cadeaux sans sueur.

Comme dans les contes, tout devient soit bon, soit mauvais. Certains nutriments sont mauvais, d’autres sont bons, certains exercices sont bons, d’autres mauvais et comme dans les récits, pas de nuance ou de tons de gris. C’est la phase terminale du virus. Nous sommes désormais conditionnés à être sages et polis et à ne pas monter sur les chaises, à festoyer entre amis avec de la bonne bouffe et de l’alcool et à croire qu’un coup de baguette magique va finir par tout changer. Malheureusement, la vie n’est pas un conte de fées ni une fable de Noël. Alors, pendant cette période festive, lorsque vous verrez des enfants être turbulents et courir partout, ne sortez pas le ritalin et ne les récompensez pas avec du dessert. Appréciez leur spontanéité et leur joie de bouger et pourquoi ne pas faire un peu plus comme eux.

Joyeux temps des Fêtes!

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Prendre ses responsabilités en matière de perdre de poids et d’hypertrophie

Il s’agit probablement d’un phénomène qui unit ceux qui souhaitent perdre du poids à ceux qui veulent en gagner. Vous avez probablement déjà entendu des gens souligner leur incapacité à atteindre leur(s) objectif(s) à cause de nombreuses différentes raisons. L’échec est toujours difficile à accepter, le blâme est toujours difficile à porter.

Il n’est pas rare que j’entende des gens souhaitant perdre du poids me mentionner que leur cheminement est plus difficile parce que leur métabolisme est lent, parce qu’ils souffrent d’un pH déséquilibré, parce que leur système adrénergique ne favorise pas la perte de poids, parce que leur situation familiale est difficile, parce que leur travail n’est pas favorable et j’en passe.

OK. Je pourrais réfuter chacun des points énumérés à l’aide d’appuis scientifiques et cliniques. Je ne le ferai pas. Je me contenterai de répondre : et puis après? Et puis après quoi si votre métabolisme à la vigueur d’un escargot? Et puis après quoi si votre pH se rapproche plus de l’acide à batterie que du pH humain? Et puis après quoi si vos surrénales font des heures supplémentaires à en faire pâlir un policier de l’antiémeute du SPVM? Et puis après quoi si vos enfants font fuir les plus durs intervenants de la DPJ en brandissant leur sucette enflammée? Et puis après quoi si vous travailler plus d’heures que moi par semaine (bon, j’exagère probablement un peu…)?

Et puis après?

Pourquoi ne pas parler également de ceux et celles qui souhaitent gagner de la masse musculaire et qui en sont incapables? Oui, vous êtes composés entièrement de fibres musculaires de type 1. Oui, vos gènes vous rapprochent plus du coureur de fond que du culturisme. Oui, vous vous entraînez des heures et des heures en mangeant vos blancs d’œuf sans avoir de résultat parce que votre métabolisme est plus rapide que le Road Runner.

Et puis après?

Ce que je comprends, c’est que chacune de ces personnes fait tout correctement, mais des facteurs entièrement hors de leur contrôle font en sorte qu’ils ne peuvent atteindre leurs résultats. Ce n’est pas comme un tel ou une telle qui eux ne font presque rien et obtiennent par pure chance mille fois plus de résultats qu’ils ne le méritent. Que le monde est injuste…

Et puis après?

Et puis après on fait quoi? Demeurez misérables et vous n’avez plus qu’à vous morfondre et vous plaindre jusqu’à ce qu’on vous enterre. C’est triste, c’est bête et c’est comme ça. Combien de personnes de ce genre connaissez-vous? Peut-être êtes-vous l’une d’entre elles? Quel dommage de ne pas pouvoir perdre votre poids ou de ne pas pouvoir faire saillir vos pectoraux à la Ivan Pustki.

De toutes les raisons que ces gens fournissent pour expliquer leurs déboires, un dénominateur commun peut facilement être identifié : ils se déresponsabilisent. La nature de leur échec ne peut pas être modifiée par aucune de leurs décisions. C’est ici que l’on peut observer une différence marquée avec ceux qui réussissent : ces derniers prennent l’entière responsabilité de leur succès… et de leur échec. Pas le crédit, la responsabilité. Ces gens assument les décisions et les actes qu’ils prennent afin d’atteindre leurs objectifs. Cette approche n’est pas garante du succès, bien au contraire, car elle doit nécessairement passer par l’échec pour connaître son aboutissement véritable : l’épanouissement de l’individu.

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Bien avant le métabolisme, bien avant les gènes ou le pH, cette différence de responsabilisation est un facteur déterminant dans l’approche du succès. On ne peut pas s’attendre à récolter gloire, honneur et satisfaction sans se considérer pleinement imputable de ses faits et gestes.

Et puis après?

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est qu’il est possible d’effectuer ce virage afin de passer du camp des victimes au camp des victorieux. Il s’agit d’une décision que vous seul devez prendre. Ce qui me fascine, c’est que ce choix, tout le monde peut le faire. Il suffit seulement de le vouloir. Vous en doutez? Vous cherchez encore des prétextes à l’échec. Vous voulez des preuves? Terry Fox, Chantal Petitclerc, Dick et Rick Hoyt, etc. sont toutes des personnes qui ont décidé de quitter le camp des victimes pour entrer par la grande porte dans celui des gens qui inspirent leur prochain.

Voici quelques éléments pour vous aider à quitter le monde des victimes :

1)      N’affirmez rien sur vous qui ne peut pas être mesuré

2)      Ne vous comparez pas aux autres pour des choses que vous ne pouvez pas mesurer

3)      Soyez conscients des choix que vous faites

4)      Assumez les choix que vous faites

5)      Gardez la tête haute et respectez les efforts que vous faites à la hauteur de leur mérite

6)      Agissez

Et puis après?

Rien.

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Et si la balance cachait d’autres balances?

Combien de calories par jour

Votre poids est régi par la balance énergétique, l’écart en les calories entrantes et les calories sortantes dicte votre prise ou votre perte de poids. Si vous présentez un déficit de 7700 kcal, vous perdez 1 kg de gras et si à l’opposé vous faites état d’un surplus de 7700 kcal, vous prenez 1 kg de gras (pour les adeptes du système impérial, 3500 kcal pour 1 livre). Tout le monde est bien au courant de cette équation. Pourtant, elle est fausse et ce calcul, si facile à faire sur papier, se perd dans une complexité phénoménale lorsqu’appliquée à l’organisme. Pourquoi? En suivant cette logique, si un individu consommait une banane ou un biscuit au chocolat de trop (~100 kcal) tous les jours pendant 30 ans nous observerions un surplus de 1 095 000 kcal (365 jours x 30 ans x 100 kcal) ou un gain de 122 kg de masse grasse (1 095 000 kcal ÷ 9 kcal/g ÷ 1000). En réalité, les gains observés au niveau de la masse grasse se situeraient fort probablement aux alentours du 6-10 kg. Pourquoi? Parce que votre dépense énergétique s’ajusterait par des ajustements logiques et de nature biologique. L’augmentation de la masse grasse occasionne une augmentation du métabolisme de repos (1 kg de gras = ~4.5 kcal par jour), cette même augmentation augmente le coût des activités physiques mobilisant le poids et cette surcharge tend à augmenter la masse musculaire (qui à son tour augmente le métabolisme de repos à raison de 13 kcal par kg de masse musculaire par jour). Le raisonnement inverse s’applique à la perte de poids. Ce n’est pas parce que vous vous imposez un déficit énergétique de 7700 kcal par semaine que vous allez perdre 1 kg de gras chaque semaine (avis aux professionnels de la santé qui utilisent encore ce calcul, svp, arrêtez. Contentez-vous d’induire un déficit énergétique et rangez la calculatrice pour ce type de calculs).

L’équation est également fausse parce qu’il existe d’autres balances dans votre organisme, les balances des macronutriments et de l’alcool. Les glucides sont assujettis à une balance, tout comme les lipides, les protéines et l’alcool. Chacune de ces balances fonctionne simultanément afin d’assurer leur rôle respectif de gestion de substrats. Un déficit de 7700 kcal occasionnant une perte de 1 kg de gras sous-entend que seule la balance des lipides est soumise à un déséquilibre et que les balances des glucides, des protéines et de l’alcool demeurent intactes. Ce qui n’est pas le cas…

La balance des glucides est finement régulée par l’organisme et l’ingestion d’une faible quantité de glucides engendre une réponse systémique hautement synchronisée. La majorité des glucides ingérés sont destinés à être utilisés rapidement comme source d’énergie ou mis en réserve pour une utilisation ultérieure sous forme de glycogène musculaire et hépatique. La balance des glucides est pratiquement toujours en équilibre entre les apports et la mise en réserve ou l’oxydation. Pratiquement aucun glucide ne finit transformé en gras, contrairement à la croyance populaire. Afin de commencer à emmagasiner du gras, il faut être soumis à une surcharge massive de glucides, et ce en présence de réserves de glycogènes saturées. Habituellement, les réserves de glycogènes saturent aux alentours de 12-15 g par kg de poids (donc entre 840 et 900 g pour un individu de 70 kg). Une fois ces réserves bien remplies, l’ingestion d’un 475 g de glucides permettra la création de 150 g de lipides par jour. Ça fait beaucoup, beaucoup de sucre pour pas tant de gras. Ça ne veut pas dire pour autant que vous pouvez vous gaver de sucre sans engraisser…

L’équilibre entre la consommation et l’utilisation des glucides s’adapte continuellement. Par exemple, on remarque que lorsque les apports en glucides augmentent, leur oxydation augmente également et l’inverse se produit lorsque l’on réduit les apports (donc on brûle moins de glucides lorsque l’on en consomme moins pour ceux qui ne suivent pas). Alors, pourquoi ne pas se gaver de sucre? Parce que cette balance en influence une autre, celle des lipides.

Lorsque des glucides sont ingérés (comme lorsque quelqu’un se gave de sucre), l’utilisation des lipides diminue de façon assez importante, principalement à cause de la présence d’insuline. La gestion des glucides implique une mise de côté des lipides. Une forte consommation de glucides rend plus difficile l’oxydation des lipides. Plus difficile, mais pas impossible. C’est le secret des gens actifs qui consomment des quantités importantes de glucides. Ils les utilisent en étant actifs ce qui réduit la quantité de glucides disponibles et permet l’utilisation des lipides. En résumé, si vous mangez des glucides, soyez actifs pour profiter de ce carburant.

La balance des lipides quant à elle est beaucoup plus paresseuse. Elle semble peu ou pas influencée par une consommation aiguë de lipides. Les apports en lipides ne dictent pas de façon aussi stricte l’utilisation de ces derniers. Ça, c’est un problème majeur. L’adaptation principale d’une surconsommation de lipides se manifeste par une augmentation des réserves sans toutefois démontrer une augmentation proportionnelle de leur utilisation. Bref, en présence d’un surplus énergétique, le gras sera plus facilement entreposé que les glucides dans vos délicats coussins adipeux.

La balance de l’alcool est aussi un déterminant potentiellement important dans notre équation multifactorielle. L’alcool représente LES SEULES VRAIES CALORIES VIDES. Dès que l’alcool est en circulation, il devient un carburant de choix au détriment de tous les autres macronutriments (glucides, lipides, protéines). Vous utilisez presque exclusivement l’alcool comme source d’énergie ce qui facilite l’entreposage des lipides inutilisés. Plus problématique encore, l’alcool vient fausser votre perception de votre balance énergétique. En effet, on remarque que malgré un important apport en calories, l’alcool n’a pas d’effet sur la satiété ou même, dans certains cas, augmente l’appétit. Vous mangez donc plus de macronutriments que vous n’utiliserez qu’à des fins de réserves. Si vous voulez perdre du poids, l’alcool est la première chose à couper. Et si l’alcool est un plaisir plus important que votre désir de perdre du poids, suivez ce lien. Pour ceux qui diront que le vin rouge possède des bienfaits, je vous dirai de manger des bleuets et des framboises, vous vous en porterez que mieux.

Maintenant, fermez vos yeux et imaginez un instant un scénario catastrophe…

Nous avons un individu qui vit dans un milieu où l’abondance nutritionnelle règne et où il est de plus en plus difficile d’être actif au quotidien. Il est donc facile d’être soumis à une balance énergétique positive. La surconsommation de glucides, lipides et protéines permet sans aucune difficulté de prendre du poids. La présence abondante des glucides inhibe l’utilisation des lipides, la consommation des lipides permet leur entreposage quasi instantané et l’occasionnelle (lire toutes les fins de semaine) consommation modérée (lire ½ bouteille de vin minimum) d’alcool ne fait qu’empirer la situation. Excellente recette pour l’obésité et un décès prématuré rempli de polyphénols.

Quoi retenir dans tout ça?

Que pour perdre 1 kg de gras il faut créer un déficit de 7700 kcal? Nonnnnnnn!

Que les glucides font engraisser? Nonnnnnn!

Que les lipides font engraisser? Nonnnnn! Enfin presque…

Il faut plutôt retenir que :

La présence d’un déséquilibre entre les apports et la dépense énergétique entraîne soit un gain, soit une perte de poids.

La consommation de glucides de façon TROP importante diminue l’utilisation des lipides. En présence d’un surplus calorique, cela signifie que l’on engraisse. La consommation de glucides favorise la pratique d’activité physique en offrant une source de renouvellement des réserves de glycogène. Il s’agit d’énergie utile pour bouger, utilisez donc vos ressources…

La consommation d’alcool n’est que source de problèmes (sans blague?). L’alcool ne procure aucun bénéfice biologique qui ne surpasse ces effets néfastes. Don’t drink and drive et don’t drink and eat non plus.

Références

1.            Acheson KJ, Schutz Y, Bessard T, Anantharaman K, Flatt JP, Jequier E. Glycogen storage capacity and de novo lipogenesis during massive carbohydrate overfeeding in man. The American journal of clinical nutrition. Aug 1988;48(2):240-247.

2.            Flatt JP. Importance of nutrient balance in body weight regulation. Diabetes/metabolism reviews. Sep 1988;4(6):571-581.

3.            Flatt JP. Macronutrient composition and food selection. Obesity research. Nov 2001;9 Suppl 4:256S-262S.

4.            Manore MM, Meyer NL, Thompson J. Sport nutrition for health and performance. 2nd ed: Human kinetics; 2009.

 

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Homme, femme, quelle différence ?

J’ai reçu plusieurs questions concernant des différences potentielles entre la réponse à l’entraînement des hommes et des femmes. J’ai donc décidé d’inclure dans ce billet une présentation traitant spécifiquement des différences entre les hommes et les femmes, en lien avec l’entraînement et l’activité physique bien sûr.

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Pour beaucoup de gens, il est évident qu’il existe d’importantes différences entre les hommes et les femmes. Cependant, l’expérience et les données scientifiques ne me permettent pas de conclure de façon définitive sur de potentiels écarts entre les sexes dans leurs réponses respectives à l’entraînement. S’il apparaît relativement clair que des différences initiales de composition corporelle existent entre les hommes et les femmes, ces différences ne sont pas forcément d’ordre génétique. Par exemple, lors de mes études portant sur l’impact de l’entraînement en force et hypertrophie sur la composition corporelle et la dépense énergétique, il m’est arrivé de côtoyer de sympathiques sujets de recherche jouissant d’une masse musculaire plus imposante que la mienne. Pour ceux et celles qui me connaissent, vous me répondrez que ce n’est pas là un exploit hors du commun. Oui, mais lorsqu’il s’agit d’une femme obèse post-ménopausée qui possèdent un retentissant 64 kg de masse maigre (ça, c’est plus que la moyenne des hommes…), ça change la donne surtout qu’elle ne s’est jamais entraîné en musculation. Ça fait une grand-maman qui peut tirer son épingle du jeu dans beaucoup de compétitions de tir au poignet…

Pourquoi tant de masse maigre? Principalement à cause de son importante masse grasse (obésité oblige). La surcharge musculaire imposée par ses activités quotidienne est un puissant (et surtout régulier) stimulant pour l’hypertrophie. Sa vie ou plus particulièrement sa relation avec son environnement lui a permis de développer une importante masse musculaire. Importante, mais tout juste suffisante pour lui permettre de passer à travers son quotidien.

Je vous invite donc à consulter la présentation (sans narration malheureusement) et n’hésitez pas à poser vos questions à la suite de ce billet (section commentaire).

Bon visionnement!

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