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Pincez-moi quelqu’un!

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Pas si facile que ça d'évaluer la composition corporelle!

Faisons suite au dernier billet en abordant une méthode très répandue de mesure de la composition corporelle; l’anthropométrie (oui, les fameux plis!). L’anthropométrie, ou la mesure d’un individu afin de déterminer et de comprendre ses changements physiques, est une science qui ne date pas d’hier. Alphonse Bertillon est probablement le père fondateur de la science de l’anthropométrie (du moins, c’est lui qui l’a baptisé vers la fin des années 1800). Tout d’abord servant de moyen d’identification des individus (comme les empreintes digitales et maintenant la génétique), l’anthropométrie est utilisée aujourd’hui dans plusieurs secteurs comme le design industriel, la mode et le vêtement, l’ergonomie et l’architecture sans oublier le domaine de la santé.

Terminons le cours d’histoire 101 et attaquons-nous au vif du sujet. De nos jours, les mesures anthropométriques sont utilisées afin de déterminer la composition corporelle (je ne reviendrai pas sur le % de gras, lisez le billet précédent). Est-ce que vous vous êtes déjà interrogés sur le niveau de précision de cette méthode ou bien si vous vous fiez uniquement au nombre de chiffres après la virgule de votre résultat pour vous assurer de la précision de la mesure? Votre entraîneur/évaluateur doit savoir ce qu’il fait. Possiblement…

Pour en être sûr, il est important de comprendre la méthode, ses concepts et surtout, ses limitations. Habituellement, une évaluation de la composition corporelle par mesures anthropométriques comprend une mesure de poids, des plis cutanés, des circonférences et parfois des largeurs. À partir de ces valeurs, il est possible d’obtenir à l’aide d’équations une mesure de la composition corporelle à deux compartiments (masse grasse : tissus adipeux et masse maigre : muscles, organes, eau, squelette). Cependant, il est beaucoup plus difficile d’obtenir des valeurs valides pour les sous compartiments de la masse maigre. En anthropométrie, nous avons 3 sources possibles d’erreur :

1)      L’habileté de l’évaluateur à bien prendre les mesures
(non, il ou elle n’est pas forcément parfait ou parfaite!)

2)      La précision et la validité du matériel utilisé
(oui, le matériel s’use)

3)      La précision et la validité des équations utilisées
(non, il n’y a pas UNE équation pour le pourcentage de gras)

Commençons par nos sympathiques évaluateurs, dévoués à leur travail et soucieux du moindre détail (s.v.p., ne le prenez pas personnel, on jase…). Lors de mesures anthropométriques, la première étape est de bien identifier les repères anatomiques et surtout, surtout, de les marquer sur la peau à l’aide d’un feutre (les crayola « washable » pour enfants font un travail merveilleux et il y plusieurs choix de couleurs!). Pourquoi marquer? Parce qu’une erreur de localisation de 2.5 cm peut parfois signifier un écart de plus de 3 mm sur le pli cutané visé. Par exemple, pour un pli tricipital, cela peut vouloir dire une erreur de plus de 35 % sur un sujet relativement svelte et athlétique et une erreur de près de 15 % chez un sujet plus grassouillet.

En suite, il est excessivement important de prendre plusieurs mesures de façon non consécutive (toutes les mesures une fois, on recommence, etc. Le tout afin d’éviter que l’on se souvienne du chiffre et que l’évaluateur soit soumis à la tentation de tricher…). Habituellement, on effectue 2 mesures pour les circonférences et pour les largeurs alors qu’il est fortement recommandé de compléter 3 mesures pour chaque pli cutané. Il est très important de répéter les mesures afin de s’assurer de la bonne mesure. Le tableau 1 vous présente l’impact d’une erreur de 1mm à chaque pli cutané sur la composition corporelle.

Je sais qu’il est peu probable que cette situation exacte se produise, mais, je tenais simplement à illustrer qu’une petite erreur de mesure peut avoir des impacts importants sur l’analyse suivant l’évaluation. Une différence de 1.4 kg sur la masse grasse, en plus ou en moins, ça commence à compter. Donc, la prise de mesure doit se faire selon les règles de l’art, avec un souci extrême pour tous les petits détails. Il existe un excellent livre qui résume les procédures à suivre (Antropometrica[/fusion_builder_column][fusion_builder_column type=”1_1″ background_position=”left top” background_color=”” border_size=”” border_color=”” border_style=”solid” spacing=”yes” background_image=”” background_repeat=”no-repeat” padding=”” margin_top=”0px” margin_bottom=”0px” class=”” id=”” animation_type=”” animation_speed=”0.3″ animation_direction=”left” hide_on_mobile=”no” center_content=”no” min_height=”none”][1]).

Le matériel utilisé doit également être soumis à un examen rigoureux afin de s’assurer de son état. S’il est facile de vérifier l’état d’un ruban à mesurer (attention, certains ont tendance à s’étirer avec l’usage alors il est toujours pertinent de comparer une mesure x avec une règle), il n’en est pas autant pour un adipomètre (le cossin pour les plis). Ce dernier doit être calibré de 2 façons : 1) l’indicateur d’ouverture en mm doit indiquer la bonne ouverture et 2) les mandibules de l’appareil doivent exercer une pression de 10 g/cm². C’est là que tout se complique. Pour déterminer si l’amplitude d’ouverture est correctement mesurée, il faut « pincer » une mesure étalon dont la longueur est connue (pas un bout de bois, mais, quelque chose de mesurable et qui ne change pas de forme). Pour déterminer la pression exercée, il faut avoir une jauge de tension. Comme c’est plus rare et plus coûteux, je propose d’utiliser une éponge de qualité que l’on conserve dans un sac scellé afin que l’humidité de cette dernière ne change pas. En mesurant l’épaisseur de l’éponge, nous obtenons une valeur en mm sur l’adipomètre. Bien que nous ne sachions pas si la pression est 10 g/cm², nous pouvons savoir si elle change avec le temps. Donc, avant chaque évaluation, il est judicieux de mesurer l’éponge et de s’assurer que le résultat demeure le même. Lorsque le « pli » de l’éponge augmente, il est probable que les ressorts de l’adipomètre commencent à être fatigués (c’est le temps de changer!)

Dernier point, l’obtention des valeurs finales à l’aide d’équations. Beaucoup (trop!) d’évaluateur utilisent une équation sans en connaître la nature ou la fonction. Trop souvent j’ai entendu des évaluateurs mentionner qu’ils utilisaient LA formule pour les 5 plis (ou tout autre nombre de plis). Heuuu, laquelle? Le tableau 2 présente une série d’équations appliquées à la même personne pesant 61.2 kg (donc aux mêmes mesures).

Nous avons des résultats s’échelonnant de 11.3 % à 25.6 % pour une moyenne de 16.1 % (toujours pour notre participante de 61.2kg). Ça fait toute une différence! Concrètement, ça veut dire que notre participante peut présenter une masse grasse de 6.9 kg ou de 15.7 kg. Voyez-vous la différence? Chaque équation est développée pour une population spécifique et plus on s’éloigne des caractéristiques de cette population, moins précise risque d’être notre mesure. Il est donc primordial de bien connaître les caractéristiques des équations utilisées afin de les appliquer à la bonne clientèle.

En terminant, je considère que l’analyse de la composition corporelle par mesures anthropométriques est une mesure très intéressante et surtout très pertinente lorsqu’elle est employée comme elle se doit. Malheureusement, elle souffre de sévères carences en souci du détail et en compétence ce qui fait en sorte que beaucoup la dévaluent. Bien fait, ça fait plus que le travail!

Un impératif à lire pour tout évaluateur!

1.            Norton, K and T Olds, Anthropometrica. Sydney: University of New South Wales Press. 1996.

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Francs-tireurs, franc Fitness ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis fait inondé de courriels concernant le fitness suite à la diffusion du dernier épisode des Francs-Tireurs (épisode 333), mais, j’ai eu suffisamment de questions et de courriels pour décider d’en faire le sujet de ce billet. Dans un premier temps, je dois avouer que le reportage de Patrick Lagacé était assez juste (j’étais quelque peu craintif au début), c’est-à-dire qu’il dépeignait un portrait assez représentatif de la réalité du milieu de culturisme et du fitness au Québec. On s’est même permis de définir les différentes catégories de discipline soit le fitness model, le figure, le fitness et le culturisme. Pour ceux et celles qui ont osé manquer le reportage ou qui sont trop blasés pour le regarder sur le net, le tableau 1 présente les caractéristiques de chacune des catégories.

Alors que plusieurs athlètes de Fitness (avec un grand F pour regrouper toutes les catégories) se sont probablement reconnues dans ce reportage, plusieurs de mes athlètes furent déçues (?) de voir que leur réalité était différente. Serait-ce possible qu’il existe d’autres approches en Fitness ? D’autres approches misant non pas uniquement sur le podium, mais plutôt sur le développement multidimensionnel de l’athlète à l’intérieur de son propre potentiel? Est-ce possible d’avoir un mode de vie sain et de réussir en Fitness au Québec? Oui, mais à certaines conditions.

La première condition stipule que l’on doit absolument considérer l’athlète selon plusieurs dimensions (tableau 2) : physiologique, psychologique et technique/artistique.

 

La deuxième condition implique la mise en place d’un protocole d’évaluation valide, fiable et pertinent afin de bien quantifier les variables de la progression.

La troisième condition impose un suivi régulier, sérieux et adéquat des trois dimensions.

La quatrième et dernière condition oblige la présence d’une progression planifiée en accord avec l’entraîneur et l’athlète.

Toutes les interventions auprès des athlètes de Fitness doivent être en respect de ces conditions afin de permettre un développement optimal de l’athlète. Actuellement, la tendance est (et, à ma connaissance, a toujours été) de préparer des athlètes pour une compétition où l’objectif est de remporter un podium. Malheureusement, cette approche unidimensionnelle force rapidement l’athlète à performer, peu importe ses capacités initiales (et surtout, pousse les entraîneurs à recruter des filles nécessitant peu de développement). Lorsque je mentionne que je développe mes athlètes sur une période de 3-4 ans, plusieurs entraîneurs esquissent un sourire moqueur, car il est carrément impensable de « sortir » une fille en compétition dans le but de la préparer à devenir encore plus : il faut gagner à tout prix, et ce, tout le temps. Le résultat? Bien des athlètes ne seront en mesure que de faire une compétition en y sacrifiant parfois leur santé (physique et/ou mentale; les troubles de comportements alimentaires ne sont pas une rareté). Moi, ce qui m’intéresse c’est de développer des athlètes afin qu’elles soient en mesure de changer leurs habitudes de vie, d’entraînement ainsi que leurs habitudes nutritionnelles afin d’être des athlètes en tout temps. Un corps d’athlète sain, dans un esprit sain. Pas uniquement un physique l’espace d’une fin de semaine, mais, une athlète à part entière qui est en mesure d’inspirer par sa détermination, son travail intelligent et son évolution les gens de sont entourage à adopter un mode de vie plus sain.

La figure 1 présente une progression vers une première compétition en fitness (petit f donc, avec de la gymnastique). Oui, je sais, il y a beaucoup d’informations sur l’image (au moins mille mots pour se référer à l’expression populaire…) ce qui ne la rend pas moins intéressante pour autant. L’œil averti du lecteur assidu réalise rapidement que le développement d’une athlète de fitness repose sur l’harmonisation de la progression des sphères physiologiques, psychologiques et techniques artistiques. Qui dit progression, dit étapes.

 

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Figure 1: Partie initiale d'une planification annuelle de fitness

La première étape débute bien avant l’entraînement. Avant de ce lancer dans une aventure du genre, il est impératif pour toute athlète en devenir d’assister à une compétition afin de mieux cerner le milieu. Ensuite, il faut caractériser l’athlète selon les déterminants de la performance. Cette évaluation exhaustive initiale permet d’établir à quel rythme l’athlète pourra ou devra se développer afin d’atteindre les critères propres à sa discipline.

Maintenant, le gros du travail de l’entraîneur commence : celui de planifier en fonction des objectifs établis conjointement avec l’athlète. Toujours en s’appuyant sur les résultats de l’évaluation initiale, l’entraîneur détermine les variables à prioriser et de façon plus spécifique la progression de chacune afin d’atteindre les objectifs fixés pour la saison en cours et pour la suite éventuelle. Oui, il faut prévoir à l’avance tout en sachant que nous sommes toujours à la merci des imprévus. La planification de la saison permet d’établir d’une chronologie de la progression. Ceci permet d’éviter d’avoir recours à des diètes sévères ou d’accumuler des séances d’entraînement en catastrophe la semaine avant la première compétition.

Par la suite, comme aucune planification n’est parfaite, l’utilisation d’un protocole d’évaluation de suivi permet de réajuster le tir afin de maintenir la progression initialement prévue. Ces évaluations planifiées à l’avance ne se limitent pas à la cueillette systématique de données physiologiques, mais incluent également prise d’information de variables psychologiques. Est-ce que la perception de l’image corporelle de l’athlète correspond à la réalité? Comment est son niveau de motivation? Chaque élément négligé risque de revenir vous hanter plus rapidement que vous ne pouvez le penser. Ah oui! J’oubliais, il faut que l’athlète fasse le travail, c’est-à-dire qu’elle s’efforce de changer, d’évoluer vers ces objectifs.

Il est bien évident que cette approche requiert une charge de travail importante jumelée à une expertise et un niveau de compétence important. L’atteinte des standards imposés par le milieu du Fitness québécois en se basant sur des outils aussi simples que le Guide Alimentaire Canadien et aussi complexes que des analyseurs de gaz ou des accéléromètres n’est pas sans effort et le cheminement est souvent parsemé d’amères déceptions et de rare podium. Il est tout aussi évident qu’il existe des raccourcis afin de gagner plus rapidement, mais, quelle est la valeur de cette victoire? Car, bien au-delà des médailles, trophées ou podium, il y a un individu. La croissance et l’épanouissement de l’athlète sont des victoires beaucoup plus nobles et louables. De plus, aucun juge ou arbitre ne peut vous enlever ces victoires…

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Faites-vous le poids? (Comment se peser correctement)

Se peser, perdre du poids, balance, pèse-personne

Pourquoi ne pas parler un peu de la balance, oui, oui, seulement la balance; pas d’algorithme compliqué, pas de mathématique louche ou de fonction oubliée sur d’obscurs boutons de calculatrices scientifiques. Mais, détrompez-vous, ça ne sera pas si simple que ça. Se peser, ce n’est pas simple!
Qui n’a jamais osé grimper fièrement ou fiévreusement sur un pèse-personne habilement positionné dans tout bon vestiaire de centre sportif? Un petit regard furtif à droite, un autre à gauche et on piétine le petit tapis antidérapant de l’appareil pour ensuite jeter un regard rapide sur le cadran. Tout comme l’horoscope du journal, ce qui est indiqué va déterminer votre humeur pour le restant de votre journée. Et si, tout comme l’horoscope, ce qui était indiqué n’était pas toujours tout à fait juste?
Beaucoup de facteurs influencent le poids total et toutes les mesures dérivées du poids comme les mesures de composition corporelle (anthropométrie, bioimpédance, pléthysmographie par déplacement d’air, hydrodensitométrie et j’en passe). On peut observer une source d’erreur provenant de l’individu (vêtements, urine dans la vessie, matière fécale dans le système digestif, petit change qui reste dans les poches, etc.) et/ou provenant de l’appareil (usure, mauvaise utilisation ou tout simplement un gimmick provenant d’une infopub). Bref, votre poids peut facilement varier de ±1 kg sans que votre composition corporelle ne soit modifiée. Cependant, comme les méthodes d’analyse de la composition corporelle les plus fréquemment utilisées (anthropométrie, bioimpédance) en condition physique dépendent fortement de la précision de la balance, on peut se permettre de craindre le pire. Oui et non…
Si le poids est assujetti à une erreur (propre à l’individu qui a omis de prendre sa pause pipi ou bien que l’appareil soit mal calibré), cette erreur se propage à tous les résultats qui découlent de la pesée. Je vous avais promis pas de mathématiques et bien, j’ai menti en voici un peu. Prenons une personne pesant 57.6 kg (réellement, sans erreur) qui désire faire évaluer sa composition corporelle pour connaître sa masse grasse et sa masse musculaire. Commençons par les mesures anthropométriques. Je vous épargne toute la cuisine et je vous sers immédiatement le plat servi sous forme de tableau.

Variation associée aux erreurs de mesure du poids

Nous observons ici une erreur potentielle de l’ordre de ±3 % sur la masse musculaire et de -2.3 % à 1.2 % sur la masse grasse. Et le pourcentage de gras lui, demeure mystérieusement le même. Comment est-ce possible? Il s’agit là de la simple expression de la caractéristique de mesure propre à la plupart des équations utilisées pour déterminer la composition corporelle à partir de mesure anthropométrique. La plupart de ces rutilantes équations transforment de simples plis cutanés, des circonférences et parfois d’autres mesures en densité corporelle. Cette dernière valeur est ensuite subtilement transformée en pourcentage de gras à l’aide d’une autre équation. Vous me suivez toujours ou bien vous êtes vous laissés tentés par un site web au classement moral peu recommandable?
Alors, pour ceux et celles qui demeurent, comme la densité calculée par les équations ne dépend pas (ou très, très peu du poids selon les équations) du poids, le pourcentage de gras qui en est tiré demeurera constant. Mais les valeurs de composition corporelle ne le seront pas. Nous pouvons reprendre le même exercice avec une autre méthode de plus en plus répandue; la bioimpédance. Prenons une autre personne du même poids et voyons voir l’impact d’une pesée malheureuse souffrant d’une variation épisodique de 1 kg. Encore un tableau…

 

Variation associée aux erreurs de mesure du poids

On peut voir une différence au niveau de l’impact d’une erreur provenant de la mesure du poids sur les compartiments de la composition corporelle. Cette méthode d’analyse de la composition corporelle n’utilise pas la densité, mais détermine généralement (toujours selon des équations) la masse maigre (de laquelle il est possible de déterminer la masse musculaire). Mais pourquoi est-ce si important et en quoi cela peut-il justifier un commentaire sur un blogue?
J’aurais dû me poser la question avant de commencer à écrire…
De façon plus sérieuse, la variation de mesure associée aux changements fictifs (causées par des erreurs) du poids est un élément important en conditionnement physique, car il peut très souvent expliquer des évaluations aux valeurs « anormales ». Malheureusement, trop souvent le réflexe est de blâmer un élément mystérieux et obscur (les gênes, les hormones, etc.) pour des changements apparemment contraires à ce qui était attendu. Je vous le dis et je vous le répète, peu importe le prix de l’appareil, il existe toujours une marge d’erreur! Deux conclusions découlent logiquement :

  1. Les conditions de pesée sont très importantes : ventre et vessie vides, minimum de vêtement (et les mêmes pour une pesée comparative), bref dans les mêmes conditions!
  2. Avoir un pèse-personne fiable et valide. Celle-là, elle est moins facile…

La plupart des pèse-personnes situés dans des lieux publics étaient, à l’origine, de très bons outils. Malheureusement, l’usage « public » de ces appareils les affecte beaucoup et le manque de soucis de calibration de la part de leur propriétaire rend leur usage fort hasardeux. Oui, l’explication s’en vient, ne clignez surtout pas des yeux…
Je me suis amusé à peser un poids étalon (non, il ne s’agit pas d’un poids de reproduction de type Starbuck, mais plutôt d’un poids dont nous sommes certains de l’exactitude) le matin sur un pèse-personne situé dans le vestiaire d’un centre de conditionnement physique et j’ai d’effectué la même opération le soir. Croyez-le ou non, mon poids avait pris 3 kg entre le matin et le soir et pourtant, j’étais certain qu’il n’avait rien mangé pendant la journée… Le poids n’avait pas changé, mais, le pèse-personne devait souffrir d’une sérieuse migraine après s’être fait battre à multiples occasions par un groupe acharné d’adeptes du conditionnement physique désireux de savoir s’ils avaient pris ou perdu du poids suite à leur entraînement de la journée…
En résumé, il est important de bien comprendre les méthodes d’analyse de composition corporelle ainsi que les facteurs qui les influencent et surtout comment ces facteurs exercent leur influence! Pour le commun des mortels, la mesure du poids est fort simple et toujours exacte alors qu’en réalité, une grande quantité de facteurs peuvent facilement l’influencer de 1 kg. Soyez donc un peu plus critique et chercher à comprendre ce qui aurait pu causer des variations de poids plutôt que de vous prosterner devant le nouveau dieu Pèse-Personne. Pour conclure, je vous laisse avec un petit exercice à faire à la maison :

  1. Se peser nu en tenant une bouteille d’eau de 1 L
  2. Se peser nu sans ladite bouteille d’eau de 1 L<
  3. Se poser la question pourquoi s’être pesé nu tout en buvant progressivement le contenu de la bouteille (de l’eau, je vous le rappelle)
  4. Terminer sa réflexion simultanément avec l’ingestion de la dernière goutte de la bouteille tout en s’assurant que personne ne vous a filmé (vous êtes toujours nu, je vous le rappelle)
  5. Éviter tout rapprochement avec l’urinoir
  6. Pesez-vous de nouveau et vous aurez pris 1 kg

Abracadabra…