Publié par Laisser un commentaire

Et si on arrêtait…

réseaux sociaux

Et si on arrêtait pour seulement quelques instants d’utiliser les réseaux sociaux ? Si on arrêtait de chercher à montrer à un auditoire virtuel ce que l’on mange, nos entraînements et nos records personnels comme si c’était d’un intérêt planétaire ? Est-ce qu’on serait moins bons, moins performants ?

Et si on arrêtait de constamment chercher à montrer une image léchée, prédéfinie, chorégraphiée de notre vie afin de plaire à un auditoire voyeur et invisible ? Est-ce qu’on serait moins importants ?

Et si on arrêtait de prêcher pour avoir raison sur tel ou tel régime ou entraînement en essayant toujours de convaincre le plus de croyants et de fidèles, comme si la validité d’un régime ou d’un entraînement dépendait du nombre de personnes qui y croyait ? Est-ce qu’on serait moins en forme ou en santé ?

Et si on arrêtait de constamment trancher les arguments en « nous » et « eux », comme si avancer un argument nous stigmatisait dans un camp et nous tatouait d’une idéologie figée et entière ? Serions-nous moins intelligents et moins érudits ?

Et si on arrêtait de croire que l’approbation des autres justifiait nos actes et paroles, comme si la légitimité et la morale d’un geste ou d’un mot dépendait de l’auditoire ? Est-ce que notre estime de soi en serait amoindrie ?

Et si on arrêtait de s’aveugler de nos posts, de nos commentaires et de nos likes pour y voir le véritable impact de nos faits et gestes virtuels ? Est-ce qu’on serait aussi enclin à virtualiser notre vie parfaite aux autres sachant non pas tout le bien, mais les quelques torts qui en ravageront plusieurs ?

Et si, pour un bref instant, on mettait l’emphase sur le vrai, le soi, le nous et que l’on redressait la tête pour apercevoir au loin, une perspective différente ? Est-ce que nous cesserions d’avancer ?

Pourquoi, à l’ère des réseaux sociaux, faut-il remplir notre vie virtuelle de tissus théâtraux afin de plaire et d’impressionner un auditoire vide, assoiffé de sensations et de nouveautés, mais insensible à la substance et au contenu ?

Réfléchissez avant d’afficher vos repas, votre entraînement ou vos performances sur les réseaux sociaux ; outre nourrir votre égo et votre désir de la vie parfaite que vous n’avez pas, vous ne faites qu’ajouter de l’eau à l’étang de Narcisse

Publié par Laisser un commentaire

Quand l’inspiration n’inspire plus et fait place à la mauvaise publicité….

Nous sommes nombreux à utiliser les réseaux sociaux que ce soit à des fins personnelles ou professionnelles. Un des avantages des réseaux sociaux réside dans la possibilité de contrôler l’information que l’on transmet. On peut afficher pratiquement tout ce que l’on veut, comme on veut et quand on veut. L’attention que l’on reçoit en retour peut avoir certains effets bénéfiques tout comme des effets moins intéressants lorsque la réception d’un affichage est plus critique ou moins positive. Chose certaine, les résultats peuvent faire mal tant à l’auditoire qu’à l’émetteur de l’affichage.

Lorsque la réception et la critique (justifiée ou non) sont négatives, cela peut affecter l’émetteur de l’affichage de diverses façons, que ce soit de le cantonner dans ses convictions (j’ai raison, ils ne comprennent tout simplement pas) ou encore de le forcer à retraiter (moi, les réseaux sociaux c’est fini). Malgré tout, les réseaux sociaux sont devenus un immense terrain de jeu pour plusieurs. Ce qui me fascine le plus, ce sont les affichages de type inspiration à partir de sa vie personnelle ou professionnelle. On affiche ce que l’on fait et par le fait même ce que l’on pense que les gens devraient faire. Ensuite, on développe une base d’admirateurs qui nous « suit » et qui nous « aime », ce qui nous encourage à poursuivre dans la même direction. Toutefois, on s’interroge peu sur l’impact que nos affichages peuvent avoir sur notre auditoire (plus souvent qu’autrement, on se dit que ça leur fait du bien). Que comprennent-ils réellement ? Est-ce qu’ils sont réellement inspirés par un affichage qu’ils aiment ?

Serait-ce possible que lorsque l’on affiche une photo de notre beau repas santé, plusieurs personnes en soient influencées négativement ? Se pourrait-il qu’ils développent un sentiment de culpabilité et de honte face à leur mode de vie qui n’est pas aussi exemplaire (sans pour autant être un mode de vie malsain) ?

Serait-ce possible que lorsque l’on affiche son corps svelte et athlétique, certaines personnes deviennent de plus en plus complexées par leur corps seulement « normal » ?

Serait-ce possible que lorsque l’on affiche ses temps de course, cela en décourage plus d’un à commencer à s’entraîner ?

Serait-ce possible que les affichages dont l’auteur souhaite être inspirant aient plutôt un impact négatif sur les gens ?

Finalement, serait-ce possible que ces affichages ne soient pas toujours le reflet de la vérité du mode de vie de leur auteur ?

Les affichages en entraînement et en nutrition sur les réseaux sociaux sont nombreux et servent souvent à leur auteur de moyen publicitaire afin d’attirer une clientèle toujours plus nombreuse. Et ça marche. Une photo de femme ou d’homme svelte et athlétique attire presque assurément plus de regards qu’une photo d’un plan d’entraînement ou d’un plan nutritionnel. Les gens de la publicité l’on comprit il y a de ça bien longtemps lorsqu’ils tentaient de vendre des voitures (une Volvo + une grande mannequin suédoise, ça attire plus les regards que la voiture seulement). Cependant, malgré tout ce qu’on peut reprocher à la publicité, il existe néanmoins des règles que les publicitaires doivent suivre. Règles, qui sont assez différentes de celles qui régissent les affichages sur les réseaux sociaux. Sur ces derniers, on peut pratiquement afficher n’importe quoi.

Pour plusieurs, c’est le paradis, pour d’autres c’est l’enfer.

Pourtant, les affichages sur réseaux sociaux sont une forme de publicité si on se fie à la définition proposée par le Code canadien des normes de la publicité :

« La “publicité” et les “publicités” s’entendent de tout message (autre que ceux exclus de l’application du présent Code) dont le contenu est contrôlé directement ou indirectement par l’annonceur, exprimé dans quelque langue que ce soit et diffusé dans quelque média que ce soit (à l’exception de ceux figurant dans les Exclusions) à l’intention des Canadiens, dans le but d’influencer leur choix, leur opinion ou leur comportement.

Un “annonceur” s’entend d’une “entité” qui détient, ou qui partage avec d’autres entités, l’autorité finale sur le contenu d’une publicité

La “publicité” inclut également la “publicité engagée”, la “publicité gouvernementale”, la “publicité politique” et la “publicité électorale”, telles que définies ci-après.

La “publicité engagée” se définit comme de la “publicité” qui transmet une information ou un point de vue portant sur une question qui est reconnue comme suscitant la controverse.

Une “entité” est un terme qui englobe une ou plusieurs marques, personnes, entreprises, organisations et autres entités semblables. »

Lorsque vous affichez vos prouesses à la course à pied et que vous proposez d’entraîner des gens pour qu’ils deviennent aussi bons que vous (pas meilleurs, mais aussi bons), il s’agit d’une forme de publicité tout comme lorsque vous affichez votre physique découpé en annonçant votre nouvelle vague de transformations physiques.

Je sais pertinemment que nombreux sont ceux qui vont continuer de faire des affichages sans se soucier de l’impact qu’ils ont sur les autres en se réconfortant en se disant que si les gens « likes », c’est que ça leur fait du bien et que c’est bon pour eux. Pas tout à fait.

Il y en a d’autres qui se poseront plus de questions avant de publier des affichages sur leurs lunchs de la semaine ou encore sur leurs abdos. Je vous propose quelques « règles adaptées » tirées du monde de la « méchante » publicité à essayer de respecter avant d’émettre un affichage de type « inspiration personnelle/marketing de moi-même » :

Véracité, clarté, exactitude

Si nous reprenons encore le Code canadien sur les normes en publicité :

  • Les publicités ne doivent pas comporter d’allégations, de déclarations, d’illustrations ou de représentations inexactes, mensongères ou trompeuses, énoncées directement ou implicitement.
  • Une publicité ne doit pas omettre une information pertinente si cette omission rend la publicité mensongère.
  • Tous les détails pertinents se rapportant à une offre annoncée doivent être clairement énoncés et compréhensibles.
  • Toute exclusion de responsabilité et toute information accompagnée d’un astérisque ou présentée en bas de page doivent éviter de contredire les aspects importants du message et être présentées et situées dans le message de manière à être clairement lisibles et/ou audibles.
  • Toutes les allégations et les représentations faites dans une publicité doivent être soutenues par des preuves concluantes et fiables qui seront soumises, sur demande, par l’annonceur
  • Faire valoir votre produit/service en vous appuyant sur une donnée ou une analyse faussement scientifique
  • Vous attribuer un statut que vous n’avez pas en réalité

Qu’est-ce que ça implique ? Plusieurs choses :

  • Si vous affichez ce que vous mangez (une photo de repas hyper santé), mais que ce n’est pas ce que vous faites réellement et qu’ils vous arrivent de boire de l’alcool ou d’avoir des épisodes de rages alimentaires, votre affichage est trompeur
  • Si vous présentez votre physique impressionnant et que vous consommez des produits dopants et que vous omettez de le dire, votre affichage est trompeur
  • Si vous affirmez que vous avez un mode de vie équilibré et maintenez des performances extrêmes tout le temps alors qu’en réalité vous êtes épuisé et que vous négligez de nombreuses sphères de votre vie (famille, amis, etc.), votre affichage est trompeur
  • Si vous faites la promotion de produits pour différentes compagnies et que vous affirmez que ça marche parce que vous avez vu la différence, c’est une donnée faussement scientifique et non vérifiable, votre affichage est trompeur.

Descriptions et représentations inacceptables

Toujours selon le Code canadien sur les normes en publicité :

  1. tolérer quelque forme de discrimination personnelle que ce soit, y compris la discrimination fondée sur la race, la nationalité ou l’origine ethnique, la religion, l’identité sexuelle, le sexe ou l’orientation sexuelle, l’âge ou un handicap. ;
  2. donner l’impression d’exploiter, tolérer ou inciter de manière réaliste à la violence ; ni donner l’impression de tolérer ou d’encourager expressément un comportement physiquement violent ou psychologiquement démoralisant ; ni encourager expressément ou montrer une indifférence manifeste à l’égard d’un comportement illicite.
  3. déprécier, discréditer ou dénigrer une ou des personnes, groupes de personnes, entreprises, organismes, activités industrielles ou commerciales, professions, entités, produits ou services identifiables ou tenter de les exposer au mépris public ou au ridicule ;
  4. miner la dignité humaine, ou afficher une indifférence manifeste à l’égard d’une conduite ou d’attitudes portant atteinte aux bonnes mœurs courantes au sein d’un important segment de la société, ni de les encourager gratuitement et sans raison.

Qu’est-ce que ça implique :

  • Si vous affichez vos services en mentionnant que vous faites mieux que tout le monde, principalement les incompétents universitaires de type médecins, nutritionniste, kinésiologues, vous dénigrez ces groupes et votre affichage n’est pas une représentation acceptable.
  • Si vous affirmez que tous les entraîneurs de fin de semaine sont des morons et des incompétents,  votre affichage n’est pas une représentation acceptable.
  • Si vous affichez vos services sur les réseaux sociaux en vous moquant des « gros qui n’ont pas de volonté » ou encore des coureurs maigrichons qui vont mourir jeunes ou encore des culturistes dopés et imbéciles, votre affichage est inacceptable.

Oui, ça fait beaucoup de choses à considérer avant de faire un affichage sur les réseaux sociaux. Je sais que plusieurs se camperont derrière la fameuse liberté d’expression, mais à ceux-là, je demanderais de considérer l’impact potentiellement négatif que leur affichage peut avoir sur les autres. Les réseaux sociaux sont un magnifique terrain de jeux où il est possible de faire beaucoup de belles choses. Toutefois, il est aussi possible de s’y faire mal. C’est pour ça qu’il est important de respecter certaines règles et surtout, de ne pas penser uniquement à soi et de considérer l’impact que l’on peut avoir, autant positif que négatif.

Références

Le Code canadien des normes de la publicité (http://www.adstandards.com/fr/standards/canCodeOfAdStandards.aspx)

Quelques pratiques publicitaires interdites

(http://www.opc.gouv.qc.ca/commercant/pratique-commerce/publicite-loi/pratiques-interdites/)

Publié par Laisser un commentaire

À qui la fraude ?

La fraude est définie à l’article 380 du Code criminel comme étant le fait de frustrer quelqu’un d’une valeur quelconque, par le mensonge, la supercherie ou d’autres moyens dolosifs. Les moyens frauduleux peuvent être, à titre d’exemple, des mensonges, une ruse organisée afin qu’une fausseté soit tenue pour avérée, le fait de cacher des renseignements essentiels, d’exploiter les faiblesses d’autrui, de détourner ou usurper des fonds sans autorisation. L’objet de la fraude peut être des biens, services, argent ou valeurs. Elle peut être faite par téléphone, par la poste, par Internet ou en personne.

Mais en quoi tout cela peut-il être lié à l’entraînement ou la nutrition me direz-vous ?

Les vidéos ou les textes en ligne portant sur la nutrition et l’entraînement abondent sur les réseaux sociaux. Plus besoin d’équipe technique et de matériel de tournage, la plupart des téléphones ou appareils photo numériques d’entrée de gamme font amplement le travail. On se lance donc dans la production de vidéo ou de textes afin de mettre en valeur ses connaissances et les partager à quiconque y porte intérêt. En prime, pourquoi ne pas se faire une petite publicité pour nos services en entraînement et en nutrition ? Et, je suis le premier à encourager la mise en valeur des connaissances pour se faire de la publicité. Rien de mal, c’est de la libre expression.

La liberté d’expression fait partie des libertés et des droits fondamentaux protégés par la Charte des droits et libertés de la personne. L’article 3 de cette charte prévoit en effet que « toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association. »

Toutefois, la liberté d’expression à ses limites, surtout lorsqu’il s’agit de commerce ou de publicité : on ne peut pas dire ou affirmer des faussetés dans le but de tromper. Si c’est le cas et que l’on en tire profit en soutirant de l’argent suite à la publication de faussetés, on tombe dans le domaine de la fraude et de la publicité trompeuse.

Mais, personne ne met en ligne des vidéos ou des textes sur l’entraînement et la nutrition avec l’intention de frauder. Je n’en doute pas une seconde et je crois fermement que tous et chacun sont d’une bonne foi légitime.

Mais, ça n’empêche pas que ça peut cause des problèmes.

Il n’est pas rare de voir un homme ou une femme faire la promotion de tel ou tel produit, méthode d’entraînement, plan nutritionnel ou autre en affirmant que c’est grâce à tout cela qu’ils ont atteint leur physique de rêve ou les performances dignes de tous les records. Sauf que ce n’est pas à cause de tout cela qu’ils ont ce physique de rêve ou qu’ils performent comme des dieux.

Il n’est pas rare de voir un entraîneur faire une vidéo d’éducation portant sur telle ou telle méthode d’entraînement, stratégie nutritionnelle, etc., et d’y inclure une subtile publicité pour ses services. Même si la méthode ne fonctionne pas, qu’elle repose sur des mythes et des faussetés ou encore que son succès dépende davantage des produits dopants que l’on doit prendre pour « accompagner » le processus. Ça, c’est trompeur et malhonnête.

Tout cela n’est qu’en fait que de la publicité trompeuse. La Loi sur la concurrence interdit, entre autres, un certain nombre de pratiques publicitaires dans le but de garantir aux consommateurs des prix et des produits concurrentiels.

La publicité est trompeuse lorsque la description du produit ou du service est en substance contraire à la vérité ou susceptible d’induire en erreur les consommateurs pour les convaincre d’acheter.

Lorsque l’on met un texte ou une vidéo en ligne et que l’on rapporte des faussetés, consciemment ou non, on induit son auditoire en erreur. Lorsque ce texte ou cette vidéo met en valeur nos services et agit comme vecteur publicitaire, on marche sur une frontière bien étroite qui traverse la fraude, les publicités trompeuses et l’incompétence.

Je suis le premier à revendiquer le droit à l’erreur (je dis souvent que je me trompe bien plus souvent que je n’ai raison) et j’apprécie grandement (ça ne veut pas dire que j’aime ça pour autant) lorsque l’on souligne une de mes erreurs afin que je puisse effectuer la correction.

Toutefois, le droit à l’erreur vient avec des responsabilités.

Il est essentiel de vérifier nos sources, de comprendre ce que l’on présente et de mesurer le plus possible les répercussions de la diffusion des informations que l’on transmet. En entraînement et en nutrition, la propagation de conneries, ça coûte cher à plusieurs.

Par le passé, seuls les journalistes, les scientifiques ou autres avaient une tribune pour diffuser leur savoir. Maintenant, quiconque ayant accès à Internet peut diffuser « son savoir ». Malheureusement, ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir un esprit critique garni de suffisamment de connaissances pour faire la part des choses dans ces domaines très complexes. Maintenant, on se fie au nombre de like pour déterminer si quelque chose est vrai, fonctionne et vaut la peine d’être essayé (en passant, des likes, ça s’achète pour pas cher).

J’encourage fortement la diffusion du savoir et des connaissances, surtout en entraînement et nutrition, de même que la diversité de point de vue et d’opinion. Mais, j’encourage encore plus l’utilisation de sources crédibles et l’utilisation d’une démarche minimalement journalistique avant de publier de l’information (surtout si c’est pour mettre en valeur vos services ou votre compagnie). Lorsque vous mettez quelque chose en ligne, vous en devenez responsable.

Afin de vous assurer de ne pas commettre d’impair, voici quelques recommandations :

  • Avant de produire une vidéo ou un texte, relisez vos sources et ayez ces mêmes sources avec vous lors du tournage ou de la rédaction
  • Assurez-vous que vos sources sont crédibles de par leur provenance et leur contenu (n’oubliez pas que tout le monde peut écrire n’importe quoi sur internet, n’importe qui peut écrire et publier un livre, etc.)
  • Présentez vos références afin d’offrir la possibilité à votre auditoire de les consulter
  • Affirmer que les études disent quelque chose sans présenter ces études (ou les citer en référence), c’est parler pour ne rien dire
  • Affirmer que les études disent quelque chose sans avoir lu ces études (pas seulement la conclusion), c’est parler sans réfléchir
  • Assurez-vous que ce que vous démontrez ou présentez est valide et vérifiable (est-ce que quelqu’un d’autre peut faire la même chose ou est-ce que c’est déjà reproduit quelque part)
  • Assurez-vous de pouvoir expliquer ce que vous faites avec des informations valides (non, « check ça, ça marche » ça ne représente pas une forme de validation crédible)
Publié par

Et si nous faisions plus de tort que de bien?

L’avènement des médias sociaux permet à un grand nombre d’individus de véhiculer une grande quantité d’information avec une aise parfois déconcertante. L’univers de l’entraînement et de la nutrition n’y fait pas exception. Il n’y a pas une journée où mon regard ne croise une série de statuts ou de Tweets traitant de ces sujets. Initialement, je m’amusais à les lire et parfois même je me permettais de commenter. Habituellement, j’obtenais une réponse plutôt agressive à mes propos, comme si l’auteur s’insurgeait que quelqu’un puisse argumenter contre un simple Tweet ou statut Facebook. Je dois l’avouer, parfois je ne me gênais pas pour démolir sans retenue, parfois j’y allais plus en douceur en espérant sincèrement obtenir plus d’information afin d’enrichir mes connaissances. Pour moi, il n’y avait pas de problème, tout ça ne faisant partie que de l’univers des réseaux sociaux.

C’est là que j’avais tout faux…

En réalité, les réseaux sociaux sont devenus une source d’information pour bon nombre d’internautes. Pour plusieurs, les Tweets et statuts sont une mer d’information où il fait bon naviguer. Cette abondance d’information, pas toujours valide ou légitime, devient progressivement source de bien des problèmes potentiels. Si, à l’origine, je m’attendais à ce que les mythes, faussetés et arnaques du conditionnement physique et de la nutrition allaient lentement être démasqués, je dois admettre qu’il se produit un effet contraire. La mer ne devient pas un paradis limpide et cristallin, elle se métamorphose en dépotoir immonde. Au lieu de s’épurer, elle s’autopollue.

On y retrouve de plus en plus de gens cherchant la reconnaissance à tout prix et prêts à tout et n’importe quoi pour l’obtenir. Ces gens vont volontairement véhiculer des informations douteuses, erronées et mensongères afin de nourrir leur ego et remplir leur portefeuille. Comme il n’existe aucun chien de garde, ces individus peuvent transmettre leurs fausses informations comme une gastro dans une garderie clandestine.

On y retrouve également des pollueurs honnêtes. Des gens qui pensent bien faire, qui veulent aider leur prochain en saisissant la tribune que leur procurent les réseaux sociaux. Malheureusement, ces gens véhiculent plus souvent des croyances en activité physique et en nutrition que des éléments valides et crédibles. L’intention est louable, le geste est néanmoins problématique.

Finalement, il y a ceux qui ont trouvé un moyen d’obtenir de l’attention, une forme d’amour prenant naissance dans le nombre de fans ou d’abonnés. Il leur faut donner des informations qui leur donneront de l’amour, des fans et des abonnés. Peu importe ce que je dis, pour autant qu’on m’aime.

Le monde du Fitness est en pleine effervescence et d’autant que je me souvienne, je n’ai jamais vu un tel engouement pour cette discipline. De plus en plus d’athlètes et d’entraîneurs utilisent les réseaux sociaux pour partager des informations sur leur nutrition et sur leur entraînement. Si en apparence il s’agit d’un geste anodin, à la limite exhibitionniste, les conséquences peuvent être fâcheuses pour plusieurs. Et si ce que je fais était mauvais pour moi, mais que je ne m’en rendais pas compte? Qu’arrive-t-il de mes Tweets et statuts qui peuvent induire tous ceux et celles qui les lisent assidûment également en erreur? Ce n’est pas parce que l’on fait la diète X et l’entraînement Y et que l’on présente des abdominaux découpés aux ciseaux qu’il s’agit forcément d’une stratégie efficace. Et si la diète X et l’entraînement Y ne fonctionnaient qu’avec un soupçon de produits dopants? Et si la diète X et l’entraînement Y nous poussaient lentement vers une distorsion sévère de notre image corporelle et des troubles graves de comportements alimentaires? Et si on avait tort? On fait quoi pour se rattraper? On publie un Tweet mentionnant que nous sommes désolés et qu’il ne fallait pas faire ça? Personne ne le lira…

Oui, on me ramènera la liberté d’expression sous le nez… Mais, je ne parle pas ici d’aspect légal, je souhaite amener le débat sur le terrain de la conscience sociale. Qu’est-ce qui nous permet de lancer des recommandations nutritionnelles et des programmes d’entraînement à tous les vents, le tout juxtaposé à des photos de nous en maillot pour appuyer nos propos? Des médecins ne peuvent poser de diagnostics via Twitter ou Facebook, des ingénieurs ne peuvent pas signer des plans sur MySpace… Pourtant, vous et moi pouvons librement dire à nos fans et abonnés de manger de l’arsenic et de boire de l’antigel.

Et si on faisait plus de tort que de bien?

Voici quelques règles que je tente d’appliquer (bien humblement) lorsque je diffuse de l’information, en espérant que cela puisse vous être utile lorsque vous publiez à votre tour.

— Est-ce que cette information peut causer du mal?

Quels peuvent être les conséquences néfastes découpant de la publication de cette information?

— Qui peut lire cette information?

Est-ce que l’information diffusée pourrait être lue par des personnes qui pourraient en être affectées négativement?

— Est-ce que cette information peut être intéressante?

Le contenu du message peut-il être d’une utilité quelconque à quelqu’un?

— Est-ce que cette information est motivée par une réalité mesurable ou bien est-elle basée sur mes croyances?

Est-ce que je souhaite émettre une opinion ou bien informer objectivement les lecteurs? Est-ce clair qu’il s’agit d’une opinion si c’est le cas?

 — Est-ce que cette information sert uniquement à me mettre en valeur ou bien met-elle de l’avant un contenu pertinent?

Si oui, est-ce clair qu’il s’agit d’une publicité ou d’un assouvissement narcissique visant à nourrir mon égo?

Pour moi, il s’agit d’un processus qui me permet de prendre un certain recul fasse aux informations que je souhaite transmettre. Pourquoi faire ce genre de démarche? Non pas pour limiter la transmission d’information et retreindre vos Tweets, mais plutôt parce qu’il n’y a rien de pire que d’apprendre que l’on a fait du mal à des gens que l’on souhaitait aider.