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J’ai découvert un produit vraiment intéressant!

C’est le genre de billet qui risque de choquer certaines personnes. Il ne se passe pas une saison sans que je ne me fasse approcher par une compagnie de produits nutritionnels basée sur un mode de fonctionnement de vente directe (vous savez, trouve x personnes à qui tu vends et ensuite ils vendront pour toi et à leur tour ils trouveront x personnes pour vendre pour eux et tu feras encore plus d’argent). Je n’ai rien contre la libre entreprise et encore moins contre les produits de nutrition qu’on tente de me vendre et surtout de me faire vendre.

Non, sincèrement, rien contre eux. Pourquoi? Parce que les gens que je connais qui se sont lancés dans ce type d’aventure sont des passionnés (pour la plupart). Des gens dévoués qui croient fortement dans le ou les produits qu’ils vendent. Absolument rien contre eux et j’espère qu’ils ne seront pas choqués par mon billet, car ce n’est pas mon intention.

À chaque fois que je suis approché par ce type de compagnie, généralement par courriel ou par téléphone, j’exécute la même démarche. Je prends note du nom de la compagnie, de leur site web et je demande que l’on m’envoie par courriel les informations scientifiques qui supportent les revendications associées à leurs produits. Ensuite, je m’informe. Je m’informe sur la compagnie, sur ses dirigeants, sur les produits et je commence la lecture de la littérature scientifique qui est associée à leur produit. C’est long, mais ô combien instructif!

Après quelques années, je commence à voir des tendances émerger et surtout à être en mesure de distinguer le marketing de la recherche (les deux ne sont pas indissociables, seulement rarement associés de la bonne façon). Habituellement, ces compagnies cherchent à faire du profit (et c’est la caractéristique primordiale pour une compagnie) donc, leurs produits doivent séduire un large éventail de consommateurs. Il est donc normal de retrouver des produits pour la perte de poids (mon intuition me dit que ça doit être de gros vendeurs), pour la performance sportive (un peu moins vendeur) et pour le bien-être (le plus petit vendeur, mais qui rejoint une certaine clientèle). Ce large spectre de produits permet de toucher pratiquement toute la population de n’importe quel continent. Qui ne veut pas perdre du poids? Qui ne veut pas être en meilleure forme? Et finalement, qui ne veut pas être en santé?

Jusqu’ici, tout va bien, nous parlons de libre entreprise, de produits destinés à un marché cible aussi large soit-il, bref, rien qui cloche ou qui pourrait justifier mon refus de participer. Alors, pourquoi refuser de répandre la bonne nouvelle? Bonne question.

Possiblement parce que je suis vraiment mal à l’aise avec la façon dont ces compagnies utilisent la recherche. La science devient entre leurs mains un outil de marketing excessivement puissant qui peut facilement être perverti. Je me permets d’emprunter une définition :

La science (latin scientia, « connaissance ») est, d’après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l’on sait pour l’avoir appris, ce que l’on tient pour vrai au sens large. L’ensemble de connaissances, d’études d’une valeur universelle, caractérisée par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables »

Je vais vous présenter les résultats de mon investigation d’une compagnie qui m’a approché afin que je distribue leurs produits. C’est ici que la technologie, plus précisément Google, devient un outil merveilleux. Rapidement, il est possible de trouver le site de la compagnie ainsi que nombreuses informations en regardant la première page de recherche fournie par Google. Par exemple, lors de ma dernière recherche, 2 types de sites internet apparaissaient systématiquement. Le premier type, des sites officiels, affichant ouvertement la vente de produits (rien de plus normal) et le second type, des sites de critiques (du moins en apparence) où l’on retrouve une critique de la compagnie et de son système (rien de plus sain). Cependant, l’ensemble des sites de critiques est animé par des gens travaillant pour la compagnie et vendant eux-mêmes des produits (des anciens sceptiques désormais convertis). On retrouve d’étranges similitudes entre eux : les couleurs sont similaires, la mise en page est identique et après 4 s une fenêtre apparait pour vous demander votre courriel.

Leur critique n’en est pas une, ils font simplement affirmer que la compagnie est tout à fait réglementaire et qu’il ne s’agit pas de vente pyramidale (la preuve, ils en vendent). Sans être une vente pyramidale, jouer le faux critique n’est pas une stratégie marketing des plus nobles.

Ensuite, je me suis attardé à tout le support scientifique entourant la compagnie. Est-ce que la compagnie a des publications scientifiques pour supporter ces produits et les distinguer de la concurrence? Oui, quelques-uns que je me suis empressé de lire. Malheureusement, aucun des articles ne validait l’efficacité de leur produit. Certains traitaient des bienfaits de la supplémentation en protéines sur la santé (pas de leurs produits, mais bien des suppléments en général) alors que d’autres touchaient des domaines non reliés aux revendications associées à leurs produits (je vous le rappelle : perte de poids, performance sportive, santé et bien-être).

Maintenant, qui sont les grosses têtes en sarrau derrière les produits? J’ai fait une recherche par auteur dans des moteurs de recherche scientifique (Google Scholar, Pubmed, Biomedexperts) afin de trouver si ces chercheurs avaient publié (comme on me l’avait dit au téléphone). Eh bien, ces chercheurs avaient des publications scientifiques crédibles (j’ai même téléchargé leur CV!). M’être contenté de ces preuves, je n’aurais jamais écrit ce billet et je vous aurai servi une pub pour vendre ces produits. Mais, lorsque j’ai regardé plus en détail chacune des publications, j’ai rapidement réalisé qu’encore une fois aucun de ces articles ne traitait des produits vendus et encore moins de perte de poids ou de performance sportive. Je cherchais une publication (une seule m’aurait suffi!) qui aurait permis de conclure que : notre produit, lorsque comparé à x et y produits concurrents a été associé à une perte de poids 22 % plus importante et/ou à un gain de masse musculaire 18.7 % plus important, etc. Non, rien du genre.

Encore plus dommage, certaines de ces compagnies commencent à pousser encore plus loin l’exploitation de la science et de la recherche en mandatant des laboratoires indépendants afin de « valider » l’efficacité de leur produit. Cependant, la méthodologie est, intentionnellement ou non, biaisée à un point tel que les résultats perdent totalement leur sens. Par exemple, une de ces études vise à démontrer l’efficacité d’un produit afin de favoriser la récupération après un entraînement. Normalement, 3 groupes devraient être utilisés afin de vérifier l’hypothèse : 1 groupe consommant le produit après l’entraînement (dans le cas présent un supplément de protéines), 1 groupe consommant une protéine de référence après l’entraînement (une boisson de référence comme le lait au chocolat par exemple ou mieux encore, le produits équivalent d’un compétiteur) et 1 groupe ne consommant rien du tout. Ensuite, on compare les résultats pour les variables sélectionnées (par exemple les changements de masse musculaire ou les gains en force) entre les 3 groupes. Mais non, à la place, on utilise 2 groupes, 1 consommant le produit post entraînement et l’autre ne consommant rien (c’est déjà bien que ce soit sur des humains et non des rats, mais c’est bien loin d’être satisfaisant). Ensuite, on dira que le produit est plus efficace pour la récupération (sans mentionner que c’est lorsqu’on le compare à rien du tout). Ce n’est pas illégal, c’est simplement de la mauvaise recherche qui est pervertie à des fins mercantiles.

Finalement, je me suis intéressé aux produits. Quels sont-ils? On y retrouve la traditionnelle panacée de produits : des stimulants et des suppresseurs d’appétit jumelé à des produits hypocaloriques pour la perte de poids, des stimulants, divers vitamines et minéraux, des extraits de plantes et des protéines pour les performances sportives et une combinaison des deux pour le dernier volet « santé ». Rien de nouveau, rien de différent sauf l’emballage.

Toute l’approche marketing est basée sur la science qui supporte les produits et sur les revenus faramineux qui peuvent être tirés facilement de leur vente. Cependant, rien dans toute leur littérature scientifique ne mesure l’impact spécifique de leurs produits. On clame haut et fort que leurs produits sont meilleurs et qu’ils ont été largement étudiés à telles ou telles universités par tel ou tel chercheur. Mais quand on fouille, on trouve des études quelque peu différentes qui n’ont pas véritablement étudié le produit en question, mais qui ont plutôt mesuré l’impact d’une substance que l’on retrouve dans le produit. C’est pareil vous me direz? Non, c’est bien différent. Si c’était pareil, on aurait utilisé le produit et toutes ses composantes dans les doses exactes pour mener à terme l’étude. Bien souvent, il existe une énorme différence entre les doses retrouvées dans les produits en vente libre et ce qui est utilisé chez les animaux de laboratoire. Trop souvent, on insère des quantités insuffisantes d’une substance simplement pour affirmer que le produit en contient et qu’il sera de facto bon pour vous.

Encore une fois, je n’ai rien contre ces entreprises et les gens passionnés qui les animent. J’accroche simplement sur les stratégies marketing qui exploitent la science afin d’affirmer de façon immaculée que leur produit est meilleur et qu’il est bon pour vous. Si c’est le cas, ces compagnies ne devraient pas hésiter à exploiter le meilleur de la science afin de démontrer hors de tout doute que leur produit est vraiment efficace à l’aide d’une méthodologie irréprochable.

 

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Cardio à jeun ou pas?

cardio à jeun

Périodiquement, on entend parler des bienfaits de l’entraînement cardio à jeun pour la perte de poids. Est-ce dangereux ? Est-ce efficace ou encore est-ce uniquement une autre mode qui va et qui vient ?

Pour débuter, il faut déterminer ce que veut dire « à jeun », s’agit-il d’un jeûne complet de courte durée (<12 h) ou d’un jeûne pour une période plus longue (>12 h)? Habituellement, il est question de faire son entraînement cardio le matin à jeun, c’est-à-dire après un jeûne de moins de 12 h (pas de bouffe après le souper de la veille). Les adorateurs de la méthode prétendent que ce type d’entraînement réalisé le ventre vide permet d’augmenter l’oxydation des lipides et de perdre plus de gras. Leur explication est simple : les réserves de glycogène musculaire et hépatique sont à leur plus bas le matin, l’organisme se tournera donc vers les réserves de gras pour compléter l’effort. En faisant son entraînement cardio à ce moment, on maximise l’utilisation du gras et on stimule la perte de poids. Fin du billet, dossier réglé. Pas si certain que ça (il manque de chiffres à mon goût)…

Je me suis amusé éplucher la littérature récente sur le sujet (oui, je sais nous n’avons pas tous la même notion de l’expression s’amuser…) dans le but d’être le plus impartial possible dans ma réponse.

Premièrement, il faut remettre en question l’élément concernant l’épuisement des réserves de glycogène le matin. Un individu moyen jouit d’une réserve approximative de 60g à 80g (240 kcal-320 kcal) de glycogène au niveau du foie et approximativement 300 g (1200 kcal) au niveau du muscle. Ces valeurs sont approximatives, car les chiffres varient d’une personne à l’autre en fonction de plusieurs facteurs (gabarit, alimentation, activité physique, etc.). Nous partions avec ces chiffres pour poursuivre dans la joie et le bonheur vers un univers de calculs…

Combien de glycogène (ou de glucides) utilisez-vous pendant une nuit de sommeil? Vous allez brûler un peu moins qu’une calorie par minute pendant votre dodo dont environ 31 % proviendront des glucides et 69 % de lipides. Prenons une nuit de sommeil de 8 h (je rêve en couleur, personne ne dort un 8 h, mais je vie dans un monde utopique) ce qui donne environ 440 kcal, 136 kcal provenant des glucides et 340 kcal des lipides. Nous avons donc une utilisation de 34 g de glucides et de 38 g de lipides pour votre sympathique dodo douillet. Si mon calcul est bon, il devrait rester plus de 300 g de glucides pour votre effort matinal soit 1200 kcal. Alors, à moins que votre nuit de sommeil ne soit très active (s.v.p., pas de détail), vous ne risquez pas de manquer de glycogène le matin pour votre petit entraînement matinal (à moins que ce dernier ne vous demande une dépense énergétique supérieure à 1200 kcal). Si vous utilisez plus de gras en faisant votre entraînement cardio à jeun, ce n’est pas parce que vos réserves de glycogène sont épuisées.

Maintenant, si nous comparons la quantité de gras utilisé lors de deux conditions distinctes : à jeun (une nuit) et avec des apports en glucides (donc, pas à jeun). Le tableau 1 présente la quantité de gras et de glucides utilisés lors d’un effort aérobie de 120 min avec une surcharge constante (175W) qui représentait 65 % de la capacité aérobie des participants. Un coup d’œil rapide nous permet de réaliser l’ampleur de la différence, pour 120 min d’effort similaire il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes (à jeun : 60 g de lipides vs 58 g pour le groupe ayant consommé des glucides). Lors d’un entraînement à 65 % de la capacité aérobie, nous observons une différence de 2g (qui n’est pas significative, inutile de le rappeler).

Tableau 1: Différences (ou absence de différence) entre l

Est-ce que l’entraînement à jeun est totalement dénudé d’intérêt? Possiblement pas. Les chercheurs de l’étude précédente ont observé une augmentation plus importante de l’utilisation des lipides intramusculaire (le gras dans le muscle) chez le groupe s’entraînant à jeun pendant l’effort. Ils ont également observé une augmentation plus importante de la capacité oxydative du muscle ce qui pourrait s’avérer potentiellement intéressant chez les athlètes d’endurance. Je renforce l’utilisation du « potentiellement », car j’ai quelques réserves quant à la méthodologie employée (je vous épargne les détails, vous irez lire un peu).

Il faut également que je mentionne quelques éléments importants. L’entraînement cardiovasculaire à jeun ne présente peu ou pas de risque (de même que peu ou pas d’effet intéressant), mais lorsque combiné à d’autres interventions, des résultats plutôt fâcheux peuvent en découler. Par exemple, la pratique de l’entraînement à jeun réalisée conjointement avec une diète pauvre en glucides risque de causer des inconforts, des troubles de concentration et de coordination ainsi qu’une diminution de la capacité d’entraînement. Également, la diminution des réserves de glycogène peut affecter la masse musculaire. Lorsque les réserves de glycogène sont basses, l’organisme se tourne vers d’autres voies métaboliques pour les renouveler. Votre corps utilisera des résidus provenant des lipides ainsi que des acides aminés (composantes des protéines et du muscle entre autres choses) pour former du nouveau glucose (et ensuite du glycogène). Cependant, la formation de glucose à partir d’acides aminés n’est pas une avenue avantageuse métaboliquement parlant. Pour chaque gramme de glucose, il faut utiliser 1.75 g de protéine. Les besoins quotidiens en glucose de l’organisme sont approximativement de 105 g par jour lors de conditions normales et chutent à 75g par jour en état de jeûne. Combler ces besoins uniquement à partir des protéines entraîne une utilisation de 131 g de protéines par jour (oui, je sais, je n’inclus pas les autres voies métaboliques, le calcul est seulement pour donner une idée).

En résumé, l’entraînement à jeun ne semble pas procurer d’avantage spécifique à la perte de poids et peut même s’avérer contre-productif dans certaines situations. De plus, je réitère ma théorie que la perte de poids ne se passe pas à l’entraînement (120 min pour 60 g de gras), mais bien au quotidien en stabilisant ou réduisant les apports nutritionnels et en augmentant la quantité d’activité physique sur 24 h. Bon appétit!

Quelques références…

1. Van Proeyen, K, K Szlufcik, H Nielens, M Ramaekers, and P Hespel. Beneficial metabolic adaptations due to endurance exercise training in the fasted state. J Appl Physiol 2011; 110(1). 236-45.

2. Maughan, RJ, J Fallah, and EF Coyle. The effects of fasting on metabolism and performance. Br J Sports Med 2010; 44(7). 490-4.

3. Zerguini, Y, J Dvorak, RJ Maughan, et al. Influence of Ramadan fasting on physiological and performance variables in football players: summary of the F-MARC 2006 Ramadan fasting study. J Sports Sci 2008; 26 Suppl 3. S3-6.

4. Churchley, EG, VG Coffey, DJ Pedersen, et al. Influence of preexercise muscle glycogen content on transcriptional activity of metabolic and myogenic genes in well-trained humans. J Appl Physiol 2007; 102(4). 1604-11.

5. Burke, LM and B Kiens. “Fat adaptation” for athletic performance: the nail in the coffin? J Appl Physiol 2006; 100(1). 7-8.

6. Maughan, RJ. Fasting and sport: an introduction. Br J Sports Med 2010; 44(7). 473-5.

7. De Bock, K, W Derave, BO Eijnde, et al. Effect of training in the fasted state on metabolic responses during exercise with carbohydrate intake. J Appl Physiol 2008; 104(4). 1045-55.

8. Stannard, SR, AJ Buckley, JA Edge, and MW Thompson. Adaptations to skeletal muscle with endurance exercise training in the acutely fed versus overnight-fasted state. J Sci Med Sport 2010; 13(4). 465-9.

9. Van Proeyen, K, K Szlufcik, H Nielens, et al. Training in the fasted state improves glucose tolerance during fat-rich diet. J Physiol 2010; 588(Pt 21). 4289-302.

10.Van Proeyen, K, K De Bock, and P Hespel. Training in the fasted state facilitates re-activation of eEF2 activity during recovery from endurance exercise. Eur J Appl Physiol 2011; 111(7). 1297-305.

11. Pascoe, DD, DL Costill, WJ Fink, RA Robergs, and JJ Zachwieja. Glycogen resynthesis in skeletal muscle following resistive exercise. Med Sci Sports Exerc 1993; 25(3). 349-54.

12. Moore, DR, NC Del Bel, KI Nizi, et al. Resistance training reduces fasted- and fed-state leucine turnover and increases dietary nitrogen retention in previously untrained young men. J Nutr 2007; 137(4). 985-91.

13. Kim, PL, RS Staron, and SM Phillips. Fasted-state skeletal muscle protein synthesis after resistance exercise is altered with training. J Physiol 2005; 568(Pt 1). 283-90.

14. Hansen, AK, CP Fischer, P Plomgaard, JL Andersen, B Saltin, and BK Pedersen. Skeletal muscle adaptation: training twice every second day vs. training once daily. J Appl Physiol 2005; 98(1). 93-9.

15. Chaouachi, A, JB Leiper, N Souissi, AJ Coutts, and K Chamari. Effects of Ramadan intermittent fasting on sports performance and training: a review. Int J Sports Physiol Perform 2009; 4(4). 419-34.

16. Aragon-Vargas, LF. Effects of fasting on endurance exercise. Sports Med 1993; 16(4). 255-65.[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]

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Francs-tireurs, franc Fitness ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis fait inondé de courriels concernant le fitness suite à la diffusion du dernier épisode des Francs-Tireurs (épisode 333), mais, j’ai eu suffisamment de questions et de courriels pour décider d’en faire le sujet de ce billet. Dans un premier temps, je dois avouer que le reportage de Patrick Lagacé était assez juste (j’étais quelque peu craintif au début), c’est-à-dire qu’il dépeignait un portrait assez représentatif de la réalité du milieu de culturisme et du fitness au Québec. On s’est même permis de définir les différentes catégories de discipline soit le fitness model, le figure, le fitness et le culturisme. Pour ceux et celles qui ont osé manquer le reportage ou qui sont trop blasés pour le regarder sur le net, le tableau 1 présente les caractéristiques de chacune des catégories.

Alors que plusieurs athlètes de Fitness (avec un grand F pour regrouper toutes les catégories) se sont probablement reconnues dans ce reportage, plusieurs de mes athlètes furent déçues (?) de voir que leur réalité était différente. Serait-ce possible qu’il existe d’autres approches en Fitness ? D’autres approches misant non pas uniquement sur le podium, mais plutôt sur le développement multidimensionnel de l’athlète à l’intérieur de son propre potentiel? Est-ce possible d’avoir un mode de vie sain et de réussir en Fitness au Québec? Oui, mais à certaines conditions.

La première condition stipule que l’on doit absolument considérer l’athlète selon plusieurs dimensions (tableau 2) : physiologique, psychologique et technique/artistique.

 

La deuxième condition implique la mise en place d’un protocole d’évaluation valide, fiable et pertinent afin de bien quantifier les variables de la progression.

La troisième condition impose un suivi régulier, sérieux et adéquat des trois dimensions.

La quatrième et dernière condition oblige la présence d’une progression planifiée en accord avec l’entraîneur et l’athlète.

Toutes les interventions auprès des athlètes de Fitness doivent être en respect de ces conditions afin de permettre un développement optimal de l’athlète. Actuellement, la tendance est (et, à ma connaissance, a toujours été) de préparer des athlètes pour une compétition où l’objectif est de remporter un podium. Malheureusement, cette approche unidimensionnelle force rapidement l’athlète à performer, peu importe ses capacités initiales (et surtout, pousse les entraîneurs à recruter des filles nécessitant peu de développement). Lorsque je mentionne que je développe mes athlètes sur une période de 3-4 ans, plusieurs entraîneurs esquissent un sourire moqueur, car il est carrément impensable de « sortir » une fille en compétition dans le but de la préparer à devenir encore plus : il faut gagner à tout prix, et ce, tout le temps. Le résultat? Bien des athlètes ne seront en mesure que de faire une compétition en y sacrifiant parfois leur santé (physique et/ou mentale; les troubles de comportements alimentaires ne sont pas une rareté). Moi, ce qui m’intéresse c’est de développer des athlètes afin qu’elles soient en mesure de changer leurs habitudes de vie, d’entraînement ainsi que leurs habitudes nutritionnelles afin d’être des athlètes en tout temps. Un corps d’athlète sain, dans un esprit sain. Pas uniquement un physique l’espace d’une fin de semaine, mais, une athlète à part entière qui est en mesure d’inspirer par sa détermination, son travail intelligent et son évolution les gens de sont entourage à adopter un mode de vie plus sain.

La figure 1 présente une progression vers une première compétition en fitness (petit f donc, avec de la gymnastique). Oui, je sais, il y a beaucoup d’informations sur l’image (au moins mille mots pour se référer à l’expression populaire…) ce qui ne la rend pas moins intéressante pour autant. L’œil averti du lecteur assidu réalise rapidement que le développement d’une athlète de fitness repose sur l’harmonisation de la progression des sphères physiologiques, psychologiques et techniques artistiques. Qui dit progression, dit étapes.

 

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Figure 1: Partie initiale d'une planification annuelle de fitness

La première étape débute bien avant l’entraînement. Avant de ce lancer dans une aventure du genre, il est impératif pour toute athlète en devenir d’assister à une compétition afin de mieux cerner le milieu. Ensuite, il faut caractériser l’athlète selon les déterminants de la performance. Cette évaluation exhaustive initiale permet d’établir à quel rythme l’athlète pourra ou devra se développer afin d’atteindre les critères propres à sa discipline.

Maintenant, le gros du travail de l’entraîneur commence : celui de planifier en fonction des objectifs établis conjointement avec l’athlète. Toujours en s’appuyant sur les résultats de l’évaluation initiale, l’entraîneur détermine les variables à prioriser et de façon plus spécifique la progression de chacune afin d’atteindre les objectifs fixés pour la saison en cours et pour la suite éventuelle. Oui, il faut prévoir à l’avance tout en sachant que nous sommes toujours à la merci des imprévus. La planification de la saison permet d’établir d’une chronologie de la progression. Ceci permet d’éviter d’avoir recours à des diètes sévères ou d’accumuler des séances d’entraînement en catastrophe la semaine avant la première compétition.

Par la suite, comme aucune planification n’est parfaite, l’utilisation d’un protocole d’évaluation de suivi permet de réajuster le tir afin de maintenir la progression initialement prévue. Ces évaluations planifiées à l’avance ne se limitent pas à la cueillette systématique de données physiologiques, mais incluent également prise d’information de variables psychologiques. Est-ce que la perception de l’image corporelle de l’athlète correspond à la réalité? Comment est son niveau de motivation? Chaque élément négligé risque de revenir vous hanter plus rapidement que vous ne pouvez le penser. Ah oui! J’oubliais, il faut que l’athlète fasse le travail, c’est-à-dire qu’elle s’efforce de changer, d’évoluer vers ces objectifs.

Il est bien évident que cette approche requiert une charge de travail importante jumelée à une expertise et un niveau de compétence important. L’atteinte des standards imposés par le milieu du Fitness québécois en se basant sur des outils aussi simples que le Guide Alimentaire Canadien et aussi complexes que des analyseurs de gaz ou des accéléromètres n’est pas sans effort et le cheminement est souvent parsemé d’amères déceptions et de rare podium. Il est tout aussi évident qu’il existe des raccourcis afin de gagner plus rapidement, mais, quelle est la valeur de cette victoire? Car, bien au-delà des médailles, trophées ou podium, il y a un individu. La croissance et l’épanouissement de l’athlète sont des victoires beaucoup plus nobles et louables. De plus, aucun juge ou arbitre ne peut vous enlever ces victoires…

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Fable de Noël

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Vive la communication entre professionnels !

Quoi de mieux que le temps des Fêtes pour illustrer mes propos à l’aide d’une fable obscure de mon cru? Commençons avec le classique Il était une fois…

 

Il était une fois dans le lointain Grand Nord, l’usine du Père Noël (on n’en est plus au simple atelier, la population mondiale est beaucoup trop importante). Ce haut lieu de création ludique était animé par les dynamiques et infatigables lutins du Père Noël. Cependant, devant l’arrivée à grands pas du temps des Fêtes, une problématique de taille accablait le bon vieux Père Noël. Les lutins responsables de la liste des cadeaux n’avaient plus de contact professionnel avec les lutins responsables de la production des jouets. Suite à des changements professionnels induits par l’Union des Lutins Producteurs de Jouets de Noël (ULPJN) et l’Association des Lutins Analystes des Bonnes Actions des Enfants (ALABAE), les deux regroupements de lutins n’avaient plus de contacts professionnels, ils étaient limités à des contacts amicaux à la cafétéria de l’usine (quoi? Faut bien qu’ils mangent ces lutins).

Le résultat était que la ligne de production n’arrivait pas à être coordonnée avec le carnet de commandes. Or, sans une coordination efficace entre ces deux départements, il est impossible de s’assurer que tous les enfants qui le méritent reçoivent leur cadeau méritoire ou qu’il y ait un surplus de cadeaux à l’usine (c’est aussi très grave, car cela modifie l’offre et la demande et les compagnies telles Wal-Mart et Toy-R-Us n’aiment vraiment pas ce genre de truc). Que faire? Comment arriver à sauver Noël? Est-ce la fin de cette fête heureuse et festive (je sens plusieurs PDG de grandes compagnies très inquiets…)?

À bien y penser, il faudrait réunir les deux départements et s’assurer que leur travail respectif soit effectué de façon conjointe et non concurrentielle (syndicats et égo obligent). Quelle brillante idée! Synchroniser les opérations, jumeler les forces de chacun des départements afin que la synergie ainsi créée puisse profiter à tous les enfants du monde. Mais, comment réussir ce coup de maître?

Dans un premier temps, il faut assurer des canaux de communication clairs, transparents et efficaces afin que les actions puissent être synchronisées. Ensuite, il importe que toutes les associations respectent leur travail respectif et connaissent les limitent de leur action. Et finalement, il faut prévoir des rencontres à intervalles réguliers pour mettre en place des ajustements au besoin.

Grâce à ces règles simples et cette façon synergique de travailler, les lutins du Père Noël réussirent à sauver le Noël des enfants et par le fait même leur emploi (parce que les ouvertures de poste pour les lutins, c’est plutôt rare).

Non, je n’ai pas abusé du EggNog. Cette petite fable simpliste illustre à merveille la problématique qui afflige les différents professionnels de la santé qui s’attaquent au surpoids et à l’obésité qui affligent la population. J’entends bien le discours de plusieurs de ces professionnels qui soulignent l’importance du travail soutenu par une approche multidisciplinaire, mais la réalité du terrain me semble toute autre. J’observe beaucoup de travail en silos (on est sur la même ferme, mais on ne communique pas). Bref, plusieurs médecins mentionnent avec fierté qu’ils travaillent avec des nutritionnistes et des kinésiologues dans leur clinique. Cependant, la réalité c’est que chacun agit avec son approche en même temps que l’autre, mais pas de façon synergique. Pourquoi? Je m’avance… Possiblement parce que chaque professionnel n’a qu’une compréhension limitée de la profession de l’autre. Le résultat est que trop souvent le travail de professionnel est réduit à un rôle de technicien unidimensionnel (le médecin diagnostique, la nutritionniste parle de popotte et le kinésiologuqe fait bouger). Oui, je sais, certains professionnels me diront qu’ils se rencontrent régulièrement lors de réunion pour coordonner leur travail. Moi, je ne parle par de coordination lors de tables de concertation coûteuses et interminables ou de réunions le vendredi après-midi pour couper la journée. Je parle d’un travail coordonné sur le terrain où il existe une fusion quasi indissociable entre les actes de chaque professionnel.

Pire encore, certains professionnels qui affirment travailler en synergie, lancent périodiquement des messages à la population qui affirment le contraire. Encore récemment, un illustre chercheur clamait haut et fort que le gras n’était pas en cause lors de l’obésité, mais, que c’était davantage le sucre. Argh!!!!!! Voilà un superbe exemple de travail en silos, de perspective de borgne et de vision de myope. Moi, être kinésiologue travaillant avec ce chercheur, je démissionne tout juste après avoir mis le feu au labo… Au risque de me répéter, les plus gros consommateurs de sucre (raffiné ou non) sont les athlètes d’endurance. Or, l’incidence de surpoids ou d’obésité n’est pas une préoccupation critique chez cette population pour l’instant… Quand va-t-on comprendre que le surpoids et l’obésité sont issues d’une même adaptation créée par une discordance entre les apports nutritionnels (nutrition) et leurs utilisations (activité physique)? C’est en traitant cette incohérence que l’on risque d’obtenir le plus de succès et non pas en se retranchant derrière sa spécialité et en tentant par des moyens à peine dissimulés de la faire valoir. Alors, intervenants et intervenantes en santé voici ma recette du temps des Fêtes : Un gâteau aux fruits du succès : un peu plus d’humilité, un peu moins d’égo, une bonne dose de respect professionnel pour les collaborateurs et pour finir, une ouverture d’esprit plus importante, voici une recette de Noël qui saura plaire à toute la famille pendant ce temps de réjouissance!

Passez un Joyeux temps des Fêtes, festif à souhait, sans résolution, mais rempli d’actions!

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Accélérez votre perte de poids avec un accéléromètre

Non, je ne me lance pas une nouvelle gamme de produits et non, mon blogue ne me servira pas de plateforme commerciale, rassurez-vous! Je vais tenter de faire entrer dans l’ère moderne bon nombre d’entraîneurs qui s’attaquent à la merveilleuse problématique de la perte de poids. Ces mêmes entraîneurs (et leurs clients également) se sentent parfois, même trop souvent, démunis face à l’ampleur des conditions à contrôler pour permettre une perte de poids. Il faut que le client mange bien et parfois de moindres quantités, il faut qu’il s’entraîne et surtout, surtout, qu’il augmente son niveau d’activité physique sur 24 h. Mais, comment mesurer ce qui se passe à l’extérieur de l’enceinte sacro-sainte du temple de l’entraînement? Certains ont eu recours à des podomètres avec un succès mitigé, d’autres, rien du tout.

Pourtant, des outils extrêmement intéressants nous permettent désormais de mesurer le niveau d’activité physique sur une période prolongée, et ce, à un prix relativement abordable. Vous n’étiez pas au courant? Ces appareils, des accéléromètres, sont la descendance logique du podomètre dont l’inventeur présumé n’est nul autre que l’illustre Léonard de Vinci. Au lieu d’uniquement dépendre d’un principe de balancier, ces appareils utilisent une technologie plus sophistiquée qui permet de quantifier les accélérations subies par l’appareil et par le fait même, votre corps lorsque vous le portez. Pour plus de détails sur la nature de ces bidules, je vous invite à consulter un article plus poussé (attention aux saignements de nez) disponible en suivant ce lien. En résumé, qu’est-ce que ça fait me direz-vous? L’accéléromètre peut quantifier votre niveau d’activité physique et le qualifier en déterminant l’intensité à laquelle vous bougez. Alors qu’un simple podomètre ne peut déterminer si vous marchez, courez ou montez des marches d’escalier, un accéléromètre peut déceler les différences d’accélération et fournir un reflet plus représentatif de votre niveau d’activité physique quotidien. Cela vous apparaît compliqué ou nébuleux?

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La Polar FA20 est un accéléromètre d'entrée de gamme se portant comme une montre.

Ne vous inquiétez pas, la plupart des représentants des ventes de ces produits que j’ai rencontrés ne connaissent pas vraiment davantage leurs produits. Au risque de m’aliéner la compagnie, je vais citer l’exemple de Polar qui, dans sa vaste gamme de produits, distribue un accéléromètre bon marché (Polar FA20). Malheureusement, la majorité des représentants à qui j’ai eu l’occasion de poser quelques questions se limitaient à me dire que la montre ne mesure pas les fréquences cardiaques. Merci, ça, je savais, car un accéléromètre mesure les accélérations et non les fréquences cardiaques. Impossible de savoir plus de détails sur la nature des accéléromètres qui la composent, leur seuil de tolérance, etc. Bref, la montre mesure votre niveau d’activité physique, pas vos fréquences cardiaques et c’est bon pour vous. Elle vient en noir et en blanc…

Alors, pourquoi se procurer un accéléromètre, après tout, ça ne mesure même pas les fréquences cardiaques? Parce que si vous voulez bouger plus, ça vous prend un indicateur, une mesure à partir de laquelle vous pouvez quantifier et qualifier le changement et les fréquences cardiaques ne sont pas un bon reflet de votre niveau d’activité physique quotidien. Réglons de ce pas le cas des fréquences cardiaques et de l’activité physique quotidienne. Lors de la pratique de certaines activités physiques ayant un minimum d’intensité, les fréquences cardiaques sont un bon indicateur de l’intensité de travail. Par contre, lors d’activité physique à plus faible intensité, les fréquences cardiaques sont difficilement un bon indicateur de votre niveau d’activité. Pourquoi? Parce qu’elles varient beaucoup trop lors d’efforts de moindres intensités. Par exemple, écouter une émission sur le paranormal peut faire grimper vos fréquences cardiaques sans toutefois compter comme étant une activité physique. Si c’était le cas, Chantal Lacroix aurait assurément jumelé son émission sur le paranormal avec une nouvelle édition de SOS Beauté… Outre les précieux battements de votre cœur, vous devez vous fier à vos perceptions. Cependant, l’être humain est franchement mauvais pour déterminer son niveau d’activité physique. Vous en doutez? Alors, prêtez-vous à l’exercice suivant :

SI je vous demande combien d’argent vous avez « légalement » fait l’an passé au travail, nous n’avons qu’à regarder votre/vos T4 et nous le saurons à la cenne près. Si je vous demande combien de minutes d’activité physique avez-vous pratiquées hier avant midi, vous aurez beaucoup de difficulté à me répondre. Bien sûr, ceux et celles qui ne sont pas familiers avec le concept d’activité physique répondront qu’ils ont fait 20 min de tapis roulant puis 45 min de musculation. Et le temps de marche pour vous rendre au tapis? Et le temps passé pour se rendre au gym? Et votre magasinage à la course avant l’heure du dîner? Encore une fois, je vous invite à consulter mon article sur la définition de l’activité physique afin que j’évite de trop souvent me répéter…

Donc, si nous sommes en mesure de savoir précisément combien d’argent nous faisons sur 12 mois, il nous est plus difficile de savoir combien de minutes d’activité physique nous pratiquons quotidiennement. Le port d’un accéléromètre permet une mesure (et non une perception) objective de votre niveau d’activité physique. Prenons par exemple la montre FA20 de Polar (j’essaie de me racheter…) qui peut être portée au poignet (ben oui, une montre j’ai dit!) 24 h par jour pendant plusieurs jours. À l’aide de cet outil, vous serez en mesure de déterminer quels sont les jours les plus actifs de votre semaine tout comme les jours les moins actifs. Vous pourrez même avoir une rétro information immédiate du nombre de minutes d’activité physique complétées. Oui, c’est un outil très intéressant, mais, qui n’est pas parfait.

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Le Kenz ressemble à s'y méprendre à un podomètre mais, permet de mesurer l'intensité des activités physiques

Je travaille avec des accéléromètres (Actical, Sensewear, Polar, Kenz) depuis plus de 7 ans maintenant et je commence à m’y connaître quelque peu. Si la Polar FA20 (bon, il suffit avec les plogues, je me suis amplement racheté maintenant pour éviter toute poursuite) offre la possibilité à prix abordable de mesurer l’activité physique, elle ne permet pas une mesure précise de cette dernière. Qu’est-ce que ça implique? Ça implique que la montre n’est pas un outil valide de mesure de l’activité physique en minute ou en calories, mais, qu’elle est un outil fiable (elle fait toujours les mêmes erreurs). Donc, pour quelqu’un qui cherche à augmenter son niveau d’activité physique, la montre permettra fort probablement de détecter si vous bougez plus (plus de minutes) ou si vous bougez plus intensément (en calories par unité de temps). Cependant, les calories indiquées ne seront fort probablement pas le vrai nombre de calories que vous avez dépensées, mais, l’erreur étant constante, si vous en brûlez plus le lendemain, les chances sont que vous avez bougé avec plus de vigueur ou plus longtemps. N’allez surtout pas vous enfiler un sulfureux gâteau au fromage à 500 kcal si votre montre vous indique que vous en avez dépensé 500 kcal. Le calcul risque de ne pas jouer en votre faveur…

Par contre, si vous tentez d’atteindre 600 kcal le lendemain, vous risquez fortement de bouger plus ou de bouger avec plus d’intensité ce qu’un simple podomètre ne vous permettrait pas de distinguer. Cela fera bientôt plus de 6 ans que je m’époumone à qui veut bien l’entendre que la meilleure façon de bien gérer son poids et sa composition corporelle c’est d’augmenter son niveau d’activité physique sur 24 h tout en s’assurant d’avoir des apports nutritionnels adéquats. Cette approche est très difficile à employer lorsqu’aucune mesure d’activité physique n’est réalisée (croyez-moi, même dans plusieurs projets de recherche, on se contente encore aujourd’hui d’avoir recours à des questionnaires pour « quantifier » l’activité physique).

L’utilisation d’accéléromètre est, selon moi, un des avancements les plus significatifs dans la lutte contre l’obésité, mais, qui est un des outils les plus méconnus et les plus mal employés par les professionnels de la santé. Oui, cela prend une certaine connaissance et une certaine expertise pour judicieusement utiliser ces outils, mais, souvenez-vous il n’y a pas si longtemps, il fallait connaître le DOS pour pouvoir utiliser un ordinateur…

En terminant, voici la stratégie que je vous propose afin d’augmenter votre niveau d’activité physique à l’aide d’un accéléromètre :

1-Établir une valeur de référence

Vous devez porter l’accéléromètre pendant une période continue de 7 jours. Essayez de maintenir votre rythme normal même s’il est tentant de bouger plus lorsque l’on porte le bidule. Cette valeur vous servira de point de comparaison, car conjointement avec votre alimentation habituelle, ce niveau d’activité physique est tributaire de votre composition corporelle actuelle. Il est également intéressant d’obtenir une mesure initiale de votre composition corporelle à cette étape ainsi qu’une évaluation de vos apports nutritionnels.

2-Tenter d’augmenter son niveau d’activité physique en maintenant ses apports nutritionnels

Maintenant, vous devez bouger plus sans manger plus. Pas si facile que ça… Prenez la valeur moyenne d’activité physique mesurée par votre accéléromètre et tentez de l’augmenter de 5 %. Vous pouvez également cibler les périodes qui sont plus propices pour bouger plus (matin, soir, semaine, fin de semaine, etc.). Notez bien que les moments où vous bougez le plus sont généralement les périodes où il vous sera le plus difficile de bouger encore plus. Cette étape s’étend généralement sur 1 à 2 semaines.

3-Laissez le temps passer et réévaluez

Poursuivez vos efforts d’augmentation de votre niveau d’activité physique pendant quelques semaines, mais cette fois, sans porter votre précieux nouveau joujou. À la fin de cette période, portez à nouveau l’appareil afin de vérifier ce que vous avez acquis à la suite de cette démarche. Également, vous pouvez effectuer une seconde évaluation de votre composition corporelle pour quantifier les changements éventuels au niveau du gras et du muscle. Un petit retour sur vos apports alimentaires peut s’avérer un choix judicieux afin de déterminer si, subtilement, vous n’avez pas consommé davantage de calories…

Je sais, c’est simpliste comme approche, mais, pourquoi faire compliqué si on peut faire simple?

Si vous avez des questions concernant l’utilisation d’accéléromètres, n’hésitez pas à me contacter par courriel (maxime.st-onge@synemorphose.com)[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]

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Dr Kin vs Dr Protéines: Le round ultime!

C’est en étant confronté à la dure réalité de ne posséder qu’un seul téléviseur et d’être devant l’obligation matrimoniale d’écouter Occupation Double que je me suis décidé à rédiger mon dernier billet relatant mon affrontement avec le Dr Protéines. Question de finir en beauté, j’aurais pu vous assommer de statistiques et de références scientifiques, mais, j’ai plutôt opté pour mettre à profit mes ressources afin de tenter d’élucider l’impact réel d’une diète protéinée hypocalorique.   

 J’ai soumis 3 heureuses élues à ce type de régime en mesurant leur composition corporelle (mesures anthropométriques pour ceux qui posaient la question) et leur niveau d’activité physique (par accélérométrie, minute par minute) avant et après 1 semaine de diète. Bon, je n’y suis pas allé aussi fort que le vrai programme, en moyenne, les participantes ont été soumises à une diète leur procurant ~1300 kcal dont ~45 % provenait d’un apport en protéine. Pour ceux et celles qui vont critiquer en disant qu’il n’y avait pas assez de protéines, sachez avant de vous acharner sur mon sort que les filles consommaient en moyenne 2.5g de protéines par kg de poids, soit une quantité théoriquement amplement suffisante pour avoir un effet sur la satiété et sur la masse musculaire.   

 Ouvrez la parenthèse. Un gros merci à Évelyne DeBlock pour l’élaboration des plans nutritionnels, tâche ardue s’il en fut une. J’avais en effet beaucoup de contraintes et de caprices et les nutritionnistes n’aiment généralement pas concevoir des plans alimentaires tributaires de diètes protéinées hypocaloriques… Pourquoi avoir recours à une nutritionniste plutôt qu’un centre du Dr Protéines me direz-vous? Parce que les centres que j’ai contactés tenaient à ce que je paye pour tous; produits, etc. Je fus donc contraint d’exploiter de façon inexcusable une nutritionniste. Fermez la parenthèse.   

 Alors, que s’est-il passé? Est-ce que mon modèle mathématique présenté dans le dernier billet tient la route?   

Le tableau 1 présente les valeurs de composition corporelle et de dépense énergétique initiale et après 1 semaine. Nos 3 heureuses participantes débordantes d’enthousiasme ont effectivement perdu du poids pendant la semaine :   

 – Perte moyenne de 1.2 kg soit 2 % du poids initial   

 – Perte moyenne de 0.6 kg de gras soit 7 % de la masse grasse initiale   

 – Perte moyenne de 0.7 kg de muscle soit 3 % de la masse musculaire initiale   

 J’avais prédit 1.5 kg de poids, dont 0.8 kg de gras et 0.7 kg de muscle. Pas pire pour quelqu’un qui se fait reprocher de fabuler dans un univers de chiffres loin de la réalité. Donc, mon modèle semble tenir la route. Pour ceux et celles qui s’inquiètent et s’insurgent en soulignant que les apports caloriques étaient plus importants pour les participantes que ce qui était indiqué dans mon modèle. Je m’y attendais et je répondrai à ces accusations vaines que le niveau d’activité physique des participantes était supérieur à celui dans le modèle. Donc, plus de calories dans la diète, mais plus de calories associées à l’activité physique. Le compte est bon, continuons.   

 Attardons-nous avec plus de minutie à l’activité physique. J’avais prédit une diminution de 20 % de la dépense énergétique associée à l’activité physique et nos participantes ont subi une diminution de 19 % en passant de 1307 kcal par jour à 1064 kcal par jour pour cumuler une perte de 54 min par jour. Cette diminution du niveau d’activité physique n’a pas été causée par une réduction de l’activité physique volontaire (entraînement), mais plutôt par une diminution de l’activité physique au quotidien. Elles bougeaient autant à l’entraînement, mais elles bougeaient moins dans leur quotidien, et ce, malgré une consigne claire de tenter de maintenir ou d’augmenter leur niveau d’activité physique.   

 Voilà une redoutable combinaison droite gauche au menton du Dr Protéines. Je confirme ce qu’on retrouve dans la littérature : les diètes protéinées hypocaloriques entraînent une diminution de l’activité physique. Voilà le talon d’Achille de la méthode de perte de poids du Dr Protéines. La perte de poids est bien réelle et mes chiffres la confirment cependant, l’impact d’une réduction du niveau d’activité physique quotidien est un problème majeur. Majeur parce qu’il ne s’agit pas de l’activité physique réalisée au gym, mais plutôt celle du quotidien, celle dont on ne se soucis pas et dont nous n’avons pas vraiment conscience. Pourquoi est-ce si important? Parce que cette réduction va inévitablement modifier le comportement et les habitudes de vie. On va subtilement s’habituer à bouger moins dans notre quotidien. Et lorsque l’on va réintroduire une alimentation dite « normale », rien n’indique que ces habitudes moins actives vont disparaître pour faire place à un mode de vie actif. Et vive la reprise de poids.   

 Comment expliquer les « succès story » du Dr Protéines? Probablement parce qu’il s’agit de gens très sédentaires dont l’activité physique ne peut pas vraiment descendre davantage et qui, lorsque soumis à une sévère restriction calorique vont perdre du poids sans voir leur quotidien trop perturbé. Heureux de leur perte de poids, ces gens décident d’entreprendre une nouvelle vie qui incorpore beaucoup d’activité physique. Ce n’est pas un scénario impossible, mais définitivement peu probable. Ce qui risque d’arriver dans la grande majorité des cas, c’est une perte de poids, gras et muscle, et une diminution marquée du niveau d’activité physique quotidien suivit d’une reprise de poids à moyen terme caractérisée par une large proportion de gras et une faible quantité de muscle. Une personne avec sensiblement le même poids qu’avant la diète, mais avec plus de gras et moins de muscle. Une perspective peu reluisante.   

 Je me dois de terminer en disant que je ne peux endosser une approche incompatible avec l’expression d’une des plus belles habiletés de l’être humain : l’activité physique. Je ne peux me résoudre à croire que des stratégies marketing peuvent contredire de façon fallacieuse des faits et convaincre des gens incrédules de quelconque bienfait d’une telle approche de perte de poids. Non, Dr Protéines, votre présentation ne m’a pas convaincu, vos arguments se sont encore une fois avérés trompeurs.   

 J’attends la carte de pointage de juges, mais je retourne dans mon coin les bras hauts levés…